Mais avant. Avant l’urgence, avant le mur, avant la séparation. Avant. Avant, on croyait qu’on pouvait aller toujours de l’avant. Etendue vierge et plombée de soleil — sans un footballeur en vue, si-si, même là-bas, c’était possible. Une caravane s’avançait, ignorante des massacres anglo-zoulous. Avant, c’était l’immensité du veld et des gazelles vertes, parcourue par une expédition digne de tous les mythes — avec en outre, pour qui s’ennuierait de tant de majesté, un petit Roméo ramoneur et (…)
Site de création littéraire plus ou moins expérimentale
Articles les plus récents
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Bien agiter avant de servir — Servir très frais !
8 juin 2010, par Jérémie Szpirglas -
Effacement
12 mai 2010, par Jérémie SzpirglasC’était comme s’ils disparaissaient à jamais du vocabulaire, effacés des dictionnaires d’hier et d’aujourd’hui, oubliés, désuets désespérés.
Leur sens perdurait, on les cherchait toujours — car on en avait toujours besoin, de ces sens-là, toujours — mais en vain, on ne les trouvait plus.
Et ainsi, de mois en mois, d’année en année, de plus en plus de sens perdaient leurs mots.
Quelques uns cherchaient à pallier leur absence, approximant en fouillant l’étymologie — ils battaient l’air (…) -
Glissement
11 mai 2010, par Jérémie Szpirglasdepuis ce coup violent sur la tête, reçu en pleine contemplation, on lui trouvait un je ne sais quoi de changé, de différent. imperceptible. ineffable. on ne parvenait à mettre le doigt dessus que quand on lisait ce qui sortait de dessous sa plume.
quelque chose de lacunaire. quelques lettres lui échappaient. au détour d’une phrase, une lettre escamotée. on ne pouvait pas parler de fautes de grammaire — c’était rarement des oublis de s au pluriel, ou autres fautes d’accord — ni même (…) -
Dandysme
26 avril 2010, par Jérémie SzpirglasProust au vol.
Finesse et lourdeur alliées en un. Lourdeur d’une syntaxe qui ressemble à un cerisier courbé de fruits au mois de juin, mais dite avec cette légèreté de ton, ce murmure discret de l’esprit savant et brillant qui se sait écouté et guetté. Délicatesse du vocabulaire dont la richesse ne choque qu’au tournant de la phrase, là où on ne l’attend pas, — et cette fascination pour le mot plus qu’à moitié juste, qui trimballe derrière lui ses cinq syllabes sonnantes et trébuchantes. (…) -
Détour — Découragement
16 avril 2010, par Jérémie SzpirglasÇa pèse, le découragement, faut le soulever, porter ses cent kilos sur ses épaules, avancer.
Mêlons les époques, faisons de tous ses instants un seul. Le même, convergent, vers ce point d’équilibre incertain, d’une voix pleine de reproches.
Un haussement d’épaules, une pilule oblongue et blanche au creux de la paume inerte. On contemple sagement, sans une pensée — toutes les longues poses de contemplations qu’on qualifier sans réfléchir de « pensive », alors que l’esprit est le plus (…) -
Que ça pousse
6 avril 2010, par Jérémie SzpirglasParfois, j’aimerais qu’un texte pousse sans moi. Comme une plante. Verte. J’aurais juste à l’arroser de temps en temps, lui donner quelques mots en pâture, l’exposer à la lumière, laisser la sève faire son travail. De temps à autres, je m’arrêterais devant, je contemplerais les nouvelles ramifications du branchage, je m’émerveillerais comme un gamin à la vue d’une nouvelle feuille au printemps — une fois, deux fois, puis je me lasserais sans doute, je me mettrais alors à le mesurer, à (…)
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Esquisse(s)
26 mars 2010, par Jérémie SzpirglasQuelques hommes la regardent.
Elle le sait.
Ajuste de deux doigts délicats une mèche qu’elle croit rebelle et qui lui retombe aussitôt sur le front. Attire le regard sur son regard sans apprêt.
Tête rentrée dans les épaules, buste en avant, pas rapide, nerveux, le casque noir de cheveux bouclés comme indifférent aux bourrasques de vent, yeux cillés, visage fermé, prise dans le quotidien, occupée ailleurs pour son trajet pressé.
Debout, grande, exposée à tous, large décolleté porté (…) -
Just another date…
22 mars 2010, par Jérémie SzpirglasIl t’a invitée.
Tu as accepté.
C’était naturel. Il n’y avait rien d’autre à faire.
Sa conversation était fluide et plaisante, délicatement parsemée de quelques références un peu au-dessus de la moyenne. Séduisant — sans trop — charmant — il le sait, en joue juste ce qu’il faut — et c’est l’ami d’une de tes amies (Elle t’a assurée qu’il n’y avait jamais rien eu entre lui et elle et que d’ailleurs, protestant, tu sais bien, tu m’connais, elle était heureusement mariée et que si quelque (…) -
M (èmeuh)
19 mars 2010, par Jérémie SzpirglasMoi Te — Je moi te — Je moi te te — te dis-je — te moi te dis-je — dis-te moi
Moi te je — dit gît l’anse — Moi te je tu — jeu tu Moi sans tu tu sans — Toi je me — givre et toile (de mer)
Gite sans toi (ni loi) — Girafe et Gorille sur une barque branlante — tu cries les appelles au loin du bleu de l’étoile — toi oui toi tu cries encore at the top of your lungs — Avale ta langue déglutis-toi je me — Jeu de l’oie sans plume
Te voilà à terre sans voix ni voie (de fer) — Que dalle à rêver (…) -
Scorpion doré
18 mars 2010, par Jérémie Szpirglasun scorpion argenté
un regard d’or
un chien châtié
un ciseau entre les dents
un ogre ronflant inanimé
une frégate inoffensive
un chemin cerclé de lumière
un regard dehors
un œil de chien découpé
un sentier semé de fleurs monstrueuses
une constellation borgne
un théâtre agité
un filet troué
un regard dort
un horion dans l’œil
un cyclope affamé
un trou dans un pantalon
une harde bariolée
un flash abandonné en pâture
une lueur clignotante, immobile sur la (…)
Inachevé.net