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Pathos

Problème préoccupant

mardi 26 mai 2009, par js.bach

Ça y est.

Il est là.

Il envahit la salle.

L’air en est saturé.

Une torpeur larmoyante nous avale. Tout rond.

Comme une tortue sur le dos, le combat est désespéré, ridicule, risible, perdu d’avance.

On ne pourra y résister, sauf à s’engoncer dans l’armure qu’on aura préparée au préalable, et qui, si du moins elle est suffisamment hermétique, parviendra peut-être à protéger, à abstraire des autres qui communient et vibrent de leurs cinq sens — on les voit, on pourrait, dans l’éventualité hypothétique d’une possibilité de posture froide d’observateur scientifique, mesurer la fleur de peau, le rayon des cercles concentriques des frissons qui animent l’épiderme comme un caillou dans un étang, la chair de poule (ah ! cette fameuse chair de poule, qui glace avec tant d’exquis), toute hérissée d’ombres et de palpitations — on se rappelle ces poitrines agitées, pressées et oppressées dans leurs corsets, des pièces de théâtre en costume XVIIème.

S’y soustraire sera impossible et les larmes, comme les rires et l’ennui, sont contagieuses.