On a parfois le sentiment que les bébés vivent et évoluent en apesanteur. Quand on les voit allongés, c’est particulièrement évident : la manière dont ils lèvent leurs jambes et les balancent dans l’air au-dessus d’eux, basculant sur leur dos à la manière d’un bilboquet. Ou cette main portée (et longuement maintenue) au niveau du visage, portant le doudou à la bouche, ou son étiquette sous le nez, le bras levé comme si aucun poids ne le ramenait vers le bas. L’impression est encore renforcée (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
-
Dimanche 31 mai
31 mai 2020, par Jérémie Szpirglas -
Samedi 30 mai
30 mai 2020, par Jérémie SzpirglasDepuis quelques jours, j’assiste impuissant au retour d’un rêve que je fais de manière récurrente, avec évidemment de menues variations d’une fois sur l’autre. Ce peut être un bateau (parfois un dériveur, parfois un bel habitable) qui prend l’eau en avançant, un port qui s’assèche à mesure que je rentre dans le chenal (et je suis bien souvent étonné qu’un petit bout de quille, sur une petite surface de boue, suffit au bateau pour se frayer un chemin). Ces derniers jours, c’est un ponton de (…)
-
Vendredi 29 mai
29 mai 2020, par Jérémie SzpirglasCertains disent que cette curieuse maladie se serait appelée « musique ». Malgré le titre de l’opuscule que nous avons déjà mentionné (Le basson n’est pas contagieux), la « musique » serait en réalité fort contagieuse. Une véritable maladie infectieuse — on le constate particulièrement à la lecture de tous ces témoignages de crises collectives. Mais, jusqu’à la General Pause, les crises semblaient de courte durée. On les estime à quelques minutes ou quelques heures, rarement plus. Les durées (…)
-
Jeudi 28 mai
28 mai 2020, par Jérémie SzpirglasChaque jour, écrire au moins une page. Quoi qu’il arrive. Avancer. C’est dur. Une discipline de fer. Certains jours, ça vient avec simplicité, naturel. On croirait un jeu d’eau ravélien (même si je suis à peu près certain que ces jeux d’eau ne devaient pas lui venir aussi simplement que ça non plus). D’autres jours, c’est beaucoup laborieux. Ça s’en ressent sur la page, à la lecture. Hier par exemple, c’était compliqué. Ces difficultés peuvent bien évidemment s’expliquer de multiples façons, (…)
-
Mercredi 27 mai
27 mai 2020, par Jérémie SzpirglasLes braises de la révolte refroidissaient. Nul besoin d’être grand clerc pour le constater : on le voyait bien. On ne faisait pas grand-chose pour les entretenir. Bientôt, on n’essaya même plus de jouer du tison pour en faire jaillir l’étincelle. Bien sûr, on se disait bien qu’on aurait peut-être besoin un jour, à tout hasard, alors on les veillait, sous la cendre, de loin en loin. Difficile d’y reconnaître les flammes dansantes qu’elles furent un jour. Difficile, aussi, de croire que (…)
-
Mardi 26 mai
26 mai 2020, par Jérémie SzpirglasTous les témoignages dont nous disposons sont de seconde main — ou d’origine douteuse —, et pourrait très bien être très largement postérieure aux événements qui nous occupent. Toutefois, avec toutes les pincettes qu’on imagine, nous sommes en mesure d’établir une première idée de chronologie des événements. D’abord, des récits antérieurs à la crise nous laissent soupçonner que des crises collectives très localisées ont été observées, bien avant la période de la General Pause. Mais ces (…)
-
Lundi 25 mai
25 mai 2020, par Jérémie SzpirglasOn n’écrit pas, on ne crée pas, pour être aimé. Cela paraît une évidence. Mais c’est une évidence parfois difficile à accepter : pas intellectuellement, bien sûr, mais psychologiquement, certainement. On ne crée pas pour être aimé. Surtout pas de ceux qui nous aiment déjà. N’en demeure pas moins une petite pointe de déception, lorsque l’on constate que ce qu’on crée ne joue manifestement aucun rôle dans l’affection que certains nous porte — et parmi les plus proches. C’est-à-dire que ce qui, (…)
-
Dimanche 24 mai, 15h36
24 mai 2020, par Jérémie SzpirglasAsperges — une pointe de mieux.
-
Dimanche 24 mai
24 mai 2020, par Jérémie SzpirglasDepuis quelques jours, je suis étonné de constater chez moi l’émergence d’un sentiment inattendu, eu égard aux circonstances : la sérénité. J’ai peine à me l’expliquer. Si je suspends un instant le cours de mon quotidien, si je fais abstraction de la vie qui bouillonne dans mon immédiat voisinage, alors, évidemment, je me vois bien forcé à un certain pessimisme : la situation sanitaire immédiate, l’horizon nécessairement assez éloigné d’un vaccin, le trou noir économique, et, surtout, ses (…)
-
Samedi 23 mai
23 mai 2020, par Jérémie SzpirglasJ’en faisais quotidiennement l’expérience avec ma compagne — qui ne se considère pas si héroïque que cela et refuse le plus souvent de prendre pour elle les applaudissements de 20h, alors que bon —, cela m’avait été confirmé lors de mes discussions avec ma médecin de famille, et quelques autres médecins de ma famille ou de mon entourage — qui m’affirment sans ciller qu’ils ne font que leur boulot — voilà que j’en ai une nouvelle et éclatante démonstration. Pourtant, les médecins ne sont pas (…)
Inachevé.net