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Paris — 11 janvier 2010 — 18h38

11 janvier 2010

Bourdonnement

Le froid intense installé depuis peu — erratiquement accompagné de quelques ciels plus lourds que d’autres — éclaircit la tiédeur de nos perceptions.

Il y a dans ma vie un bourdonnement incessant qui ne se calme qu’en d’exceptionnels moments — nuit avancée, silence du sommeil des autres, tranquillité forcée de la ville.

Bourdonnement sonore, naturellement, lumineux aussi — si rare est l’obscurité complète dans la ville contemporaine, gâtée d’éclairage public de jaune sale, de phares inconstants, d’écrans vacillants, ou simplement de petites diodes électroluminescentes, là pour nous rassurer de la permanence de notre connexion au reste du monde.

Bourdonnement verbal, aussi, rumeur du prochain, passant ou voisin, rumeur de l’écrit qui s’étale à plus savoir qu’en faire sur la toile — dont on ne saisit chaque fois qu’une infime parcelle, à la fois suffisante et insuffisante par sa pauvreté —, et qui détourne de la langue (imprimée ou non).

La rumeur verbale est comme un épais brouillard dont il n’est pas facile de s’abriter ou de s’extirper, pour considérer chaque objet — œuvre ou détail. Elle détourne, distrait — se fait simple divertissement, quand bien même ce serait nouvelles du monde, tragédie quotidienne ou drame d’envergure. La planète n’écoute plus, le bruit blanc du verbe l’a assourdit.

Il faut rentrer au dedans de soi, pour à nouveau saisir cette voix évanescente, incompréhensible, qui nous mènerait à un impalpable (et hypothétique) réel.



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