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Paris — lundi 16 juin — 7 h 52

16 juin 2008

Il fait gris et c’est bien dommage. Il devrait faire soit très beau, avec un soleil jaune surbrillant déjà, surchauffant déjà, surplombant déjà (tiens...), soit pluvieux triste, sombre menaçant. Mais non, rien de tout ça, c’est encore la grisaille.

À l’observer ainsi quotidiennement, on comprend chaque jour mieux que la veille l’expression "grisaille parisienne". C’est si juste. La monotonie suggérée par ces deux mots est pourtant trompeuse : la grisaille parisienne est si diverse. Ce matin elle est calme, tiède, sans beaucoup d’air, elle n’est pas très uniforme — là aussi, c’est trompeur — elle est même assez contrastée : tapis haut gris-blanchâtre parsemé de petites boules nébuleuses ou de stries plus foncées. Que serait-ce si l’oeil humain pouvait distinguer encore davantage de nuance dans les gris ! Un peu comme les quarante-sept (?) mots différents pour désigner la neige en lapon, les parisiens devraient depuis longtemps avoir inventé cent trente trois mots différents pour décrire leur grisaille. Mais non, ils ne s’y intéressent pas (aurait-il tort ?) et préfèrent vaquer et d’autres occupations qui, disons le, ne sont pas toujours plus productives que celle-ci. Ou plus intéressantes.



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