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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Insucc&#232;s</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#199;a ne sort pas
&lt;br class='autobr' /&gt;
S'arr&#234;te au seuil des l&#232;vres
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine entrouvertes
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a se bouscule, &#231;a se presse.
&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;go le dispute &#224; la pudeur
&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui gagne sans &#233;gard,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni regard.
&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait pourtant.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'on vaut, ce qu'on veut.
&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;serve, discr&#233;tion, imposture.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Savant d&#233;s&#233;quilibre &#8212; brutalit&#233; nette et sans ambages
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas s'imposer,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas surplomber,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sultat : pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien, on n'est rien, on ne devient rien, on ne sera rien.
&lt;br class='autobr' /&gt;
On restera, petit, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#199;a ne sort pas&lt;br class='autobr' /&gt;
S'arr&#234;te au seuil des l&#232;vres&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine entrouvertes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a se bouscule, &#231;a se presse.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;go le dispute &#224; la pudeur&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui gagne sans &#233;gard,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni regard.&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait pourtant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'on vaut, ce qu'on veut.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;serve, discr&#233;tion, imposture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Savant d&#233;s&#233;quilibre &#8212; brutalit&#233; nette et sans ambages&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas s'imposer,&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas surplomber,&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sultat : pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien, on n'est rien, on ne devient rien, on ne sera rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
On restera, petit, sans envergure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seul et sans &#233;gal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Votif et fautif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne sachant jamais prendre ce qui se saisit de soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne sachant, non plus, se faire plus cryptique que n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peur d'&#234;tre incompris, et incompris de fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne t'attend. Personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne n'a besoin de toi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dispens&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Traduire</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'enfant s'agite sur sa chaise haute. Tout son corps s'y met. Ses petites fesses remuent dans la couche, entrainant tout son si&#232;ge dans un mouvement fr&#233;n&#233;tique, heurtant au passage le pied de la table dans une paraphrase du Toltshock du Sacre du Printemps. L'air de la pi&#232;ce vibre d'un seul bloc sous l'effet de la frustration. L'enfant s'agite, les deux bras tendus devant son visage &#224; l'horizontal, le regard comme aimant&#233; par un objet inconnu, que l'on imagine cach&#233; dans l'espace qui lui fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enfant s'agite sur sa chaise haute. Tout son corps s'y met. Ses petites fesses remuent dans la couche, entrainant tout son si&#232;ge dans un mouvement fr&#233;n&#233;tique, heurtant au passage le pied de la table dans une paraphrase du Toltshock du Sacre du Printemps. L'air de la pi&#232;ce vibre d'un seul bloc sous l'effet de la frustration.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enfant s'agite, les deux bras tendus devant son visage &#224; l'horizontal, le regard comme aimant&#233; par un objet inconnu, que l'on imagine cach&#233; dans l'espace qui lui fait face. Il chantonne un fredon entrecoup&#233; de petits cris aigus et rapides, modul&#233;s par ses l&#232;vres tour &#224; tour ouvertes et ferm&#233;s &#8212; t&#226;chant &#224; toute force de d&#233;chirer le rideau d'incommunicabilit&#233; qui l'enceint.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un coup, il s'immobilise, cesse son fredon. Il n'a pourtant rien obtenu. Les adultes autour de lui le regardent toujours d'un air ahuri, incapable de r&#233;pondre &#224; son besoin. Mais l'enfant se tait, et se tourne d'un coup vers son fr&#232;re, &#224; ses c&#244;t&#233;s. Il le regarde et on peut lire dans ses grands yeux une pri&#232;re en m&#234;me temps qu'une patience insolite. Il attend son traducteur. Le seul qui le comprenne. Le seul qui ait encore un pied dans le monde des sans-mots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fr&#232;re se pr&#234;te de bonne gr&#226;ce &#224; l'exercice : il traduit. Sans m&#234;me regarder l'enfant. En quelques phrases parfaitement tourn&#233;es, il va droit au but. Il exprime le besoin, la frustration, la question qui br&#251;le les l&#232;vres &#8212; il en est d'autant plus ravi, que ce souhait, il le fait sien dans l'instant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le fr&#232;re a termin&#233;, l'adulte regarde l'enfant, comme pour chercher confirmation. L'enfant s'agite une fois dans sa chaise &#8212; un aller-retour unique, les bras &#224; nouveau tendus, qui signifie &#171; Bah oui ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On lui tend l'objet. Il le porte imm&#233;diatement &#224; sa bouche &#8212; se demande s'il ne pourrait pas y avoir quelque chose de plus rapide, de plus efficace, une traduction simultan&#233;e, finalement.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourtant clair, non mais sans blague.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nirvana</title>
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		<dc:date>2026-09-15T08:11:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lieu d'absence et de labeur, de d&#233;tachement et de lib&#233;ration, de d&#233;chargement et d'ennui profond, lieu d'aisance et de mal-&#234;tre, vomitoire et logorrh&#233;ique, acte sans but, vide de sens et pourtant charg&#233; d'&#233;motion, barque sur les flots, priv&#233; de voile et d'aviron, bouchon errant entre deux flots, galet en passe d'&#234;tre poli, mais dont personne ne tirera le moindre ricochet, les &#233;crit volent, la marche sur place, la lettre vol&#233;e par son propre exp&#233;diteur, l'amant transi et timide, seul dans son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lieu d'absence et de labeur, de d&#233;tachement et de lib&#233;ration, de d&#233;chargement et d'ennui profond, lieu d'aisance et de mal-&#234;tre, vomitoire et logorrh&#233;ique, acte sans but, vide de sens et pourtant charg&#233; d'&#233;motion, barque sur les flots, priv&#233; de voile et d'aviron, bouchon errant entre deux flots, galet en passe d'&#234;tre poli, mais dont personne ne tirera le moindre ricochet, les &#233;crit volent, la marche sur place, la lettre vol&#233;e par son propre exp&#233;diteur, l'amant transi et timide, seul dans son coin, en soi et hors de soi, sans destination, le cr&#226;ne se brise en deux d'un coup de hache port&#233; de l'int&#233;rieur, les membres tombent l'un apr&#232;s l'autre comme un playmobil martyris&#233;, pantin d&#233;sarticul&#233; qui n'a m&#234;me jamais eu l'espoir de s'incarner, riant aux &#233;clats, rire jaune et sardonique, les moustaches qui tombent, le coin des yeux qui remontent dans un plissement m&#233;chant, tapis de rien mouchet&#233; de noir, et puis ce carnet, ces feuilles volantes, cette corbeille en attente, une douzaine de stylos dont seuls deux ou trois fonctionnent encore &#8212; mais lesquels ? &#8212;, une agrafeuse ant&#233;diluvienne, une corbeille de faux fruits &#8212; dessin maladroit &#8212;, une odeur famili&#232;re, et ce rythme irr&#233;gulier, impair et passe, cette musique discr&#232;te qui t&#233;moigne, sans rien garantir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudrait pourtant en accepter l'&#233;vidence. Si &#231;a ne sert &#224; rien, pourquoi &#231;a servirait ? Si &#231;a n'aura absolument aucun impact durable, alors pourquoi le publier ? &#201;crire pour soi. Par n&#233;cessit&#233;, sans chercher la moindre reconnaissance, sans chercher le moindre lecteur. Se satisfaire de son g&#233;nie unique et solitaire, dans sa solitude &#8212; sans remise en cause, c'est bien pratique. Sa satisfaire de sa m&#233;diocrit&#233;, surtout, de son petit point de vue, de cet &#233;loignement de la po&#233;sie, de l'&#233;pop&#233;e et du romanesque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laisser aux autres le plaisir et se complaire dans la (d&#233;)confiture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trouver son bonheur &#224; &#233;crire sans espoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vingt-deux mois</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article658</link>
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		<dc:date>2026-09-14T10:26:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vingt-deux mois plus tard.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu moins peut-&#234;tre.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est encore qu'un crat&#232;re b&#233;ant.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Un crat&#232;re, entour&#233; de palissades.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Grillages ou t&#244;les, couvertes de portraits imprim&#233;s, dont l'encre,
&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s vingt-et-un mois d'intemp&#233;ries diverses,
&lt;br class='autobr' /&gt;
semble couler comme des larmes.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo sans photog&#233;nie : un chantier comme un autre.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis non.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Crat&#232;re sans sens ni raison,
&lt;br class='autobr' /&gt;
rempli de ferrailles, d'&#233;clats de bitumes,
&lt;br class='autobr' /&gt;
de fragments de b&#233;ton, de shrapnels d'acier.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Terrain vague, comme &#224; l'abandon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vingt-deux mois plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu moins peut-&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est encore qu'un crat&#232;re b&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un crat&#232;re, entour&#233; de palissades.&lt;br class='autobr' /&gt;
Grillages ou t&#244;les, couvertes de portraits imprim&#233;s, dont l'encre,&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s vingt-et-un mois d'intemp&#233;ries diverses,&lt;br class='autobr' /&gt;
semble couler comme des larmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo sans photog&#233;nie : un chantier comme un autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis non.&lt;br class='autobr' /&gt;
Crat&#232;re sans sens ni raison,&lt;br class='autobr' /&gt;
rempli de ferrailles, d'&#233;clats de bitumes,&lt;br class='autobr' /&gt;
de fragments de b&#233;ton, de shrapnels d'acier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Terrain vague, comme &#224; l'abandon &#8212; et pourtant rien de vague, ici. Aucune &#233;vasion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Absurdit&#233; d'un monument votif dress&#233; &#224; la va-vite, dont les portraits de d&#233;solation couvrent la terre enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel est aussi bleu que ce jour-l&#224;. La chaleur, sans doute, aussi douce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a que le vide, l'absence, le n&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce p&#232;lerinage, que nous avons pourtant voulu, nous semble &#8212; on n'osera se le dire &#8212; tout &#224; coup sans objet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Anti-h&#233;ros, anti-drame, anti-&#233;motion.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire, elle, se poursuit, mais on est ici bloqu&#233; entre deux. Comme un deuil mal cuit, mal fini, que quelqu'un voudrait ne jamais clore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme ce crat&#232;re, ce trou sans &#226;me, que quelqu'un ne voudra jamais combler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Souvenirs de ground zero, juin 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il r&#232;gne</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article657</link>
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		<dc:date>2026-09-11T09:20:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il r&#232;gne dans les rues de la ville un calme paradoxal. Non pas que tout soit &#224; l'arr&#234;t, loin de l&#224;. La d&#233;licate m&#233;canique urbaine est &#224; l'&#339;uvre &#8212; les feux de circulation, les bus qui passent, les cin&#233;mas respectent les horaires des s&#233;ances. La rumeur est bien pr&#233;sente, le ronronnement des voitures, la clameur d'un klaxon, le hurlement rauque d'une moto. Rien ne manque et pourtant. &#192; l'&#339;il comme &#224; l'oreille, c'est difficilement quantifiable &#8212; peut-&#234;tre des statistiques indiqueraient-elles une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il r&#232;gne dans les rues de la ville un calme paradoxal. Non pas que tout soit &#224; l'arr&#234;t, loin de l&#224;. La d&#233;licate m&#233;canique urbaine est &#224; l'&#339;uvre &#8212; les feux de circulation, les bus qui passent, les cin&#233;mas respectent les horaires des s&#233;ances. La rumeur est bien pr&#233;sente, le ronronnement des voitures, la clameur d'un klaxon, le hurlement rauque d'une moto. Rien ne manque et pourtant. &#192; l'&#339;il comme &#224; l'oreille, c'est difficilement quantifiable &#8212; peut-&#234;tre des statistiques indiqueraient-elles une r&#233;duction de l'activit&#233; par rapport &#224; une apr&#232;s-midi normale de rentr&#233;e, et encore &#8212; n'est-ce qu'une impression ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les caf&#233;s sont ouverts, mais les salles sont clairsem&#233;es. Et, surtout, relativement silencieuses. Personne n'ose hausser la voix. Rares sont les rires. Pourtant, ce matin, tout le monde s'est rendu au travail, &#224; l'&#233;cole &#8212; comme tous les jours. Tout le monde doit donc bient&#244;t en rentrer, en toute logique. Mais personne n'ira faire les courses pour le d&#238;ner. Ou alors, tr&#232;s vite, le strict minimum. On se h&#226;tera, comme si l'orage mena&#231;ait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les trottoirs, personne ne baguenaude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps semble comme suspendu, flou. N'avance plus. Tourne en boucle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis ces centaines d'&#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Hypnotisants. Scotchants. De loin en loin, quelques rares groupes agglutin&#233;s devant &#8212; qui se dispersent tr&#232;s rapidement pour se reformer &#224; quelques dizaines ou centaines de m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces colonnes de fum&#233;e qui resteront &#224; jamais dans les m&#233;moires comme travers&#233;es, stri&#233;es, des lignes des tubes cathodiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t, une tour tombe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sid&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sentiment d'irr&#233;alit&#233;, d'un mauvais film catastrophe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le speaker ne sait plus quoi dire non plus. Il balbutie, radote, ratiocine. Reste muet devant ces petites silhouettes qui semblent des pantins d&#233;sarticul&#233;s jet&#233;s dans le vide &#8212; dont on n'ose imaginer la chute qui ne nous est pas montr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne sait ce qui se passe. On s'appelle, on se met en garde les uns les autres, on tente de se calmer mutuellement, on dit : &#171; Rentre &#224; la maison. S'il-te-plait, ce n'est pas s&#251;r. &#187; Mais on reste. On reste. On se raccroche &#224; l'illusion d'une normalit&#233; en honorant un rendez-vous, en rejoignant une bulle d'amiti&#233; s&#233;curisante. Une amiti&#233; d&#233;pouill&#233;e, &#224; l'os.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vestiges</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article656</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article656</guid>
		<dc:date>2026-09-10T08:21:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De si&#232;cle en si&#232;cle, de mill&#233;naire en mill&#233;naire, la nature ne cesse de d&#233;faire ce qu'elle-m&#234;me a fait. Apr&#232;s avoir lentement excav&#233; une baie, la voil&#224; &#224; pr&#233;sent s'&#233;chinant &#224; la combler. Elle a goulument mont&#233; des montagnes &#8212; tel un p&#226;tissier ses blancs en neige ? L'&#233;rosion se chargera de leur ravaler l'ego. Que deux plaques continentales referment une mer, et voil&#224; l'eau qui patiemment la rouvre, provocant au passage un d&#233;luge au proportions bibliques et arasant plus encore c&#244;tes et fonds (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De si&#232;cle en si&#232;cle, de mill&#233;naire en mill&#233;naire, la nature ne cesse de d&#233;faire ce qu'elle-m&#234;me a fait. Apr&#232;s avoir lentement excav&#233; une baie, la voil&#224; &#224; pr&#233;sent s'&#233;chinant &#224; la combler. Elle a goulument mont&#233; des montagnes &#8212; tel un p&#226;tissier ses blancs en neige ? L'&#233;rosion se chargera de leur ravaler l'ego. Que deux plaques continentales referment une mer, et voil&#224; l'eau qui patiemment la rouvre, provocant au passage un d&#233;luge au proportions bibliques et arasant plus encore c&#244;tes et fonds marins, sans &#233;gard pour la faune ou la flore. Une flaque se forme, le soleil l'&#233;vapore.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nature elle-m&#234;me, au long d'un interminable (et jamais termin&#233;) processus d'&#233;volution, a fait apparaitre l'humain &#8212; et soyons certains qu'elle le fera disparaitre, et estompera le moindre signe de sa pr&#233;sence. Suffira d'attendre : viendra bien un moment o&#249; une subduction emportera tout cela par le fond magmatique, qui m&#234;lera tout &#8212; et bien malin celui qui parviendra &#224; y d&#233;nicher trace de notre passage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Attendons quelques millions d'ann&#233;es suppl&#233;mentaires, et c'est la plan&#232;te tout enti&#232;re que la nature ravalera. Quelle importance, au fond. Qu'y a-t-il l&#224; &#224; sauver, v&#233;ritablement ? En serions-nous dignes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;lection naturelle, parfois, ne retient personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nulle arche pour sauver le moindre couple.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sans doute tr&#232;s bien ainsi.&lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant, il faut bien. Il faut bien quoi ? Il faut bien poursuivre. S'imaginer heureux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la chance de pouvoir envisager le moment o&#249;, enfin, on pourra se dire que tout cela fut bien bel et beau, qu'assez de bonheur a &#233;t&#233; sem&#233; autour de soi, et qu'on a le droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'univers poursuivra sa course. Sans qu'on sache jamais o&#249; elle m&#232;ne, et c'est tant mieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant : justement. Savoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce cela qui me retient ? Cette soif ? Cette pulsion ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis cette f&#233;licit&#233; &#224; &#233;couter, voir, lire, embrasser, jouir, encore et encore, toujours et toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ruines</title>
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		<dc:date>2026-09-09T09:06:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Plus rien ne tenait debout. Rien. Faute d'entretien sans doute. Apr&#232;s tout il n'y avait plus personne pour le faire. Et m&#234;me avant cela, plus personne ne savait comment. De temps en temps, une structure d&#233;j&#224; de guingois, brinquebalant au gr&#233; des vents rachitiques, finissait de s'effondrer, cr&#233;ant un petit &#233;boulement qui se propageait, de proche en proche, tel ces dominos align&#233;s &#8212; dans l'un des derniers b&#226;timents encore debout, d'ailleurs, des enfants jadis avaient cr&#233;&#233; un fantastique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus rien ne tenait debout. Rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faute d'entretien sans doute. Apr&#232;s tout il n'y avait plus personne pour le faire. Et m&#234;me avant cela, plus personne ne savait comment.&lt;br class='autobr' /&gt;
De temps en temps, une structure d&#233;j&#224; de guingois, brinquebalant au gr&#233; des vents rachitiques, finissait de s'effondrer, cr&#233;ant un petit &#233;boulement qui se propageait, de proche en proche, tel ces dominos align&#233;s &#8212; dans l'un des derniers b&#226;timents encore debout, d'ailleurs, des enfants jadis avaient cr&#233;&#233; un fantastique circuit, mais l'alarme les avait surpris avant qu'ils ne puissent terminer, on les avait appel&#233;, et appel&#233; encore, ils voulaient terminer leur jeu, mais les parents, comme de bien entendu, ne leur en laiss&#232;rent pas l'occasion (avec raison : le danger &#233;tait imminent), alors ils avaient donn&#233; une pichenette au premier domino, mais le manque de de temps les avait emp&#234;ch&#233; de tout v&#233;rifier et seul un petit m&#232;tre s'&#233;tait &#233;tal&#233; de tout son long : les vingt m&#232;tres restant &#233;taient encore debout, et avaient r&#233;sist&#233; contre toute attente &#224; toutes les avanies du temps ; c'&#233;tait bien la seule invention (imparfaite pourtant) qui t&#233;moignaient encore du g&#233;nie humain.&lt;br class='autobr' /&gt;
De leur c&#244;t&#233;, les continents avaient poursuivi leurs lentes et catastrophiques d&#233;rives. Des m&#233;tropoles enti&#232;res se retrouvaient au sommet des plus hautes cha&#238;nes de montagne &#8212; c'est ainsi qu'un feu de circulation, l&#233;g&#232;rement pench&#233;, marquait la nouvelle plus haute cime du monde, &#224; 9354 m&#232;tres d'altitude, au niveau du cercle polaire arctique (lequel, en raison de la modification progressive de l'axe de rotation de la plan&#232;te, &#233;tait &#224; pr&#233;sent 200 nautiques plus au nord). D'autres cit&#233;s, jadis si arrogantes, gisaient sous des dizaines de m&#232;tres de basaltes et de cendres volcaniques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les eaux s'&#233;chinaient encore, elles aussi, &#224; leur patient labeur, mordant cruellement rocs et b&#233;tons indistinctement, r&#233;duisant les uns et les autres &#224; l'&#233;tat de sable d'une finesse sans pareille. Grignot&#233;es, les falaises faisaient r&#233;guli&#232;rement basculer une tour ou deux dans le ressac. Les canyons creusaient si profond que des lacs, noyant le moindre vestige de pr&#233;sence humaine, &#233;taient parfois n&#233;cessaires pour que l'eau puisse rejoindre la mer. Inutile d'invoquer la col&#232;re de Dieu : la nature se charge tr&#232;s bien elle-m&#234;me des d&#233;luges et d&#233;truit tout aussi bien la moindre esquisse de Babel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout romantique normalement constitu&#233; aurait trouv&#233; l&#224; mati&#232;re &#224; contemplation et paisible m&#233;lancolie &#8212; mais les romantiques, eux aussi, avaient disparu. Il n'y avait pas de raison apr&#232;s tout, non mais sans blague.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les livres eux-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors &#224; quoi bon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moire</title>
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		<dc:date>2026-09-08T12:25:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; bien trois d&#233;cennies qu'il n'a plus rouvert la partition. Trois d&#233;cennies. C'est compl&#232;tement fou. Bien s&#251;r, entretemps, il a eu, &#224; maintes reprises, l'occasion d'entendre l'&#339;uvre &#8212; dans des interpr&#233;tations vari&#233;es, plus ou moins &#224; son go&#251;t. Pourquoi y a-t-il song&#233; &#224; nouveau ? Il n'arrive pas &#224; se rappeler le fil de pens&#233;es qui l'y a men&#233;. Ah si peut-&#234;tre, maintenant qu'il se creuse les m&#233;ninges, il se souvient : il sifflait un autre quintette. La Truite. Pourquoi ? Aucune id&#233;e l&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; bien trois d&#233;cennies qu'il n'a plus rouvert la partition. Trois d&#233;cennies. C'est compl&#232;tement fou. Bien s&#251;r, entretemps, il a eu, &#224; maintes reprises, l'occasion d'entendre l'&#339;uvre &#8212; dans des interpr&#233;tations vari&#233;es, plus ou moins &#224; son go&#251;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi y a-t-il song&#233; &#224; nouveau ? Il n'arrive pas &#224; se rappeler le fil de pens&#233;es qui l'y a men&#233;. Ah si peut-&#234;tre, maintenant qu'il se creuse les m&#233;ninges, il se souvient : il sifflait un autre quintette. &lt;i&gt;La Truite&lt;/i&gt;. Pourquoi ? Aucune id&#233;e l&#224; encore. Ce qui est certains c'est que, de &lt;i&gt;La Truite&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;Quintette en Ut&lt;/i&gt;, il n'y a qu'un pas que son esprit a franchi d'un pas all&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est lui-m&#234;me qui s'est lanc&#233; le d&#233;fi : arriverait-il &#224; se souvenir de tout ? Il r&#233;fl&#233;chit, fouille sa m&#233;moire et s'avoue bient&#244;t vaincu : impossible de retrouver le premier th&#232;me. En revanche, l'introduction ? &#199;a oui. Facile. Ce do tenu, sorti du silence, comme venu de nulle part, pianissimo, crescendo, nouvelle attaque fortissimo, puis decrescendo &#8212; suivi, comme une plaisanterie, de cette petite arabesque, qui ouvre la fen&#234;tre sur un ciel soudain ensoleill&#233;, p&#233;tillant et clair &#8212; qui donne envie de faire quelques pas sautillants, pour finir en suspension dans l'azur. Puis un r&#233;, cette fois : pareil, tenu, crescendo, nouvelle attaque fortissimo, puis decrescendo&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est ainsi que, d'une note &#224; la suivante, d'une mesure &#224; l'autre, le tissu musical se d&#233;roule. Mais il ne retrouve pas encore le premier th&#232;me. Non. Pour cela, il faut terminer l'introduction, aller jusqu'au bout. Ce n'est qu'alors que sa m&#233;moire, telle la t&#234;te de lecture d'un lecteur &#224; bande qui n'a aucune id&#233;e de la suite, lui permettra enfin de fredonner le premier th&#232;me, ce saut de tierce suivi d'un arp&#232;ge descendant, fugato, s'interrompant furieusement pour reprendre aussit&#244;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout d&#233;roule. Est-ce ainsi qu'un com&#233;dien se souvient de son texte ? C'est en tout cas comme cela que notre homme se souvient de la musique. Comme si la partition se r&#233;&#233;crivait devant ses yeux &#224; mesure qu'il en d&#233;vide la pelote &#8212; mais sans possibilit&#233; pour lui de sauter directement &#224; un passage en particulier. Il doit bien exister quelques th&#232;mes qu'il est capable de convoquer dans l'instant, mais pour la plupart, il est forc&#233; de suivre pas &#224; pas le chemin musical.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au feu !</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article653</link>
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		<dc:date>2026-09-04T09:07:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le m&#233;tier d'&#233;crivain souffre d'un certain nombre de clich&#233;s &#8212; h&#233;rit&#233;s, je pense, d'une imagerie typiquement am&#233;ricaine, laquelle s'inspire sans doute de mod&#232;les tels que Hemingway ou Scott Fitzgerald. Les bouteilles &#224; moiti&#233; vides, l'&#233;paisse fum&#233;e qui entoure l'&#233;crivain qui travaille jusqu'aux premi&#232;res lueurs de l'aube &#8212; il s'est r&#233;veill&#233; au milieu de la nuit du sommeil de plomb dans lequel la soir&#233;e bien arros&#233;e l'avait surpris, g&#233;n&#233;ralement d&#233;braill&#233; sur un canap&#233; pr&#233;matur&#233;ment us&#233;. Tel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le m&#233;tier d'&#233;crivain souffre d'un certain nombre de clich&#233;s &#8212; h&#233;rit&#233;s, je pense, d'une imagerie typiquement am&#233;ricaine, laquelle s'inspire sans doute de mod&#232;les tels que Hemingway ou Scott Fitzgerald. Les bouteilles &#224; moiti&#233; vides, l'&#233;paisse fum&#233;e qui entoure l'&#233;crivain qui travaille jusqu'aux premi&#232;res lueurs de l'aube &#8212; il s'est r&#233;veill&#233; au milieu de la nuit du sommeil de plomb dans lequel la soir&#233;e bien arros&#233;e l'avait surpris, g&#233;n&#233;ralement d&#233;braill&#233; sur un canap&#233; pr&#233;matur&#233;ment us&#233;. Tel un personnage de BD, il a toujours un feutre &#224; bord court viss&#233; sur la t&#234;te, pench&#233; sur une machine &#224; &#233;crire cr&#233;pitante &#8212; remplac&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es par le clavier d'un ordinateur souffreteux couvert d'autocollants aux accents plus ou moins complotistes ou anarchistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis &#8212; et c'est l&#224; le clich&#233; que j'aimerais ici &#233;voquer &#8212;, il est entour&#233; d'une tripot&#233;e de feuillets &#224; moiti&#233; noircis, farouchement froiss&#233;s, roul&#233;s en boule et jet&#233;s au loin avec une rage plus ou moins contenue. Il y en a partout. Sous le canap&#233; susmentionn&#233;, pr&#232;s de la fen&#234;tre, en tas couvrant une autre bouteille &#224; moiti&#233; pleine (cette fois), sous et sur le meuble sur lequel s'alignent bouteilles et verres sales pr&#234;ts &#224; l'emploi. Parfois, il y en a m&#234;me quelques-uns qui ont trouv&#233; le chemin de la corbeille &#224; papier !&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors voil&#224;. L'&#233;crivain qui jette. Et jette. Et jette. Toujours d&#233;j&#224; insatisfait, &#224; jamais recommen&#231;ant. Sans aller jusqu'aux extr&#234;mes d'un Kafka d&#233;sirant ne rien laisser &#224; la prosp&#233;rit&#233; et destinant toute sa production &#224; l'autodaf&#233;, l'&#233;crivain jette. Sans cesse. Bien heureusement, avec l'av&#232;nement de l'informatique, le geste perd une part de sa transgression : ce ne sont plus des for&#234;ts enti&#232;res que l'on sacrifie au manque d'inspiration &#8212; m&#234;me si l'&#233;nergie n&#233;cessaire &#224; ces inlassables r&#233;&#233;critures n'est sans doute pas sans impact.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;crivain jette. Et moi aussi. Mais, si je suis honn&#234;te, ce n'est jamais aussi impulsif pour moi. J'ai m&#234;me beaucoup de mal &#224; jeter. Je travaille ces jours-ci &#224; l'un des chapitres de ma com&#233;die romantique et, le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'en suis pas pleinement satisfait. &#199;a ne fonctionne. La sc&#232;ne m&#234;me que je d&#233;cris tombe un peu comme un cheveu dans la soupe. Il faut que je travaille davantage &#224; l'amener. Mais la mani&#232;re dont je l'am&#232;ne, elle-m&#234;me, est tr&#232;s maladroite. Je ren&#226;cle pourtant &#224; la jeter. Je garde. On verra bien. Peut-&#234;tre qu'en repassant dessus plus tard, dans les relectures prochaines, je trouverai le moyen de l'am&#233;liorer. En attendant, chaque mot, chaque phrase, chaque ligne est une torture. Une imposture. Mais je ne me r&#233;sous pas &#224; jeter pour autant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Effacer tout, et on recommence. Se forcer &#224; effacer. Ne pas jeter compulsivement, mais se faire violence. Violence stupide, puisque cette mati&#232;re est fonci&#232;rement imparfaite ! Alors pourquoi ? Serait-ce une forme d&#233;voy&#233;e d'angoisse de la page blanche ? Tout jeter implique en effet repartir de z&#233;ro, et c'est encore pire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pitch</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article652</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article652</guid>
		<dc:date>2026-09-03T14:48:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas simplement de pr&#233;senter une id&#233;e. Mais de la raconter, d'embl&#233;e. De l'emballer, de l'encapsuler, et de l'amener presque naturellement dans la conversation. Pour certains projets, c'est un exercice inlassablement peaufin&#233;. Quand je parle de l'&#233;pop&#233;e familiale &#224; laquelle je travaille, par exemple, c'est un discours que j'ai fait des dizaines, des centaines de fois : l'&#233;tendue &#233;pique, le piment des anecdotes, le r&#234;ve, le tragique &#8212; et m&#234;me la mani&#232;re dont j'en suis arriv&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il ne s'agit pas simplement de pr&#233;senter une id&#233;e. Mais de la raconter, d'embl&#233;e. De l'emballer, de l'encapsuler, et de l'amener presque naturellement dans la conversation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour certains projets, c'est un exercice inlassablement peaufin&#233;. Quand je parle de l'&#233;pop&#233;e familiale &#224; laquelle je travaille, par exemple, c'est un discours que j'ai fait des dizaines, des centaines de fois : l'&#233;tendue &#233;pique, le piment des anecdotes, le r&#234;ve, le tragique &#8212; et m&#234;me la mani&#232;re dont j'en suis arriv&#233; &#224; penser la forme. J'ai tant pr&#233;sent&#233; ce texte, il allume tant d'&#233;tincelles dans les yeux de mes interlocuteurs, que j'ai presque peur de m'y mettre, de ne pas &#234;tre &#224; la hauteur &#8212; voire de constater que la mati&#232;re est en v&#233;rit&#233; trop maigre : ce qui me renverrait moi-m&#234;me &#224; une certaine vacuit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d'autres projets, il faut les penser dans l'instant, saisir au vol dans les expressions faciales et les yeux de son interlocuteur ce qui va soudain l'embarquer, sans qu'il s'y attende, se reposer sur des projets d&#233;j&#224; engag&#233;s, ou termin&#233;s mais pas assez &#224; mon go&#251;t, ou d&#233;j&#224; song&#233;s, mais sans avoir eu l'occasion de les approfondir. C'est de l'improvisation &#224; l'&#233;tat pur &#8212; exactement comme ces formules tourn&#233;es et retourn&#233;es mille fois, que les musiciens improvisateurs r&#233;injectent dans le flot du discours et qui prennent dans ce contexte nouveau un sens et une force insoup&#231;onn&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un talent que, longtemps, je n'ai pas eu. Je regimbais quand on me demandait &#171; De quoi parle ton roman ? &#187; au lieu de &#171; Que raconte ton roman ? &#187; Alors que, dans les faits, dans mon cas du moins, &#231;a parle effectivement toujours de quelque chose. &#201;voquer le sujet dit parfois peu de l'intrigue &#8212; et inversement. Alors, que dois-je pitcher : le sujet ou l'intrigue ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Que de labeur pour y parvenir &#8212; et encore&#8230; je ne suis toujours pas &#224; l'aise. J'en fais trop, je propose trop. Je ne sais pas m'arr&#234;ter : quand une id&#233;e semble accrocher, mais que j'en ai une autre en poche qui me semble encore meilleure, je ne parviens pas &#224; me retenir. Alors que s'&#233;parpiller est le meilleur moyen de ne rien obtenir. Ce n'est qu'apr&#232;s coup que je me dis que j'aurais d&#251; intervertir l'ordre de pr&#233;sentation des deux id&#233;es. Aurais-je continu&#233; &#224; pitcher quand m&#234;me ? Avec des si&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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