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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Sur son erre</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce qui aurait sans doute imm&#233;diatement saut&#233; aux yeux de notre hypoth&#233;tique t&#233;moin, ce sont les feux tricolores qui semblaient, comme en pleine nuit, s'obstinaient &#224; r&#233;guler une circulation pourtant r&#233;duite &#224; n&#233;ant. Car, de m&#234;me que leurs propri&#233;taires, toutes les voitures, tous les camions, tous les v&#233;hicules qui d'ordinaire peuplent rues et avenues avaient disparu &#224; leur tour, comme &#233;vanouis, ou estomp&#233;s par une gomme puissante, ne laissant trainer que quelques rares lambeaux de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui aurait sans doute imm&#233;diatement saut&#233; aux yeux de notre hypoth&#233;tique t&#233;moin, ce sont les feux tricolores qui semblaient, comme en pleine nuit, s'obstinaient &#224; r&#233;guler une circulation pourtant r&#233;duite &#224; n&#233;ant. Car, de m&#234;me que leurs propri&#233;taires, toutes les voitures, tous les camions, tous les v&#233;hicules qui d'ordinaire peuplent rues et avenues avaient disparu &#224; leur tour, comme &#233;vanouis, ou estomp&#233;s par une gomme puissante, ne laissant trainer que quelques rares lambeaux de caoutchoucs arrach&#233;s par l'usure des pneus. Les feux tricolores continuaient n&#233;anmoins leurs appels r&#233;guliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idem pour les phares et balises, les bou&#233;es m&#233;t&#233;o, les capteurs divers et vari&#233;s diss&#233;min&#233;s &#224; la surface de la plan&#232;te. Dans le ciel, les satellites poursuivaient leur ballet &#8212; leur nombre et l'absence de tout contr&#244;le de trajectoire faisaient planer la menace de l'incident dramatique, qui sans coup f&#233;rir r&#233;duirait en poudre toute cette fragile population dans une terrible r&#233;action en cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en allait de m&#234;me avec toutes les machines et autres syst&#232;mes automatis&#233;s que les civilisations successives avaient con&#231;us, mis au point et soigneusement assembl&#233;s au fil des ans. Comme un bateau lanc&#233; &#224; pleine vitesse dont on affalerait tout soudain les voiles, cette d&#233;licate ou monumentale m&#233;canique poursuivait sa course, sur son erre. Peut-&#234;tre, avec l'usure des pi&#232;ces, l'absence de maintenance ou la fin hypoth&#233;tique de la production &#233;lectrique, le bateau s'arr&#234;terait-il un moment ou un autre. Mais ce moment n'&#233;tait pas encore venu. Alors, &#224; la mani&#232;re des fleuves qui ne cessaient de couler, mes machines continuaient &#224; produire, une production bient&#244;t &#224; vide, puisque plus personne n'&#233;tait l&#224; pour y injecter les mati&#232;res premi&#232;res. Mais l'illusion &#233;tait encore parfaite, d'une soci&#233;t&#233; m&#233;canique qui s'obstine &#8212; quelque part, une chaine Hi-Fi laiss&#233;e sur &#034;repeat&#034; reprenait sans cesse la m&#234;me plage, telle un perroquet : c'&#233;tait en outre un court extrait d'une Passion de Bach, l'une de ces courtes interventions de l'&#201;vang&#233;liste, coinc&#233;e entre un chorale d&#233;chirant et une Aria intemporelle. Mais non, on n'avait droit qu'au r&#233;citatif. Ce qui importait peu, &#233;videmment, puisque personne n'&#233;tait l&#224; pour &#233;couter &#8212; sauf peut-&#234;tre une &#233;ventuelle Intelligence Artificielle encore en veille : qui sait ce qu'elle pouvait bien apprendre de cette si courte rengaine sans queue ni t&#234;te ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un monde d&#233;pouill&#233;</title>
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		<dc:date>2025-07-22T14:00:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tout &#233;tait vide. Rien. Pas une &#226;me qui vive. Pas un animal, pas un p&#233;piement d'oiseaux. Seul le v&#233;g&#233;tal semblait avoir perdur&#233; &#8212; et encore, peut-&#234;tre &#233;tait-il destin&#233; sous peu &#224; disparaitre &#224; son tour, le temps que les feuilles jaunissent et tombent, le temps que la s&#232;ve cesse son &#233;puisant ascenseur. Un z&#233;phyr suave bruissait dans les frondaisons. Imperturbables, quelques cumulus poursuivaient leurs chemins dans le ciel. Mais au sol, rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant, tout semblait tellement empreint de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout &#233;tait vide. Rien. Pas une &#226;me qui vive. Pas un animal, pas un p&#233;piement d'oiseaux. Seul le v&#233;g&#233;tal semblait avoir perdur&#233; &#8212; et encore, peut-&#234;tre &#233;tait-il destin&#233; sous peu &#224; disparaitre &#224; son tour, le temps que les feuilles jaunissent et tombent, le temps que la s&#232;ve cesse son &#233;puisant ascenseur. Un z&#233;phyr suave bruissait dans les frondaisons. Imperturbables, quelques cumulus poursuivaient leurs chemins dans le ciel. Mais au sol, rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, tout semblait tellement empreint de vie. L&#224; une fen&#234;tre ouverte, derri&#232;re laquelle dansait encore un voile. Ici un parterre de fleurs pimpantes. L&#224; encore un gazon tout juste tondu. Un drapeau flottait en battant gentiment sur sa hampe. Le monde &#233;tait comme une pi&#232;ce qu'on a quitt&#233;e au matin, sachant qu'on y reviendrait au soir, en laissant parfois tra&#238;ner, l&#224; une tasse, l&#224; un v&#234;tement qui n'a pas su trouver le panier de linge sale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu croire &#224; un apr&#232;s-midi d'&#233;t&#233;, immobile sous la chape d'un soleil de plomb. Mais non. L'air &#233;tait l&#233;ger et doux. Le soleil venait &#224; peine de se lever. Seulement tout &#233;tait vide. Si vide qu'on en percevait le murmure de la petite rivi&#232;re qui sillonne toujours le moindre bourg, alimentant quelque lavoir qui ne sert plus que de rep&#232;re touristique &#224; quelques passionn&#233;s de lavoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de tous les hameaux, tous les villages, toutes les villes, et jusqu'aux m&#233;tropoles les plus &#233;tendues. Et pourtant, tout semblait normal. N'&#233;tait cette absence, rien ne trahissait le moindre changement du quotidien. Et m&#234;me cette absence, un hypoth&#233;tique spectateur (hypoth&#233;tique car, comme l'a dit, tout &#233;tait vide, nul spectateur n'aurait donc pu t&#233;moigner de ce vide) aurait mis quelque temps &#224; s'en apercevoir. Plusieurs minutes, d'avantage peut-&#234;tre, qui sait. Car cette absence n'&#233;tait en rien pesante, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On eut dit que le min&#233;ral, enfin, reprenait son concert, dissonant au possible et que l'hypoth&#233;tique oreille de cet hypoth&#233;tique spectateur aurait pourtant trouv&#233; des plus harmonieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;tait vide et, d&#233;cid&#233;ment, c'&#233;tait tant mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>13 juin</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article577</link>
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		<dc:date>2024-06-13T09:47:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peut-on faire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; soi tout seul ? Sans doute pas. M&#234;me si c'est effectivement assez g&#233;n&#233;ral &#224; mon titre. Avec une nuance toutefois : est-ce une gr&#232;ve, si on n'arrive pas &#224; s'y mettre, si le travail est entrav&#233; par l'angoisse, la pens&#233;e qui tourne en rond ? En somme, ces jours-ci, ma gr&#232;ve ressemble &#224; s'y m&#233;prendre &#224; mes insomnies. Ce n'est pas une volont&#233; propre. Mais je m'interromps &#8212; je me suis interrompu &#8212;, et le petit v&#233;lo qui tourne dans mon cr&#226;ne m'emp&#234;che tout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-on faire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; soi tout seul ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute pas. M&#234;me si c'est effectivement assez g&#233;n&#233;ral &#224; mon titre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec une nuance toutefois : est-ce une gr&#232;ve, si on n'arrive pas &#224; s'y mettre, si le travail est entrav&#233; par l'angoisse, la pens&#233;e qui tourne en rond ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En somme, ces jours-ci, ma gr&#232;ve ressemble &#224; s'y m&#233;prendre &#224; mes insomnies. Ce n'est pas une volont&#233; propre. Mais je m'interromps &#8212; je me suis interrompu &#8212;, et le petit v&#233;lo qui tourne dans mon cr&#226;ne m'emp&#234;che tout bonnement de reprendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aimerais pourtant avancer. L'id&#233;al, pour cela, serait de me coller &#224; une t&#226;che m&#233;canique, r&#233;barbative, sans aucune exigence intellectuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que j'ai fait, du reste, toute cette matin&#233;e : lessive, lavage du four et des plateaux du four, entretiens divers de la maison. Tout pour tenter de distraire cet esprit. Sous peu, &#231;a va reluire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'a rien &#224; voir, mais, ces jours-ci, j'aimerais me lancer dans un d&#233;fi po&#233;tique : je n'y connais absolument rien en fleurs ou en botaniques, ni en p&#233;pins ni en l&#233;gumes, et pourtant, cela ne m'emp&#234;che pas de lire (et parfois d'appr&#233;cier, m&#234;me si j'y suis assez peu sensible) des po&#232;mes ou des textes &#233;voquant &#224; tout bout de chant les millepertuis et autres aub&#233;pines, les catleyas et le jasmin, les cerisiers en fleurs et les cam&#233;lias.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le r&#233;p&#232;te : je n'y connais absolument rien ! Serais-je toutefois capable d'&#233;crire un texte qui se tient avec tout ce vocabulaire qui m'est &#233;tranger ? Avec ces ramures et ces ombrages, ces canop&#233;es, ces parfums d'humus et craquements de sous-bois ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En ces temps o&#249; l'on parle beaucoup des fractures entre urbanit&#233; et ruralit&#233;, existe-t-il des &#233;crivains de la ville, par opposition aux &#233;crivains de la campagne ? Au reste, certains &#233;crivains on ne peut plus urbains &#233;crivent aussi les plus belles pages sur les promenades bucoliques (Proust) &#8212; pas s&#251;r, donc, que la distinction soit pertinente. Mais peut-&#234;tre La Fontaine en aurait-il tir&#233; une belle fable : entre l'&#233;crivain des villes et l'&#233;crivain des champs, entre le chien plumitif et le loup rimbaldien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui sait si je suis l'un ou l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On en revient toujours &#224; cette question : peut-on (au sens de &#171; a-t-on le droit &#187;, mais aussi de &#171; en a-t-on les comp&#233;tences &#187;) &#233;crire sur ce qu'on ne connait pas ? Je crois, oui. Et qu'importe si cela n'a aucune valeur. Qu'est-ce qui a de la valeur, vraiment, quand on y attache un peu d'attention ? &#171; Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame. / Et t&#244;t serons &#233;tendus sous la lame. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>12 juin</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article576</link>
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		<dc:date>2024-06-12T09:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je me souviens soudain de cette parole de Tristan Bernard, au moment de son arrestation pour les allemands en 1943 : &#171; Notre situation s'am&#233;liore. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous vivions dans la crainte, d&#233;sormais, nous vivrons dans l'espoir &#187;.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours cette interrogation : aurai-je le courage de mes convictions et de mes pens&#233;es. Je me sens coupable de ne pas aller plus manifester. De ne pas aller davantage dire ma rage avec la foule. Et en m&#234;me temps je n'ai jamais &#233;t&#233; &#224; l'aise dans quelque foule (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je me souviens soudain de cette parole de Tristan Bernard, au moment de son arrestation pour les allemands en 1943 : &#171; Notre situation s'am&#233;liore. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous vivions dans la crainte, d&#233;sormais, nous vivrons dans l'espoir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours cette interrogation : aurai-je le courage de mes convictions et de mes pens&#233;es. Je me sens coupable de ne pas aller plus manifester. De ne pas aller davantage dire ma rage avec la foule. Et en m&#234;me temps je n'ai jamais &#233;t&#233; &#224; l'aise dans quelque foule que ce soit. Une manifestation &#224; quelques-uns, pourquoi pas, mais &#231;a a nettement moins de poids.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>11 juin</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article575</link>
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		<dc:date>2024-06-11T09:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Oui, quelle merde. Pourquoi s'emmerder. Exactement le m&#234;me sentiment qu'en novembre 2016 : je tenais entre mes bras mon b&#233;b&#233; d'&#224; peine un mois, qui ne trouvait pas le sommeil &#8212; et qui ne l'a pas trouv&#233; pendant plusieurs mois sinon tout contre moi en train de faire les cents pas. L'effarement quand j'ai vu cette aguille du barom&#232;tre de probabilit&#233; du New York Times, en faveur de Donald Trump. Et je me suis demand&#233; comment j'avais pu faire une telle connerie de faire venir un enfant dans ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Oui, quelle merde. Pourquoi s'emmerder.&lt;br class='autobr' /&gt;
Exactement le m&#234;me sentiment qu'en novembre 2016 : je tenais entre mes bras mon b&#233;b&#233; d'&#224; peine un mois, qui ne trouvait pas le sommeil &#8212; et qui ne l'a pas trouv&#233; pendant plusieurs mois sinon tout contre moi en train de faire les cents pas. L'effarement quand j'ai vu cette aguille du barom&#232;tre de probabilit&#233; du New York Times, en faveur de Donald Trump. Et je me suis demand&#233; comment j'avais pu faire une telle connerie de faire venir un enfant dans ce monde qui se dirigeait tout droit vers l'apocalypse nucl&#233;aire &#8212; apocalypse qu'on ne fait que retarder.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l&#224;, m&#234;me sentiment. Qu'est-ce que c'est que cette connerie ? O&#249; va-t-on ? Saurai-je prendre les armes ? Saurai-je me d&#233;fendre et ma famille avec moi ? Que ferai-je pour me battre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en ai pas la moindre envie. C'est l&#224;-dessus qu'ils comptent. Un Munich &#233;lectoral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rage contre cet apprenti sorcier, ce type qui se prend pour dieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
De quel droit joue-t-il avec nos vies ? Nos s&#233;curit&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; va-t-on ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cette bande de cons qui votent facho sans comprendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sentiment d'&#234;tre totalement rejet&#233; par mes compatriotes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;pisode a le m&#233;rite d'une forme de clarification : les fachos qui se cachaient &#224; droite sont sortis du bois, sentant sans doute qu'on ne leur en tiendrait pas rigueur puisque la majorit&#233; (relative) est avec eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cela pose effectivement la question de l'union de la gauche. Comment s'unir avec ceux qui nourrissent l'antis&#233;mitisme depuis huit mois ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;pisode. Comme si c'&#233;tait une s&#233;rie t&#233;l&#233;. Ce n'est pas une s&#233;rie t&#233;l&#233;. C'est la r&#233;alit&#233;, ce sont les faits. C'est ce qui se passe. C'est l'histoire minable en marche &#8212; avant que la grande ne reprenne la main (mais quand ?).&lt;br class='autobr' /&gt;
Que vais-je faire ? Je ne suis absolument pas certain d'&#234;tre en mesure de continuer ce m&#233;tier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors quoi ? Partir ? Et les enfants ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orthographe et diversit&#233; linguistique</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article574</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article574</guid>
		<dc:date>2024-05-14T07:29:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Petite r&#233;flexion du matin. Sans pr&#233;tention aucune. Mais qui n&#233;cessiterait peut-&#234;tre une &#233;tude approfondie de la part de la socio-linguistique (si tant est que pareille discipline existe). &lt;br class='autobr' /&gt;
La fixation (et la rigidification) de l'orthographe d'une langue n'est-elle pas &#224; l'origine d'une ouverture limite aux langues &#233;trang&#232;res ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait d'inculquer &#224; nos jeunes &#233;coliers l'exactitude orthographique ne les emp&#234;chera-t-il pas, par la suite, de distinguer la familiarit&#233; entre deux mots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petite r&#233;flexion du matin. Sans pr&#233;tention aucune. Mais qui n&#233;cessiterait peut-&#234;tre une &#233;tude approfondie de la part de la socio-linguistique (si tant est que pareille discipline existe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fixation (et la rigidification) de l'orthographe d'une langue n'est-elle pas &#224; l'origine d'une ouverture limite aux langues &#233;trang&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'inculquer &#224; nos jeunes &#233;coliers l'exactitude orthographique ne les emp&#234;chera-t-il pas, par la suite, de distinguer la familiarit&#233; entre deux mots &#233;quivalents, dans leur langue propre et dans une langue &#233;trang&#232;re (prenons par exemple &#034;paroisse&#034; et &#034;parish&#034;, sur lequel je viens de tomber) ? Une orthographe fluctuante permettrait de cultiver une souplesse d'esprit qui ouvre &#224; la compr&#233;hension (sinon &#224; la maitrise) des autres langues de la m&#234;me famille linguistique. Cela permettrait &#233;galement de pr&#233;server une certaine diversit&#233; dialectale au sein d'un m&#234;me p&#233;rim&#232;tre. Maitriser une langue latine, quelle qu'elle soit, ouvrirait aux autres, quand bien m&#234;me imparfaitement &#8212; de la m&#234;me mani&#232;re que les langues slaves...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis &#231;a, je ne dis rien, comme dit l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je ne nie pas les avantages certains d'une orthographe cristallis&#233;e : sa beaut&#233;, d'abord, &#233;videmment, mais aussi son exactitude, qui permet d'&#233;noncer clairement une pens&#233;e, de d&#233;crire un concept sans ambigu&#239;t&#233;. Et, dans le m&#234;me temps, je ne suis pas le premier &#224; voir ce qu'une menue diff&#233;re/ance orthographique peut ouvrir de richesse s&#233;mantique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lundi 21 novembre</title>
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		<dc:date>2022-11-21T15:22:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il m'arrive parfois, au d&#233;tour d'une conversation (g&#233;n&#233;ralement avec une vague connaissance, ou une nouvelle rencontre), de pointer les difficult&#233;s p&#233;cuniaires et la situation extr&#234;mement pr&#233;caire du plumitif quotidien. Invariablement (ou presque), on me renvoie &#224; : &lt;br class='autobr' /&gt;
-- Mais, c'est une passion, tu aimes ce que tu fais, non ?
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment : c'est une passion. Et alors ? Le fait que j'aime ce que je fais n'est nullement une raison suffisante pour que je ne puisse vivre. Ou alors, il faudrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il m'arrive parfois, au d&#233;tour d'une conversation (g&#233;n&#233;ralement avec une vague connaissance, ou une nouvelle rencontre), de pointer les difficult&#233;s p&#233;cuniaires et la situation extr&#234;mement pr&#233;caire du plumitif quotidien. Invariablement (ou presque), on me renvoie &#224; : &lt;br /&gt;&#8212; Mais, c'est une passion, tu aimes ce que tu fais, non ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment : c'est une passion. Et alors ? Le fait que j'aime ce que je fais n'est nullement une raison suffisante pour que je ne puisse vivre. Ou alors, il faudrait que ce soit la m&#234;me chose pour tout le monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
On devrait alors faire passer une nouvelle loi : la r&#233;mun&#233;ration doit &#234;tre inversement proportionnelle &#224; la passion et &#224; l'amour qu'on a du m&#233;tier qu'on pratique, ou &#224; tout le moins &#224; la quantit&#233; de plaisir qu'on en tire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'il y a certainement des traders qui adorent ce qu'ils font, non ? Alors : pfff ! Au Smic. Pareil pour les banquiers, les PDG de grandes entreprises, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, je propose un salaire cons&#233;quent pour tous ces m&#233;tiers que, en revanche, tout le monde fuit : &#233;boueurs, &#233;goutiers, manutentionnaires, livreurs, chauffeurs, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>22 septembre</title>
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		<dc:date>2022-09-22T14:23:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#199;a fait longtemps que je ne l'ai pas &#233;cout&#233;e. Bizarre d'ailleurs. C'est une &#339;uvre de chevet, de celles qu'on &#233;coute r&#233;guli&#232;rement, une &#339;uvre refuge aussi, peut-&#234;tre, une &#339;uvre qui transporte. Litt&#233;ralement. &#199;a fait longtemps que je ne l'ai pas &#233;cout&#233;e, mais voil&#224;. Je la r&#233;&#233;coute. L&#224; tout de suite maintenant. Je sais exactement o&#249; elle va, je sais tout ce qui va se passer. Je pourrais presque en retranscrire de t&#234;te la partition (j'insiste sur le presque), et pourtant quelle surprise. Un peu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/tmrFpAKD74M&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&#199;a fait longtemps que je ne l'ai pas &#233;cout&#233;e. Bizarre d'ailleurs. C'est une &#339;uvre de chevet, de celles qu'on &#233;coute r&#233;guli&#232;rement, une &#339;uvre refuge aussi, peut-&#234;tre, une &#339;uvre qui transporte. Litt&#233;ralement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a fait longtemps que je ne l'ai pas &#233;cout&#233;e, mais voil&#224;. Je la r&#233;&#233;coute. L&#224; tout de suite maintenant. Je sais exactement o&#249; elle va, je sais tout ce qui va se passer. Je pourrais presque en retranscrire de t&#234;te la partition (j'insiste sur le presque), et pourtant quelle surprise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu comme ces gestes de tendresse qui, d'un coup, par leur effet calmant et relaxant, vous font vous rendre compte de l'&#233;tat de tension de votre corps. Oui, c'est &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;coute le &lt;i&gt;5e Brandebourgeois&lt;/i&gt;, et je suis pour la centi&#232;me, la milli&#232;me, la millionni&#232;me fois, abasourdi par cette beaut&#233; tourbillonnante, cet ordre &#233;tincelant, cette perfection de l'expression.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;coute le &lt;i&gt;5e Brandebourgeois&lt;/i&gt; et, tout d'un coup, je me demande pourquoi qui que ce soit a envie de faire la guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>7 septembre</title>
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		<dc:date>2022-09-07T13:13:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans un monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; terme &#8212; ce n'est donc pas un b&#233;b&#233;, car un b&#233;b&#233; ne vient jamais pr&#233;matur&#233;ment &#224; terme &#8212;, y aurait-il encore quelque chose &#224; dire, &#224; raconter ? La fin de l'histoire est-elle la fin des histoires ? Manifestement non, mais l'histoire, comme les histoires, existent-elles s'il n'y a personne pour les raconter ? &#8212; Tiens, ne serais-je pas l&#224; en train de parler de mon pr&#233;c&#233;dent roman, Anthropoc&#232;ne ? &#8212; &#199;a ressemble au chat de Schr&#246;dinger, et en m&#234;me temps &#8212; tout le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; terme &#8212; ce n'est donc pas un b&#233;b&#233;, car un b&#233;b&#233; ne vient jamais pr&#233;matur&#233;ment &#224; terme &#8212;, y aurait-il encore quelque chose &#224; dire, &#224; raconter ? La fin de l'histoire est-elle la fin des histoires ? Manifestement non, mais l'histoire, comme les histoires, existent-elles s'il n'y a personne pour les raconter ? &#8212; Tiens, ne serais-je pas l&#224; en train de parler de mon pr&#233;c&#233;dent roman, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/anthropocene-jeremie-szpirglas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anthropoc&#232;ne&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; ? &#8212; &#199;a ressemble au chat de Schr&#246;dinger, et en m&#234;me temps &#8212; tout le monde s'y met &#8212;, rien &#224; voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; terme, il ne resterait donc plus que le verbe ? Ou pas m&#234;me cela, justement. La fin du monde avec la fin du verbe &#8212; mais qu'est-ce qui vient en premier : la poule ou l'&#339;uf ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et voil&#224;, on a l&#224; un exemple embl&#233;matique de la mani&#232;re dont mon cerveau fonctionne : tel un rhizome. Chaque pens&#233;e s'accompagne d'une autre, qui vient parasiter le d&#233;veloppement de la pr&#233;c&#233;dente, et ainsi de suite. Et apr&#232;s &#231;a, on voudrait que j'&#233;crive une com&#233;die romantique grand public. Il faudrait pour cela que je canalise le rhizome. Et ce n'est pas donn&#233; &#224; tout le monde &#8212; &#231;a me fait penser &#224; cette lutte de tous les instants que certains livrent &#224; leurs bambous, plant&#233;s jadis dans leurs jardins sans pr&#233;caution par des inconscients.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais revenons &#224; nos agneaux : dans un monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; terme, disais-je &#8212; et voil&#224;, pas moyen de continuer : je ne me souviens plus de ce que je voulais raconter dans ce monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; terme. Avec tout &#231;a, impossible d'avancer. Comme &lt;i&gt;Tristram Shandy&lt;/i&gt;, condamn&#233; &#224; ne jamais faire autre chose que naitre &#8212; et encore : aux forceps ! Probable que &lt;i&gt;Laurence Sterne &#233;tait&lt;/i&gt; afflig&#233; d'une tare cousine de la mienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais revenons &#224; nos b&#233;liers : dans un monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; terme, on ne peut s'emp&#234;cher de penser que quelque chose restera des accomplissements de notre esp&#232;ce &#8212; peut-&#234;tre m&#234;me un ou deux sp&#233;cimens hagards et &#233;gar&#233;s, qui ne connaitraient &#233;videmment l'existence l'un de l'autre qu'au moment o&#249; leurs pauvres existences, enfin, parviendraient &#224; leurs tours &#224; leurs termes. On ne peut s'emp&#234;cher d'imaginer que quelque b&#226;timent, quelque vestige de notre pens&#233;e et de notre art, quelque trace, perdurera pour l'&#233;ternit&#233; &#8212; enfin, une &#233;ternit&#233; limit&#233;e &#224; l'existence de notre plan&#232;te, a priori quatre petits milliards d'ann&#233;es avant d'&#234;tre engloutie par un soleil phtisique. Et ce n'est pas impossible &#8212; conc&#233;dons cela &#224; la volont&#233; populaire : cela permet d'imaginer toute sorte de sc&#233;narios post-apocalyptiques, et c'est fort sympathique, mais si &#231;a fait un peu r&#233;chauff&#233; (forc&#233;ment, apr&#232;s l'apocalypse, on a l&#233;gitimement envie d'un peu de chaleur humaine).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; son terme, on pourrait par exemple imaginer &#8212; mettons &#8212; une adolescente passionn&#233;e de lecture, qui porte sur son dos les quelques volumes qu'elle a pu sauver sa biblioth&#232;que lors de sa fuite (citons, une petite bluette vampirisante, un tome de &lt;i&gt;Harry Potter, Crime et Ch&#226;timents,&lt;/i&gt; qu'elle vient d'&#233;tudier en classe, peut-&#234;tre &lt;i&gt;L'&#233;cume des jours&lt;/i&gt; qui accompagna longtemps ses r&#234;veries romantiques, &lt;i&gt;Quel petit v&#233;lo &#224; guidon chrom&#233; au fond de la cour ?&lt;/i&gt; pour les moments o&#249; elle a besoin de rire un coup &#8212; peut-&#234;tre a-t-elle sauv&#233; un Balzac, un volume de &lt;i&gt;La Recherche&lt;/i&gt; en Pl&#233;iades que lui a offert sa grand-m&#232;re, &lt;i&gt;Hamlet, Si c'est un homme&lt;/i&gt;, et un volume abr&#233;g&#233; (h&#233;las !) de &lt;i&gt;Don Quichotte&lt;/i&gt;), une secr&#233;taire m&#233;dicale rev&#234;che, mais au c&#339;ur d'or et au sens pratique aiguis&#233; (elle n'a jamais &#233;tudi&#233; ou r&#233;alis&#233; le moindre geste de soin, mais en a tant entendu parler, et les a vus faire tant de fois, qu'elle se rend compte dans un moment d'urgence qu'elle les ma&#238;trise &#224; la perfection), un vieil homme raciste et misogyne (il en faut un, je pense au rancunier des &lt;i&gt;Douze hommes en col&#232;re &lt;/i&gt; qui se laisse convaincre parce que bon, mais celui-l&#224; ne se laissera pas si facilement faire, voire pas du tout : un moment d'h&#233;ro&#239;sme pour le rendre sympathique, mais il mourra dans la fange, tant pis pour lui : c'est bien d'avoir aussi des personnages antipathiques), une fillette ins&#233;parable (ou presque) de son doudou (l'image de &lt;i&gt;Jeux interdits,&lt;/i&gt; bien s&#251;r, vient &#224; l'esprit, mais comme on est dans un monde post-apocalyptique, on pourrait tr&#232;s bien penser que cette petite fille est dot&#233;e d'un pouvoir secret, dont elle n'a &#233;videmment pas conscience et qu'elle ne maitrise pas, et qui pourrait signifier la r&#233;demption pour les quelques humains qui trainent encore leurs peines &#224; la surface d&#233;chir&#233;e du globe &#8212; mais j'imagine plut&#244;t pour ce r&#233;cit une noirceur comme celle de ces films des ann&#233;es 70 : il n'y a plus d'espoir). Quatre c'est pas mal, non ? Et ce quatuor va s'engager dans un voyage pour je ne sais o&#249; &#8212; non, nulle l&#233;gende ne court sur un refuge ou un havre de paix quelque part : il n'y a plus rien, et l'apocalypse vient d'arriver, les rumeurs et mythes n'ont pas eu le temps de s'inventer et encore moins de se r&#233;pandre. D'ailleurs, quelles rumeurs, quels mythes, alors qu'ils ne sont plus que quatre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui serait &#233;tonnant, quand m&#234;me, c'est que ces quatre-l&#224; se retrouvent au m&#234;me endroit (ou &#224; peu pr&#232;s) et soient capables de communiquer. Quel hasard, non, que les derniers survivants soient ainsi r&#233;unis ? C'est pourtant certainement ce qui se passerait si quelqu'un s'ing&#233;niait &#224; &#233;crire ce monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; son terme. La fiction a des puissances que le r&#233;el ignore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un monde venu pr&#233;matur&#233;ment &#224; son terme, ce qui est bien, c'est qu'il n'est nul besoin pour l'&#233;crivain en panne d'inspiration d'imaginer tout un univers, une soci&#233;t&#233; dans ses moindres d&#233;tails, ses peuples et ses langues, ses mythes et ses politiques, ses conflits et ses d&#233;serts &#8212; pratique, et autrement moins fatigant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est fini. Tout est &#224; terre. On n'a, pour tout paysage &#224; d&#233;crire, une immensit&#233; plate et grise, un ciel p&#226;le et gris &#233;galement, une mer telle un miroir gris sans tain. La lumi&#232;re du soleil se diffuse p&#233;niblement, mais le ciel est si charg&#233; de particules (radioactives, bien &#233;videmment), qu'on ne saurait suivre sa course : tout est uniforme. La saturation de l'air emp&#234;che toute pr&#233;cipitation, uniformise les temp&#233;ratures, annule tout vent.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne nommera pas le cataclysme, on ne le mentionnera qu'&#224; peine, par circonlocution et p&#233;riphrase, et il ne sera jamais d&#233;crit pr&#233;cis&#233;ment, mais on subodorera quand m&#234;me qu'il y a de la radioactivit&#233; l&#224;-dedans : l'air tue. Et m&#234;me lorsque la gravit&#233; aura fait son &#339;uvre, m&#234;me lorsque les radiations reviendront &#224; des niveaux acceptables, m&#234;me quand la Terre aura repris sa ronde autour du soleil, il n'y aura rien &#224; d&#233;crire de plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car le cataclysme a eu deux effets que l'on d&#233;couvre d&#232;s la premi&#232;re nuit du roman : la lune a disparu &#8212; donc plus de mar&#233;e &#8212;, et la vitesse de rotation de la Terre sur elle-m&#234;me a chang&#233;. Bref, plus rien ne tourne rond.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce bien la peine d'&#233;crire ce roman ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors on ferait mieux de reprendre notre petite com&#233;die romantique, non ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>1er septembre</title>
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		<dc:date>2022-09-01T16:03:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ou alors prendre un nouveau d&#233;part. Profiter du nouveau d&#233;part ambiant, se laisser entra&#238;ner &#224; son tour. Le c&#339;ur serr&#233;, les genoux tremblants, l'estomac retourn&#233;, au bord des larmes, perdu dans l'immensit&#233; d'une nouveaut&#233; incognita, livr&#233; &#224; soi-m&#234;me. Pas le choix. Pas le choix. Pas le choix. C'est peut-&#234;tre &#231;a, le vrai probl&#232;me : on a le choix. D'autant plus qu'on se fixe soi-m&#234;me ses objectifs. Qui viendra nous taper sur les doigts si on ne les atteint pas ? C'est pourtant exactement ce que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ou alors prendre un nouveau d&#233;part. Profiter du nouveau d&#233;part ambiant, se laisser entra&#238;ner &#224; son tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur serr&#233;, les genoux tremblants, l'estomac retourn&#233;, au bord des larmes, perdu dans l'immensit&#233; d'une nouveaut&#233; incognita, livr&#233; &#224; soi-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas le choix. Pas le choix. Pas le choix.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est peut-&#234;tre &#231;a, le vrai probl&#232;me : on a le choix. D'autant plus qu'on se fixe soi-m&#234;me ses objectifs. Qui viendra nous taper sur les doigts si on ne les atteint pas ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourtant exactement ce que je fais, l&#224;, tout de suite, maintenant. J'&#233;vite d&#233;lib&#233;r&#233;ment les objectifs fix&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais j'ai aussi en t&#234;te l'image d'un film, o&#249; un &#233;crivain dit &#224; un aspirant &#233;crivain en panne de commencer &#224; &#233;crire n'importe quoi, &#224; recopier, m&#234;me, le texte d'un autre, pour se laisser bercer par la musique du clavier, le rythme des touches. Parfois, j'y arrive, et c'est presque une forme de zen : l'enjeu est de se perdre dans cet &#224;-c&#244;t&#233; du m&#233;tier, pour mieux faire tomber les barri&#232;res inhibitrices &#8212; tous ces obstacles qu'on se met soi-m&#234;me en travers de son chemin pour s'emp&#234;cher de r&#233;ussir : exigence de qualit&#233;, imp&#233;ratif d'originalit&#233;, confrontation aux ain&#233;s, regard des proches et moins proches, angoisse du lendemain, souci du lecteur &#8212; m&#234;me les tentatives de s'affranchir de toutes ces entraves ajoutent &#224; la paralysie, comme ces n&#339;uds myst&#233;rieux dont on nous parle dans certains thrillers (encore des films, tiens), qui resserrent les liens si l'on se d&#233;bat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui suis-je ? Qu'entends-je ? Qu'y puis-je ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien. Aucune raison. Tu es tout seul et personne ne viendra te sauver. G&#232;re comme tu peux, avance comme tu peux, fais le bord rapprochant, c'est tout ce que tu peux faire, en esp&#233;rant que &#231;a t'avance effectivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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