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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Je ferme les yeux. </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je ferme les yeux. Tr&#232;s vite, je suis surpris par le non-silence. Un corvid&#233;, une m&#233;sange, d'autres oiseaux non identifi&#233;s &#8212; il en va pour moi des oiseaux comme des fleurs et des odeurs : j'aime jouer avec leurs noms, qui bien souvent n'ont pas besoin de leurs chants pour chanter &#224; mes oreilles. Ma respiration aussi et, bien s&#251;r, &#224; pr&#233;sent que je me concentre pour mieux d&#233;crire ce vacarme discret, mes doigts qui courent sur le clavier. L'appel sans all&#233;gresse d'un train dans le lointain. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je ferme les yeux. Tr&#232;s vite, je suis surpris par le non-silence. Un corvid&#233;, une m&#233;sange, d'autres oiseaux non identifi&#233;s &#8212; il en va pour moi des oiseaux comme des fleurs et des odeurs : j'aime jouer avec leurs noms, qui bien souvent n'ont pas besoin de leurs chants pour chanter &#224; mes oreilles. Ma respiration aussi et, bien s&#251;r, &#224; pr&#233;sent que je me concentre pour mieux d&#233;crire ce vacarme discret, mes doigts qui courent sur le clavier. L'appel sans all&#233;gresse d'un train dans le lointain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans objet, sans sujet, ce besoin d'&#233;crire. D'encha&#238;ner les mots, sans queue ni t&#234;te. Des images d&#233;filent devant mes yeux &#8212; ces yeux qui errent dans le vide devant moi, voient sans voir, ou quand la projection mentale d'une image se surimpose au r&#233;el devant soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres jadis en auraient fait un po&#232;me. Auraient &#233;voqu&#233; l'ouate de cette qui&#233;tude, se seraient peut-&#234;tre plong&#233;s dans des abymes de perplexit&#233; afin de trouver le mot juste, la rime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas moi. Encore moins aujourd'hui. Je ne veux pas le mot juste. Je veux le mot qui vient. Sans r&#233;fl&#233;chir, sans barri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il est 10h. Il fait gris, il fait doux, l'indiff&#233;rence domine. Je ne suis pas fatigu&#233;, encore mois &#233;puis&#233;. Voil&#224; des ann&#233;es que je n'ai plus l&#226;ch&#233; prise. Fut un temps, en effet, o&#249; j'&#233;crivais pr&#233;f&#233;rentiellement au c&#339;ur de la nuit &#8212; j'aimais cette qualit&#233; du silence, m&#234;me au c&#339;ur de l'urbs, j'aimais ce calme, j'aimais l'id&#233;e d'&#234;tre le seul ou presque &#224; ma table &#224; c't'heure, j'aimais aussi sentir l'&#233;puisement me gagner, comme une vague qui m'aurait port&#233; sur le rivage, inanim&#233;, c'&#233;tait l&#224; que mes barri&#232;res inhibitrices tombaient enfin, l&#224; que l'esprit l&#226;chait la bride au verbe. O&#249; je pouvais oser, sans ce surmoi insupportablement snob. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors je tente de retrouver ce sentiment, artificiellement, le recr&#233;er, presque me forcer &#224; tomber les masques. Au reste, j'ai d&#233;velopp&#233; tellement de techniques, de petits trucs, pour m'aider &#224; m'endormir ou me rendormir par exemple, pour calmer mes &#233;motions, pour passer &#224; autre chose. Pourquoi ne parviendrai-je pas &#224; mettre au point un truc pour mettre &#224; bas ce qui me s&#233;pare d'une &#233;criture fluide et sans obstacle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'instant, &#231;a passe par la discipline : me forcer &#224; &#233;crire deux pages. Une de pens&#233;e quelconque, ce qui me passe par la t&#234;te, parfois d'une b&#234;tise sans nom. Une autre de roman. Avant tout autre travail d'&#233;criture. Non pas des gammes &#8212; puisque, finalement, ces deux pages contiennent plus de litt&#233;rature que tout ce que je pourrais bien &#233;crire par la suite dans la journ&#233;e. Direct, dans le bain, avant que l'esprit de s'embrume de toutes les petites v&#233;tilles et mesquineries qui viendront immanquablement dans la journ&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La destruction du souvenir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'&#233;cris &#171; Ouf ! &#187; parce que j'ai beaucoup de mal &#224; lire ces temps-ci. Mais ce n'est pas &#224; ce sujet que je veux &#233;crire ce matin &#8212; &#231;a viendra une autre fois, en esp&#233;rant que je n'&#233;prouverai jamais, au grand jamais, le besoin d'&#233;crire une sequel &#224; Pater Dolorosa. Perspective intol&#233;rable. Revenons donc &#224; Lieux. Le projet devait durer 12 ans, et comprendre deux textes par moi. Ce qui fait, a priori 244 textes &#8212; projet ambitieux s'il en est. Pour diverses raisons (notamment la constatation que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'&#233;cris &#171; Ouf ! &#187; parce que j'ai beaucoup de mal &#224; lire ces temps-ci. Mais ce n'est pas &#224; ce sujet que je veux &#233;crire ce matin &#8212; &#231;a viendra une autre fois, en esp&#233;rant que je n'&#233;prouverai jamais, au grand jamais, le besoin d'&#233;crire une sequel &#224; &lt;a href=&#034;https://www.le-passeur-editeur.com/catalogue/essais-actualit&#233;/pater-dolorosa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pater Dolorosa&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Perspective intol&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Revenons donc &#224; &lt;a href=&#034;https://lieux-georges-perec.seuil.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lieux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Le projet devait durer 12 ans, et comprendre deux textes par moi. Ce qui fait, a priori 244 textes &#8212; projet ambitieux s'il en est. Pour diverses raisons (notamment la constatation que tout cela pouvait parfois un peu tourner en rond, ou que le choix des lieux n'&#233;taient peut-&#234;tre pas le plus judicieux), P&#233;rec n'est pas arriv&#233; au bout et n'a produit que 135 textes &#8212; ce qui n'est d&#233;j&#224; pas mal, avouons-le. Pas s&#251;r que j'aurais &#233;t&#233; aussi loin. Mais cessons d'essayer de se comparer, &#231;a fait trop mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lieux-georges-perec.seuil.com/138-vilin-reel-6-septembre-1975/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le dernier texte&lt;/a&gt; &#233;crit, le 27 septembre 1975 vers 2h du matin, m&#233;rite &#224; peine le nom de &#171; texte &#187;. Ce devait &#234;tre une description &#171; r&#233;elle &#187; de la rue Vilin, c'est-&#224;-dire la rue des premi&#232;res ann&#233;es, la rue de l'enfance, la rue d'avant la catastrophe. Le voici, et le contenu est assez &#233;loquent, dirons-nous : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Travail = torture&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur un des panneaux en ciment qui couvrent la presque-totalit&#233; du c&#244;t&#233; impair de la rue &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les lieux de Lieux, la rue Vilin figure parmi les plus int&#233;ressantes. Et c'est sans doute l&#224; que le projet m&#234;me aurait pris tout son sens. &#201;videmment parce que c'est, comme je l'ai dit, la rue de l'enfance &#8212; avec, encore, les vestiges des parents, et notamment l'inscription &#171; Coiffure pour dames &#187; qui t&#233;moigne du salon tenu par la m&#232;re de P&#233;rec, avant sa d&#233;portation.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que telle, la relation des souvenirs qui y sont li&#233;s, de plus en plus incertains, de plus en plus flous &#224; mesure que tombe les brumes du temps, est de plus en plus &#233;pur&#233;e, dans un rapport inversement proportionnel &#224; l'&#233;motion provoqu&#233;e par sa lecture.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part &#8212; et c'est la magie de la co&#239;ncidence &#8212;, des pans entiers de cette rue avaient &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s insalubres et, sur les deux-tiers de sa longueur originelles, le b&#226;ti dans son entier (et tout le quartier avec) a &#233;t&#233; d&#233;truit pour laisser place en 1988 au Parc de Belleville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque P&#233;rec se lance dans Lieux, les destructions ont d&#233;j&#224; commenc&#233;. Le projet exigeant de lui qu'il revienne chaque ann&#233;e d&#233;crire la rue, on ne peut que constater l'avanc&#233;e du chantier.&lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1975, c'est le dernier vestige de l'enfance de P&#233;rec &#8212; et de ses parents &#8212; qui disparait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des amph&#233;ts pour un amphi</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article593</link>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Des amph&#233;ts pour un amphi : le titre a jailli comme &#231;a, brut, dans mon esprit, &#224; la lecture d'un article de presse sur l'usage non m&#233;dical de psychotropes par des &#233;tudiants stress&#233;s, imaginant ainsi d&#233;multiplier leurs capacit&#233;s. Aussit&#244;t ce titre m'a paru parfaitement &#224; sa place dans une collection comme la S&#233;rie Noire. Mais pour quel roman ? Petit exercice : &#224; partir d'un titre donn&#233;, tenter d'esquisser une intrigue, un pitch. Le plus &#233;vident &#8212; en lien de surcroit avec la lecture qui l'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des amph&#233;ts pour un amphi&lt;/i&gt; : le titre a jailli comme &#231;a, brut, dans mon esprit, &#224; la lecture d'un &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/28/le-plus-grand-danger-c-est-de-croire-a-une-pilule-magique-le-dopage-chez-les-etudiants_6683873_4401467.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article de presse&lt;/a&gt; sur l'usage non m&#233;dical de psychotropes par des &#233;tudiants stress&#233;s, imaginant ainsi d&#233;multiplier leurs capacit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussit&#244;t ce titre m'a paru parfaitement &#224; sa place dans une collection comme la S&#233;rie Noire. Mais pour quel roman ? Petit exercice : &#224; partir d'un titre donn&#233;, tenter d'esquisser une intrigue, un pitch.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus &#233;vident &#8212; en lien de surcroit avec la lecture qui l'a fait naitre &#8212; serait que cela se passe dans un milieu universitaire. Mais alors quoi ? Un trafic de drogues parmi les &#233;tudiants qui tournerait mal ? Pourquoi pas. &#199;a fait un peu r&#233;chauff&#233;, mais il y a du potentiel. Ce serait toutefois un sujet un peu trop &#171; social &#187; pour la S&#233;rie Noire, non ? Pas suffisamment distanci&#233;, ou acide ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce go&#251;t-l&#224;, on pourrait alors penser plut&#244;t &#224; une histoire &#224; la David Lodge : parmi les professeurs et leurs assistants ? Quand David Lodge rencontre #MeToo ? &#199;a commencerait par une soir&#233;e qui semble avoir mal tourn&#233; : l'overdose d'un professeur &#8212; pour &#233;viter les clich&#233;s, je pencherais pour un professeur jeune (pas un vieux mal blanc en tout cas). Un professeur qui ne semble jamais avoir fait de vague. Rapidement, le d&#233;tective en charge de l'enqu&#234;te d&#233;couvre qu'il n'est sans doute pas mort l&#224; o&#249; on l'a trouv&#233; (dans un bureau de l'administration, mettons, m&#234;me pas le sien), mais plus vraisemblablement au pied d'un tableau d'amphi (on retrouve de la poussi&#232;re de craie sur ses v&#234;tement, accumul&#233;e de telle sorte qu'on peut imaginer qu'il s'est roul&#233; par terre). Mais la hi&#233;rarchie de la police a h&#226;te de clore le dossier : l'overdose accidentelle, c'est parfait, c'est plausible, et &#231;a permet de r&#233;affecter les moyens &#224; d'autres enqu&#234;tes. Mais notre d&#233;tective flaire le gros coup. Il poursuit seul ses investigations, tente de tracer la drogue qu'on a d&#233;tect&#233; dans le sang de la victime. Au fil de ses p&#233;r&#233;grinations, notre anti-h&#233;ros va se faire tabasser par une petite frappe qui veut se faire remarquer par un gang de dealers (lequel, finalement, n'a rien &#224; voir avec la choucroute), tomber amoureux de la veuve &#233;plor&#233;e de la victime (pas si innocente que &#231;a : il nous faut bien une femme fatale quelque part). &lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement : l'overdose aura &#233;t&#233; vraiment accidentelle (il pensait prendre un doliprane, et &#231;a n'en &#233;tait pas), mais on aura mis au jour une sombre histoire de kidnapping, sur fond de vengeance politique (le pr&#233;fet est tremp&#233; jusqu'au cou, et peut-&#234;tre m&#234;me l'&#201;lys&#233;e ?).&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;. Reste &#224; l'&#233;crire. Et &#224; tenter de r&#233;concilier toutes les contradictions que, dans mon improvisation, j'ai immanquablement suscit&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D'un lieu &#224; l'autre</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article592</link>
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		<dc:date>2026-04-29T10:08:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre inspir&#233; par ma lecture de Lieux de Georges P&#233;rec, me revient ces jours-ci en m&#233;moire l'exp&#233;rience &#233;trange de ma d&#233;couverte progressive de Paris. Enfant ayant grandi en banlieue parisienne, ce sont mes parents qui m'ont emmen&#233; visiter Paris. Ils ont &#233;t&#233; mes guides lors de mes premiers trajets parisiens, le plus souvent en voiture. Quelques grands rep&#232;res &#8212; des amers urbains, dirons-nous &#8212; jaillissaient ainsi parfois, au d&#233;tour d'un trajet : la Tour Eiffel, le Louvre, le quartier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-&#234;tre inspir&#233; par ma lecture de &lt;i&gt;Lieux&lt;/i&gt; de Georges P&#233;rec, me revient ces jours-ci en m&#233;moire l'exp&#233;rience &#233;trange de ma d&#233;couverte progressive de Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfant ayant grandi en banlieue parisienne, ce sont mes parents qui m'ont emmen&#233; visiter Paris. Ils ont &#233;t&#233; mes guides lors de mes premiers trajets parisiens, le plus souvent en voiture. Quelques grands rep&#232;res &#8212; des amers urbains, dirons-nous &#8212; jaillissaient ainsi parfois, au d&#233;tour d'un trajet : la Tour Eiffel, le Louvre, le quartier d'affaire de Beaugrenelle en face de la Maison de la Radio, la Tour Montparnasse, Orsay, aussi, bien s&#251;r, les Palais divers et vari&#233;s. Ils surgissaient ainsi, isol&#233;ment souvent, sans que je puisse v&#233;ritablement &#233;tablir de lien entre eux. Peu &#224; peu, je savais que la fr&#233;quentation de certains lieux (mus&#233;es, cin&#233;ma, logement de membres de la famille &#233;largie) nous vaudrait sans doute de passer au pied de l'un ou l'autre. Mais ces relations entre lieux fr&#233;quent&#233;s et le territoire dans lequel ils s'inscrivaient &#233;taient bien souvent assez l&#226;ches, tributaires, en outre, des itin&#233;raires choisis par mes parents au gr&#233; des caprices de la m&#233;t&#233;o ou de la circulation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devenu adolescent, j'eus bient&#244;t le droit de sortir seul (enfin non, pas seul : avec mon fr&#232;re la plupart du temps, puis avec des amis). La plupart du temps, c'&#233;tait pour aller au cin&#233;ma. Pour des raisons pratiques (temps de trajets en transport en commun &#233;gaux pour les uns et les autres) comme de go&#251;t, notre pr&#233;f&#233;rence allait bien souvent aux salles de cin&#233;ma du quartier latin, ces salles o&#249; l'on pouvait d&#233;couvrir tout un pan de l'histoire du cin&#233;ma, les grandes heures des drames, com&#233;dies ou westerns am&#233;ricains, de la nouvelle vague ou de Bergman, des Hitchcock et des Kubrick, des Kurosawa et des Lynch &#8212; j'en passe et des meilleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je savais comme y aller. J'avais fait le trajet de nombreuses fois avec mes parents, qui me les avaient fait r&#233;p&#233;ter &#224; l'oral plusieurs fois. Je n'avais donc pas de probl&#232;me ni avec les horaires, ni avec les correspondances. Je connaissais aussi le trajet &#224; pied de la sortie du m&#233;tro vers le lieu o&#249; j'avais donn&#233; rendez-vous &#224; mes amis.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais une vision de Paris qui ressemble &#224; celle de ces cartes de jeu vid&#233;o de mon enfance, qu'il fallait absolument visiter en entier pour en avoir une id&#233;e. On commen&#231;ait &#224; un endroit, et un cercle s'&#233;clairait alentours. Ce n'&#233;tait qu'en envoyant l'un de nos personnages explorer les environs que les reliefs et &#233;l&#233;ments de paysage se r&#233;v&#233;laient.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me chose pour moi &#224; Paris : la carte des environs des stations de m&#233;tro que j'avais l'habitude de fr&#233;quenter &#233;tait tout &#233;clair&#233;e. J'en connaissais les rues, les magasins, les restaurants. En revanche, aucune id&#233;e de comment on pouvait passer d'une zone &#233;clair&#233;e &#224; la voisine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est que pendant mes &#233;tudes que j'ai commenc&#233; &#224; connecter les points &#8212; et quel sentiment merveilleux la premi&#232;re fois que, &#224; la faveur d'une gr&#232;ve de transport, je d&#233;couvris que je pouvais aller de Montparnasse &#224; mon lyc&#233;e du Quartier Latin en traversant le Luxembourg ! Puis, plus tard, au gr&#233; de mes promenades solitaires ou amicales, tout Paris s'est mis &#224; s'&#233;clairer ou presque. Je dis ou presque, d'abord parce que, comme on le sait, la forme d'une ville change plus vite que le c&#339;ur d'un homme &#8212; il faut donc r&#233;explorer sans cesse les m&#234;mes territoires pour les conserver &#233;clair&#233;es &#8212;, ensuite parce que je n'ai &#233;videmment pas eu l'occasion d'explorer tout Paris &#8212; et je continue encore aujourd'hui &#224; d&#233;couvrir des lieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces derniers mois, cette d&#233;couverte se surimpose &#8212; un peu comme un calque par-dessus le quelque du r&#233;el pr&#233;sent &#8212; la carte de mon histoire familiale. Une histoire que je suis en train d'&#233;crire, &#224; l'aide des souvenirs des membres de ma famille, de la rue Vaucouleurs &#224; la rue Alphonse-Karr, et jusqu'au m&#233;tro Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je suis un &#233;crivain id&#233;aliste</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article591</link>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nulle question ici d'id&#233;alisme politique &#8212; m&#234;me si, h&#233;las pour moi, je n'en suis pas d&#233;nu&#233;, ce qui m'am&#232;ne bien des d&#233;ceptions et des d&#233;sillusions. Non. Ou alors d'une politique au-del&#224; du jeu des partis et du pouvoir, une politique au sens noble, au sens premier. Et encore. M&#234;me pas. Mon id&#233;alisme, ici, concerne l'&#233;criture &#8212; d'o&#249; l'expression &#171; &#233;crivain id&#233;aliste &#187;. L'expression, aussi belle soit-elle, est toutefois bien trouble et le concept difficile &#224; cerner. En v&#233;rit&#233;, il est en lien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nulle question ici d'id&#233;alisme politique &#8212; m&#234;me si, h&#233;las pour moi, je n'en suis pas d&#233;nu&#233;, ce qui m'am&#232;ne bien des d&#233;ceptions et des d&#233;sillusions. Non. Ou alors d'une politique au-del&#224; du jeu des partis et du pouvoir, une politique au sens noble, au sens premier. Et encore. M&#234;me pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon id&#233;alisme, ici, concerne l'&#233;criture &#8212; d'o&#249; l'expression &#171; &#233;crivain id&#233;aliste &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expression, aussi belle soit-elle, est toutefois bien trouble et le concept difficile &#224; cerner. En v&#233;rit&#233;, il est en lien direct avec ce que j'&#233;crivais hier, sur &lt;a href='https://www.inacheve.net/spip.php?article590' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'&#233;criture comme succession de probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre&lt;/a&gt;. Mais plut&#244;t que de me lancer dans une d&#233;monstration compliqu&#233;e et sans doute abstruse, je pr&#233;f&#232;re donner tout de suite un exemple : je suis incapable de doter mes personnages de d&#233;fauts. Pas de petits d&#233;fauts, de ces petites manies qui les rendent plus proches des lecteurs, plus identifiables, plus touchant aussi, souvent. Non. Je parle de gros d&#233;fauts. De v&#233;ritables d&#233;fauts. De d&#233;fauts v&#233;ritablement r&#233;dhibitoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, ils seront peut-&#234;tre parfois un peu &#233;gocentr&#233;s, ou n&#233;gligents, ou maniaques du m&#233;nage et du rangement. Mais toujours sur un fond de g&#233;n&#233;rosit&#233; et de bont&#233;. Ils ne seront &#233;videmment pas &#233;pargn&#233;s par les acc&#232;s de col&#232;re &#8212; mais ce sera toujours justifi&#233; par les circonstances.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aurais par exemple du mal &#224; &#233;crire un personnage violent. Un homme qui frappe, qui viole. J'ai bien un narrateur qui tue &#8212; mais &lt;a href=&#034;https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique5&#034;&gt;il tue ses psys&lt;/a&gt;, difficile de ne pas y voir un symbole. Et il n'a pas un temp&#233;rament violent. Il n'a absolument aucune envie de voir souffrir ses victimes, et de retire de son crime nulle jouissance, nulle satisfaction directe. Ses crimes sont un travail de deuil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les seuls personnages malhonn&#234;tes ou malveillants, sinon carr&#233;ment mal&#233;fiques, que l'on croisera dans mes &lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/anthropocene-jeremie-szpirglas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;romans&lt;/a&gt; sont directement inspir&#233;s de personnes r&#233;elles &#8212; et mentionn&#233;es de mani&#232;re tr&#232;s lointaines, comme participant du contexte, du d&#233;cor de l'action, comme lorsqu'on fait se d&#233;rouler une sc&#232;ne de jalousie au cours d'un orage : l'orage fait partie du d&#233;cor, mais nullement de l'action. Leurs mod&#232;les existant bel et bien dans notre monde, je n'ai aucune difficult&#233; &#224; leur rendre leurs d&#233;fauts manifestes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce &#224; dire que je manque d'imagination concernant les travers du genre humain ? Peut-&#234;tre. Plus vraisemblablement, j'ai peur qu'ils apparaissent trop antipathiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conscient de cette lacune, j'y travaille. Je me force. Dans le roman en cours, l'un de mes personnages se distingue par sa l&#226;chet&#233; et sa mollesse &#8212; l&#224; encore, il y manque une v&#233;ritable intentionnalit&#233;, mais on ne peut pas se refaire d'un coup, si ? Promis, &#224; l'avenir, je me pousserai dans mes retranchements, je me sortirai de ma zone de confort, et je donnerai &#224; mes personnages tout le relief qu'ils m&#233;ritent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Approcher l'&#233;crire comme une succession de probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article590</link>
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		<dc:date>2026-04-27T09:34:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je l'ai d&#233;j&#224; mentionn&#233; ici &#224; plusieurs reprises : mes amis &#233;diteurs se moquent souvent de mon besoin (plus qu'une tendance, plus qu'une envie, moins qu'une exigence) d'adosser mes &#233;crits &#224; une superstructure faite autant de contraintes d'&#233;criture que de surmoi. Pour dire simple : je me complique la vie. Il n'en demeure pas moins que l'&#233;criture se pr&#233;sente bien souvent, &#224; moi du moins, sous la forme d'une succession de probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre. Certains semblent tr&#232;s simples a priori : trouver (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je l'ai d&#233;j&#224; mentionn&#233; ici &#224; plusieurs reprises : mes amis &#233;diteurs se moquent souvent de mon besoin (plus qu'une tendance, plus qu'une envie, moins qu'une exigence) d'adosser mes &#233;crits &#224; une superstructure faite autant de contraintes d'&#233;criture que de surmoi. Pour dire simple : je me complique la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'en demeure pas moins que l'&#233;criture se pr&#233;sente bien souvent, &#224; moi du moins, sous la forme d'une succession de probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre. Certains semblent tr&#232;s simples a priori : trouver des noms &#224; mes personnages, par exemple. Certes, c'est plus simple que de trouver des noms &#224; ses propres enfants &#8212; personne d'autre ne vient perturber le processus avec ses propres id&#233;es et vetos &#8212;, mais &#231;a reste un casse-t&#234;te : le nom doit inscrire le personnage dans son paysage en m&#234;me temps que dans le contexte de l'intrigue. Et le v&#233;cu de l'&#233;crivain, ses connaissances, amiti&#233;s et inimiti&#233;s, ajoutent aux atermoiements.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres rel&#232;vent de la narration, ou plut&#244;t de la th&#233;orie des graphes (aller d'un point A &#224; un point B dans l'intrigue). Ce n'est pas une mince affaire. A priori l'essentiel de la production romanesque consiste &#224; varier autour de canevas &#233;tablis depuis des si&#232;cles, trouvant leurs sources dans les divers mythes fondateurs de nos soci&#233;t&#233;s &#8212; le m&#233;tier de l'&#233;crivain est de parvenir, d'une mani&#232;re plus ou moins originale, &#224; interpoler au sein de ces canevas, &#224; en explorer des secteurs plus rarement d&#233;velopp&#233;s, &#224; en creuser certains th&#232;mes plus que d'autres. Bref : aller d'un point A &#224; un point B. Longtemps j'ai cru que les &#233;crivains qui pr&#233;tendent que &#171; leurs personnages les ont pris par la main pour faire avancer l'intrigue &#187; &#233;taient d'ind&#233;crottables bonimenteurs, voire des charlatans, ou carr&#233;ment des cr&#233;tins. Jusqu'&#224; ce que, r&#233;cemment, &#231;a m'arrive justement. M&#234;me si je ne suis pas dupe : je sais tout ce que ces personnages portent en eux d'autres personnages que j'ai d&#233;j&#224; lus ou vus au th&#233;&#226;tre ou au cin&#233;ma. Dans une sc&#232;ne en particulier, je sais combien j'ai instill&#233; de Cary Grant et de Katherine Hepburn dans mes deux protagonistes, qui ont produit justement cette escapade que je me suis efforc&#233; de suivre avec ma plume. Mais c'est bien eux qui m'ont pris par la main. Pas de doute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les probl&#232;mes d'&#233;criture sont si nombreux que je ne pourrai pas en faire de liste exhaustive ici : ils rel&#232;vent de la structure comme du d&#233;tail (et parfois des deux : par exemple, jusqu'&#224; quel degr&#233; de d&#233;tail pousser une sc&#232;ne, une description, une conversation ?), de l'imaginaire comme de la discipline, de la disponibilit&#233; d'esprit et des inhibitions propres &#224; celui qui &#233;crit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur certains textes, je me force &#224; avancer dans l'&#233;criture, et je laisse dans mon sillage nombre de probl&#232;mes, me disant que je les r&#233;soudrai plus tard. Sauf que ce plus tard arrive un jour, et je m'arrache &#224; pr&#233;sent les cheveux pour y trouver des solutions, une par une. Des solutions qui, parfois, par voie de cons&#233;quence, un peu comme les battements d'ailes d'un papillon, bouleverse toute la structure. Et soul&#232;vent donc, n&#233;cessairement, de nouveaux probl&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas facile, ce m&#233;tier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Breaking the fourth wall</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article589</link>
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		<dc:date>2026-04-24T09:06:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une solution que j'ai trouv&#233;e pour d&#233;bloquer certaines situations probl&#233;matiques dans l'&#233;criture du texte en cours &#8212; un roman, une com&#233;die romantique m&#234;me, pour ne rien cacher. Comme &#224; mon habitude, dirait un de mes amis &#233;diteurs, je me complique la vie avec toute une s&#233;rie de contraintes dans cette &#233;criture &#8212; on ne se refait pas. La contrainte est pour moi tout &#224; la fois un aiguillon et une mani&#232;re de me dire que je ne suis pas compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; de la plaque. De pouvoir, aussi, me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une solution que j'ai trouv&#233;e pour d&#233;bloquer certaines situations probl&#233;matiques dans l'&#233;criture du texte en cours &#8212; un roman, une com&#233;die romantique m&#234;me, pour ne rien cacher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme &#224; mon habitude, dirait un de mes amis &#233;diteurs, je me complique la vie avec toute une s&#233;rie de contraintes dans cette &#233;criture &#8212; on ne se refait pas. La contrainte est pour moi tout &#224; la fois un aiguillon et une mani&#232;re de me dire que je ne suis pas compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; de la plaque. De pouvoir, aussi, me r&#233;clamer de certains de mes auteurs pr&#233;f&#233;r&#233;s &#8212; ce qui n'est pas la meilleure des motivations, je le conc&#232;de. Il n'en demeure pas moins que les contraintes sont aussi une aide, une &#233;chappatoire lorsque je suis dans un mauvais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces derniers temps, toutefois, la contrainte m'&#233;garait, me poussait dans un cul-de-sac, dont je ne savais trop comment me d&#233;p&#234;trer. J'aurais pu contourner ladite contrainte &#8212; mais elle &#233;tait trop belle &#224; mes yeux. En l'occurrence c'&#233;tait une r&#233;f&#233;rence, une r&#233;f&#233;rence qui fait partie de mon panth&#233;on &#8212; difficile de l'ignorer. D'autant que &#231;a faisait aussi tomber toute une s&#233;rie de p&#233;rip&#233;ties &#224; venir dans le texte (en l'occurrence, le probl&#232;me qui se pose intervient d&#232;s le premier chapitre : le manuscrit est bien plus avanc&#233; que &#231;a mais, au moment d'&#233;crire le premier chapitre, je me suis dit que je reviendrai plus tard sur ce probl&#232;me, il me fallait avancer, &#224; toutes forces, pour abandonner loin derri&#232;re moi l'inhibition de la page blanche. Sans me rendre compte que &#231;a me bloquerait &#224; pr&#233;sent : tout l'&#233;difice tient &#224; peu pr&#232;s, mais si j'enl&#232;ve cette r&#233;f&#233;rence, j'ai peur que tout s'effondre. D'o&#249; un retour in&#233;vitable de l'inhibition).&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis hier a jailli l'id&#233;e salvatrice &#8212; du moins c'est l'impression qui domine aujourd'hui. L'adresse au lecteur &#8212; mettre &#224; bas le quatri&#232;me mur, comme disent nos amis anglosaxons du th&#233;&#226;tre et du cin&#233;ma. En m'adressant au lecteur, je pouvais tout &#224; la fois assumer la r&#233;f&#233;rence et lever le voile sur les contraintes d'&#233;criture. Je me suis rappel&#233; les heures d&#233;licieuses que j'ai pass&#233;es plong&#233; dans le &#171; Cahier des Charges &#187; de La Vie : Mode d'emploi.&lt;br class='autobr' /&gt;
M'est revenu aussi &#224; l'esprit cette adresse au lecteur dans la Recherche &#8212; est-ce dans La Prisonni&#232;re ? Je ne sais plus, il me semble. Voulant &#233;voquer une interaction intime entre le narrateur et Albertine, Proust est bien emb&#234;t&#233;, lui qui n'a pas donn&#233; de pr&#233;nom &#224; son alter ego. Il se r&#233;signe donc &#224; un pis-aller, expliquant en substance que, si le narrateur avait le m&#234;me pr&#233;nom que l'auteur de ces lignes, Albertine l'aurait appel&#233; &#171; Marcel, Marcel, Marcel &#187;. Ce n'est pas &#224; proprement parler une rupture dans le quatri&#232;me mur, mais presque, au sens o&#249; l'on y franchit fugacement cette fronti&#232;re d&#233;licate et intangible qui s&#233;pare le monde de la fiction du monde de l'&#233;criture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le roman en cours, j'ai l'intention d'avoir plus souvent recours &#224; cette forme de distanciation de l'&#233;crivain, si omniscient soit-il, avec sa cr&#233;ation et ses personnages. Le projet lui-m&#234;me du roman me semble en outre accepter, sinon encourager, cette &#171; astuce &#187; d'&#233;criture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je mets d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#171; astuce &#187; entre guillemets, parce que cela me rappelle ces &#171; astuces &#187; auxquelles ont parfois recours les matheux dans leurs d&#233;monstrations &#8212; qui sont comme des micros &#171; Deus ex Machina &#187; au c&#339;ur du th&#233;&#226;tre math&#233;matique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cr&#233;er n'est pas une drogue (h&#233;las)</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article588</link>
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		<dc:date>2026-04-23T08:09:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si les artistes sont parfois caricatur&#233;s en victimes de diverses addictions &#8212; lesquelles, pour faire simple, d&#233;couleraient du m&#234;me d&#233;s&#233;quilibre qui les pousse &#224; cr&#233;er &#8212;, mon sentiment demeure que l'acte de cr&#233;ation n'a absolument rien d'une drogue. D'abord, pas d'effet d'accoutumance : l'usage r&#233;gulier de la plupart des drogues am&#232;ne g&#233;n&#233;ralement une d&#233;gradation de leurs effets, et donc &#224; une augmentation des prises. Tout le contraire de l'acte de cr&#233;ation, ce me semble : plus on pratique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les artistes sont parfois caricatur&#233;s en victimes de diverses addictions &#8212; lesquelles, pour faire simple, d&#233;couleraient du m&#234;me d&#233;s&#233;quilibre qui les pousse &#224; cr&#233;er &#8212;, mon sentiment demeure que l'acte de cr&#233;ation n'a absolument rien d'une drogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, pas d'effet d'accoutumance : l'usage r&#233;gulier de la plupart des drogues am&#232;ne g&#233;n&#233;ralement une d&#233;gradation de leurs effets, et donc &#224; une augmentation des prises. Tout le contraire de l'acte de cr&#233;ation, ce me semble : plus on pratique, plus les effets de cette pratique s'am&#233;liorent. On pourrait se dire que &#231;a pourrait &#224; son tour conduire &#224; une augmentation de ladite pratique &#8212; &#224; la mani&#232;re des bigorexiques, qui s'entrainent toujours plus jusqu'&#224; la rupture. Peut-&#234;tre, mais cela ne me parait pas flagrant. La joie de cr&#233;er peut certes pousser &#224; s'y oublier &#8212; il faudrait peut-&#234;tre se livrer sur ce sujet &#224; une &#233;tude plus approfondie &#8212;, jusqu'&#224; n&#233;gliger ses proches et ses responsabilit&#233;s. Mais est-ce l&#224; le fait de l'acte de cr&#233;ation lui-m&#234;me ou du caract&#232;re solitaire, voire &#233;gocentr&#233;, du cr&#233;ateur lui-m&#234;me ? Chaque cr&#233;ateur &#233;tant bien entendu dot&#233; de sa propre personnalit&#233;, bien souvent ind&#233;pendante de son besoin de cr&#233;ation : on a des cr&#233;ateurs g&#233;n&#233;reux et attentifs aux autres, aussi bien que d'immondes salauds. Sans pr&#233;sumer, du reste, de la qualit&#233; de leurs productions respectives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre similitude avec les drogues : le &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; que certaines situations de cr&#233;ation procurent. Quand tout s'encha&#238;ne parfaitement, quand les id&#233;es se suivent de mani&#232;re fluide, permettant d'&#233;laborer, en les ench&#226;ssant les unes aux autres, une structure coh&#233;rente, qui semble s'imposer d'elle-m&#234;me. Ce sont des moments rares &#8212; un peu comme ces sentiments de &#171; &lt;i&gt;flow&lt;/i&gt; &#187; d&#233;crits par certains sportifs &#224; qui tout semble r&#233;ussir (je m'aper&#231;ois tout soudain de mon recours un peu excessif &#224; la comparaison de l'acte de cr&#233;ation avec le sport) &#8212;, et extr&#234;mement gratifiants. Au point que l'on voudra &#224; toute force les reproduire, tachant d'en recr&#233;er le contexte ou l'alchimie myst&#233;rieuse &#8212; avec un succ&#232;s pour le moins al&#233;atoire, avouons-le. Cependant, c'est l&#224; justement que se fait la grande diff&#233;rence avec la drogue : le &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; n'est ici nullement garanti. Et beaucoup plus rare. Il faut s'armer de patience, oublier toute impulsivit&#233;, tout en restant &#224; l'&#233;coute de son instinct.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela &#233;tant dit, je me prends parfois &#224; r&#234;ver d'une drogue qui pourrait d&#233;clencher, encourager, focaliser l'acte de cr&#233;ation &#8212; dans l'espoir, peut-&#234;tre, d'atteindre cet &#233;lusif &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; cr&#233;atif. Quel confort ce serait de se dire que mon m&#233;tier ne reposerait pas alors sur une incertitude ontologique, plomb&#233;e, en outre, par mes inhibitions propres, sans parler de mon addiction peut-&#234;tre atavique &#224; la procrastination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Revenir</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article587</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article587</guid>
		<dc:date>2026-04-22T09:31:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je reviens beaucoup ces derniers jours sur des textes anciens. Le premier roman que j'ai achev&#233;, par exemple. Que j'aimerais reprendre pour lui donner une forme plus aboutie. Il fut abouti. Mais, sur les conseils de divers &#233;diteurs qui manifest&#232;rent, tour &#224; tour ou en m&#234;me temps, leur int&#233;r&#234;t, je l'ai travaill&#233; longuement, selon des indications et conseils parfois l&#233;gitimes, parfois m&#234;me pertinents, mais g&#233;n&#233;ralement entrant en totale contradiction les uns avec les autres. Pendant un temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je reviens beaucoup ces derniers jours sur des textes anciens. Le premier roman que j'ai achev&#233;, par exemple. Que j'aimerais reprendre pour lui donner une forme plus aboutie. Il fut abouti. Mais, sur les conseils de divers &#233;diteurs qui manifest&#232;rent, tour &#224; tour ou en m&#234;me temps, leur int&#233;r&#234;t, je l'ai travaill&#233; longuement, selon des indications et conseils parfois l&#233;gitimes, parfois m&#234;me pertinents, mais g&#233;n&#233;ralement entrant en totale contradiction les uns avec les autres. Pendant un temps, j'ai ainsi eu quatre versions sur lesquelles je travaillais en parall&#232;le, chacune destin&#233;e &#224; un &#233;diteur en particulier. Finalement, trouvant qu'il y avait des choses bien dans chaque version, j'avais voulu en faire une synth&#232;se, dans une version unique. Laquelle s'av&#232;re aujourd'hui totalement boursoufl&#233;e. J'ai l'habitude de la d&#233;crire comme un roman afflig&#233; d'un cancer g&#233;n&#233;ralis&#233; : diverses tumeurs gonflent &#231;&#224; et l&#224;, correspondant chacune &#224; une direction dans laquelle on m'a conseill&#233; de le retravailler, mais d&#233;s&#233;quilibrant totalement le texte dans sa globalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#231;a pour dire que ce premier roman fait partie de quelques textes sur lesquels je reviens depuis quelques semaines ou mois. Ce n'est pas un exercice facile. Un peu comme de regarder une photo de soi voil&#224; plusieurs ann&#233;es : on se reconnait bien s&#251;r, mais quel accoutrement ridicule ! Et puis cette coiffure&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas facile aussi car comment les reprendre : doit-on tout r&#233;&#233;crire (c'est tr&#232;s d&#233;courageant) ? &#201;laguer seulement ? Mais alors jusqu'&#224; quel point ? R&#233;&#233;crire seulement quelques passages, mais alors o&#249; s'arr&#234;ter ? Je n'ai pas de r&#233;ponse toute faite. D'autant qu'avec le temps mon &#233;criture a chang&#233;, je ne recherche plus les m&#234;mes rythmes, les m&#234;mes effets, la m&#234;me musique. Le vocabulaire aussi &#233;volue &#8212; les envies surtout. Alors comment r&#233;&#233;crire sans d&#233;naturer ? Et pourquoi pas, du reste, ne pas d&#233;naturer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Revenir sur un texte, m&#234;me sans reprendre les fragments d&#233;j&#224; &#233;crits, c'est aussi continuer, prolonger. Et &#231;a n'a rien de naturel non plus. Plus encore que dans la reprise d'un texte abouti, il faut veiller &#224; rester fid&#232;le au ton initial, &#224; l'intention &#8212; ou pas, du reste. Y a pas de r&#232;gles non plus. Mais quelque chose d'un peu frustrant &#224; ne pas r&#233;ussir &#224; reprendre l&#224; o&#249; on s'est arr&#234;t&#233;. On n'a plus les jambes. Il faut s'&#233;chauffer, se remettre en train, tenter de se replonger dans l'ambiance &#8212; r&#233;&#233;couter des musiques ? Se rappeler des belles choses ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crire est une torture de tous les instants. On se demander vraiment pourquoi on le fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors l'autre solution, qui pointe son nez : revenir sur un texte &#8212; le revoir, le r&#233;&#233;crire, le prolonger &#8212; avec l'aide de l'IA ? Et son cort&#232;ge de peurs : peur de se faire piller &#8212; fournir le point de d&#233;part, c'est aussi donner plus qu'on ne re&#231;oit &#8212;, peur d'aimer cette paresse, ce confort, peur de douter de sa paternit&#233;, peur du regard des autres aussi, sans doute. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors je n'ai pas franchi le pas. Pas encore du moins, pour mes travaux strictement litt&#233;raires. Je n'insulte pas l'avenir, mais j'aimerais pour l'instant &#233;viter. D'autant que je n'ai pour l'instant constat&#233; aucune rupture esth&#233;tique, aucun &#233;clair de g&#233;nie venant de l'IA, dans quelque domaine que ce soit. Puissance oui. Consensus parfois brillant. Mais rupture, disruption ? &#199;a viendra peut-&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question est : une rupture esth&#233;tique purement IA ne serait-elle pas v&#233;ritablement appr&#233;ciable et appr&#233;ci&#233;e que par l'IA et autres entit&#233;es de cet acabit ? Si l'IA se met &#224; &#234;tre artiste, pourquoi son art serait-il destin&#233; &#224; l'humain ? Ne serait-il pas destin&#233; aux autres IA ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je pense aux math&#233;matiques ou &#224; la physique, j'appr&#233;cie particuli&#232;rement la beaut&#233; intrins&#232;que que peuvent d&#233;gager les d&#233;monstrations, les raisonnements, voire les d&#233;veloppements structurels les plus th&#233;oriques &#224; partir d'un syst&#232;me axiomatique apparemment simple. De m&#234;me, je ne code plus depuis bien longtemps, mais je sais que certains codes informatiques peuvent &#234;tre beaux et &#233;l&#233;gants.&lt;br class='autobr' /&gt;
La beaut&#233; est multiple et jaillit parfois de lieux inattendus. Il est fort probable que si (et j'insiste sur le &#171; si &#187;), un jour, l'IA devient IArt, cette beaut&#233; sera bien diff&#233;rente de celle qu'on connait. Sera-t-elle en mesure de nous faire vibrer, de toucher nos sensibilit&#233;s humaines ? Pourrons-nous alors v&#233;ritablement parler de rupture esth&#233;tique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Il parait qu'y a des choix.</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article586</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article586</guid>
		<dc:date>2026-04-21T08:02:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il parait qu'y a des choix. Oui, des choix, c'est comme &#231;a qu'on dit. On dit des choix, c'est comme &#231;a qu'on dit. Des choix &#224; faire. Oui. Tous les jours. Oui. Des petits choix, le plus souvent. Comme les petits trous de la chanson. Des petits choix, tout le temps, ou presque. Pas chaque seconde, pas chaque minute, mais quand m&#234;me. Souvent on s'en aper&#231;oit pas. Quelqu'un marche, en face de moi, et vient vers moi, sur ce trottoir bien &#233;troit : comment &#233;viter la collision ? Passerai-je &#224; droite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il parait qu'y a des choix. Oui, des choix, c'est comme &#231;a qu'on dit. On dit des choix, c'est comme &#231;a qu'on dit. Des choix &#224; faire. Oui. Tous les jours. Oui. Des petits choix, le plus souvent. Comme les petits trous de la chanson. Des petits choix, tout le temps, ou presque. Pas chaque seconde, pas chaque minute, mais quand m&#234;me. Souvent on s'en aper&#231;oit pas. Quelqu'un marche, en face de moi, et vient vers moi, sur ce trottoir bien &#233;troit : comment &#233;viter la collision ? Passerai-je &#224; droite ou &#224; gauche ? Mettrai-je un pied dans le caniveau (y a-t-il de l'eau dans le caniveau ?) ? Et le choix se fait. Parfois le m&#234;me qu'en face, auquel cas il faut changer d'avis &#8212; il n'y a que les imb&#233;ciles qui ne changent pas d'avis. Alors on change d'avis, et l'autre en face n'est pas un imb&#233;cile non plus, il change d'avis en m&#234;me temps, et on n'est pas dans la merde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plein de petits choix, comme &#231;a, tout le temps. Et parfois des grands. Des grands qu'on prend aussi parfois sans le vouloir. Parce que certains petits nous forcent &#224; prendre des grands. Ne pas savoir quoi faire un soir, choisir par d&#233;faut d'accompagner un ami &#224; une f&#234;te. Voil&#224; un petit choix. &#192; cette f&#234;te, une jolie fille. Allons lui parler. Encore un petit choix &#8212; un peu plus gros, parce que &#231;a demande du courage quand m&#234;me. Et de fil en aiguille, des choix de plus en plus gros. De plus en plus grands. Et d'autres qui nous filent entre les doigts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il parait qu'y a des choix. Le choix de rester au lit un matin. Le choix de ne pas faire ce pensum, parce que bon. Le choix de ne pas faire d'&#233;tudes &#8212; et pourtant de continuer, toute sa vie, &#224; &#233;tudier, &#224; apprendre. Mais sans rien pour le prouver. Encore un choix. Un gros choix. Qui longtemps a paru anodin, mais qui ne l'est peut-&#234;tre pas tant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le choix de dire stop. Et l'impossibilit&#233; de dire stop.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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