Au Brésil, et plus largement dans toute l’Amérique latine, on les appelle « telenovelas » : c’est bien la preuve qu’une certaine filiation existe entre roman et série télévisée. Les lecteurs du XIXe siècle suivaient-ils avec autant d’appétit et d’enthousiasme les Mystères de Paris que les fans de Game of Throne attendent le prochain massacre ? Ils étaient sans doute moins nombreux en valeur absolue, mais en proportion de la population lettrée, le club des accrocs devait être à peu près (…)
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Articles les plus récents
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Bande annonce
26 octobre, par Jérémie Szpirglas -
Extrapolation III
23 octobre, par Jérémie SzpirglasPetit exercice : se saisir d’un événement anecdotique du quotidien, d’une anfractuosité du réel, et l’extrapoler en fiction — du moins dans ses grandes lignes.
Ils étaient là, tous les deux, devant moi, et je ne savais auquel m’adresser. Impossible de démêler la hiérarchie entre les deux. Certes, l’un semblait plus âgé, mais l’autre dégageait bien plus d’assertivité. On en serait presque réduit à recourir à ses préjugés. Ce n’est que plus tard, lorsqu’ils se sont mis à travailler, que (…) -
Bonimenteur
22 octobre, par Jérémie SzpirglasAu hasard d’une lecture , j’ai récemment appris que, outre l’éventuel musique improvisée, les premières séances de cinéma était souvent accompagnés d’un bonimenteur. Sorte de Monsieur Loyal des (é)toiles, il racontait autant qu’il commentait, expliquait, mettait en exergue, attirait l’attention sur tel ou tel détail. Tenant tout à la fois de l’aède, du conteur, du conférencier, du cinématologue avant l’heure, c’était un comédien, un improvisateur, un ambianceur, toujours à l’écoute de son (…)
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Crise d’ado
21 octobre, par Jérémie SzpirglasEn fait, c’est ça. Ce n’est pas plus compliqué que ça. On est en pleine crise d’ado. On le sait, un ado ne grandit pas de manière uniforme : il gagne en maturité dans certains aspects de sa personnalité, peut même exceller dans certains domaines bien particuliers, mais reste enfant dans d’autres. L’humanité, c’est pareil, non ? On a des prix Nobel et des psychopathes. Au sein d’un même ensemble, l’humanité excelle dans certains domaines de la connaissance, tout en continuant à jeter son (…)
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Ce que l’IA fait à la langue
20 octobre, par Jérémie SzpirglasLa première fois que ça m’a frappé — ça m’est sauté aux oreilles même —, c’était il y a presque vingt ans. Au cinéma. Un film d’espionnage « made in France » — quand le cinéma français voulait encore imiter les audaces d’un Bourne, hélas, sans y mettre ma moindre once d’originalité. Et cette réplique, prononcée par une héroïne en mauvaise posture, ligotée sur une chaise et en passe d’être torturée : « Pas moyen que je parle », dit-elle, pleine de fiel et de provocation. « Pas moyen que je (…)
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Ville de rêve
19 octobre, par Jérémie SzpirglasParmi mes rêves récurrents, il en est un en inlassable développement génératif — à la croisée des chemins entre le « rêve étrange et pénétrant / D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, / Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même » de Verlaine et « la forme d’une ville / Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel » de Baudelaire. Entre les deux, je suis bien barré : va falloir être au niveau. C’est donc une ville rêvée. Ville de rêve, ville dont je rêve et que je (…)
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Désert
16 octobre, par Jérémie SzpirglasC’est parfois une vision vague, les yeux clos. Une simple séparation génésiaque de deux masses au milieu du noir des paupières, animés en miroir de vagues vagues aux ondulations étrangement visqueuses. Sentiment d’un soleil couchant.
Mais ce n’est pas ça, le désert. Pas ça du tout. Ce n’est pas non plus le vide que le mot convoque tel un synonyme. C’est une image saturée : saturée de soleil, saturée de grains, aux couleurs également saturées. Un vide plein, en somme.
Un vide sur lequel le (…) -
À Lou
15 octobre, par Jérémie SzpirglasJe ne sais si c’est tous les jours, mais c’est tout comme : je pense à toi. Si souvent. Bouffées de tendresse et d’images — de mémoire et de fantasme mêlés. Tes frères et sœur également, du reste. Ton aîné, c’est souvent avec un peu de fiel accusateur — envers nous, je te rassure, jamais envers toi, bien au contraire. Il est celui qui a failli te connaitre, qui sans doute a autant espéré que redouté ton arrivée. Celui, aussi, qui a assisté impuissant — aussi impuissant que nous — à notre (…)
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Désert(s)
14 octobre, par Jérémie SzpirglasDésert ?
Vide — à perte de vue.
Mais encore ?
Car l’œil accroche, mouvant, incertain — forçant
imaginaires, esquisses, reconnaissance.
Rien de plus abstrait —
Rien de moins abstrait —
que le désert — fractalisation
du regard éperdu.
Inspire à bout de souffle, à bout d’horizon —
cillement de paupières et d’oreilles
ouvertes à tout bruissement
Grain de sable,
Grain de glace,
Grain de son,
Écume légère
fouettent l’air
dans le souffle imperceptible ou déchainé.
Moins que le (…) -
Convers@ion
12 octobre, par Jérémie SzpirglasJe crois tant te connaître que je pense savoir ce que tu penses, ce que tu sais. Comme une donnée axiomatique dans mon approche de notre relation. Axiome qui ne repose sur rien — par définition. Ou vraiment pas grand-chose — mettons : une hypothèse de travail — ou un ressenti, une sympathie que j’imagine parfois flirtant avec l’empathie — sans assurance aucune toutefois. Je m’inquiète parfois — éclair fulgurant d’inquiétude — que ce ne soit pas le cas. Je me demande ce que ça ferait, ce que (…)
Inachevé.net