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Site de création littéraire plus ou moins expérimentale

19 janvier 2007

26 mai 2008

Ecrit dans le cadre de T.A.B.P., mais parti beaucoup trop loin : il faut le rattraper et le faire rentrer, en vrac, quelque part. Alors pourquoi pas ici ?

I’m through with love, I’ll never fall again. Et oui ! Bien que la solitude devienne de plus en plus insupportable, le pire est de voir ses espoirs constamment anĂ©antis. Des espoirs Ă©veillĂ©s par des regards, des mots, quelques gestes qui mettent l’imagination hyperactive en marche, entraĂ®nant la machine Ă  fantasmes et le train infini des images : une femme nue, de beaux seins offerts, des fesses hallucinantes de beautĂ© dans la simplicitĂ© de leur simplicitĂ© rotonde, de rondeurs et d’appĂ©tit, un pubis aux poils dru et fourni voilant Ă  peine le sexe humide, un ventre appelant la caresse, des bras enveloppants, des jambes longues et galbĂ©es, un sourire merveilleux, des yeux bleus dans lesquels je me plonge et mĂŞme temps que je la pĂ©nètre. Une image insupportable, inacceptable. Camus avait raison quand il disait qu’en refusant l’espoir, on peut jouir du prĂ©sent. Mais ne faut-il pas oublier aussi le passĂ© ?

Il n’y pas d’espoir sans passé et avoir un passé sans en concevoir des espoirs est une torture de retenue et de discipline qui chasse la plupart du temps la jouissance de l’instant.

Mais voilĂ , on en a plus qu’assez de ces espoirs qu’on ne peut mĂŞme plus dire déçus, mais annihilĂ©s. J’admire celui qui a le pouvoir de ne pas laisser le passĂ© ruiner son prĂ©sent et ses espoirs en tous points formidable. C’est aussi un peu triste : Ă  tout contrĂ´ler et il est fort probable qu’on ne sacge plu oĂą aller.

Mais comment pourrait-on avec conviction dire « I’ll never fall again » ?

Comment concilier une misanthropie — toute relative certes — empirique et un humanisme absolu, idĂ©aliste ? Comment avoir foi en soi quand la foi en l’Autre est constamment déçue ?
S’inventer une personnalitĂ© alternative ! Vite ! Un prĂ©nom et un nom, aussi ! Non, impossible de mentir, mĂŞme par omission. On devient parfois quelqu’un d’autre mais c’est Ă©trangement toujours soi (est-ce plus soi ou moins, je ne sais, mais c’est toujours quelque chose qui est en soi, dont on n’arrive pas Ă  se dĂ©tacher).

C’est fou le mal qu’on peut avoir Ă  tenir Ă  une dĂ©cision. Comme quoi, oui, je peux mentir quand ce sont des fantasmes. Peut-ĂŞtre mon incapacitĂ© Ă  mentir sur moi, ma vie et surtout ma vie professionnelle, s’explique-t-elle par le fait que ce sont lĂ  mes fantasmes et que je les vis dĂ©jĂ , du moins partiellement. Le jour oĂą je ne mentirai plus du tout, peut-ĂŞtre ce jour-lĂ  sera-t-il celui oĂą je serai pleinement heureux ? C’est fort possible… Est-ce ça le bonheur ? (Le vrai, j’entends, pas le bonheur qu’on peut vivre en se mentant aussi Ă  soi-mĂŞme.) Le bonheur serait d’être « heureux » (ni gĂŞnĂ©, ni embarrassĂ©, ni quĂŞtant quelques grammes de compassion ou de commisĂ©ration) de dire la vĂ©ritĂ©. Les mensonges que parfois je peux faire sont des fantasmes. Et le jour oĂą ces fantasmes ne seront plus des mensonges, ? C’est sans compter sur les fantasmes suivants, qui viendront remplacĂ© ceux qui ont Ă©tĂ© assouvis.



Dernier ajout : 27 juillet. | SPIP

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