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Quel ennui ! (comme dirait l’autre)

7 janvier 2010

C’est étrange, cet enthousiasme qui prend soudain tout un chacun en fin d’année, cette joie dans les yeux à fêter la nouvelle année — à ignorer, ou du moins écarter, la réalité du non-changement pour entrer plein d’un illusoire espoir dans ce qui ne sera somme toute qu’un peu plus de quotidien, d’habitudes prises, de répétitions, d’erreurs et frustrations sempiternelles.

Mais ne soyons pas si pessimistes ! Gageons que cette nouvelle révolution immobile de notre planète autour de notre soleil nous apportera à tous le même lot de petits bonheurs et de désespoirs que les précédentes (ce qui est à la fois beaucoup et assez peu).

Mais oublions ces glauques circonstances et considérons un instant la réalité au-delà.

Ainsi de ces travaux infructueux, de ces essais hésitants, de ces expériences peu probantes.

J’aimerais rapprocher ma prose de l’écoulement musical — de sa diversité, de sa simultanéité, de son opacité aussi, de cette force toute particulière qu’elle a de focaliser l’attention sur certains de ses aspects ou sur d’autres (comme ces contrepoints où l’on peut aller d’une voix à l’autre, suivre l’une ou l’autre, se perdre à mi-chemin, tenter un pas en arrière pour en saisir l’impression générale).

J’aimerais que ce plaisir d’écrire, cette fluidité que je retrouve par instants, je n’aie plus comme ces derniers temps à la chercher, à la forcer, qu’elle coule d’elle-même, aussi chaotique et incompréhensible qu’elle soit.

J’aimerais que cette immense paresse qui me gagne trop souvent, source de cette procrastination bien connue de tous, se dissipe en même temps que l’angoisse qui la suscite — qui n’est pas une angoisse de la page blanche, ni même une angoisse quant à la qualité de mon travail, mais bien davantage une angoisse qui m’entoure, hors de toute considération artistique, et me tait à l’exception de quelques rares éjaculations prosodiques comme celle qui prend en ce moment et que je sens déjà s’éteindre.

Je ne connais rien (ou presque) de plus difficile qu’écrire. Rien de plus fort, de plus épuisant, de plus frustrant.

Si, à bien y réfléchir, au moins, écrire, j’en suis capable (encore que). Alors que faire le grand écart, courir le 100 mètres en moins de 10 secondes...



Dernier ajout : 23 septembre. | SPIP

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