Je reviens beaucoup ces derniers jours sur des textes anciens. Le premier roman que j’ai achevé, par exemple. Que j’aimerais reprendre pour lui donner une forme plus aboutie. Il fut abouti. Mais, sur les conseils de divers éditeurs qui manifestèrent, tour à tour ou en même temps, leur intérêt, je l’ai travaillé longuement, selon des indications et conseils parfois légitimes, parfois même pertinents, mais généralement entrant en totale contradiction les uns avec les autres. Pendant un temps, (…)
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22 avril, par Jérémie Szpirglas -
Il parait qu’y a des choix.
21 avril, par Jérémie SzpirglasIl parait qu’y a des choix. Oui, des choix, c’est comme ça qu’on dit. On dit des choix, c’est comme ça qu’on dit. Des choix à faire. Oui. Tous les jours. Oui. Des petits choix, le plus souvent. Comme les petits trous de la chanson. Des petits choix, tout le temps, ou presque. Pas chaque seconde, pas chaque minute, mais quand même. Souvent on s’en aperçoit pas. Quelqu’un marche, en face de moi, et vient vers moi, sur ce trottoir bien étroit : comment éviter la collision ? Passerai-je à droite (…)
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Je ne suis pas (le) seul
20 avril, par Jérémie SzpirglasJe suis plongé ces temps-ci dans les Lieux de Georges Pérec (Seuil, 2022). Plus que le projet lui-même, j’apprécie particulièrement la manière dont il nous montre Pérec au travail. Debout prenant des notes, installé à une table de café, ou chez lui, face au clavier froid de sa machine à écrire. Je suis encore un peu dubitatif quant au projet lui-même du reste — dans son entier du moins. Si le principe a tout pour me séduire — j’aime me compliquer la vie quand j’écris —, les descriptions des (…)
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Les dents…
18 avril, par Jérémie SzpirglasC’est une question que je me pose, parfois, à mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je découvre qu’untel ou unetelle est à tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu’ielles ne sont effectivement pas plus bêtes qu’un.e autre, mais que j’aimerais bien être à leurs places. C’est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort matériel, de responsabilité et d’aura, sinon de prestige. Ma pensée suivante est immédiatement que ce ne sont pas des postes que l’on (…)
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Nez né
17 avril, par Jérémie SzpirglasCe matin, quelques minutes après mon lever, j’ai ouvert la fenêtre. J’ai aussitôt été enveloppé d’une odeur de fraicheur, sensation très agréable de cet air printanier rempli d’effluves légères et délicates. Et aussitôt cette frustration : comme on vient de le lire, je suis bien incapable de décrire précisément, et adéquatement, les odeurs et les parfums. Parfaitement incompétent. Frustration et jalousie, du reste : je me souviens de toutes ces lectures semées d’abondants parfums, capiteux (…)
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Acceptation
16 avril, par Jérémie SzpirglasC’est tout le drame. À moins que ce ne soit l’ambition. Voilà. C’est ça : le tragique est dans l’ambition. Et tout ce qui l’accompagne : émerveillement et jalousie, reconnaissance et humiliation, deuil et oubli. On décolle en pensant devenir à jamais inoubliable, on atterrit en espérant que le souvenir ne sera pas trop rapidement effacé. Sachant finalement que personne ne vous attend. Personne. Tout le monde s’en fout. Quand bien même votre propos serait d’une pertinence, d’une profondeur, (…)
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Sequel
15 avril, par Jérémie Szpirglas« On est dans l’à-peu-près. Dans le désarmé. Dans l’impuissance. On est dans l’impréparation, on va d’erreur en erreur, de piège en piège, le pas incertain. Bref : plus parents que jamais. » Une fois n’est pas coutume : je me cite moi-même. J’écrivais ces lignes dans Pater Dolorosa. Et elles sont toujours aussi vraies aujourd’hui. Peut-être plus. Difficile de lâcher prise. Difficile de ne pas vouloir à tout prix rectifier ce qu’on pense avoir mal fait — accepter de le laisser dans le passé, (…)
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Illusions – Pareidolies
14 avril, par Jérémie SzpirglasDe plus en plus de clichés de ruines encore debout, d’intérieurs éventrés sur l’extérieur… On croirait commencer à avoir l’habitude — multiplication des conflits, exponentialisation des reportages photographiques, invasion de ces images dans notre quotidien. Pourtant l’œil, justement, continue à se raccrocher à l’ordinaire — paréidolie, parait-il que ça s’appelle : soit la tendance qu’a le cerveau à donner du sens à des formes abstraites. Si souvent il tombe, au hasard d’une page ouverte (…)
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Sur son erre
23 juillet 2025, par Jérémie SzpirglasCe qui aurait sans doute immédiatement sauté aux yeux de notre hypothétique témoin, ce sont les feux tricolores qui semblaient, comme en pleine nuit, s’obstinaient à réguler une circulation pourtant réduite à néant. Car, de même que leurs propriétaires, toutes les voitures, tous les camions, tous les véhicules qui d’ordinaire peuplent rues et avenues avaient disparu à leur tour, comme évanouis, ou estompés par une gomme puissante, ne laissant trainer que quelques rares lambeaux de (…)
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Un monde dépouillé
22 juillet 2025, par Jérémie SzpirglasTout était vide. Rien. Pas une âme qui vive. Pas un animal, pas un pépiement d’oiseaux. Seul le végétal semblait avoir perduré — et encore, peut-être était-il destiné sous peu à disparaitre à son tour, le temps que les feuilles jaunissent et tombent, le temps que la sève cesse son épuisant ascenseur. Un zéphyr suave bruissait dans les frondaisons. Imperturbables, quelques cumulus poursuivaient leurs chemins dans le ciel. Mais au sol, rien.
Et pourtant, tout semblait tellement empreint de (…)
Inachevé.net