« Tu veux quoi ? L’oiseau ou l’idée de l’oiseau ? L’oiseau, lui, il ne se pose pas la question. Il fonce. Il attaque, strident, enchaine ses rythmes impossibles à relever fidèlement, entonne sa subtile mélodie. La répète. La serine. Sans arrière-pensée. Acéré et affirmé. Il fend l’air. Il n’a pas le choix, c’est son moment, son moment d’entrer en scène. Les autres ne lui cèderont pas la place. Il a son créneau, dans la journée, dans l’échelle des fréquences et des rythmes, il s’y tient. Toi, (…)
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Et Freud dans tout ça ?
Quand le petit vélo s’arrête, la boutique obscure ouvre ses portes.
Rêves choisis.
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Oiseau
8 juillet, par Jérémie Szpirglas -
Abymes oniriques
19 mai, par Jérémie SzpirglasÀ peine éveillé, je m’aperçois que je rêve encore — sentiment familier et trompeur, avec comme une pointe de satisfaction du rêveur que je suis à l’idée que ma nuit se poursuit, que ce n’est ni le moment de se lever, ni une inopportune insomnie. Je rêve encore, mais, comme souvent au réveil, je me souviens du rêve dont je sors à peine. Dans les brumes encore mal dissipées de ce réveil en rêve, je m’avise de la présence de C., une amie que, au demeurant, dans la vraie vie réelle hors rêve, je (…)
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Quand le rêve se scénarise
11 mai, par Jérémie SzpirglasJe ne sais plus comment ça commence exactement — avouons-le, c’est souvent le cas dans les rêves. Même quand on s’en souvient parfaitement, on a le sentiment d’être projeté dans une situation parfois familière, parfois abracadabrantesque, mais sans parvenir à tout à fait cerner les origines, les débuts — un peu comme un jeu vidéo, qui vous précipite dans une scène, parfois même dans un cul-de-sac, sans plus d’explication, ou comme dans une de ces compétitions d’improvisation théâtrale, où (…)
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20 ans après
19 mars 2020, par Jérémie Szpirglas20 ans après, un rêve se réactive. Bien sûr, il ne se présente pas pareil — pas du tout, même. Mais c’est le même sujet, ce sont les mêmes protagonistes, c’est le même sentiment d’inachevé, de désespoir au réveil. Voilà l’histoire : voilà 20 ans, au lendemain d’avoir fêté ensemble, chez lui, et avec de nombreux autres amis, le nouveau millénaire, mon meilleur ami est mort. Nous avons su après coup qu’il avait une malformation congénitale du coeur — à tous égards, il avait le coeur trop gros, (…)
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Jack
19 mars 2019, par Jérémie SzpirglasSous les traits rigolards de Jack Lemmon, un père de famille fait le singe dans le squelette d’une maison de bois en construction. Réduit à l’état de super-structure, elle lui sert de portique en même temps que de cage. Il va de frêle poutrelle en frêle poutrelle avec une aisance désarmante. Rien ne bouge à part lui. Aucune vibration. Et la scène est étrangement silencieuse.
L’instant d’après — ou, plus probablement, quelques heures plus tard dans ma nuit —, c’est un père (épaisse (…) -
Là
30 septembre 2010, par Jérémie SzpirglasLà, là, là et là (il pointe du doigt, en fronçant le nez), et puis là encore. Et ça ne fait qu’empirer (il est rouge, il sue, à bout de souffle), ça bouge un peu partout. L’autre tremble imperceptiblement (son visage est dans la pénombre, on voit ses mains, tranquillement empilées sur la table), l’air bourdonne.
Une carte gigantesque est étalée entre eux, qui brillent dans le cercle vacillant de lumière d’une lampe tempête accrochée au plafond.
Ils sont songeurs tous les deux.
Un livre (…) -
C’est une voix qui s’élève
3 septembre 2010, par Jérémie SzpirglasC’est une voix qui s’élève. Si si, je t’assure, une voix parmi la cacophonie des voix. Elle est rauque et lasse, voilà quelques siècles qu’elle se bat sans relâche, fatiguée par tant d’années de lutte, tant d’hivers qui ont voulu l’éteindre.
C’est une voix qui s’élève. Elle bourdonne à nos sens, sans répit. Elle se noue à la gorge, s’accroche à l’estomac. Son onde est délicate et diaphane, elle assourdit le nombril du monde. Aussi (peu) assurée que son impéril, elle se lézarde comme un (…) -
Évidence
11 juillet 2010, par Jérémie Szpirglasvoir enfin l’évidence s’imposer
le vol est souverain — la pièce est écrasée de lumière
visage mêlé, image baigné du jaune éblouissant des mémoires argent(ées)iques
l’élan spontané, comme un geste de dernier espoir, de dernier désespoir, réciproque, assoiffé, plein de gorges serrées
la culpabilité fait détourner la tête, repousser l’évidence
traduction à la terrasse ensoleillée d’un café — débat — sur le tableau noir, l’évidence à nouveau écrite : « (s’)curl up into bed together » (…) -
Dreaming / No Dreaming
7 juillet 2010, par Jérémie SzpirglasRêve à deux pendants.
Deux pendants aux prémices identiques, aux dénouements tout à fait différents.
Dans le premier — sans doute beaucoup plus long que les seuls fragments qui reviennent en mémoire — je sors d’un appartement. Pas le mien (conquête d’un soir ?). Dans le même temps, un narrateur "omniscient" (muni de sa caméra panoramique personnelle) me montre l’entrée dans l’immeuble (immeuble de banlieue, ou de faubourg, résidence dans le jardin propret parsemé de verdure partage les (…) -
Conciliabule d’indécis
4 juillet 2010, par Jérémie SzpirglasAutour de moi, souriants, cercle de décideurs pantins. Panoramiques sur ces visages ronds, joviaux, qui chacun à leur tour émettent en rythme un “chchaipas” — longue chuintante, sècheresse du tour.
De quoi parle-t-on ? Sur quoi s’accordent-ils ainsi ne rien pouvoir, ne rien savoir.
Nouveau tour de table — le rythme s’accélère — objectif plus près des yeux, quelque chose du clown entre les oreilles — immobilité de marionnette aux épaules.
M’apercevoir après la sonnerie du réveil — (…)
Inachevé.net