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Paris — Nuit du 24 au 25 juin 2008 — vers 2 h 58 et 39 secondes

25 juin 2008

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit dans cette rubrique là, et le fait que j’écrive ce texte aujourd’hui n’est sans doute pas un hasard. Enfin bref. Depuis un peu moins de dix jours que je n’ai pas écrit, l’été a pris ses quartiers dans notre capitale. La chaleur de ce 24 juin a été forte, sans toutefois être complètement étouffante : on connaîtra pire dans les mois qui viennent, certainement, mais ça fait longtemps. On n’est plus habitué. Et puis c’est un ciel lourd, qui sent l’orage sans le laisser s’exprimer. Ce poids tacite de l’air, ce sensuel de la chaleur, couvre les corps de moiteurs et d’odeurs qu’on ne sent plus, rapidement, que dans le regard de l’autre.

Souvenir de cette même nuit, il y a tout juste un an. Il faisait moins chaud, mais bon quand même. Le sensuel (et la sensuelle) était là, la chaleur déplacée.

Mais revenons à nos moutons (pourrais-je d’ailleurs, là, maintenant tout de suite, me rappeler de toutes les nuits de 24 à 25 juin de ma vie, ces nuits de la Saint-Jean (mais est-ce bien la Saint-Jean, puisque le 25 est à Prosper, who cares), non sans doute pas, sauf peut-être une ou deux qui se distingueraient des autres, une à Princeton, il faisait chaud aussi à Princeton et à New York plus tôt dans la soirée, moite et tout et tout pareil ou presque, d’autres à faire de la musique, enfin que sais-je, revenons à nos moutons, une autre refoulée, enfouie loin loin loin, où couché tôt car oral lendemain).

Nos moutons étaient. Bien cuits sans doute.

J’aimerais un petit souffle d’air, les voix montent de la rue comme si les gens parlaient en levant la tête vers mon sixième : elles sont claires, malgré la fatigue.

J’aimerais un silence complet. Mais plus il fait chaud, plus ce bourdonnement si spécifique au silence complet se fait profond et rauque, et plus le silence est illusoire.

À Paris, plus la chaleur est étouffante, moins le temps est pur. Le ciel ne concède plus ses beautés quand il accorde sa chaleur. On se retrouve le bec dans l’eau. Et d’ailleurs...

D’ailleurs rien, ce texte est écrit après une longue journée de travail, de musique et d’écriture et je conçois qu’il soit sans queue ni tête.

We’ll call it Bottom’s dream, ’cause this dream hath no bottom (de mémoire)



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