Pour beaucoup d’artistes (je le constate notamment avec beaucoup de force chez les compositeurs d’aujourd’hui, mais aussi chez moi), la théorie esthétique (et/ou critique) constitue comme un sur-moi au moi créateur. Sur-moi qui, comme à son habitude, peut aussi bien jouer un rôle d’inhibiteur que d’empêcheur de tourner (en rond, ovale ou carré selon ses préférences personnelles, ou même en errance aléatoire en deux ou trois dimensions), d’avancer. L’esthétique devient une critique (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
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Triste Topique
15 janvier 2010, par Jérémie Szpirglas -
La Daurade et la Girafe
14 janvier 2010, par Jérémie Szpirglasdaurade au dos nu dodu
langues sur babines eaux à la bouche
girafe ton ventre gargouille
ça sonne creux silence
ça dérange les autres métrosagers
qui croient diverses flatulences
girafe incognito cachée dans le métro
(elle n’a pas pris son frigo)
pour pas pincer très fort range ses sabots
couverture sur croupe passe inaperçue
parisiens yeux baissés pas prêteurs d’attention
(c’est là leur moindre défaut)
veulent juste garder narines au chaud
Denfert — Non ! — Pas là (…) -
J&C (suite)
13 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasSuite...
Gestes retenus, mots laissés non dits, que l’on tourne et retourne, qui hantent chaque instant, chaque instant inédits et inouïs.
Comment l’imaginer, à entendre le déchaînement — cascade d’expressivité expansive — de sa musique ? — ces longues phrases au lyrisme incandescent et non moins poétique, qui emportent le cœur bouleversent les sens font monter des tréfonds un chant inégal et insatisfait — geste généreux et large, incarnation palpable de désirs et de forts èthos.
Le (…) -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
12 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasC’est une fête. Ça évoque une fête. Si seulement ce T n’était là, ça serait la fête — avec sa ribambelle de prénoms exquis et croustillants, ses festins ripailleurs et gras, ses cendres grises de matinées post-avinées. Ça doit bien raconter quelque chose, une fête, non ? C’est une histoire, à part entière, qu’on narrera encore et encore, qu’on revivra à l’envi — à la prochaine fête, au prochain dîner. C’est un conte, tout un roman, une saga, une fête. Ça explose dans tous les sens, ça va et (…)
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Paris — 11 janvier 2010 — 18h38
11 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasLe froid intense installé depuis peu — erratiquement accompagné de quelques ciels plus lourds que d’autres — éclaircit la tiédeur de nos perceptions.
Il y a dans ma vie un bourdonnement incessant qui ne se calme qu’en d’exceptionnels moments — nuit avancée, silence du sommeil des autres, tranquillité forcée de la ville.
Bourdonnement sonore, naturellement, lumineux aussi — si rare est l’obscurité complète dans la ville contemporaine, gâtée d’éclairage public de jaune sale, de phares (…) -
Ccilhés
11 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasAdmirable extase ! Sur l’étang qui passe, tu flottes en majesté, blanche et pure, tu brilles d’autorité face à la nue qui te sourit. Tu n’as que ce choix, d’un vol d’azur et de grâce, abandonnant derrière toi tout rêve d’intime ou d’intérieur, de corridors étroits et de colimaçons malaisés. Tu vas droit, jamais ne tourne ou ne détourne ton regard, devinant seulement les fosses ardentes qui parsèment de droite ou de gauche et tenteraient tout coeur plus faible.
Ton esprit est vierge — quel (…) -
Vie de
9 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasVie de séducteur, vie de collectionneur, vie de buveur et d’ivrogne, jour de fête, soir de plaisir, nuit de débauches et de paresses, vie d’opulence, vie de c’est Byzance, palais des papes, vie de contrition et de douleurs, vie d’erreurs et d’errances, vie de jeu, vie de je et puis moi, vie de guerre, de violence et d’herbe grise, vie d’amour et d’eau fraîche, vie d’harmonie, vie de torture, vous l’avez vu ?
Non ?
Inutile alors, d’aller plus loin, d’égrener ses vies et ses vices, ses (…) -
spectacteur
8 janvier 2010, par Jérémie Szpirglasspectacteur de ma vie
perdu dans la ville
à l’affut du moindre indice
bien loin d’Ariane et son fil
errer de lit en lie
demeurer intranquille
dans l’attente du sens
se dire qu’il ne viendra pas -
Quel ennui ! (comme dirait l’autre)
7 janvier 2010, par Jérémie SzpirglasC’est étrange, cet enthousiasme qui prend soudain tout un chacun en fin d’année, cette joie dans les yeux à fêter la nouvelle année — à ignorer, ou du moins écarter, la réalité du non-changement pour entrer plein d’un illusoire espoir dans ce qui ne sera somme toute qu’un peu plus de quotidien, d’habitudes prises, de répétitions, d’erreurs et frustrations sempiternelles.
Mais ne soyons pas si pessimistes ! Gageons que cette nouvelle révolution immobile de notre planète autour de notre (…) -
"Langage viscéral"
17 décembre 2009, par Jérémie Szpirglas« Et ce que Roland Barthes nomme style, langage viscéral, instinctif, langage qui adhérerait à notre intimité secrète, cela donc qui devrait nous être le plus proche, est aussi ce qui nous est le moins accessible, s’il est vrai que, pour le ressaisir, nous devrions non seulement écarter le langage littéraire, mais encore rencontrer, puis faire taire la profondeur vide de la parole incessante, ce qu’Éluard a peut-être visé quand il dit : poésie ininterrompue. »
Maurice Blanchot, La (…)
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