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Sans-Titre XVI

3 mai 2009

L’homme est seul en scène, sur son estrade, six mètres au-dessus de tous. Il gueule dans un silence ordonné, gueule une haine par dessus la foule (hypothétique), l’appelle sans cesse amour, parle de sang, d’âme et de cœur, parle d’un pays (unifié), sans frontière, sans ennemi, dit qu’il est un pour tous, se reprend, un avec tous, dit et nie et (toujours) avance menace exige un amour sans partage, il gueule souffre, souffre de pouvoir, souffre de (son) pouvoir, souffre de ses 30 ans de pouvoir, agité, agité par sa douleur et ses illusions, agité par sa conscience qu’il néglige, tic (tac toc choc) des mots sur son visage qu’il voudrait lisse et qui se couvre de rides (caverneuses), laides, de profonds sillons qu’il travaille chaque matin devant la glace et qui se dévoilent à la foule (lointaine).

Plus tard

La femme est (seule) assise sur le bord du trottoir. Forme effondrée, dévoile ses jambes sans s’en soucier, les larmes coulent et roulent dans le caniveau, emportant avec elles les traînées de maquillage sur son visage (lisse), qui se couvre de sillons sombres et tristes, forme effondrée qui souffre de ces quelques mots (tic tac toc) choc, surprise de sa douleur quand ses illusions sont ainsi abattues, impuissantes, quand son amour sans partage qui n’exige (rien) est nié, elle renifle en silence, appelle son amour et souffre dans son sang, son âme, son cœur brisé, elle seule en silence au milieu du chaos de cette rue (tardive), seul dans cette rue, au ras du bitume.



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