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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>&#171; J'&#233;coute de tout. &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Voil&#224; une phrase que j'entends beaucoup. Tout le temps. En grand fan de course au large, c'est une phrase gliss&#233;e &#224; tout bout d'interviews : &#171; &#192; bord, j'&#233;coute de la musique, je me suis fait une playlist, un peu de tout. &#187;
&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis plus jeune, quand on rencontrait de nouveaux amis et que la conversation tombait, par d&#233;faut, apr&#232;s avoir &#233;voqu&#233; la pluie et le beau temps, sur la musique.
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Et g&#233;n&#233;ralement le &#171; tout &#187; est assez r&#233;duit. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Voil&#224; une phrase que j'entends beaucoup. Tout le temps. En grand fan de course au large, c'est une phrase gliss&#233;e &#224; tout bout d'interviews : &#171; &#192; bord, j'&#233;coute de la musique, je me suis fait une playlist, un peu de tout. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis plus jeune, quand on rencontrait de nouveaux amis et que la conversation tombait, par d&#233;faut, apr&#232;s avoir &#233;voqu&#233; la pluie et le beau temps, sur la musique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Et g&#233;n&#233;ralement le &#171; tout &#187; est assez r&#233;duit. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une expression qui m'&#233;nerve : faut vraiment pas connaitre grand-chose pour &#234;tre en mesure d'&#233;couter de tout !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne connais absolument personne qui &#233;coute de tout, r&#233;ellement. Et pour cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Peut-&#234;tre Borges aurait-il pu imaginer une musique qui contient toutes les musiques ? Auquel cas, pour &#233;couter de tout, il faudrait &#233;couter cette musique jusqu'au bout ? Mais alors, on n'&#233;couterait pas &#171; de tout &#187;, puisqu'on n'&#233;couterait qu'une et une seule musique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Ou alors, peut-&#234;tre consid&#233;rer la musique comme une et indivisible. Auquel cas, on &#233;coute de la musique. Un point, c'est tout.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Accord-cadre (v0.5b)</title>
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		<dc:date>2026-05-13T10:12:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est du piano, et pas du piano. C'est de la musique, et pas de la musique. C'est un souvenir, presque une petite madeleine, et un pr&#233;sent r&#233;it&#233;r&#233;, bien que rare. C'est le marteau qui percute, une corde qui sonne &#8212; les autres &#233;touff&#233;es imparfaitement. Percute et percute encore. Et la hauteur qui glisse, l&#233;g&#232;rement, par &#224;-coups, &#224; chaque nouvelle percussion. Et toute la caisse qui r&#233;sonne &#8212; mais mal, trop ouverte, &#224; vide, et en m&#234;me temps pleine d'une autre lumi&#232;re, d'autres partiels. Comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est du piano, et pas du piano.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est de la musique, et pas de la musique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un souvenir, presque une petite madeleine, et un pr&#233;sent r&#233;it&#233;r&#233;, bien que rare.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le marteau qui percute, une corde qui sonne &#8212; les autres &#233;touff&#233;es imparfaitement. Percute et percute encore. Et la hauteur qui glisse, l&#233;g&#232;rement, par &#224;-coups, &#224; chaque nouvelle percussion. Et toute la caisse qui r&#233;sonne &#8212; mais mal, trop ouverte, &#224; vide, et en m&#234;me temps pleine d'une autre lumi&#232;re, d'autres partiels. Comme un d&#233;cor de th&#233;&#226;tre qu'on d&#233;monte avant d'en installer un nouveau, chaque &#233;clat de son, tel un coup de projecteur, donne &#224; voir un d&#233;tail de l'acoustique du piano qui n'est jamais entendu autrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Percute et percute encore. On y est presque. Et chaque percussion m'envoie un frisson le long de l'&#233;chine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un petit grattement et c'est reparti : la m&#234;me note de nouveau percut&#233;e, mais tout soudain fausse, loin de l'autre &#8212; et le marteau qui cherche &#224; nouveau l'unisson, percute et percute encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que j'aime dans ces sons scand&#233;s n'est &#233;videmment pas ce que l'accordeur attend. C'est l'accident, le chemin vers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout soudain interruption : vaste arp&#232;ge du haut vers le bas du clavier, comme pour se laver les oreilles de cette &#233;coute microm&#233;trique et si accaparante. Deux ou trois accords et l'on est reparti &#8212; une autre note cette fois, &#224; la quinte, la quarte, parfois l'octave, peut-&#234;tre la tierce &#8212; on laisse sonner, on compte les battements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ces battements interf&#233;rentiels que l'on cherche, ces frottements plus ou moins l&#233;gers, ces dissonances que l'on attend selon le temp&#233;rament choisi. Toute la richesse de la microtonalit&#233; se d&#233;ploie l&#224;, comme vue sous un microscope. Tous les d&#233;lices du ph&#233;nom&#232;ne acoustique en m&#234;me temps que de l'inharmonicit&#233; du piano et des pi&#232;ges que tout accord tend &#224; celui qui le poursuit. &#199;a glisse, &#231;a file entre les mains.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une partition non &#233;crite, improvis&#233;e et immuable, que chaque accordeur s'&#233;crit pour lui-m&#234;me, dans des micro variations selon les lieux, les instruments et leurs maitres (aux instruments comme aux accordeurs). C'est comme l'&#233;chauffement d'un piano avant d'&#234;tre jou&#233;, et c'est une des plus belles exp&#233;riences acoustiques qui soit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout un paysage qui s'ouvre &#8212; comme ces marines ou ces paysages de campagne, toujours renouvel&#233;s &#8212; comme les chants d'oiseau, et leur partition temporelle au fil de la journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pourrais peut-&#234;tre, &#224; la mani&#232;re d'un Duchamp, proclamer : ceci est une &#339;uvre, ceci est mon &#339;uvre. Et pourquoi pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La musique comme sujet d'&#233;criture</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article596</link>
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		<dc:date>2026-05-06T09:58:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Musicologie : &#233;tymologiquement, le mot de la musique, la parole sur la musique, le discours, le commentaire, la critique &#8212; comme dirait l'autre. En filigrane : le son, l'assemblage des sons, la composition. Et parfois tout autre chose : le point de d&#233;part d'un r&#233;cit, d'une fiction, qui n'entretient qu'un lien assez l&#226;che avec la r&#233;alit&#233; historique, et encore plus l&#226;che &#224; la r&#233;alit&#233; acoustique &#8212; je pense &#224; toutes ces notices d'&#339;uvre que j'ai r&#233;dig&#233;es pour des compositeurs, et qui n'avaient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Musicologie : &#233;tymologiquement, le mot de la musique, la parole sur la musique, le discours, le commentaire, la critique &#8212; comme dirait l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En filigrane : le son, l'assemblage des sons, la composition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et parfois tout autre chose : le point de d&#233;part d'un r&#233;cit, d'une fiction, qui n'entretient qu'un lien assez l&#226;che avec la r&#233;alit&#233; historique, et encore plus l&#226;che &#224; la r&#233;alit&#233; acoustique &#8212; je pense &#224; toutes ces notices d'&#339;uvre que j'ai r&#233;dig&#233;es pour des compositeurs, et qui n'avaient aucun rapport avec l'&#339;uvre entendue, certes plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans mon quotidien, occup&#233; souvent &#224; l'&#233;criture de textes plus ou moins format&#233;s pour pr&#233;senter des &#339;uvres musicales, vulgariser la connaissance musicologique, donner des clefs d'&#233;coute, p&#233;n&#233;trer l'imaginaire des compositeurs, il m'arrive assez souvent d'&#233;crire deux textes : un premier d'abord, &#224; partir des &#233;crits, des paroles, de ce que je sais, de ce que, parfois, j'ai entendu, des mois ou des ann&#233;es auparavant. Un premier donc, qui rel&#232;ve plus de la fantaisie, du v&#233;cu &#8212; allez, j'ose &#8212; de l'&#233;criture proustienne de la musique, profond&#233;ment ancr&#233; dans la m&#233;moire et le ressenti. Et puis le deuxi&#232;me : celui qu'on attend de moi, qui passe par une &#233;coute extensive des &#339;uvres, et bien souvent d'autres &#339;uvres, connexes, afin de d&#233;voiler les r&#233;seaux multiples d'influences et d'inspirations. Deux textes sur un m&#234;me sujet, mais totalement divergents, et pour autant ne sont-ils pas aussi pertinents l'un que l'autre ? S'agissant d'art, le sujet, l'introspection, ne sont-ils pas, au moins, &#224; l'&#233;gal de l'objet, de l'analyse ? L'un est-il plus &#171; musicologique &#187; que l'autre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Vient alors le moment de crise : quel texte choisir ? Comment, si possible, les entrem&#234;ler, les tisser, en un texte unique ? Comment r&#233;concilier les deux approches ? Quel &#233;quilibre trouver entre les deux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un d&#233;fi rendu plus complexe encore par les contraintes de format de calibrage : on n'a jamais autant de place qu'on le souhaiterait, m&#234;me dans un livre (me revient en m&#233;moire que, pour le &lt;a href=&#034;https://boutique.maisongainsbourg.fr/fr/product/80823-le-gainsbook-en-studio-avec-serge-gainsbourg.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Gainsbook&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pourtant d&#233;j&#224; bien &#233;pais, la mati&#232;re disponible aurait pu faire trois tomes comme &#231;a). Alors on &#233;lague, on simplifie, on se cache.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Piano nu</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article372</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article372</guid>
		<dc:date>2019-11-08T14:51:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'adore &#233;couter travailler un accordeur de piano. C'est une v&#233;ritable jouissance physique. Le toucher ferme qui projette le son avec autorit&#233;, les octaves claires, les quintes ouvertes, les hauteurs qui se rapprochent jusqu'&#224; se confondre, les battements interf&#233;rientiels dus aux micro-intervalles entre les deux ou trois cordes d'une m&#234;me hauteur, les accords inattendus r&#233;partis sur tout l'ambitus. Sans parler de cette marche harmonique, in&#233;vitable et sans fin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et, de temps en temps, cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'adore &#233;couter travailler un accordeur de piano. C'est une v&#233;ritable jouissance physique. Le toucher ferme qui projette le son avec autorit&#233;, les octaves claires, les quintes ouvertes, les hauteurs qui se rapprochent jusqu'&#224; se confondre, les battements interf&#233;rientiels dus aux micro-intervalles entre les deux ou trois cordes d'une m&#234;me hauteur, les accords inattendus r&#233;partis sur tout l'ambitus. Sans parler de cette marche harmonique, in&#233;vitable et sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, de temps en temps, cette &#233;chapp&#233;e lyrique que l'accordeur s'accorde, comme pour se d&#233;lier les doigts en m&#234;me temps que de v&#233;rifier sur les derni&#232;res notes accord&#233;es sont absolument justes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime la minutie n&#233;cessaire, la passion aussi. Ce savoir formidable qui permet de choisir tel temp&#233;rament plut&#244;t que tel autre pour s'adapter &#224; un r&#233;pertoire particulier ou, au contraire, s'assouplir pour tous les r&#233;pertoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime ce son imp&#233;rial, apparemment non musical et pourtant &#224; la source math&#233;matique de toute musicalit&#233;, de toute richesse harmonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces moments l&#224; que je comprends des compositeurs comme Scelsi ou Feldman. Et c'est dans ce m&#234;me &#233;tat un peu h&#233;b&#233;t&#233; de contemplation, sans attente aucune, comme on regarderait un feu ou les &#233;toiles, qu'il faut &#233;couter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Compositeur avec cigare</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article368</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article368</guid>
		<dc:date>2015-07-19T08:37:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;[Georges Aperghis] &lt;br class='autobr' /&gt; hop &lt;br class='autobr' /&gt;
hop et pom &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la rencontre de la miette illisible &lt;br class='autobr' /&gt;
pom de trois quatre fois six trente trois &lt;br class='autobr' /&gt;
d'un c&#244;t&#233; l'autre &#8212; miroir de fou &#8212; basculement &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; sec : sans saucisson &#8212; &#224; la radio une fois par semaine : &#231;a suffit &#224; nourrir une passion durable, apparemment. &lt;br class='autobr' /&gt;
les mots sonnent &#8212; &#233;cho &#8212; les syllabes tournent sur elles-m&#234;mes, s'enlacent les unes aux autres &lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a grouille, &#231;a crie, &#231;a jacasse, &#231;a gamine, &#231;a papote, &#231;a caqu&#232;te, &#231;a th&#233;&#226;tre &#8212; &#233;clats cristallins dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;[Georges Aperghis]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;hop&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;hop&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;pom&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; la rencontre de la miette illisible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;pom&lt;/i&gt; de trois quatre fois six trente trois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'un c&#244;t&#233; l'autre &#8212; miroir &lt;sup&gt;de&lt;/sup&gt; fou &#8212; basculement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; sec : sans saucisson &#8212; &lt;i&gt;&#224; la radio une fois par semaine : &#231;a suffit &#224; nourrir une passion durable, apparemment.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les mots sonnent &#8212; &#233;cho &#8212; les syllabes tournent &lt;sup&gt;sur elles-m&#234;mes&lt;/sup&gt;, s'enlacent &lt;sup&gt;les unes aux autres&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#231;a grouille, &#231;a crie, &#231;a jacasse, &#231;a gamine, &#231;a papote, &#231;a caqu&#232;te, &#231;a th&#233;&#226;tre &#8212; &#233;clats cristallins &lt;sup&gt;dans l'air frais du matin&lt;/sup&gt; &#8212; jactations joyeuses et claires, aig&#252;es et aiguis&#233;es, aussit&#244;t &lt;sup&gt;jaillies&lt;/sup&gt;, aussit&#244;t &lt;sub&gt;englouties&lt;/sub&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;s'essouffler de cette course en avant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce sera donc la musique, manifestement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Entre ici, fant&#244;me agissant &#8212; tu y seras bien, tu y seras au chaud, tu auras tout loisir de mettre ton grain de sable dans les m&#233;caniques les mieux huil&#233;es et les plus rutilantes, tu pourras &#233;clater tes ectoplasmes en rythmes impairs et passe, chuchotant au passage le murmure d'une temp&#234;te cr&#226;neuse et lointaine &#8212; le bonheur &lt;sub&gt;fugitif&lt;/sub&gt; fantomatique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;ta-th&#233;&#226;tre &lt;sup&gt;au carr&#233; &lt;/sup&gt;/&lt;sub&gt;&amp; vice-versa&lt;/sub&gt; se d&#233;veloppe.&lt;i&gt; Et si l'on ne garde qu'une seule image, d'une main sur un levier de vitesse, c'est d&#233;j&#224; &#231;a.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;allons-y, traversons l'ennui vers la folie, interrogeons-nous pourquoi l'avoir quitt&#233;e &lt;sup&gt;interrogeons-la &lt;/sup&gt; pourquoi s'en &#234;tre &#233;cart&#233;e &#8212; &lt;sup&gt;s'&#233;chappe en volutes &lt;/sup&gt; &#8212;, la raison n'est pas plus heureuse, la folie au moins garantit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;perdu &lt;sup&gt;&#233;gar&#233;, plut&#244;t&lt;/sup&gt; &#8212; sinueux et suspendu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Car, apr&#232;s tout, si l'on veut bien se donner la peine d'y r&#233;fl&#233;chir un instant, on ne grandit pas entre un p&#232;re sculpteur et une m&#232;re peintre impun&#233;ment.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;perdu &#8212; &lt;i&gt;c'est ainsi qu'il a du se sentir, jeune grec &lt;sup&gt;fra&#238;chement&lt;/sup&gt; d&#233;parqu&#233; &#224; Paris, &lt;sup&gt;fra&#238;chement&lt;/sup&gt; embarqu&#233; dans la musique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;quelques sons flottent &#224; la surface, auxquels on essaie &#224; toute force de se rattraper, de se raccrocher pour ne pas &#234;tre emport&#233; par la d&#233;ferlante du discours &#8212; bribe sonore, r&#233;duit au syntagme, qui s'&#233;vanouit aussit&#244;t, qu'on ne reverra pas, autour de laquelle on s'essouffle (&#8230;ffff&#8230;) &#224; agr&#233;ger les quelques rares notes qu'on est parvenu &#224; d&#233;tacher pour/malgr&#233; soi ; bient&#244;t ce n'est plus m&#234;me un son, r&#233;current et lancinant, qui trouble plus qu'il n'aide &#8212; s'agripper &#224; lui, qu'on croit conna&#238;tre, n'est qu'un moyen plus s&#251;r encore de se perdre, fait oublier le reste, la syntaxe qu'on pourrait deviner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On ne saura jamais si &#231;a rit parce que c'est s&#233;rieux,&lt;/i&gt; &#8212; &lt;sup&gt;torsades de fum&#233;e grimpante&lt;/sup&gt; &#8212;&lt;i&gt;, ou si c'est s&#233;rieux parce que &#231;a rit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois &lt;sup&gt;colima&#231;on&lt;/sup&gt;, on aimerait que l'absurde soit &lt;sup&gt;enfin&lt;/sup&gt; d&#233;masqu&#233; &#8212; mais alors quel ennui ! J'y suis all&#233; pour vous et &#8212; je vous l'assure &#8212; c'est bien inutile : pr&#233;f&#233;rons donc le rideau d'&#233;rotisme dont l'aberrant se v&#234;t en burlesque &#8212; tonitruance d&#233;lirante de sons permutants et d&#233;sarrang&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;non-sens : &#234;tre &#224; la musique&lt;/i&gt; &#8212; &lt;sub&gt;derri&#232;re&lt;/sub&gt; &lt;sup&gt;nouvelles&lt;/sup&gt; &lt;sub&gt;le p&#233;tillant&lt;/sub&gt; &lt;sup&gt;volutes&lt;/sup&gt; &lt;sub&gt;sourire&lt;/sub&gt; &#8212;&lt;i&gt; ce qu'Alice est la litt&#233;rature&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; je joue, tu comptes, elle et il &#233;num&#232;re, nous commentons, vous tourbillonnez, elles et ils se retrouvent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; chaque jour suffit son bonheur&lt;/i&gt; &#8212; corps &#224; corps sans mots d&#233;bit&#233;s au couteau &#8212; tout tourne, personne ne gagne &#8212; sinon quoi ? &#8212; &lt;i&gt;tragique banalit&#233; et tendre ironie qui n'en peuvent mais&lt;/i&gt; : &lt;sup&gt;Alice&lt;/sup&gt; &lt;sub&gt;au pays des merveilles&lt;/sub&gt; revisit&#233; avec &lt;sub&gt;une tendre&lt;/sub&gt; f&#233;rocit&#233; par Tex Avery &#8212; l'alto, infest&#233; de lapins empress&#233;s et de Beethovens affair&#233;s, tombe &#224; tous les coins de rue sur le sourire &#233;nigmatique &lt;sup&gt;d'une contrebasse&lt;/sup&gt; en fa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;si&#8230; mais si, si, nous sommes pr&#234;ts &lt;sub&gt;croyons-nous&lt;/sub&gt;, alors allons-y, sans respirer, la t&#234;te sous le verbe, la t&#234;te sous l'oreiller de verbes, pour la vider&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pons &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; Rebonds &lt;i&gt; : &#233;galit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;retrouver ce bercement, ce d&#233;bit monotone et color&#233; des syllabes et des mots, lorsqu'ils n'ont aucun sens &#8212; les yeux se perdent dans le vague, on entre dans un monde parall&#232;le, un monde &#224; c&#244;t&#233; du langage, la t&#234;te vide, incapable &#224; son tour de former une phrase, dans quelque langue que ce soit &#8212; enfin &lt;sub&gt;four&lt;/sub&gt;&lt;sup&gt;d&#233;&lt;/sup&gt;voy&#233; dans &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; &#171; vrai &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;perdu (&#233;)perdu dans les tourbillons &lt;sub&gt;magn&#233;tiques&lt;/sub&gt; de cette langue, dans les temp&#234;tes de cette musique, dans les machinations de ce th&#233;&#226;tre, &#8212; &lt;sup&gt;volutes encore&lt;/sup&gt; &#8212; un tuba sur les bras, dans l'embarras ; solitaire, la musique demeure, compr&#233;hensible seulement pour cet inconscient secret et bien cach&#233; &#8212; quand bien m&#234;me sous surveillance&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Relire un texte ancien</title>
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		<dc:date>2012-05-25T15:43:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ah !... relire un texte ancien, voil&#224; un exercice qui peut nous r&#233;server de belles surprises, et d'intenses plaisirs, tout autosatisfaction mise &#224; part. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi de ces quelques phrases pioch&#233;es dans un papier &#233;crit il y a quatre ans pour un grand mensuel musical (je ne citerai pas l'&#339;uvre dont il s'agit, c'est bien plus dr&#244;le comme &#231;a). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La partition est &#8212; h&#233;las ! trois fois h&#233;las ! &#8212; loin d'&#234;tre &#224; la hauteur et frappe par son in&#233;branlable pass&#233;isme et ses constants recours aux effets (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ah !... relire un texte ancien, voil&#224; un exercice qui peut nous r&#233;server de belles surprises, et d'intenses plaisirs, tout autosatisfaction mise &#224; part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de ces quelques phrases pioch&#233;es dans un papier &#233;crit il y a quatre ans pour un grand mensuel musical (je ne citerai pas l'&#339;uvre dont il s'agit, c'est bien plus dr&#244;le comme &#231;a).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La partition est &#8212; h&#233;las ! trois fois h&#233;las ! &#8212; loin d'&#234;tre &#224; la hauteur et frappe par son in&#233;branlable pass&#233;isme et ses constants recours aux effets faciles et &#233;loquents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le compositeur manie son &lt;i&gt;Petit Berlioz Illustr&#233;&lt;/i&gt; avec un talent ind&#233;niable : c'est joli, c'est bien fait, avec quelques petites &#233;pices venues de Moussorgski, Ravel et Mahler. &#199;a peut m&#234;me faire vibrer et pleurer par moments, mais ce parti pris r&#233;actionnaire pour mettre un texte aussi important le vide de sa substance. Comme une superproduction hollywoodienne qui, &#224; d&#233;faut d'une r&#233;elle recherche de l'expression, jouerait son va-tout sur le pathos et sur des effets faciles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue que cet &lt;i&gt;&#8220;in&#233;branlable pass&#233;isme&#8221;&lt;/i&gt;, dont je parle, m'a bien fait rigol&#233;... C'est souvent ainsi lorsque je reprends un texte &#233;crit depuis plus de quelques mois : la qualit&#233; du style peut m&#234;me parfois m'appara&#238;tre inattendue. Que ne sais-je &#233;crire si bien aujourd'hui ? Que n'ai-je cette facilit&#233;, cette acidit&#233; de ton ? J'en serais presque jaloux de moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; les difficult&#233;s v&#233;ritables que j'&#233;prouve souvent &#224; poursuivre un texte commenc&#233; et laiss&#233; de c&#244;t&#233; : cette peur de ne pas &#234;tre &#224; la hauteur, de ruiner la fraicheur de ces premi&#232;res lignes par la lourdeur de mon style pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce probl&#232;me se pose avec une acuit&#233; inhabituelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mai 68 &#8212; Mars 71</title>
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		<dc:date>2011-11-10T16:52:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Melody Nelson a les cheveux rouges &lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est leur couleur naturelle &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est durant notre s&#233;jour &#224; Oxford en ao&#251;t 1969 pour le tournage de May morning que nous avons appris l'assassinat de Sharon Tate, se souvient Andrew Birkin. Nous &#233;tions tous ensemble au restaurant et c'&#233;tait la fin des sixties&#8230; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une parenth&#232;se enchant&#233;e se referme : la guerre du Vi&#234;t-Nam s'enlise, le Printemps de Prague se conclut dans le sang, Isra&#235;l sort de la guerre des Six Jours, l'Am&#233;rique du sud subit le joug (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Melody Nelson a les cheveux rouges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est leur couleur naturelle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_95 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-95 &#034; data-id=&#034;d1f6afde975a28f72498a7b1a598ee3e&#034; src=&#034;IMG/mp3/10_Melody.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_94 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.inacheve.net/IMG/jpg/IMG_3473.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.inacheve.net/IMG/jpg/IMG_3473.jpg' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est durant notre s&#233;jour &#224; Oxford en ao&#251;t 1969 pour le tournage de May morning que nous avons appris l'assassinat de Sharon Tate, se souvient Andrew Birkin. Nous &#233;tions tous ensemble au restaurant et c'&#233;tait la fin des sixties&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_93 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.inacheve.net/IMG/jpg/IMG_3475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.inacheve.net/IMG/jpg/IMG_3475.jpg' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une parenth&#232;se enchant&#233;e se referme : la guerre du Vi&#234;t-Nam s'enlise, le Printemps de Prague se conclut dans le sang, Isra&#235;l sort de la guerre des Six Jours, l'Am&#233;rique du sud subit le joug des dictatures militaires. La mort de Che Guevara en 1967 a enflamm&#233; la jeunesse. Celle de John Coltrane a endeuill&#233; le monde du jazz. Miles Davis traverse sa p&#233;riode &#233;lectrique et Bob Dylan s'essaie &#224; la country. Bryan Jones se fait exclure des Stones, qui atteignent le fa&#238;te de la gloire, et les Beatles encha&#238;nent les albums cultes : &lt;i&gt;Yellow Submarine, l'Album blanc, Abbey Road&lt;/i&gt;. Au printemps 1968, Kubrick sort &lt;i&gt;2001, l'odyss&#233;e de l'espace&lt;/i&gt; (avec Andrew Birkin dans son &#233;quipe). Un an plus tard, le 21 juillet 1969, Neil Armstrong marche sur la Lune. Quelques semaines plus tard, c'est Woodstock. De Gaulle d&#233;missionne, bient&#244;t remplac&#233; par Pompidou. Le 3 septembre 1969 nait S&#233;bastien Merlet, Brel tourne &lt;i&gt;L'homme de la Mancha&lt;/i&gt;, les Who sortent &lt;i&gt;Tommy&lt;/i&gt; (1969), Frank Zappa, en plein dans sa p&#233;riode &lt;i&gt;Mothers of invention&lt;/i&gt;, se fait agresser par un spectateur en d&#233;cembre 1970. Les Pink Floyd enregistrent &lt;i&gt;Atom Heart Mother&lt;/i&gt; (sorti en octobre 1970). En f&#233;vrier 1971, le fabricant britannique de voiture de luxe Rolls-Royce se d&#233;clare en banqueroute et est nationalis&#233;. En mars 1971, Jim Morrison vient chercher le calme &#224; Paris apr&#232;s avoir enregistr&#233; &lt;i&gt;L.A. Woman&lt;/i&gt;. Et, le 24, on apprend la mort d'une toute jeune fille dans un accident d'avion &#224; c&#244;t&#233; de Sunderland : &lt;i&gt;Melody Nelson&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_91 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.inacheve.net/IMG/jpg/IMG_3477.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.inacheve.net/IMG/jpg/IMG_3477.jpg' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#199;a c'est l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Melody Nelson&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_92 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.inacheve.net/IMG/jpg/IMG_3476.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.inacheve.net/IMG/jpg/IMG_3476.jpg' width=&#034;1024&#034; height=&#034;683&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mon dernier opus gainsbourgeois sort le 14 novembre... et j'en suis tr&#232;s tr&#232;s tr&#232;s fier...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fl&#251;tes et chemin&#233;e</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article359</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article359</guid>
		<dc:date>2011-10-28T09:11:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Marrant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, chaque fois, je trouve &#231;a marrant. J'ai comme un sourire &#224; l'int&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marrant comme un duo de fl&#251;tes &#224; bec me ram&#232;nera toujours, syst&#233;matiquement, sans r&#233;pit, &#224; mon enfance. &#192; cet appartement que nous habitions quand j'avais cinq ou six ans &#224; peine, et nous, mon fr&#232;re et moi, enfants, en pyjama, robe de chambre et chaussons, assis en tailleur au pied des pupitres, entre la chemin&#233;e &#233;teinte et la viole de gambe, &#224; regarder en &#233;coutant, et vice versa. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a comme une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, chaque fois, je trouve &#231;a marrant. J'ai comme un sourire &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marrant comme un duo de fl&#251;tes &#224; bec me ram&#232;nera toujours, syst&#233;matiquement, sans r&#233;pit, &#224; mon enfance. &#192; cet appartement que nous habitions quand j'avais cinq ou six ans &#224; peine, et nous, mon fr&#232;re et moi, enfants, en pyjama, robe de chambre et chaussons, assis en tailleur au pied des pupitres, entre la chemin&#233;e &#233;teinte et la viole de gambe, &#224; regarder en &#233;coutant, et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a comme une permanence dans cette image. Une permanence qui appelle au renouvellement, &#224; la r&#233;p&#233;tition, dans le temps. Et soudain je me vois moi, jouant, et d'adorables marmots qui courent &#224; mes pieds, que l'on surveille du coin de l'oeil, par dessous la partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme sombre &#8212; entre le noir, le marron, le rougeoyant &#8212;... Mais peut-&#234;tre la vision tient-elle sa couleur de la lampe en cloche sur pied blanc, champignon typique des ann&#233;es 70-80, qui &#233;claire la sc&#232;ne, le papier peint clair (j'ai beau fouiller les images de ma m&#233;moire, je n'arrive pas &#224; avoir id&#233;e de sa couleur exacte, j'imagine un vert, un jaune ou un orange, mais je suis persuad&#233; que cet image n'est qu'un collage de diverses pi&#232;ces qui n'ont en commun avec ce salon que l'&#233;poque &#224; laquelle je les ai vues) et le tapis &#233;pais, aux motifs noirs, rouges et blancs que je me suis toujours en vain &#233;chin&#233; &#224; d&#233;chiffr&#233; &#8212; la baie vitr&#233;e qui donne sur la m&#234;me vue que ma chambre de mon lit (celui du haut des lits superpos&#233;s, que j'ai occup&#233; d&#232;s que mon fr&#232;re a eu sa chambre &#224; lui) je pouvais voir la tour Eiffel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire ? rappeler &#224; moi ces images s'av&#232;re plus douloureux que pr&#233;vu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Froiss&#233;</title>
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		<dc:date>2011-10-28T09:02:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



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&lt;p&gt;Mais comment est-ce possible ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment est-ce possible, je vous le demande ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut vraiment &#234;tre d&#233;pourvu de toute m&#233;moire, ou de toute consid&#233;ration pour les autres pour faire un truc pareil ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;baller un bonbon de son papier plastique, qui couvrirait presque le son d&#233;licat du clavecin &#224; chacun de ses froissements ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment est-ce possible ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qui est en train de d&#233;baller son bon bon de son papier plastique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je la vois, la grosse, la vieille d&#233;go&#251;tante : elle est assise au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais comment est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est-ce possible, je vous le demande ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut vraiment &#234;tre d&#233;pourvu de toute m&#233;moire, ou de toute consid&#233;ration pour les autres pour faire un truc pareil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;baller un bonbon de son papier plastique, qui couvrirait presque le son d&#233;licat du clavecin &#224; chacun de ses froissements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui est en train de d&#233;baller son bon bon de son papier plastique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la vois, la grosse, la vieille d&#233;go&#251;tante : elle est assise au premier rang. Une vieille, cheveux courts, teints bruns reflets roux, petites lunettes rondes, constip&#233;e et crisp&#233;e, gilet de laine aux motifs floraux ou ornithologiques, qu'importe, corsage mauve du meilleur effet, mettant en valeur le goitre exquis qui pendouille au dessus des mains agit&#233;es autour du papier bonbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la d&#233;teste, d'embl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'a pas l'air de la d&#233;ranger. Elle se croit dans son bon droit. Comme devant sa t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle suce son bonbon si rien d'autre n'existait, ses l&#232;vres tendues vers l'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une poule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re elle, un type en rouge, mine bouffie, trogne gonfl&#233;e et rougie par l'alcool, me regarde d'un air mauvais lorsque je regarde la vieille d'un air mauvais moi aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'ami Schubert</title>
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		<dc:date>2010-08-08T23:27:31Z</dc:date>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



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&lt;p&gt;On le dit hant&#233; par le spectre de Beethoven, inhib&#233; par la puissance et l'ampleur de sa vision. Mais peut-&#234;tre est-ce justement l'ombre de ce monument qui fait de Schubert ce qu'il est : le compositeur de l'intime et de la m&#233;lancolie. Ce n'est en &#233;chouant &#224; l'entreprise beethovenienne qu'il se lib&#232;re de son emprise et devient l'ami Schubert. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux antipodes d'un Beethoven engag&#233; dans une lutte prom&#233;th&#233;enne avec le transcendant, Schubert est le contraire d'un d&#233;monstratif. Le sentiment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On le dit hant&#233; par le spectre de Beethoven, inhib&#233; par la puissance et l'ampleur de sa vision. Mais peut-&#234;tre est-ce justement l'ombre de ce monument qui fait de Schubert ce qu'il est : le compositeur de l'intime et de la m&#233;lancolie. Ce n'est en &#233;chouant &#224; l'entreprise beethovenienne qu'il se lib&#232;re de son emprise et devient l'ami Schubert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux antipodes d'un Beethoven engag&#233; dans une lutte prom&#233;th&#233;enne avec le transcendant, Schubert est le contraire d'un d&#233;monstratif. Le sentiment n'appara&#238;t jamais dans sa nudit&#233;, mais transparait plut&#244;t, drap&#233; de pudeur. Le d&#233;chirement se double de distance, voire de timidit&#233;. D&#233;sesp&#233;r&#233; mais sans tragique, tendre et souriant mais non joyeux, accabl&#233; mais se gardant bien d'&#233;taler complaisamment sa douleur au grand jour, il est le compositeur des &#233;motions m&#233;lang&#233;es, dont il voudrait saisir toutes les nuances et contradictions. Son piano, plus g&#233;n&#233;reux que le piano beethovenien, est plus encore le lieu de la confidence. On y entend confus&#233;ment la voix d'un double de lui-m&#234;me, qui se confierait &#224; son ami le plus cher. Et, de cette voix douce, troublant &#224; peine le silence, Schubert fait de nous cet ami fantomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans la &lt;i&gt;Sonate no. 13 en la majeur D. 664&lt;/i&gt; (1819&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La date de composition de cette Sonate, publi&#233;e de mani&#232;re posthume en 1829, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), que beaucoup consid&#232;rent fraiche et enfantine &#8212; on va m&#234;me jusqu'&#224; la surnommer &lt;i&gt;&#171; la petite la majeur &#187;&lt;/i&gt; &#8212;, se cache en r&#233;alit&#233; une nostalgie primordiale. Schubert semble y rappeler un lointain souvenir de pl&#233;nitude, dont la perte a depuis rel&#226;ch&#233; son am&#232;re &#233;treinte. Apais&#233;e mais sans joie, si elle rayonne, c'est d'une lumi&#232;re diffuse &#8212; celle d'un ciel charg&#233; de nuages qui voileraient et d&#233;voileraient tour &#224; tour un p&#226;le soleil, sans le laisser briller jamais. Son temps est celui de la m&#233;moire, suspendu entre pass&#233; et pr&#233;sent. La retenue domine. Dans le mouvement lent, le temps va m&#234;me jusqu'&#224; s'arr&#234;ter en contemplation recueillie. Et si le final semble sourire avec plus d'am&#233;nit&#233;, c'est un sourire lointain, effac&#233; &#224; peine esquiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que dire alors de la &lt;i&gt;Sonate no. 14 en la mineur D. 784&lt;/i&gt; (1823) o&#249; l'on peut d&#233;j&#224; entendre l'introspection romantique et ses obsessions ? Faite de contrastes parfois abrupts, tour &#224; tour sombre, &#233;nigmatique, angoiss&#233;e, elle convie &#224; une ballade &#233;pique, une &lt;i&gt;quasi fantasia&lt;/i&gt; qui d&#233;j&#224; devient autre. La solitude y est telle que, m&#234;me dans l'&lt;i&gt;Allegro giusto&lt;/i&gt; initial dont sourd pourtant une intense douleur, Schubert qui la dit pourtant ne semble jamais s'en plaindre &#8212; &#224; qui pourrait-on bien se plaindre, lorsqu'on est si seul ? Et si l'&lt;i&gt;Andante&lt;/i&gt; apporte une forme de calme et de qui&#233;tude, la m&#233;lancolie y est encore omnipr&#233;sente, Schubert nous &#233;voque seulement l'un de ces soulagements passagers o&#249; la douleur se fait plus l&#233;g&#232;re &#8212; instant de r&#233;pit dont on se berce, mais dont on sait pertinemment l'&#233;ph&#233;m&#232;re. Et quand on s'en est berc&#233; un peu, quand s'est berc&#233; de l'illusion que, peut-&#234;tre, elle ne reviendra pas, l'angoisse est de nouveau pr&#233;sente, dont on ne sait plus identifier la cause. C'est ce que dit l'&lt;i&gt;Allegro vivace&lt;/i&gt; final qui, avec son contrepoint fuyant &lt;i&gt;sotto voce&lt;/i&gt;, est sans doute plus anxieux encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Schubert n'est pas &#224; l'aise avec la Sonate. On met souvent cette maladresse sur le compte de Beethoven &#8212; lorsqu'il semble s'en affranchir en composant ses &lt;i&gt;Impromptus D. 899&lt;/i&gt; (1827), on aime &#224; pr&#233;ciser que Beethoven est &lt;i&gt;enfin&lt;/i&gt; mort (en mars de cette ann&#233;e-l&#224;) &#8212;, mais la Sonate n'est peut-&#234;tre simplement pas le lieu id&#233;al de la confidence &#8212; elle en suit difficilement les m&#233;andres, la prose libre, qui ne dit rien d'autre qu'elle m&#234;me. La forme courte des &lt;i&gt;Impromptus&lt;/i&gt; schubertiens &#8212; appel&#233;s ainsi, d'ailleurs assez improprement, par leur &#233;diteur premier, le viennois Haslinger &#8212;, que l'on a tour &#224; tour, ou simultan&#233;ment, d&#233;crite comme une pr&#233;figuration des &lt;i&gt;Romances sans parole&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Ballades&lt;/i&gt; romantiques, ou symptomatiques de ce mal de l'inach&#232;vement dont certains pensent Schubert affect&#233; (mais quelle &#339;uvre, en ce cas, n'est pas inachev&#233;e ?), ou m&#234;me une mani&#232;re d'&#233;crire un Lied en le contournant, serait ce medium appropri&#233; au ton du secret et du sentiment partag&#233;. Formant un tout &#8212; le sentiment de coh&#233;rence du recueil, insaisissable, existerait-il hors de nos habitudes d'&#233;coute ? &#8212;, ces quatre pi&#232;ces sont n&#233;anmoins autonomes. Elles dessinent chacun un parcours propre et abouti, o&#249; Schubert nous confie tour &#224; tour diff&#233;rentes nuances de mal-&#234;tre, de son incapacit&#233; &#224; vivre dans le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier, &lt;i&gt;en ut mineur&lt;/i&gt;, qui s'ouvre avec tant de solennit&#233; dramatique par cet accord terrifiant &#8212; que suit un silence o&#249; l'on croirait se noyer &#8212;, Schubert dit &#224; nouveau &#8212; et de quelle mani&#232;re &#8212; son extr&#234;me solitude. Cheminement douloureux, son chant poignant, qui s'interrompt par des arp&#232;ges pensifs et presque sensuels, nous fait in&#233;luctablement et invariablement revenir &#224; la dure r&#233;alit&#233;. Schubert apparait en revanche plus apais&#233; &#8212; comme on l'avait entrevu dans la &lt;i&gt;Sonate no. 13&lt;/i&gt; &#8212; dans le second &lt;i&gt;Impromptu, en mi b&#233;mol majeur&lt;/i&gt;, o&#249; il alterne une m&#233;lodie pleine de charme, comme une ouverture ou un sourire discret, et les fragments d'un discours plus fier et ombrageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la quintessence de la m&#233;lancolie est bien s&#251;r atteinte dans l'&lt;i&gt;Impromptu en sol b&#233;mol majeur&lt;/i&gt;. Embl&#233;matique de la nostalgie schubertienne, il impose l'image du Wanderer qui marche dans la lande, sous un clair de lune devant lequel passent de noirs nuages laissant pr&#233;sager quelque temp&#234;te. Et le voyage harmonique nous porte hors du temps, allant d'une modulation l'autre au gr&#233; du paysage et des tourments lancinants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ses arp&#232;ges perl&#233;s, presque limpides, dans le haut du clavier, la confidence de la quatri&#232;me &lt;i&gt;Impromptu en la b&#233;mol majeur&lt;/i&gt; concilie aust&#233;rit&#233; et romantisme. Et, avant de conclure sur cette m&#234;me formule &#8212; reprise, nuanc&#233;e, empreinte de cet air plus sombre qui s'est impos&#233; entretemps &#8212;, l'ami nous fait une nouvelle confidence, parenth&#232;se r&#233;serv&#233;e d'un c&#339;ur qui se livre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La date de composition de cette Sonate, publi&#233;e de mani&#232;re posthume en 1829, n'est pas d&#233;termin&#233;e avec certitude. On avance la date probable de 1819, avec une r&#233;vision en 1825.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ceci est un texte compos&#233; pour illustrer un CD Schubert mais qui, bien que respectant toutes les contraintes de l'exercice, sans compter celles impos&#233;es par le commanditaire, m'a &#233;t&#233; refus&#233; au dernier moment pour des raisons qui ne m'ont &#233;t&#233; ni sp&#233;cifi&#233;es ni &#233;claircies et qui demeurent donc pour moi troubles, confuses et infond&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte, me semblant assez abouti (sauf peut-&#234;tre, r&#233;flexion faite, la toute fin), et n'ayant pour l'instant nulle autre utilit&#233;, pourquoi ne pas vous en faire profiter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour information (et pour mieux comprendre le d&#233;roul&#233; du texte), le programme de l'album en question &#233;tait le suivant :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Sonate pour piano en la majeur no. 13 D. 664&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Sonate pour piano en la mineur no. 14 D. 784&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Quatre Impromptus D. 899&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
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