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Sans-Titre V

10 juin 2008

Envie de lui piquer son élastique.

Non, ce n’est pas une petite madeleine. Pas la mienne en tous cas. Mais qui n’a jamais joué à ça dans la cour de récréation ? Quel petit garçon, du moins…

Tirer sur l’élastique, la queue de cheval douce et épaisse qui glisse entre les doigts et ce petit bout de rien au fond de la main, promesse. Et c’est parti. On court. Pas trop vite, par embardées, faut attendre que la petite fille (jolie) réagisse, poursuive à grands cris, frôle même avec un sourire, tape un peu.

On le tend très haut au-dessus de sa tête, on esquive ses attaques, on sent son petit corps caresser le nôtre.

Je me souviens d’une soirée en primaire, CP ou CE1, où les rôles étaient inversés. J’avais un anorak (une veste Cardis, comme dit mon père) avec une capuche qui se bouton-pressait sur le col, et la petite A., longs cheveux châtains clairs, yeux noisettes, mischievous smile, me l’avait piquée et nous avions passé bien une heure après la classe à nous courir après.

J’avais tant pris goût au jeu que je faisais semblant de ne pas pouvoir l’attraper reprendre mon bien, pour prolonger plaisirs et les rires cristallins.

Pendant toutes les années de Primaire qui suivirent, durant lesquelles je fus secrètement amoureux d’A. (enfin secrètement… tout est relatif), j’essayais en vain, chaque soir au moment de l’étude, de recréer la magie de cette lointaine après midi automnale.

Mais ce soir, plus de 20 ans plus tard, je suis trop vieux pour faire ça. Et quel dommage ! Je connais évidemment bien d’autres plaisirs, mais celui-ci me manque.

C’est fou ! je suis trop vieux pour quelque chose… Mais j’aimerais.



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