Nulle question ici d’idéalisme politique — même si, hélas pour moi, je n’en suis pas dénué, ce qui m’amène bien des déceptions et des désillusions. Non. Ou alors d’une politique au-delà du jeu des partis et du pouvoir, une politique au sens noble, au sens premier. Et encore. Même pas. Mon idéalisme, ici, concerne l’écriture — d’où l’expression « écrivain idéaliste ». L’expression, aussi belle soit-elle, est toutefois bien trouble et le concept difficile à cerner. En vérité, il est en lien (…)
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Articles les plus récents
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Je suis un écrivain idéaliste
28 avril, par Jérémie Szpirglas -
Approcher l’écrire comme une succession de problèmes à résoudre
27 avril, par Jérémie SzpirglasJe l’ai déjà mentionné ici à plusieurs reprises : mes amis éditeurs se moquent souvent de mon besoin (plus qu’une tendance, plus qu’une envie, moins qu’une exigence) d’adosser mes écrits à une superstructure faite autant de contraintes d’écriture que de surmoi. Pour dire simple : je me complique la vie. Il n’en demeure pas moins que l’écriture se présente bien souvent, à moi du moins, sous la forme d’une succession de problèmes à résoudre. Certains semblent très simples a priori : trouver (…)
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Breaking the fourth wall
24 avril, par Jérémie SzpirglasC’est une solution que j’ai trouvée pour débloquer certaines situations problématiques dans l’écriture du texte en cours — un roman, une comédie romantique même, pour ne rien cacher. Comme à mon habitude, dirait un de mes amis éditeurs, je me complique la vie avec toute une série de contraintes dans cette écriture — on ne se refait pas. La contrainte est pour moi tout à la fois un aiguillon et une manière de me dire que je ne suis pas complètement à côté de la plaque. De pouvoir, aussi, me (…)
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Créer n’est pas une drogue (hélas)
23 avril, par Jérémie SzpirglasSi les artistes sont parfois caricaturés en victimes de diverses addictions — lesquelles, pour faire simple, découleraient du même déséquilibre qui les pousse à créer —, mon sentiment demeure que l’acte de création n’a absolument rien d’une drogue. D’abord, pas d’effet d’accoutumance : l’usage régulier de la plupart des drogues amène généralement une dégradation de leurs effets, et donc à une augmentation des prises. Tout le contraire de l’acte de création, ce me semble : plus on pratique, (…)
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Revenir
22 avril, par Jérémie SzpirglasJe reviens beaucoup ces derniers jours sur des textes anciens. Le premier roman que j’ai achevé, par exemple. Que j’aimerais reprendre pour lui donner une forme plus aboutie. Il fut abouti. Mais, sur les conseils de divers éditeurs qui manifestèrent, tour à tour ou en même temps, leur intérêt, je l’ai travaillé longuement, selon des indications et conseils parfois légitimes, parfois même pertinents, mais généralement entrant en totale contradiction les uns avec les autres. Pendant un temps, (…)
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Il parait qu’y a des choix.
21 avril, par Jérémie SzpirglasIl parait qu’y a des choix. Oui, des choix, c’est comme ça qu’on dit. On dit des choix, c’est comme ça qu’on dit. Des choix à faire. Oui. Tous les jours. Oui. Des petits choix, le plus souvent. Comme les petits trous de la chanson. Des petits choix, tout le temps, ou presque. Pas chaque seconde, pas chaque minute, mais quand même. Souvent on s’en aperçoit pas. Quelqu’un marche, en face de moi, et vient vers moi, sur ce trottoir bien étroit : comment éviter la collision ? Passerai-je à droite (…)
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Je ne suis pas (le) seul
20 avril, par Jérémie SzpirglasJe suis plongé ces temps-ci dans les Lieux de Georges Pérec (Seuil, 2022). Plus que le projet lui-même, j’apprécie particulièrement la manière dont il nous montre Pérec au travail. Debout prenant des notes, installé à une table de café, ou chez lui, face au clavier froid de sa machine à écrire. Je suis encore un peu dubitatif quant au projet lui-même du reste — dans son entier du moins. Si le principe a tout pour me séduire — j’aime me compliquer la vie quand j’écris —, les descriptions des (…)
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Les dents…
18 avril, par Jérémie SzpirglasC’est une question que je me pose, parfois, à mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je découvre qu’untel ou unetelle est à tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu’ielles ne sont effectivement pas plus bêtes qu’un.e autre, mais que j’aimerais bien être à leurs places. C’est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort matériel, de responsabilité et d’aura, sinon de prestige. Ma pensée suivante est immédiatement que ce ne sont pas des postes que l’on (…)
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Nez né
17 avril, par Jérémie SzpirglasCe matin, quelques minutes après mon lever, j’ai ouvert la fenêtre. J’ai aussitôt été enveloppé d’une odeur de fraicheur, sensation très agréable de cet air printanier rempli d’effluves légères et délicates. Et aussitôt cette frustration : comme on vient de le lire, je suis bien incapable de décrire précisément, et adéquatement, les odeurs et les parfums. Parfaitement incompétent. Frustration et jalousie, du reste : je me souviens de toutes ces lectures semées d’abondants parfums, capiteux (…)
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Acceptation
16 avril, par Jérémie SzpirglasC’est tout le drame. À moins que ce ne soit l’ambition. Voilà. C’est ça : le tragique est dans l’ambition. Et tout ce qui l’accompagne : émerveillement et jalousie, reconnaissance et humiliation, deuil et oubli. On décolle en pensant devenir à jamais inoubliable, on atterrit en espérant que le souvenir ne sera pas trop rapidement effacé. Sachant finalement que personne ne vous attend. Personne. Tout le monde s’en fout. Quand bien même votre propos serait d’une pertinence, d’une profondeur, (…)
Inachevé.net