Resuite
À son tour, elle se lève, trois pas sans but vers la porte, hésite, se ravise également. Une syllabe méconnaissable, qu’on pourrait prendre pour un début de prénom, s’échappe, à peine timbrée, à peine murmurée, qui semble aussitôt avalée par les tentures assombries dans le crépuscule qui va bientôt passer la main.
Dans le couloir, J. arrêté tend l’oreille, aux aguets, son cœur semble s’être pétrifié, dans le silence. Puis les battements reprennent de plus belle, avec un tel (…)
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Articles les plus récents
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J&C (resuite)
6 mars 2010, par Jérémie Szpirglas -
Rencontre au sommet
5 mars 2010, par Jérémie SzpirglasLes poules grasses dévorées, les bouillons fumants au fumet épais avalés, les outres de vins asséchées, les tartes aux fruits multicolores gobées, bref, le festin achevé, l’un d’eux, le Baron, prend la parole.
« J’ai la panse bien pleine ! Ça me délie la langue... Laissez-moi donc vous conter mon dernier voyage sur la Lune. »
« Ah, vous y êtes allé, vous aussi ? l’interrompt l’autre, le gascon, se refusant à oublier le son de sa voix. Magnifique, au printemps, n’est-ce pas ? La lumière, (…) -
Faconde
4 mars 2010, par Jérémie SzpirglasIl est des mots que j’aimerais utiliser davantage. Des mots que j’aime à dire, que j’aime à entendre ou à lire, que j’aimerais écrire. Des mots qui désignent en outre une opulence verbale, une richesse pleine de couleurs et de pittoresque qui me font rêver d’être autre, et de maîtriser du bout des doigts un torrent scintillant de syllabes — rapidité d’élocution — musique volubile de la voix en cascade. Abondance. Jusqu’à l’absurde.
Imaginez la rencontre.
Chacun arrivant cahin-caha sur (…) -
Chevauchée fantastique
3 mars 2010, par Jérémie SzpirglasC’est la chevauchée fantastique des méduses hallucinées, exaltante envolée vers la nue héroïque des blondes et blanches échevelées dans le minus crépuscule. Bientôt le noir se fait, à peine dérangé par quelques menues étoiles — et c’est le couac. Privés des rais puissants, des traits incandescents, les méduses se dégonflent, baudruches maximus ridicules, et fondent comme neige au soleil dans l’obscurité nouvelle. Elles s’évaporent en de fins et légers nuages, qui troublent la clarté (…)
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Un somme niche
2 mars 2010, par Jérémie SzpirglasUn somme niche au creux de la nuit,
Âpre aspérité, hirsute, hérissée de basalte, introuvable à tâtons,
Abrite un unique pingouin habillé en croque-mort,
Cœur mourant perdu solitaire,
Sur lequel s’émerveille bouffie la naïve et non moins aigrie,
Qui fait plutôt qu’elle ne traverse ou contemple,
Les yeux écarquillés sur la grisaille potron minette. -
Phrasés
1er mars 2010, par Jérémie SzpirglasNouvelle carrure. Phraser par jour, phraser par semaine — chercher plus large respiration — cheminement aérien sur sept jours. Pulsation interne des nuits et journées successives — liberté d’aller contre, poser le pied à côté, à contretemps, penser en travers le pas incertain.
Anacrouse. La rythmique des minutes et des heures est chaotique, erratique, tremblante, vivotante, sans cohérence ni harmonie — sentiment de n’être plus un, fragment de soi glissant d’un instant sur l’autre. (…) -
Le Lac
28 février 2010, par Jérémie SzpirglasTexte inachevé, inabouti, dont je ne suis pas encore satisfait, qui trouve sa place dans mes variations érotiques sur les cinq sens, ici, le toucher...
Cet été, souviens-toi, c’était la canicule. Et ça nous faisait grand effet. — Été passé sur les routes, à chercher l’ombre et la fraicheur, illusoire. Succession de chambres de lits, de couches indistinctes. Été qui n’est que souvenir de ton corps, torpeur assommante et moite, stupeur humide et sensualité hallucinée de somnambule.
Draps (…) -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
27 février 2010, par Jérémie SzpirglasJe suis perdu — sans allemand. Petit nègre infâme, sans résistance. Irrésistible, ou très résistible — paraitrait que ce serait la même chose. Moi, j’en sais rien, je suis perdu. C’est trop long, c’est trop énorme, c’est trop de choses, je suis débordé. Machiavélique petit caïd, qui fait la traite des légumes et des canapés (les deux) (dans un sens et dans l’autre). Ça brille, ça hurle, ça féconde de mort (et pourquoi pas ?). Faudrait faire un pas (de côté, de loin, d’arriéré de salaire), (…)
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Mâts
26 février 2010, par Jérémie SzpirglasIls sont là. Il y en a plus d’une centaine. Pointés vers le ciel, nus, inutiles. On imagine les drapeaux qui doivent y flotter, certains jours de grande s(c)ession. Mais là, rien. Ils pleurent avec les dernières gouttes de la pluie printanière et rémanente. Ils frissonnent un peu — on ne le voit pas, on le devine. Et puis il y a ce léger claquement de la drisse rongée par les intempéries. On est bien loin de la mer, malgré quelques mouettes qui jouent dans le ciel délavé et la lune pas bien (…)
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"La littérature n’est pas le seul lieu d’accueil de l’écriture"
25 février 2010, par Jérémie SzpirglasNotes prises sur le vif, pendant le spectacle chorégraphie L’oubli, toucher du bois de Christian Rizzo, le 25 février 2010, 20h.
Décor : pièce en travaux. Tréteaux, escabeaux, outils et ustensiles divers.
Scène 1 : De jeunes hommes arpentent la pièce, la vident.
Des gens qu’on déplace comme des meubles, des bibelots, précautionneusement, en même temps qu’on débarrasse le plancher, on les pose dans leur rigidité d’objet.
Musique : piano, répétitive, superposition de deux formules (…)
Inachevé.net