Bouffée subite d’émotions. Encore elle, toujours elle. Non que ce soit désagréable — même si cette émotion relève du bouleversement, de la tristesse absolue, mêlée d’un espoir aberrant. Mais c’est imparable. Ça revient à tous les coups, sans coup férir. Imparable, comme on dit. Irrépressible, possiblement, aussi. Explicable, bien sûr. Totalement justifiée même : cette bouffée accompagne systématiquement la (re)découverte de l’histoire d’un Juste. Comme un réflexe, en écho au réflexe (…)
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En vrac
En lisant, en écrivant : rendons à Julien Gracq ce qui lui appartient.
Sans ordre ni désordre...
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Les Justes
7 mai, par Jérémie Szpirglas -
La destruction du souvenir
4 mai, par Jérémie SzpirglasJ’écris « Ouf ! » parce que j’ai beaucoup de mal à lire ces temps-ci. Mais ce n’est pas à ce sujet que je veux écrire ce matin — ça viendra une autre fois, en espérant que je n’éprouverai jamais, au grand jamais, le besoin d’écrire une sequel à Pater Dolorosa. Perspective intolérable. Revenons donc à Lieux. Le projet devait durer 12 ans, et comprendre deux textes par moi. Ce qui fait, a priori 244 textes — projet ambitieux s’il en est. Pour diverses raisons (notamment la constatation que (…)
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Créer n’est pas une drogue (hélas)
23 avril, par Jérémie SzpirglasSi les artistes sont parfois caricaturés en victimes de diverses addictions — lesquelles, pour faire simple, découleraient du même déséquilibre qui les pousse à créer —, mon sentiment demeure que l’acte de création n’a absolument rien d’une drogue. D’abord, pas d’effet d’accoutumance : l’usage régulier de la plupart des drogues amène généralement une dégradation de leurs effets, et donc à une augmentation des prises. Tout le contraire de l’acte de création, ce me semble : plus on pratique, (…)
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Les dents…
18 avril, par Jérémie SzpirglasC’est une question que je me pose, parfois, à mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je découvre qu’untel ou unetelle est à tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu’ielles ne sont effectivement pas plus bêtes qu’un.e autre, mais que j’aimerais bien être à leurs places. C’est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort matériel, de responsabilité et d’aura, sinon de prestige. Ma pensée suivante est immédiatement que ce ne sont pas des postes que l’on (…)
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Acceptation
16 avril, par Jérémie SzpirglasC’est tout le drame. À moins que ce ne soit l’ambition. Voilà. C’est ça : le tragique est dans l’ambition. Et tout ce qui l’accompagne : émerveillement et jalousie, reconnaissance et humiliation, deuil et oubli. On décolle en pensant devenir à jamais inoubliable, on atterrit en espérant que le souvenir ne sera pas trop rapidement effacé. Sachant finalement que personne ne vous attend. Personne. Tout le monde s’en fout. Quand bien même votre propos serait d’une pertinence, d’une profondeur, (…)
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Sequel
15 avril, par Jérémie Szpirglas« On est dans l’à-peu-près. Dans le désarmé. Dans l’impuissance. On est dans l’impréparation, on va d’erreur en erreur, de piège en piège, le pas incertain. Bref : plus parents que jamais. » Une fois n’est pas coutume : je me cite moi-même. J’écrivais ces lignes dans Pater Dolorosa. Et elles sont toujours aussi vraies aujourd’hui. Peut-être plus. Difficile de lâcher prise. Difficile de ne pas vouloir à tout prix rectifier ce qu’on pense avoir mal fait — accepter de le laisser dans le passé, (…)
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Illusions – Pareidolies
14 avril, par Jérémie SzpirglasDe plus en plus de clichés de ruines encore debout, d’intérieurs éventrés sur l’extérieur… On croirait commencer à avoir l’habitude — multiplication des conflits, exponentialisation des reportages photographiques, invasion de ces images dans notre quotidien. Pourtant l’œil, justement, continue à se raccrocher à l’ordinaire — paréidolie, parait-il que ça s’appelle : soit la tendance qu’a le cerveau à donner du sens à des formes abstraites. Si souvent il tombe, au hasard d’une page ouverte (…)
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13 juin
13 juin 2024, par Jérémie SzpirglasPeut-on faire une grève générale à soi tout seul ? Sans doute pas. Même si c’est effectivement assez général à mon titre. Avec une nuance toutefois : est-ce une grève, si on n’arrive pas à s’y mettre, si le travail est entravé par l’angoisse, la pensée qui tourne en rond ? En somme, ces jours-ci, ma grève ressemble à s’y méprendre à mes insomnies. Ce n’est pas une volonté propre. Mais je m’interromps — je me suis interrompu —, et le petit vélo qui tourne dans mon crâne m’empêche tout (…)
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12 juin
12 juin 2024, par Jérémie SzpirglasJe me souviens soudain de cette parole de Tristan Bernard, au moment de son arrestation pour les allemands en 1943 : « Notre situation s’améliore. Jusqu’à présent, nous vivions dans la crainte, désormais, nous vivrons dans l’espoir ».
Toujours cette interrogation : aurai-je le courage de mes convictions et de mes pensées. Je me sens coupable de ne pas aller plus manifester. De ne pas aller davantage dire ma rage avec la foule. Et en même temps je n’ai jamais été à l’aise dans quelque foule (…) -
11 juin
11 juin 2024, par Jérémie SzpirglasOui, quelle merde. Pourquoi s’emmerder. Exactement le même sentiment qu’en novembre 2016 : je tenais entre mes bras mon bébé d’à peine un mois, qui ne trouvait pas le sommeil — et qui ne l’a pas trouvé pendant plusieurs mois sinon tout contre moi en train de faire les cents pas. L’effarement quand j’ai vu cette aguille du baromètre de probabilité du New York Times, en faveur de Donald Trump. Et je me suis demandé comment j’avais pu faire une telle connerie de faire venir un enfant dans ce (…)
Inachevé.net