la plaque
à côté de la plaque
des années que j’entends ça, ça résonne à mes oreilles — quand je passe sur une plaque (d’égout), quand je grignote une plaque (de chocolat), quand je relève une plaque (d’immatriculation) après un délit (de fuite) (oups), quand je change les plaque(ttes de frein), quand j’offre un bijou (plaqué) argent, quand je construis un meuble en (contre)plaqué, et même quand on me parle de rugby et de plaqu(âge) — et cette sensation d’être en effet à côté
Ainsi, ça (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
-
À côté de
6 juillet 2010, par Jérémie Szpirglas -
Conciliabule d’indécis
4 juillet 2010, par Jérémie SzpirglasAutour de moi, souriants, cercle de décideurs pantins. Panoramiques sur ces visages ronds, joviaux, qui chacun à leur tour émettent en rythme un “chchaipas” — longue chuintante, sècheresse du tour.
De quoi parle-t-on ? Sur quoi s’accordent-ils ainsi ne rien pouvoir, ne rien savoir.
Nouveau tour de table — le rythme s’accélère — objectif plus près des yeux, quelque chose du clown entre les oreilles — immobilité de marionnette aux épaules.
M’apercevoir après la sonnerie du réveil — (…) -
Sur un mur
29 juin 2010, par Jérémie Szpirglasinquiétudes de plomb sous un soleil d’orage — on avance petitement entre ombres et trouées — un noir boa m’étreint l’estomac, asphyxie un muscle après l’autre — noir gris vert sombre, nuances panoramiques — le nez dedans, la paupière baissée — le fiel se déverse, l’escalier en est inondé, glissant, inutile
-
Au violon
13 juin 2010, par Jérémie SzpirglasJe le vois, il a les yeux qui brillent. Là, oui, là, juste au-dessus des chevilles. Et il me sourit, un sourire large, lumineux, il m’attend sans craquer, il m’attend sans grincer (des dents). Curieusement allongé, le violon offre aux regards ses courbes indécentes, et siffle derrière ses lunettes les filles qui passent. Un vieil ado, le violon. Il n’a pas grandi, ne grandira pas. Pas plus que ça. Trop heureux de tenir là, dans le creux de l’épaule. Il en a connu des épaules, c’est un violon (…)
-
Lunettes
12 juin 2010, par Jérémie SzpirglasCe n’est pas lever un voile, c’est chausser des lunettes. Chaque lettre a son contour, chaque mot sa couleur, et le réel se cisèle au fil de la plume. On y distingue un océan qui lui, une hélice métallique qui tourne majestueusement dans l’éclat d’un couchant lavé par les pluies, quelques éclats de couleurs — comme des éclats de rire d’enfant dans une cour de récréation (en plus tranquille et moins bruyant), des lignes au cordeau, au couteau, au rasoir, qui fendent l’air comme une étrave (…)
-
Une actualité qui gratte
9 juin 2010, par Jérémie SzpirglasL’actualité me gratte — la plante des pieds, c’est terrible. Et l’agenda urtique ma jambe gauche — on n’en sort pas. Je suis au cabaret — petit cabaret à la voix fluette —, j’ose à peine regarder vers le bas, de peur que tout le monde me devine.
Voilà que ça me relance à nouveau. C’est violent, dissonant, ça m’attaque sans ordre, pied gauche, flanc droit, nuque (humide), bout du nez (évidemment, on n’y échappe pas) — série terrible et fascinante, on n’ose chanter avec elle, de peur de (…) -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
8 juin 2010, par Jérémie SzpirglasMais avant. Avant l’urgence, avant le mur, avant la séparation. Avant. Avant, on croyait qu’on pouvait aller toujours de l’avant. Etendue vierge et plombée de soleil — sans un footballeur en vue, si-si, même là-bas, c’était possible. Une caravane s’avançait, ignorante des massacres anglo-zoulous. Avant, c’était l’immensité du veld et des gazelles vertes, parcourue par une expédition digne de tous les mythes — avec en outre, pour qui s’ennuierait de tant de majesté, un petit Roméo ramoneur et (…)
-
Effacement
12 mai 2010, par Jérémie SzpirglasC’était comme s’ils disparaissaient à jamais du vocabulaire, effacés des dictionnaires d’hier et d’aujourd’hui, oubliés, désuets désespérés.
Leur sens perdurait, on les cherchait toujours — car on en avait toujours besoin, de ces sens-là, toujours — mais en vain, on ne les trouvait plus.
Et ainsi, de mois en mois, d’année en année, de plus en plus de sens perdaient leurs mots.
Quelques uns cherchaient à pallier leur absence, approximant en fouillant l’étymologie — ils battaient l’air (…) -
Glissement
11 mai 2010, par Jérémie Szpirglasdepuis ce coup violent sur la tête, reçu en pleine contemplation, on lui trouvait un je ne sais quoi de changé, de différent. imperceptible. ineffable. on ne parvenait à mettre le doigt dessus que quand on lisait ce qui sortait de dessous sa plume.
quelque chose de lacunaire. quelques lettres lui échappaient. au détour d’une phrase, une lettre escamotée. on ne pouvait pas parler de fautes de grammaire — c’était rarement des oublis de s au pluriel, ou autres fautes d’accord — ni même (…) -
Dandysme
26 avril 2010, par Jérémie SzpirglasProust au vol.
Finesse et lourdeur alliées en un. Lourdeur d’une syntaxe qui ressemble à un cerisier courbé de fruits au mois de juin, mais dite avec cette légèreté de ton, ce murmure discret de l’esprit savant et brillant qui se sait écouté et guetté. Délicatesse du vocabulaire dont la richesse ne choque qu’au tournant de la phrase, là où on ne l’attend pas, — et cette fascination pour le mot plus qu’à moitié juste, qui trimballe derrière lui ses cinq syllabes sonnantes et trébuchantes. (…)
Inachevé.net