Au petit matin, souvent avant le lever du soleil, à la fraiche, quelques étirements alternent avec les premières foulées. Doucement. Sans timidité ni prudence, mais se gardant de tout excès précoce. Le souffle est court encore, et on s’en aperçoit encore — bientôt, on oubliera. Les mollets gardent un peu de leur raideur ensommeillée, le haut des cuisses, juste au-dessus du genou, ça serre, comme si les muscles devaient s’y faire leur place. Pendant ce temps, l’esprit fait le tour de la (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
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Échauffement
11 août, par Jérémie Szpirglas -
Concept(s)
10 août, par Jérémie SzpirglasIl me semble que cela a d’abord été théorisé par les premiers romantiques allemands du Cercle d’Iéna — mais je n’en suis pas sûr : j’ai bien vérifié, rapidement, mais je m’appuie surtout sur des souvenirs de lectures et de conversations vieux de vingt ans, il faudra m’excuser : ma mémoire fut jadis aiguisée comme un sabre de samouraï, mais l’abus des nouvelles technologies l’aura sans doute émoussée. Mais revenons à nos moutons, Tristram. Il me semble donc, comme je le disais avant de me (…)
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Se refaire
13 juillet, par Jérémie Szpirglas« On ne se refait pas. » Il parait. C’est ce qu’on dit en tout cas. Et en tant qu’écrivain, se refait-on ? J’aime à le croire, j’aime à le penser, mais je n’en suis pas persuadé. Certes, je peux citer, de tête, certains écrivains qui semblent se réinventer à chaque nouveau livre. Un Pérec, par exemple, qui revisite à chaque aventure littéraire un genre différent — mais se refait-il pour autant ? C’est toujours sa persona d’écrivain, ses lubies, ses obsessions, ses névroses qui chaque fois (…)
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Oh que c’est beau !
10 juillet, par Jérémie SzpirglasOh que c’est beau ! On l’a tous entendu un jour. Et on l’a cru. Et on l’a appris. Et maintenant, on répète, comme des moutons. Oh que c’est beau ! Une montagne, la mer au loin, une skyline, un cumulonimbus bourgeonnant. Oh que c’est beau ! Les volets s’ouvrent sur une campagne verdoyante. Oh que c’est beau ! Que se passerait-il si, chaque fois, depuis tout petit, on nous avait dit : Oh que c’est laid ! Cachez cette vue que je ne saurais voir ! Alors tout le reste : Vermeer, Rembrandt, Bach, (…)
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Pré-temps-cieux
9 juillet, par Jérémie Szpirglasle voilà, c’est lui, c’est moi, toujours un pas devant les autres, les mains labiles dansant au niveau de ses épaules, sans masquer jamais son visage, c’est lui, c’est moi, on ne le voit pas, il est partout, il montre, il démontre, il manifeste, il dit regarde, regarde, lis, vois, écoute, comme c’est beau, c’est si beau, c’est si beau, as-tu jamais vu quoi que ce soit de si beau, regarde cette phrase, écoute ce plan, ce ralentis, vois ce sublime suspendu, tiens, je te le suspends encore un (…)
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Oiseau
8 juillet, par Jérémie Szpirglas« Tu veux quoi ? L’oiseau ou l’idée de l’oiseau ? L’oiseau, lui, il ne se pose pas la question. Il fonce. Il attaque, strident, enchaine ses rythmes impossibles à relever fidèlement, entonne sa subtile mélodie. La répète. La serine. Sans arrière-pensée. Acéré et affirmé. Il fend l’air. Il n’a pas le choix, c’est son moment, son moment d’entrer en scène. Les autres ne lui cèderont pas la place. Il a son créneau, dans la journée, dans l’échelle des fréquences et des rythmes, il s’y tient. Toi, (…)
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Fuir
7 juillet, par Jérémie SzpirglasLe voilà qui se résout à fuir. Enfin. « Enfin », se dit-il. Il en a mis du temps. À prendre sa décision. À prendre la fuite. Pas facile. D’autres avant lui ont fui. Parmi ses aïeux. Ils ont préparé leur fuite, patiemment, méthodiquement, sauvant ce qui pouvait l’être. D’autres encore, plus lointainement encore, ont espéré jusqu’à la dernière seconde. Mal leur en a pris. Poches vides, familles décimées. Ils ont fui, certes, mais dans quel piètre état. Le voilà qui se résout à fuir. Enfin. (…)
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Engagement
6 juillet, par Jérémie SzpirglasElle ne le connait pas. Ce qui explique peut-être cela. Elle ne le connait pas, elle ne connait rien de lui. Il est comme une page blanche. Son visage est quelconque, ne lui évoque rien. Sa mise est simple, sans aucun signe d’appartenance à quelque communauté ou classe sociale. C’est au petit matin, l’été, une promenade en forêt, tout le monde se ressemble. On ne croise que trois groupes de personnes : d’une part les habitués, que sont les promeneurs de chien et les joggeurs, et d’autre (…)
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Le temps de
25 juin, par Jérémie SzpirglasTiens, ça tombe un jeudi, cette année. On aurait pu le calculer, on a bien dû, un jour, le calculer. On avait oublié. Ça prend par surprise comme ça, au dernier moment, au petit matin, sans tambour ni trompette, sans drapeau ni invitation. Pas de goûter non plus. On a passé l’âge. Il reviendra, mais pas tout de suite. En attendant, il s’agirait de s’échauffer. C’est le mot juste et pourtant. Pourtant il semble incongru. Comment s’échauffer lorsque tout est chauffé à blanc. Se dégourdir ? (…)
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Le monde n’est pas
24 juin, par Jérémie SzpirglasLe monde n’est Le monde n’est pas Le monde n’est pas très accueillant Ni pour toi ni pour moi Le monde ne nous Le monde ne nous ouvre pas Les bras Baisser Les bras Le monde ne nous ouvre pas Le monde ne nous accueille pas Les bras Baissés Les bras Ouverts Ni toi ni moi Ne nous ouvre pas Ne s’ouvre pas à Ni toi ni moi Et je Et je ne Et je ne sais Et je ne sais comment Le rendre plus accueillant Le monde n’est pas Le monde n’est pas Te cueillir toi Fleur en cours Non pas te cueillir mais te (…)
Inachevé.net