C’est tout le drame. À moins que ce ne soit l’ambition. Voilà. C’est ça : le tragique est dans l’ambition. Et tout ce qui l’accompagne : émerveillement et jalousie, reconnaissance et humiliation, deuil et oubli. On décolle en pensant devenir à jamais inoubliable, on atterrit en espérant que le souvenir ne sera pas trop rapidement effacé. Sachant finalement que personne ne vous attend. Personne. Tout le monde s’en fout. Quand bien même votre propos serait d’une pertinence, d’une profondeur, (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
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Acceptation
16 avril, par Jérémie Szpirglas -
Sequel
15 avril, par Jérémie Szpirglas« On est dans l’à-peu-près. Dans le désarmé. Dans l’impuissance. On est dans l’impréparation, on va d’erreur en erreur, de piège en piège, le pas incertain. Bref : plus parents que jamais. » Une fois n’est pas coutume : je me cite moi-même. J’écrivais ces lignes dans Pater Dolorosa. Et elles sont toujours aussi vraies aujourd’hui. Peut-être plus. Difficile de lâcher prise. Difficile de ne pas vouloir à tout prix rectifier ce qu’on pense avoir mal fait — accepter de le laisser dans le passé, (…)
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Illusions – Pareidolies
14 avril, par Jérémie SzpirglasDe plus en plus de clichés de ruines encore debout, d’intérieurs éventrés sur l’extérieur… On croirait commencer à avoir l’habitude — multiplication des conflits, exponentialisation des reportages photographiques, invasion de ces images dans notre quotidien. Pourtant l’œil, justement, continue à se raccrocher à l’ordinaire — paréidolie, parait-il que ça s’appelle : soit la tendance qu’a le cerveau à donner du sens à des formes abstraites. Si souvent il tombe, au hasard d’une page ouverte (…)
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Sur son erre
23 juillet 2025, par Jérémie SzpirglasCe qui aurait sans doute immédiatement sauté aux yeux de notre hypothétique témoin, ce sont les feux tricolores qui semblaient, comme en pleine nuit, s’obstinaient à réguler une circulation pourtant réduite à néant. Car, de même que leurs propriétaires, toutes les voitures, tous les camions, tous les véhicules qui d’ordinaire peuplent rues et avenues avaient disparu à leur tour, comme évanouis, ou estompés par une gomme puissante, ne laissant trainer que quelques rares lambeaux de (…)
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Un monde dépouillé
22 juillet 2025, par Jérémie SzpirglasTout était vide. Rien. Pas une âme qui vive. Pas un animal, pas un pépiement d’oiseaux. Seul le végétal semblait avoir perduré — et encore, peut-être était-il destiné sous peu à disparaitre à son tour, le temps que les feuilles jaunissent et tombent, le temps que la sève cesse son épuisant ascenseur. Un zéphyr suave bruissait dans les frondaisons. Imperturbables, quelques cumulus poursuivaient leurs chemins dans le ciel. Mais au sol, rien.
Et pourtant, tout semblait tellement empreint de (…) -
13 juin
13 juin 2024, par Jérémie SzpirglasPeut-on faire une grève générale à soi tout seul ? Sans doute pas. Même si c’est effectivement assez général à mon titre. Avec une nuance toutefois : est-ce une grève, si on n’arrive pas à s’y mettre, si le travail est entravé par l’angoisse, la pensée qui tourne en rond ? En somme, ces jours-ci, ma grève ressemble à s’y méprendre à mes insomnies. Ce n’est pas une volonté propre. Mais je m’interromps — je me suis interrompu —, et le petit vélo qui tourne dans mon crâne m’empêche tout (…)
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12 juin
12 juin 2024, par Jérémie SzpirglasJe me souviens soudain de cette parole de Tristan Bernard, au moment de son arrestation pour les allemands en 1943 : « Notre situation s’améliore. Jusqu’à présent, nous vivions dans la crainte, désormais, nous vivrons dans l’espoir ».
Toujours cette interrogation : aurai-je le courage de mes convictions et de mes pensées. Je me sens coupable de ne pas aller plus manifester. De ne pas aller davantage dire ma rage avec la foule. Et en même temps je n’ai jamais été à l’aise dans quelque foule (…) -
11 juin
11 juin 2024, par Jérémie SzpirglasOui, quelle merde. Pourquoi s’emmerder. Exactement le même sentiment qu’en novembre 2016 : je tenais entre mes bras mon bébé d’à peine un mois, qui ne trouvait pas le sommeil — et qui ne l’a pas trouvé pendant plusieurs mois sinon tout contre moi en train de faire les cents pas. L’effarement quand j’ai vu cette aguille du baromètre de probabilité du New York Times, en faveur de Donald Trump. Et je me suis demandé comment j’avais pu faire une telle connerie de faire venir un enfant dans ce (…)
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Orthographe et diversité linguistique
14 mai 2024, par Jérémie SzpirglasPetite réflexion du matin. Sans prétention aucune. Mais qui nécessiterait peut-être une étude approfondie de la part de la socio-linguistique (si tant est que pareille discipline existe).
La fixation (et la rigidification) de l’orthographe d’une langue n’est-elle pas à l’origine d’une ouverture limite aux langues étrangères ?
Le fait d’inculquer à nos jeunes écoliers l’exactitude orthographique ne les empêchera-t-il pas, par la suite, de distinguer la familiarité entre deux mots (…) -
Lundi 21 novembre
21 novembre 2022, par Jérémie SzpirglasIl m’arrive parfois, au détour d’une conversation (généralement avec une vague connaissance, ou une nouvelle rencontre), de pointer les difficultés pécuniaires et la situation extrêmement précaire du plumitif quotidien. Invariablement (ou presque), on me renvoie à :
-- Mais, c’est une passion, tu aimes ce que tu fais, non ?
Évidemment : c’est une passion. Et alors ? Le fait que j’aime ce que je fais n’est nullement une raison suffisante pour que je ne puisse vivre. Ou alors, il faudrait (…)
Inachevé.net