"Les œuvres devraient donc jouer le plus grand rôle. Mais en est-il ainsi ? Nullement. Ce qui attire l’écrivain, ce qui ébranle l’artiste, ce n’est pas directement l’œuvre, c’est sa recherche, le mouvement qui y conduit, c’est l’approche de ce qui rend l’œuvre possible : l’art, la littérature et ce que dissimulent ces deux mots. De là que le peintre, à un tableau, préfère les divers états de ce tableau. Et l’écrivain souvent désire n’achever presque rien, laissant à l’état de fragments cent (…)
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Articles les plus récents
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Des œuvres et des hommes
15 décembre 2009, par Jérémie Szpirglas -
Faux et usage de faux
15 décembre 2009, par Jérémie SzpirglasFaux mouvement, faux ami, faux frère, fausse alarme, faux problème, faux cuir (véritable), faux nez, faux cul, faux-fuyant, faucheuse, faux-semblant, fausse logique, fausse route, fosse d’orchestre, fosse commune, fausse promesse, Faux airs, faussaires, fautif, faux seins, fausses dents et dents faussées, voix de fausset, porte-à-faux, peu s’en faut, faute de goût, c’est faux.
Faudrait voir à voir à m’laisser tranquille. -
Improvisation
15 décembre 2009, par Jérémie SzpirglasFado dont Rémi facile a doré la mie, sans bémol ni béchamel, ainsi court le veau farci de sornettes. Que voulez-vous, certains sont sains, oeufs sinon ours...
Et ça court et ça vibre encore, tout au fond, où rien ne se peut taire, où l’on s’habitue au débit (de poisson), où l’on se fait à cette voix qui ne veut plus rester discrète, qui ne veut plus s’étouffer, murmurer, où peu lui chaut que sens s’y fasse ou que té la redresse.
Ça fraise, ça tourne, vvvvite, wwwwite (ça wwwiffle !), (…) -
"Enfoncement dans le désespoir"
10 décembre 2009, par Jérémie Szpirglas"Enfoncement dans le désespoir d’un écrivain qui n’écrit pas." (p. 325)
"Le roman dévore aujourd’hui toutes les formes ; on est à peu près forcé d’en passer par lui. Cette étude sur la destinée d’un homme qui s’est nommé Hadrien eût été une tragédie au XVIIe siècle ; c’eût été un essai à l’époque de la Renaissance." (p. 340)
"Faire de son mieux. Refaire. Retoucher imperceptiblement encore cette retouche. « C’est moi-même que je corrige, disait Yeats, en retouchant mes oeuvres. »" (p. (…) -
Un piano, un pianiste
19 novembre 2009, par Jérémie SzpirglasUn piano
Un piano (un panier)
Un piano seul
Un piano seul dans un salon (avec un panier seul et quelques fleurs)
Un piano noir et sa queue qui traîne dans un coin du salon (avec un panier qui doit être un vase ça ressemble plus à un vase)
Un piano seul qui attend son pianiste
Un piano privé de pianiste
Un pianiste privé
Un pianiste privé de piano qui se frotte le visage à peine réveillé (pas de fleur dans le vase ça ferait désordre dans le paysage dans la nature morte)
Un (…) -
Grammaire
8 novembre 2009, par Jérémie SzpirglasLa violoncelliste s’accorde avec l’accordéon, si celui-ci est placé avant. Mais attention à la lame, la dague est verte et bleue qui glisse entre les cordes. Une vidange est nécessaire. Eclaircir les voies, dégager les branches, émonder l’estomac.
L’archet tend sa mèche, pointe son talon vers le ciel, détonation. -
La poésie, c’est passager
8 novembre 2009, par Jérémie SzpirglasLa poésie, c’est passager
La poésie, c’est… si seulement
Si seulement quoi ?
Ben si seulement je l’savais
La poésie, pas de quoi
Pourquoi faire
La poésie, à vos souhaits
Une matin midi et soir
De préférence avec le repas
La poésie, c’est excellent pour la voix,
L’arthrite du doigt
Rhume, rhumatisme, de foin
C’est excellent pour les ongles incarnés
Si si
Mais pour la faim -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
14 octobre 2009, par Jérémie SzpirglasOn voyage. On voyage encore, mais on ne passe plus les murailles — ce temps-là est derrière nous, aucun doute. On voyage, on déplace, on translate, on panorama, on rapproche, on change peu. À Paris aussi, qu’on aime tant pourtant, le regard glisse, ne s’attache plus, ou glisse encore, lentement, au coin d’une jupe, à la galbure d’un talon. Allons donc au cinéma, le temps n’y passe pas plus vite, mais il est au moins meublé d’images et d’éclats, de graisse à mémoire gavante et gavée.
Là on (…) -
Attaquer la langue
3 octobre 2009, par Jérémie SzpirglasMadame,
Je vous remercie infiniment de votre lettre si ravissante, si drôle, si gentille et j’ai lu presque en même temps l’article de M. Ganderax... Que j’aimerais vous avoir connue ainsi (pouvoir vous appeler "mon amie de Bas-Prunay"), savoir toutes ces choses, avoir été capable de les écrire. Et alors il me semble que je les aurais écrites... un peu autrement.
Je ne dis pas cela contre M. Ganderax, qui a d’immenses qualités, un homme vraiment d’un format qui n’est plus très usité, (…) -
Toponymie
30 septembre 2009, par Jérémie Szpirglas(Mulhouse)
Sensation claire et familière de la découverte. Couleurs, lumières, noms et boutiques, néons et vitrines normalisés, nationalisés — musique sempiternelle, inactuelle, insituable. L’inconnu n’est ni menaçant ni véritablement dépaysant.
La Ville réserve un accueil souriant, étale sous les yeux du nouveau venu ses charmes et ses beautés dont elle s’efforce d’accentuer l’éclat — ou l’authentique, c’est selon — ici, tous ses efforts sont dans la réunion symbiotique des deux, (…)
Inachevé.net