Je ferme les yeux. Très vite, je suis surpris par le non-silence. Un corvidé, une mésange, d’autres oiseaux non identifiés — il en va pour moi des oiseaux comme des fleurs et des odeurs : j’aime jouer avec leurs noms, qui bien souvent n’ont pas besoin de leurs chants pour chanter à mes oreilles. Ma respiration aussi et, bien sûr, à présent que je me concentre pour mieux décrire ce vacarme discret, mes doigts qui courent sur le clavier. L’appel sans allégresse d’un train dans le lointain. (…)
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Langues oubliées
Proses déconstruites/Langues oubliées
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Je ferme les yeux.
5 mai, par Jérémie Szpirglas -
D’un lieu à l’autre
29 avril, par Jérémie SzpirglasPeut-être inspiré par ma lecture de Lieux de Georges Pérec, me revient ces jours-ci en mémoire l’expérience étrange de ma découverte progressive de Paris. Enfant ayant grandi en banlieue parisienne, ce sont mes parents qui m’ont emmené visiter Paris. Ils ont été mes guides lors de mes premiers trajets parisiens, le plus souvent en voiture. Quelques grands repères — des amers urbains, dirons-nous — jaillissaient ainsi parfois, au détour d’un trajet : la Tour Eiffel, le Louvre, le quartier (…)
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Revenir
22 avril, par Jérémie SzpirglasJe reviens beaucoup ces derniers jours sur des textes anciens. Le premier roman que j’ai achevé, par exemple. Que j’aimerais reprendre pour lui donner une forme plus aboutie. Il fut abouti. Mais, sur les conseils de divers éditeurs qui manifestèrent, tour à tour ou en même temps, leur intérêt, je l’ai travaillé longuement, selon des indications et conseils parfois légitimes, parfois même pertinents, mais généralement entrant en totale contradiction les uns avec les autres. Pendant un temps, (…)
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Il parait qu’y a des choix.
21 avril, par Jérémie SzpirglasIl parait qu’y a des choix. Oui, des choix, c’est comme ça qu’on dit. On dit des choix, c’est comme ça qu’on dit. Des choix à faire. Oui. Tous les jours. Oui. Des petits choix, le plus souvent. Comme les petits trous de la chanson. Des petits choix, tout le temps, ou presque. Pas chaque seconde, pas chaque minute, mais quand même. Souvent on s’en aperçoit pas. Quelqu’un marche, en face de moi, et vient vers moi, sur ce trottoir bien étroit : comment éviter la collision ? Passerai-je à droite (…)
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Je ne suis pas (le) seul
20 avril, par Jérémie SzpirglasJe suis plongé ces temps-ci dans les Lieux de Georges Pérec (Seuil, 2022). Plus que le projet lui-même, j’apprécie particulièrement la manière dont il nous montre Pérec au travail. Debout prenant des notes, installé à une table de café, ou chez lui, face au clavier froid de sa machine à écrire. Je suis encore un peu dubitatif quant au projet lui-même du reste — dans son entier du moins. Si le principe a tout pour me séduire — j’aime me compliquer la vie quand j’écris —, les descriptions des (…)
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Nez né
17 avril, par Jérémie SzpirglasCe matin, quelques minutes après mon lever, j’ai ouvert la fenêtre. J’ai aussitôt été enveloppé d’une odeur de fraicheur, sensation très agréable de cet air printanier rempli d’effluves légères et délicates. Et aussitôt cette frustration : comme on vient de le lire, je suis bien incapable de décrire précisément, et adéquatement, les odeurs et les parfums. Parfaitement incompétent. Frustration et jalousie, du reste : je me souviens de toutes ces lectures semées d’abondants parfums, capiteux (…)
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Orthographe et diversité linguistique
14 mai 2024, par Jérémie SzpirglasPetite réflexion du matin. Sans prétention aucune. Mais qui nécessiterait peut-être une étude approfondie de la part de la socio-linguistique (si tant est que pareille discipline existe).
La fixation (et la rigidification) de l’orthographe d’une langue n’est-elle pas à l’origine d’une ouverture limite aux langues étrangères ?
Le fait d’inculquer à nos jeunes écoliers l’exactitude orthographique ne les empêchera-t-il pas, par la suite, de distinguer la familiarité entre deux mots (…) -
S’y remettre
26 juin 2014, par Jérémie SzpirglasS’y remettre.
Fermer les yeux. Se laisser aller.
Le kaléidoscope de couleurs du noir lumineux derrière la paupière. Dépasser cela également. Aller au-delà. Au-delà du soulagement de cette paupière chaude sur l’œil humide.
Tenter de retrouver le mot qui s’échappe. Ou plutôt non. Ne pas le poursuivre. Le laisser aller au contraire. En trouver d’autres. Ceux qui viennent, ceux qui ne fuient pas.
Pour l’instant du moins.
Baisser la barrière, baisser la barre. Ne pas se laisser intimider, (…) -
Ô Solitude !
25 janvier 2013, par Jérémie SzpirglasSolitude,
Solitude, mère de l’écoute et de l’éveil.
Solitude, tu ne fais pas avancer le schmiliblick.
Solitude, tu n’arrives à rien qu’à toi-même.
Je me souviens du temps où tu me terrifias. Ou c’était l’égarement absolu, le déchirement dans ton appréhension. Je me souviens de la peur, de l’angoisse extrême, de cette douleur essentielle qui me broyait, et qui m’a souvente fois mené à.
Je me souviens du temps où tu me privais de sommeil, me plongeait dans de longues nuits d’insomnie (…) -
Vus (croisés en venant du métro)
25 septembre 2012, par Jérémie SzpirglasUne quatre-aile, un minibus de touristes, un taxi qui s’arrête tout enwarningué, quelques smarts perdues dans la grande ville, un mec qui s’la joue, une enseigne box à vendre à louer, un couple grisonnant et bas sur pattes, une rue vide mais point silencieuse (on entend la circulation qui passe à un bout, et quelques éclats de voix à l’autre bout), et l’autre qui me presse.
Un futur Ehpad (il en faut, au moins autant que des écoles), un hôtel 4 étoiles (il en faut, moins que des écoles), (…)
Inachevé.net