{process=oui}
Inachevé.net

Site de création littéraire plus ou moins expérimentale

Mardi 2 juin

2 juin 2020

General Pause — Chapitre 14

Cela étant, pendant fort longtemps, cette drogue fut sous contrôle. Malgré un coût à l’achat somme toute modique, sa diffusion fut maîtrisée. Même lorsque le génie sapiens en permit la reproductibilité industrielle, se dégâts furent limités.
Il convient toutefois de noter quelques explosions épidémiques localisées, de plus ou moins vaste ampleur. Citons par exemple la célèbre explosion épidémique de Woodstock en l’an 1969 de l’ère catastrosapiensienne, largement commentée et analysée, ou les explosions annuelles dans une région très localisée de ce qui s’appelait alors l’ancêtre continent, qui commencèrent douze ans plus tard et semblent chaque fois coïncider avec le solstice d’été. Ce rituel païen semble toutefois, paradoxalement avoir été interrompu par la General Pause
Que s’est-il passé alors ? Les efforts des autorités se sont-ils relâchés, entraînant une vague (oui oui : nous retrouvons bien ici le terme de « vague ») d’overdoses ? Des overdoses qui, au passage, n’avaient jamais ou presque été constatées jusque-là s’agissant de cette drogue, du moins pas de manière aussi aigue, ravageuse et immédiate ? Une mutation du pathogène lui aurait-elle soudain conféré une létalité supérieure ? Des dealers peu scrupuleux ont-ils coupé leurs cames avec des substances particulièrement toxiques ? Toutes ces explications sont dignes d’être examinées de près, mais, en l’état actuel de nos connaissances, il est difficile d’en savoir davantage.
Une autre explication serait une expérience scientifique qui a mal tourné…
En effet, on a aujourd’hui connaissance de quelques essais auxquels Homo sapiens sapiens s’est livré sur la pharmacopée que nous appelons aujourd’hui symbiotique. Tout le monde connaît aujourd’hui la puissance de cette technologie dans le traitement de toutes nos maladies — qui fait que nous ne sommes jamais malades, que les concepts de « médecin » ou « d’hôpital » ne sont aujourd’hui connus que de nous autres archéologues. Le principe est simple : détourner un vecteur pathogène pour diffuser largement un remède. La guérison devenant alors tout simplement… contagieuse !
La « musique » étant soit une maladie, soit une drogue, et sa diffusion étant très large, l’utiliser comme vecteur n’était certes pas inintéressant. C’était même assez finement réfléchi. Et dans le même temps, très dangereux, car il leur était absolument impossible d’en contrôler la diffusion.
Hélas, les connaissances et techniques rudimentaires que maîtrisaient ces hommes à peine sortis de leurs cavernes enfumées n’étaient manifestement pas suffisante pour appréhender la puissance de ces outils, non plus que la finesse requise pour les manier. Il est donc fort possible que ces apprentis sorciers aient laissé s’échapper un de ces essais dans la nature. Nous avons d’ailleurs retrouvé des fragments de mémoires de l’époque qui suggèrent exactement cela : une fuite dans un laboratoire, en Chine. Mais il nous est à ce jour impossible de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse.



Dernier ajout : 18 septembre. | SPIP

Si l'un de ces textes éveille votre intérêt, si vous voulez citer tout ou partie de l'un d'eux, vous êtes invités à contacter l'auteur.