« Miroir, ô miroir, dis-moi ! Qui est la plus belle de toutes ? » Il fut longtemps difficile de répondre à cette question lorsqu’on n’était pas une reine de conte de fée. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile : followers, salaires, likes, résultats google. Internet et les réseaux sociaux sont un miroir magique à la portée de tous. Seulement, comme pour celui de la reine maléfique, c’est un miroir qui ne rend absolument pas compte du subjectif intrinsèque de la réponse à cette question. Et, (…)
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Articles les plus récents
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Miroir magique
18 septembre, par Jérémie Szpirglas -
Sacrifiée
18 septembre, par Jérémie SzpirglasIl y en a toujours une, parfois toujours la même, parfois tout à fait une autre, mais jamais moyen de savoir sur quel autel, quels augures, quelle fin. Esclave du passé, du présent ou de l’avenir, qu’importe. Ce n’est plus un individu, c’est toute une génération — injonction contradictoire du progrès : répartir la responsabilité du pouvoir pour éviter de penser la suite. Abandonnée, négligée, plongée dans la déréliction la plus consommée. Inlassablement, toujours déjà. Ni le loisir ni le (…)
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Insuccès
17 septembre, par Jérémie SzpirglasÇa ne sort pas
S’arrête au seuil des lèvres
À peine entrouvertes
Ça se bouscule, ça se presse.
L’égo le dispute à la pudeur
Qui gagne sans égard,
Ni regard.
On sait pourtant.
Ce qu’on vaut, ce qu’on veut.
Réserve, discrétion, imposture.
Savant déséquilibre — brutalité nette et sans ambages
Surtout ne pas s’imposer,
Surtout ne pas surplomber,
Surtout ne pas.
Surtout ne pas.
Résultat : pas.
Rien, on n’est rien, on ne devient rien, on ne sera rien.
On restera, petit, sans (…) -
Traduire
16 septembre, par Jérémie SzpirglasL’enfant s’agite sur sa chaise haute. Tout son corps s’y met. Ses petites fesses remuent dans la couche, entrainant tout son siège dans un mouvement frénétique, heurtant au passage le pied de la table dans une paraphrase du Toltshock du Sacre du Printemps. L’air de la pièce vibre d’un seul bloc sous l’effet de la frustration. L’enfant s’agite, les deux bras tendus devant son visage à l’horizontal, le regard comme aimanté par un objet inconnu, que l’on imagine caché dans l’espace qui lui fait (…)
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Nirvana
15 septembre, par Jérémie SzpirglasLieu d’absence et de labeur, de détachement et de libération, de déchargement et d’ennui profond, lieu d’aisance et de mal-être, vomitoire et logorrhéique, acte sans but, vide de sens et pourtant chargé d’émotion, barque sur les flots, privé de voile et d’aviron, bouchon errant entre deux flots, galet en passe d’être poli, mais dont personne ne tirera le moindre ricochet, les écrit volent, la marche sur place, la lettre volée par son propre expéditeur, l’amant transi et timide, seul dans son (…)
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Vingt-deux mois
14 septembre, par Jérémie SzpirglasVingt-deux mois plus tard.
Un peu moins peut-être.
Ce n’est encore qu’un cratère béant.
Un cratère, entouré de palissades.
Grillages ou tôles, couvertes de portraits imprimés, dont l’encre,
après vingt-et-un mois d’intempéries diverses,
semble couler comme des larmes.
Photo sans photogénie : un chantier comme un autre.
Et puis non.
Cratère sans sens ni raison,
rempli de ferrailles, d’éclats de bitumes,
de fragments de béton, de shrapnels d’acier.
Terrain vague, comme à l’abandon (…) -
Il règne
11 septembre, par Jérémie SzpirglasIl règne dans les rues de la ville un calme paradoxal. Non pas que tout soit à l’arrêt, loin de là. La délicate mécanique urbaine est à l’œuvre — les feux de circulation, les bus qui passent, les cinémas respectent les horaires des séances. La rumeur est bien présente, le ronronnement des voitures, la clameur d’un klaxon, le hurlement rauque d’une moto. Rien ne manque et pourtant. À l’œil comme à l’oreille, c’est difficilement quantifiable — peut-être des statistiques indiqueraient-elles une (…)
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Vestiges
10 septembre, par Jérémie SzpirglasDe siècle en siècle, de millénaire en millénaire, la nature ne cesse de défaire ce qu’elle-même a fait. Après avoir lentement excavé une baie, la voilà à présent s’échinant à la combler. Elle a goulument monté des montagnes — tel un pâtissier ses blancs en neige ? L’érosion se chargera de leur ravaler l’ego. Que deux plaques continentales referment une mer, et voilà l’eau qui patiemment la rouvre, provocant au passage un déluge au proportions bibliques et arasant plus encore côtes et fonds (…)
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Ruines
9 septembre, par Jérémie SzpirglasPlus rien ne tenait debout. Rien. Faute d’entretien sans doute. Après tout il n’y avait plus personne pour le faire. Et même avant cela, plus personne ne savait comment. De temps en temps, une structure déjà de guingois, brinquebalant au gré des vents rachitiques, finissait de s’effondrer, créant un petit éboulement qui se propageait, de proche en proche, tel ces dominos alignés — dans l’un des derniers bâtiments encore debout, d’ailleurs, des enfants jadis avaient créé un fantastique (…)
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Mémoire
8 septembre, par Jérémie SzpirglasVoilà bien trois décennies qu’il n’a plus rouvert la partition. Trois décennies. C’est complètement fou. Bien sûr, entretemps, il a eu, à maintes reprises, l’occasion d’entendre l’œuvre — dans des interprétations variées, plus ou moins à son goût. Pourquoi y a-t-il songé à nouveau ? Il n’arrive pas à se rappeler le fil de pensées qui l’y a mené. Ah si peut-être, maintenant qu’il se creuse les méninges, il se souvient : il sifflait un autre quintette. La Truite. Pourquoi ? Aucune idée là (…)
Inachevé.net