Inachevé.net

Site de création littéraire plus ou moins expérimentale

24 juillet 2007

13 juillet 2008

Bis 2

Il ne m’a pas vue, je crois. J’étais déjà assise quand il est entré. Je me suis ratatinée sur mon siège, comme pour me cacher. Pourquoi ? de quoi avais-je peur ? J’étais surtout agacée de ne pouvoir voir mon film tranquille. Merde, si je peux même plus aller au cinéma sans tomber sur lui, où va-t-on ? C’est plus seulement changer de bar que je vais devoir faire bientôt, c’est déménager tout bonnement.

J’ai été incapable de me concentrer de tout le film. Je pensais à lui, encore. Et puis cette histoire de Roméo et Juliette gays — histoire un peu exagérée, faut bien le dire — au cœur du conflit israélo-palestinien me rappelait S. Et, de S. à l’autre imbécile, il n’y a qu’un pas très vite franchi. À peu près les mêmes sentiments dans les deux cas. Et aussi peu d’interaction aussi. Sauf qu’avec S., j’étais jeune, bête, et que ça s’est finalement terminé en queue de poisson (c’est le cas de le dire).

Enfin bon, penser à lui pendant tout le film.

Quel idiot. Je suis excellente au lit, pourtant. Il est trop con s’il ne veut pas coucher avec moi. Depuis plusieurs mois, je ne rêve que de ça. Je pense à lui quand je faisais l’amour. Deux trois fois, je l’ai croisé dans la rue et mon cœur a bondi. Une vraie collégienne. Je me suis sentie toute chose, toute humide. Une vraie conne, oui. Dès que je le vois, je l’imagine en train de me prendre. Alors, vous imaginez ? une séance entière à vouloir me masturber en pensant qu’il n’est que quelques sièges plus loin ?

Je ne suis pourtant pas nymphomane, mais il dégage quelque chose, une aura sexuée intense, avec aussi cette froideur distante qu’il semble toujours mettre entre lui et les choses.

Je suis sorti avant lui, me suis mêlée au gros du public — lui est resté longtemps. Je l’ai guetté. Il a du attendre la fin du générique. Puis je l’ai suivi. Evidemment, il est entré dans un bar, s’est accoudé au comptoir, a commandé un verre de rouge. Il a l’air pensif. Il ne m’a toujours pas vu.

Et je passe mon chemin. J’ai besoin d’un lit et de solitude.



Dernier ajout : 21 novembre. | SPIP

Si l'un de ces textes éveille votre intérêt, si vous voulez citer tout ou partie de l'un d'eux, vous êtes invités à contacter l'auteur.