Les mots sont successivement des caresses et des fusils, des lapements et des rafales, ils nous perdent dans leurs méandres, nous plongent dans leurs rêveries et on se surprend, les yeux levés, à songer à Lou et à toutes celles qui lui ressemblent, dans l’ardeur, la torpeur et le capiteux, et nous ont laissés pantois entre nos bras, superbes de jouissances, suspendues, arquées, insatiables.
Ce n’est que pour répondre à l’ancêtre qui chante, invente, les mythes, les Rolands furieux ou doux, (…)
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Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
23 septembre 2009, par Jérémie Szpirglas -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
11 septembre 2009, par Jérémie SzpirglasExil de jus d’orange et de banlieues enneigées, accueil amical, bienveillant et têtu, fuite vers l’avant qui s’enfonce dans les méandres géographiques de l’Histoire (avec un grand ou un petit h, selon l’humeur et la température extérieure sous abri). Nouvelle errance, nouveau Wanderer, détachement et rattachement ultérieur arbitraire. Ne reste que la compulsion... et l’éternel jus d’orange qui ne tachera jamais la neige ni la cour.
Aphorismes, traits d’esprit et absurdité. Le langage se (…) -
Stream
1er septembre 2009, par Jérémie SzpirglasÀ Cordes-sur-Ciel, devant une façade peuplée de chiens à l’affut, de gibiers attendant l’hallali, de visages grimaçants et de gargouilles obscènes rosissant dans le couchant, soudain ramené au Septième Sceau, son chevalier émacié (pour moi la définition du visage émacié, de l’émaciation, si tant est qu’un tel mot n’existe pas que pour moi), sa mort blafarde, souriante et non dénuée d’humour, ses comédiens légers sans soucis, si plein d’amour pour la vie que la peste et la stupidité (…)
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Écrire, écrire
28 juillet 2009, par Jérémie Szpirglas(Écrire, écrire. Facile à dire, facile à lire. Écrire. C’est bien beau d’écrire, mais c’est dur, une discipline, une douleur, une imposition, une brulure, un mouvement, un cri, si l’on veut, si l’on me force, je suis prêt à dire que c’est un cri, mais c’est surtout désacraliser le mot, savoir le raturer, le biffer nerveusement, le jeter au loin, l’oublier, s’en séparer, le façonner, le raboter, l’enlever si besoin — et il y a souvent besoin surtout chez moi, beaucoup de déchet. Pourtant, si (…)
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Vous avez dit contemporain ?
24 juillet 2009, par Jérémie SzpirglasRéflexions couchées à la va-vite au cours d’une conférence d’Oscar Strasnoy donné au Festival des Arcs (dans une salle avec vue sur Mont Blanc)...
Aucune idée de ce que je pourrais en faire, mais à garder dans un coin de l’esprit.
La musique d’aujourd’hui se distinguerait des musiques passées justement par sa non-contemporanéité, sa charge de références au passé et de métissage a-historique.
Comment se débarrasser de la culture engrangée, des techniques enseignées ?
Georges Pérec (…) -
Gare IV
21 juillet 2009, par Jérémie SzpirglasC’est triste. Mise à part une famille souriante, personne ne se parle. On cause dans le téléphone, on regarde angoissé le tableau des départs, on guette. Rien ne passe. L’incommunication est nombreuse, générale.
Et moi qui tape sur mon ordinateur, trop heureux d’avoir trouvé ici, Part Dieu, un Wi-Fi gratuit. -
Place
20 juillet 2009, par Jérémie SzpirglasSur cette place, des débuts, des fins. Des ébauches, des interruptions. Melon et jus d’orange, café verre d’eau. Et toujours le mot pour le lire, le mot pour le dire.
Je me souviens de coïncidences et de pauses, de suspendus et de suspensions. Je me souviens de lumières et de pénombres, d’alcool et de chiens.
Ce n’est pas une place quotidienne, ni une place de passage. C’est l’exception, la recherche — et cette seconde fois et j’y suis venu seul, que je l’ai cherchée des heures en vain, (…) -
Gare III
13 juillet 2009, par Jérémie SzpirglasÀ ma gauche, un grand type râblé, à la figure carrée, les cheveux courts un peu versaillais strict, vêtu sportif — randonneur (étrange en cette contrée du nord on ne peut plus plate). Un bermuda blanc donne un peu d’ombre à des mollets conséquents, campés dans des chaussettes et tennis (oui, tennis, pas basket, tennis, comme on en faisait) blanches. Au-dessus un pull à petites mailles orné, ce qui me frappe alors qu’il me scrute d’un regard que je ne saurais qualifier — mi-indifférent, (…)
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Gare II
12 juillet 2009, par Jérémie SzpirglasHasard, ou choix délibéré ?
Ils sont côte à côte, pourraient être mari et femme — lui, petit dégarni, fixe de ses minuscules yeux de fouine, inquiets et jaloux, les hommes alentours qui pourraient lui convoiter son bien, me foudroie de ce regard à la fois enfantin et primaire —, attendent sagement l’annonce de leur train (ce sera le même que le mien, ils descendront à la même gare que moi, et son petit manège reprendra, plus mesquin et méfiant encore, biaiseux, alors qu’elle aura un petit (…) -
Gare
11 juillet 2009, par Jérémie SzpirglasL’angoisse que dégage son attente aurait enduit n’importe qui d’erreurs. Nervosité des cent pas, impossibilité de rester en place — même quand elle a enfin trouvé un lieu plus confortable où poser son impatience —, elle se hausse sur la pointe des pieds, dans l’espoir d’apercevoir la première le petit nez du train au bout du quai, lumineux, loin, là bas. Ses yeux sautent de place en place, frénétiques, comme une puce sauteuse. Elle se tord les pieds, fait reposer tout son poids sur (…)
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