« Je me pose une seule question en regardant un film : “Vais-je rigoler ?” S’il n’y a pas moyen de se marrer, je n’ai pas envie d’y aller. » Les mots sont de Paul Thomas Anderson, dans une interview au Monde en septembre 2025, à l’occasion de la sortie d’Une bataille après l’autre. Des mots assez inattendus de la part d’un réalisateur dont les films, s’ils ne sont certes pas dénués d’humour (souvent absurde et délicieux), ne déclenchent généralement pas des fous-rires dans les salles (…)
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En vrac
En lisant, en écrivant : rendons à Julien Gracq ce qui lui appartient.
Sans ordre ni désordre...
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Ce qu’on aime, ce qu’on crée
14 août, par Jérémie Szpirglas -
Échauffement
11 août, par Jérémie SzpirglasAu petit matin, souvent avant le lever du soleil, à la fraiche, quelques étirements alternent avec les premières foulées. Doucement. Sans timidité ni prudence, mais se gardant de tout excès précoce. Le souffle est court encore, et on s’en aperçoit encore — bientôt, on oubliera. Les mollets gardent un peu de leur raideur ensommeillée, le haut des cuisses, juste au-dessus du genou, ça serre, comme si les muscles devaient s’y faire leur place. Pendant ce temps, l’esprit fait le tour de la (…)
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Brouillard de l’avenir
16 juin, par Jérémie SzpirglasSouvent, repensant à mes grands-parents plongés dans les guerres, je suis admiratif de la souplesse et de la ductilité dont ils ont fait preuve pour traverser ces périodes de danger. Comment faisaient-ils pour s’endormir le soir, l’angoisse ne les tenait-elle pas éveillés ? Comment abordaient-ils chaque journée, l’une après l’autre, sachant que leur poche de sécurité se réduisait comme peau de chagrin autour d’eux, jusqu’à s’évaporer tout à fait ? Ma génération (en Occident du moins) est une (…)
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Ce que je ne veux pas écrire
2 juin, par Jérémie SzpirglasIl est des livres que j’espère n’avoir jamais à écrire et que, pourtant, j’écrirai peut-être. Cette pensée est tout bonnement insupportable. À moins, justement, que toute écrire se fasse muette face audit insupportable.
Quels livres écrit-on ? Choisit-on vraiment ceux qu’on écrit ? Rien n’est moins sûr. Ou alors : ne rien écrire. Se contenter du silence, du ruminement intime, de la pensée pour la énième fois ressassée, du remugle du trauma en suspens. Ou alors contourner, faire avec, ou (…) -
Virginal
21 mai, par Jérémie SzpirglasJe m’en souviens comme si c’était hier. Allongé sur mon lit d’enfant, dans ma chambre d’enfant, avec au mur mes posters d’enfant. Quelques minutes — ou quelques heures, qu’en sais-je ? — plus tôt, j’avais pris sans trop y croire un livre dans la bibliothèque familial. Un livre dont on m’avait dit du bien, mais je restais encore très méfiant vis-à-vis des recommandations parentales — je découvris plus tard que j’avais bien tort à ce sujet. Je l’avais pris, l’avais ouvert. Et d’un coup ce (…)
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Lubitsch aurait-il remporté la Palme d’or ?
12 mai, par Jérémie SzpirglasÀ l’heure où le Festival de Cannes ouvre ses portes, une question (rhétorique tant la réponse semble évidente) s’impose à moi : Lubitsch aurait-il remporté la Palme d’or ? Si l’on regarde les grands classiques, on pourrait sans trop se tromper affirmer qu’un film comme Citizen Kane aurait pu avoir les faveurs du jury, si le festival (tel qu’on le connait aujourd’hui du moins) s’était tenu en 1941 ou 1942 : par ses audaces formelles et esthétiques, par sa peinture sans fard de la société (…)
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Les Justes
7 mai, par Jérémie SzpirglasBouffée subite d’émotions. Encore elle, toujours elle. Non que ce soit désagréable — même si cette émotion relève du bouleversement, de la tristesse absolue, mêlée d’un espoir aberrant. Mais c’est imparable. Ça revient à tous les coups, sans coup férir. Imparable, comme on dit. Irrépressible, possiblement, aussi. Explicable, bien sûr. Totalement justifiée même : cette bouffée accompagne systématiquement la (re)découverte de l’histoire d’un Juste. Comme un réflexe, en écho au réflexe (…)
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La destruction du souvenir
4 mai, par Jérémie SzpirglasJ’écris « Ouf ! » parce que j’ai beaucoup de mal à lire ces temps-ci. Mais ce n’est pas à ce sujet que je veux écrire ce matin — ça viendra une autre fois, en espérant que je n’éprouverai jamais, au grand jamais, le besoin d’écrire une sequel à Pater Dolorosa. Perspective intolérable. Revenons donc à Lieux. Le projet devait durer 12 ans, et comprendre deux textes par moi. Ce qui fait, a priori 244 textes — projet ambitieux s’il en est. Pour diverses raisons (notamment la constatation que (…)
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Créer n’est pas une drogue (hélas)
23 avril, par Jérémie SzpirglasSi les artistes sont parfois caricaturés en victimes de diverses addictions — lesquelles, pour faire simple, découleraient du même déséquilibre qui les pousse à créer —, mon sentiment demeure que l’acte de création n’a absolument rien d’une drogue. D’abord, pas d’effet d’accoutumance : l’usage régulier de la plupart des drogues amène généralement une dégradation de leurs effets, et donc à une augmentation des prises. Tout le contraire de l’acte de création, ce me semble : plus on pratique, (…)
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Les dents…
18 avril, par Jérémie SzpirglasC’est une question que je me pose, parfois, à mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je découvre qu’untel ou unetelle est à tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu’ielles ne sont effectivement pas plus bêtes qu’un.e autre, mais que j’aimerais bien être à leurs places. C’est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort matériel, de responsabilité et d’aura, sinon de prestige. Ma pensée suivante est immédiatement que ce ne sont pas des postes que l’on (…)
Inachevé.net