Ça pèse, le découragement, faut le soulever, porter ses cent kilos sur ses épaules, avancer.
Mêlons les époques, faisons de tous ses instants un seul. Le même, convergent, vers ce point d’équilibre incertain, d’une voix pleine de reproches.
Un haussement d’épaules, une pilule oblongue et blanche au creux de la paume inerte. On contemple sagement, sans une pensée — toutes les longues poses de contemplations qu’on qualifier sans réfléchir de « pensive », alors que l’esprit est le plus (…)
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Articles les plus récents
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Détour — Découragement
16 avril 2010, par Jérémie Szpirglas -
Que ça pousse
6 avril 2010, par Jérémie SzpirglasParfois, j’aimerais qu’un texte pousse sans moi. Comme une plante. Verte. J’aurais juste à l’arroser de temps en temps, lui donner quelques mots en pâture, l’exposer à la lumière, laisser la sève faire son travail. De temps à autres, je m’arrêterais devant, je contemplerais les nouvelles ramifications du branchage, je m’émerveillerais comme un gamin à la vue d’une nouvelle feuille au printemps — une fois, deux fois, puis je me lasserais sans doute, je me mettrais alors à le mesurer, à (…)
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Esquisse(s)
26 mars 2010, par Jérémie SzpirglasQuelques hommes la regardent.
Elle le sait.
Ajuste de deux doigts délicats une mèche qu’elle croit rebelle et qui lui retombe aussitôt sur le front. Attire le regard sur son regard sans apprêt.
Tête rentrée dans les épaules, buste en avant, pas rapide, nerveux, le casque noir de cheveux bouclés comme indifférent aux bourrasques de vent, yeux cillés, visage fermé, prise dans le quotidien, occupée ailleurs pour son trajet pressé.
Debout, grande, exposée à tous, large décolleté porté (…) -
Just another date…
22 mars 2010, par Jérémie SzpirglasIl t’a invitée.
Tu as accepté.
C’était naturel. Il n’y avait rien d’autre à faire.
Sa conversation était fluide et plaisante, délicatement parsemée de quelques références un peu au-dessus de la moyenne. Séduisant — sans trop — charmant — il le sait, en joue juste ce qu’il faut — et c’est l’ami d’une de tes amies (Elle t’a assurée qu’il n’y avait jamais rien eu entre lui et elle et que d’ailleurs, protestant, tu sais bien, tu m’connais, elle était heureusement mariée et que si quelque (…) -
M (èmeuh)
19 mars 2010, par Jérémie SzpirglasMoi Te — Je moi te — Je moi te te — te dis-je — te moi te dis-je — dis-te moi
Moi te je — dit gît l’anse — Moi te je tu — jeu tu Moi sans tu tu sans — Toi je me — givre et toile (de mer)
Gite sans toi (ni loi) — Girafe et Gorille sur une barque branlante — tu cries les appelles au loin du bleu de l’étoile — toi oui toi tu cries encore at the top of your lungs — Avale ta langue déglutis-toi je me — Jeu de l’oie sans plume
Te voilà à terre sans voix ni voie (de fer) — Que dalle à rêver (…) -
Scorpion doré
18 mars 2010, par Jérémie Szpirglasun scorpion argenté
un regard d’or
un chien châtié
un ciseau entre les dents
un ogre ronflant inanimé
une frégate inoffensive
un chemin cerclé de lumière
un regard dehors
un œil de chien découpé
un sentier semé de fleurs monstrueuses
une constellation borgne
un théâtre agité
un filet troué
un regard dort
un horion dans l’œil
un cyclope affamé
un trou dans un pantalon
une harde bariolée
un flash abandonné en pâture
une lueur clignotante, immobile sur la (…) -
Rien que pour moi
17 mars 2010, par Jérémie SzpirglasEt ce sentiment qui parfois descend sur moi comme un voile, diffus, rémanent, —dé—raisonné, que la ville n’existe que pour moi — destination stricte, individuelle, toujours détournée. Lignes et rames sont miennes, véhicule personnel ; les rues sont pavées (et bitumées) pour mes seuls promenades et itinéraires ; les lieux publics sont mes antichambres, n’attendent que mes pas pas perdus pour tout le monde (pas pour moi en tout cas) ; la ville me porte, m’apporte, à ma porte, à sa portée. Dans (…)
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Re
16 mars 2010, par Jérémie SzpirglasRetour de flamme, retraite au flambeau, revers de manivelle,
Retour de fils prodigue, retraite dorée, revers de médaille,
Recours en cassation, repli sur soi, revue militaire,
Recours aux armes, repli stratégique, revue coquine,
Renaissance, restitution, râle,
Revisitation, renommée, rame. -
VII
8 mars 2010, par Jérémie SzpirglasL’appartement du fantôme est vide depuis sa mort, laissé en friche, en l’état — le chaos reprend ses droits sur son espace minutieusement organisé. Une momie. On fait la poussière. De plus en plus rarement. Quelques élus sont admis pour visiter le sanctuaire. Heureusement, plus personne n’y vit.
On a pensé l’habiter. Un moment. Pas longtemps. Habiter deux appartements. Un pour le public, un pour l’intime. Mais le public devait quand même révéler tous les signes de l’intimité. Finalement, (…) -
Paris — 7 mars 2010 — 20 h
7 mars 2010, par Jérémie SzpirglasVus :
des yeux clos, une naissance, un gâteau posthume, un sac lourd qui sombre dans les eaux sablonneuses de la Gironde naissance (et vice versa), un soleil qui se couche au sud-ouest, l’ombre d’un théorbe, un quartier d’hôpital qui garde la trace de son aseptisation, des collines aplaties, aplanies, rapetassées, ravalées, ridiculisées, un métro aérien qui pénètre sans grâce l’espace d’une place dans l’épiderme bitumée de la terre, à la manière d’une épingle plongeant dans un tissu, une (…)
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