De siècle en siècle, de millénaire en millénaire, la nature ne cesse de défaire ce qu’elle-même a fait. Après avoir lentement excavé une baie, la voilà à présent s’échinant à la combler. Elle a goulument monté des montagnes — tel un pâtissier ses blancs en neige ? L’érosion se chargera de leur ravaler l’ego. Que deux plaques continentales referment une mer, et voilà l’eau qui patiemment la rouvre, provocant au passage un déluge au proportions bibliques et arasant plus encore côtes et fonds (…)
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Articles les plus récents
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Vestiges
10 septembre, par Jérémie Szpirglas -
Ruines
9 septembre, par Jérémie SzpirglasPlus rien ne tenait debout. Rien. Faute d’entretien sans doute. Après tout il n’y avait plus personne pour le faire. Et même avant cela, plus personne ne savait comment. De temps en temps, une structure déjà de guingois, brinquebalant au gré des vents rachitiques, finissait de s’effondrer, créant un petit éboulement qui se propageait, de proche en proche, tel ces dominos alignés — dans l’un des derniers bâtiments encore debout, d’ailleurs, des enfants jadis avaient créé un fantastique (…)
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Mémoire
8 septembre, par Jérémie SzpirglasVoilà bien trois décennies qu’il n’a plus rouvert la partition. Trois décennies. C’est complètement fou. Bien sûr, entretemps, il a eu, à maintes reprises, l’occasion d’entendre l’œuvre — dans des interprétations variées, plus ou moins à son goût. Pourquoi y a-t-il songé à nouveau ? Il n’arrive pas à se rappeler le fil de pensées qui l’y a mené. Ah si peut-être, maintenant qu’il se creuse les méninges, il se souvient : il sifflait un autre quintette. La Truite. Pourquoi ? Aucune idée là (…)
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Au feu !
4 septembre, par Jérémie SzpirglasLe métier d’écrivain souffre d’un certain nombre de clichés — hérités, je pense, d’une imagerie typiquement américaine, laquelle s’inspire sans doute de modèles tels que Hemingway ou Scott Fitzgerald. Les bouteilles à moitié vides, l’épaisse fumée qui entoure l’écrivain qui travaille jusqu’aux premières lueurs de l’aube — il s’est réveillé au milieu de la nuit du sommeil de plomb dans lequel la soirée bien arrosée l’avait surpris, généralement débraillé sur un canapé prématurément usé. Tel (…)
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Pitch
3 septembre, par Jérémie SzpirglasIl ne s’agit pas simplement de présenter une idée. Mais de la raconter, d’emblée. De l’emballer, de l’encapsuler, et de l’amener presque naturellement dans la conversation. Pour certains projets, c’est un exercice inlassablement peaufiné. Quand je parle de l’épopée familiale à laquelle je travaille, par exemple, c’est un discours que j’ai fait des dizaines, des centaines de fois : l’étendue épique, le piment des anecdotes, le rêve, le tragique — et même la manière dont j’en suis arrivé à (…)
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Épurer
2 septembre, par Jérémie SzpirglasTrois réflexions convergentes. D’abord un travail éditorial : un écrivain me demande de l’aider sur son texte. Un texte que, en dépit de ses nombreuses qualités, je ne me verrais jamais écrire. Notamment en raison de sa langue, son style : roboratif, emprunté d’un lyrisme empesé, dont le modèle serait un Claudel, un Bernanos ou un Mauriac — avec tout ce que la suppose de déchirement passionnel autour du sacré. Ensuite, une écoute : une lecture aléatoire dans une bibliothèque numérique fait (…)
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Seuls les rêves sont vrais
1er septembre, par Jérémie Szpirglas« Seuls les rêves sont vrais. » Où ai-je lu ça ? Je ne sais plus. Mais je me souviens qu’aussitôt lu, ça m’est resté, ça m’a collé à l’esprit, comme une rengaine qu’on ne parvient plus à ne pas fredonner à tout bout de chant. « Seuls les rêves sont vrais. » Ça ressemble à « La vie est un songe », mais Calderon n’est sans doute ici pour rien. Celui qui a écrit cela ne l’aurait probablement pas pensé ainsi sans Calderon, cependant. « Seuls les rêves sont vrais. » J’ai presque le sentiment (…)
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Un mental (d’écrivain)
31 août, par Jérémie SzpirglasIl y a qui ont un mental de champion. D’autres un mental de battant, qui ne se laissent jamais abattre. D’autres encore avec un mental d’acier, qui prennent des décisions et les mettent en œuvre tambour battant, sans hésitation, jusqu’au bout — avec la promesse d’un succès assuré. À l’inverse, on pourrait parler de mental de looser. Mais de mental mou, ou de mental de caoutchouc. On a parfois des mentals (oui, des « mentals », on ne va pas dire des « mentaux », non plus ! Ça cadrerait bien (…)
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Miroir magique
28 août, par Jérémie Szpirglas« Miroir, ô miroir, dis-moi ! Qui est la plus belle de toutes ? » Il fut longtemps difficile de répondre à cette question lorsqu’on n’était pas une reine de conte de fée. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile : followers, salaires, likes, résultats google. Internet et les réseaux sociaux sont un miroir magique à la portée de tous. Seulement, comme pour celui de la reine maléfique, c’est un miroir qui ne rend absolument pas compte du subjectif intrinsèque de la réponse à cette question. Et, (…)
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À quoi pense-t-on quand on écrit ?
27 août, par Jérémie SzpirglasParmi les nombreux concerts que j’ai donnés, il en est quelques-uns qui me restent particulièrement en mémoire — je n’ai pourtant aucun souvenir précis du flux musical en train d’être joué, aucun souvenir d’avoir passé les traits si souvent travaillés, d’avoir phrasé comme je l’avais imaginé. J’étais ailleurs. Mon esprit du moins. Qui sait où. De l’avis général, ces concerts figurent parmi ceux où j’ai donné le meilleur de moi-même. Un vrai « flow », comme disent parfois les sportifs. Un « (…)
Inachevé.net