C’est l’histoire d’un combat homérique. Celui que se livrent, éternellement, inlassablement, un titre et son auteur. Un combat qui tient du mythe, où l’on ne sait plus qui est qui. Un combat qui n’a ni vainqueur ni vaincu qui ne se rebiffe immédiatement.
D’un côté, une figure monumentale, hautaine, statue d’airain, faisant fièrement face aux éléments, embruns, rafales, explosions d’étoiles, éternités, pâle, indifférente, régnant sans partage sur une royaume trouble où tout n’est que (…)
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Un titre [2]
14 juin 2011, par Jérémie Szpirglas -
Tierce picarde [carnet]
13 juin 2011, par Jérémie SzpirglasTierce picarde lune de miel lune de loup loups de miel de garou
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Piano mécanique parle de soi Sergent York et Monsieur Verdoux
Toujours rien ?
Un récit en trois temps our avancer nulle part un récit brumeux ne se révèle qu’à chaque pas et la lumière aime le ré majeur
Je ne vois pas la différence action sans réaction tout est en place
Ça doit marcher Ça ne marche pas acte sans conséquence
Indifférence indolence absence nulle responsabilité (…) -
Un titre
6 juin 2011, par Jérémie SzpirglasUn titre apparait.
Seul, incongru, presque sordide par la lumière qu’il jette sur le silence alentour.
Seul, il se fait jour, majestueux et hautain, sûr de lui, sans se soucier que rien ni personne ne vient rallier son panache blanc.
Derrière lui, le vide — comme un écran bleu, qu’on laisse à quelque artiste ou effet spécial le soin de remplir et d’animer après coup.
Ses quatre ou cinq syllabes lui suffisent : elles racontent une histoire qui ne nous appartient plus, de laquelle il (…) -
Sans Titre XXI
14 février 2011, par Jérémie SzpirglasAccumulation du verbe — transpercer un volume — une bibliothèque — relever tous les mots ainsi désignés — secouer — avaler, digérer, laisser reposer, laisser reprendre à sa guise — récurrence langagière — ne pas savoir s’en sortir — vouloir enfin tourner en rond, volontairement, délibérément, revenir compulsivement vers le même lexique — anodin et cuir de chèvre.
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Comédie
14 février 2011, par Jérémie SzpirglasLes mots sonnent — écho — les syllabes tournent.
Sur elles-mêmes. S’enlacent les unes aux autres.
Je repense à un vieux problème de géométrie — quelque droite parallèle, un cercle et son rayon — je me souviens de cette jouissance éclatante de la résolution — limpidité, naturel.
La bouche ouverte, je lâche un son sans le vouloir. Qui ne me parvient que beaucoup plus tard, avec une teinte amère de déception. Ou une teinte déçue d’amertume. Ou une amertume déçue d’être trop tentante. (…) -
(h)istoire
14 janvier 2011, par Jérémie SzpirglasÉtranges ces moments où l’on a la sensation de passer à côté de l’Histoire, de glisser dessus — comme protégé de ces heurts par une fine pellicule, sous-couche limite entre laminaire et turbulent.
Étrange, ce sentiment exaltant d’une liberté conquise et pourtant incertaine, d’un point de non retour, d’une aveugle balance, à portée de main, qui décidera du destin et peut-être de la mort de millions.
Étranges cette indifférence constatée dans les rues de la ville, la froideur intacte de la (…) -
Tâtonnements
13 janvier 2011, par Jérémie SzpirglasJe tâtonne je trébuche. À tout bout de chant. Moteur noyé, petits pets d’écriture, lorsque je tourne la clef sur le contact. Plus de souffle, plus de ronronnements. Que des renvois indigestes et nauséeux.
Déjà ces derniers temps, j’avais remarqué. Cette incapacité à poursuivre. À conclure. Ce besoin constant d’un canevas — qu’est-ce là ? Savoir que dire pour écrire. Alors que ce fut si longtemps l’inverse — ne pas savoir comment écrire ce qui, resté en travers de la gorge, menaçait de (…) -
Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
12 janvier 2011, par Jérémie SzpirglasC’est alors qu’il se trouve au pied d’une montagne, d’un monument. D’un roc isolé, engageant son éperon contre la grisaille de plomb d’un ciel trop bas pour être de là-bas. Le ciel est rouge de colère, et la montagne rougeoit sous sa coupe — nulle verdure, la roche luit sombre et écarlate comme du sang, sous son œil et le regard de la nuit. Péniblement, il pousse son inutile fardeau le long du sinueux sentier qui mène — espère-t-il — au sommet de l’éminence ardente. Il peine, ses yeux fixés (…)
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11 novembre 1983…
6 janvier 2011, par Jérémie SzpirglasJe lisais déjà. Un peu, beaucoup, en désordre. De tout. Des romans, des essais, de la science-fiction ou de la bande-dessinée. Me souviens de mon grand-père maternel, cheminot, militant communiste et syndicaliste qui m’emmenait acheter Pif Gadget. Il me semble bien que c’était le jeudi à l’époque. Oui, c’était le jeudi. C’était au temps de l’enfance. Je lisais déjà. Un jour, ce fut jour d’hapax. Je ne connaissais pas ce mot évidemment, ce qu’il signifiait, ce qu’il symbolisait. Ne (…)
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Elle fait des
19 décembre 2010, par Jérémie SzpirglasElle fait des gros O.
Des O tout ronds, énormes.
Des O monumentaux, caverneux, qui ouvrent des abîmes béants dans sa page...
Quant à ses M, ils sont mamelonesques
Comme autant de ponts suspendus gigantesques.
D’un bout à l’autre de ses lignes.
Ses C sont autant de signes d’inclusion qui avalent sa langue tout entière, tout rond, sans mâcher.
Le reste n’est que batons sans liant ni maizena, skyline hiératique étalée de phrase en phrase.
Ecriture aplatie, hiéroglyphique.
Elle (…)
Inachevé.net