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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Virginal</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je m'en souviens comme si c'&#233;tait hier. Allong&#233; sur mon lit d'enfant, dans ma chambre d'enfant, avec au mur mes posters d'enfant. Quelques minutes &#8212; ou quelques heures, qu'en sais-je ? &#8212; plus t&#244;t, j'avais pris sans trop y croire un livre dans la biblioth&#232;que familial. Un livre dont on m'avait dit du bien, mais je restais encore tr&#232;s m&#233;fiant vis-&#224;-vis des recommandations parentales &#8212; je d&#233;couvris plus tard que j'avais bien tort &#224; ce sujet. Je l'avais pris, l'avais ouvert. Et d'un coup ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je m'en souviens comme si c'&#233;tait hier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Allong&#233; sur mon lit d'enfant, dans ma chambre d'enfant, avec au mur mes posters d'enfant. Quelques minutes &#8212; ou quelques heures, qu'en sais-je ? &#8212; plus t&#244;t, j'avais pris sans trop y croire un livre dans la biblioth&#232;que familial. Un livre dont on m'avait dit du bien, mais je restais encore tr&#232;s m&#233;fiant vis-&#224;-vis des recommandations parentales &#8212; je d&#233;couvris plus tard que j'avais bien tort &#224; ce sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'avais pris, l'avais ouvert. Et d'un coup ce vertige. Ce trou noir temporel. Ce saisissement. Plus rien d'autre n'existe que cette r&#233;alit&#233; de fiction. Tout est aspir&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'importe alors l'inconfort sur le lit : sans s'en apercevoir, on bouge un brin, on se met dans des positions abracadabrantes, et les pages s'enchainent, se d&#233;roulent. Comme un verre d'eau infini bu d'une soif in&#233;tanchable. D&#233;lectation, palpitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Combien de livres ai-je lu ainsi ? Il y eut des classiques et des beaucoup plus oubliables. Lus avec la m&#234;me intensit&#233;, la m&#234;me ferveur, le m&#234;me abandon.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cette intensit&#233;, cette ferveur, cet abandon que, parfois, j'aimerais retrouver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand l'ai-je perdue, cette fraicheur virginale dans la d&#233;couverte ? Cette na&#239;vet&#233; ? Au bout de combien de livres, &#224; quel degr&#233; de conscience des enjeux, cette ing&#233;nuit&#233; s'est-elle estomp&#233;e jusqu'&#224; quasiment disparaitre, remplac&#233;e non par une lassitude d&#233;sabus&#233;e, mais par une attention diff&#233;rente, plus distante, attach&#233;e &#224; certains d&#233;tails ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus tard, sans doute, que cette capacit&#233; qu'ont les enfants de &#171; jouer &#187;, au sens o&#249; le jeu devient quasiment une r&#233;alit&#233; parall&#232;le, o&#249; l'on dirait qu'on serait, et ce serait vrai, o&#249; les &#233;lucubrations les plus invraisemblables prennent magiquement corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus &#233;tonnant, c'est qu'elle revient parfois : quand je r&#233;&#233;coute une &#339;uvre de musique entendue et aim&#233;e mille fois pendant mo, enfance, c'est comme si l'imm&#233;diatet&#233; du son parvenait &#224; me faire oublier toutes mes connaissances acquises depuis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi de cette remarque si &#233;vidente, pourtant, qu'on m'a faite r&#233;cemment au sujet des &lt;i&gt;Pr&#233;ludes&lt;/i&gt; du &lt;i&gt;Clavier bien temp&#233;r&#233;&lt;/i&gt; de Bach. Si je les avais d&#233;couverts aujourd'hui, je me la serais faite imm&#233;diatement &#8212; mon &#233;coute est entra&#238;n&#233;e, mon esprit d'analyse en &#233;veil. Mais comme je connais ces &lt;i&gt;Pr&#233;ludes&lt;/i&gt; depuis avant m&#234;me d'avoir appris &#224; marcher, &#224; babiller, je peux les &#233;couter encore aujourd'hui avec un enthousiasme premier et primordial que je serais bien incapable de retrouver pour une &#339;uvre que je d&#233;couvrirais aujourd'hui. Et c'est bien dommage.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aimerais pouvoir lire et &#233;couter aujourd'hui comme je le faisais hier. Ou, tout du moins, parvenir &#224; basculer d'un mode &#224; l'autre &#8212; activant si n&#233;cessaire, par exemple dans cadre de mon travail, mes comp&#233;tences si longuement acquises, mais parvenant &#224; les garder &#224; distance lorsque seul le plaisir importe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le Festival de Cannes ouvre ses portes, une question (rh&#233;torique tant la r&#233;ponse semble &#233;vidente) s'impose &#224; moi : Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ? Si l'on regarde les grands classiques, on pourrait sans trop se tromper affirmer qu'un film comme Citizen Kane aurait pu avoir les faveurs du jury, si le festival (tel qu'on le connait aujourd'hui du moins) s'&#233;tait tenu en 1941 ou 1942 : par ses audaces formelles et esth&#233;tiques, par sa peinture sans fard de la soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le Festival de Cannes ouvre ses portes, une question (rh&#233;torique tant la r&#233;ponse semble &#233;vidente) s'impose &#224; moi : Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on regarde les grands classiques, on pourrait sans trop se tromper affirmer qu'un film comme &lt;i&gt;Citizen Kane&lt;/i&gt; aurait pu avoir les faveurs du jury, si le festival (tel qu'on le connait aujourd'hui du moins) s'&#233;tait tenu en 1941 ou 1942 : par ses audaces formelles et esth&#233;tiques, par sa peinture sans fard de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine d'alors, par sa force dramaturgique, qui confine &#224; la trag&#233;die antique. On imagine aussi ais&#233;ment un Fritz Lang remporter la Palme. Pourrait-on en dire autant de &lt;i&gt;S&#233;r&#233;nade &#224; trois&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;Haute P&#232;gre&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;Ninotchka&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;The Shop around the Corner&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;La Huiti&#232;me femme de Barbe-Bleue&lt;/i&gt; (sans parler de toute son exquise filmographie muette) ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ose pourtant dire tout haut qu'il y a plus de cin&#233;ma, plus de g&#233;nie, plus d'intelligence sociale m&#234;me, dans une seule minute d'un seul de ses films que dans tout ce qu'ont pu produire les Fr&#232;res Dardenne ou Jacques Audiard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ? N'y a-t-il pas autant d'humanit&#233; dans ces com&#233;dies si subtiles que dans les gestes pompeux des habitu&#233;s de la Croisette ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; moins que la com&#233;die n'ait pas suffisamment de noblesse. On me r&#233;torquera sans doute : Bong Joon-Ho (&lt;i&gt;Parasite&lt;/i&gt;), Ruben &#214;stlund (&lt;i&gt;The Square, Sans filtre&lt;/i&gt;) ou, encore plus loin, Michael Moore, Mike Leigh ou Emil Kustiriza (en gros : six com&#233;dies prim&#233;es en plus de quarante ans). Certes. Et je ne nie pas les qualit&#233;s de ces films. Mais il n'y a l&#224; rien de comparable avec celles d'un Lubitsch &#8212; ou, dans une moindre mesure, d'un Wilder par exemple (qui fut du reste longtemps sc&#233;nariste de Lubitsch).&lt;br class='autobr' /&gt;
Je reste pourtant persuad&#233; que si on pr&#233;sentait &#224; Cannes un bijou aussi raffin&#233; que &lt;i&gt;(je ne sais lequel mettre&#8230; impossible de choisir)&lt;/i&gt;, je suis absolument certain que le jury passerait &#224; c&#244;t&#233; et se pr&#233;cipiterait vers le plus gros gonflement d'ego de la s&#233;lection.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me demande si on ne pourrait pas en dire autant de Hitchcock (le suspense, si ce n'est pour annoncer la d&#233;ch&#233;ance totale de ses personnages, ce n'est pas digne du tapis rouge), de John Ford de Mankiewicz, ou de Howard Hawks (Cannes comprendrait-il &lt;i&gt;Le grand sommeil&lt;/i&gt; ? Sans doute pas. D'un autre c&#244;t&#233;, moi non plus, alors bon). Et &lt;i&gt;Casablanca&lt;/i&gt; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
J'imagine &#233;galement assez mal un Cary Grant r&#233;compens&#233;, ou l'un des fr&#232;res Marx &#8212; au reste, de m&#233;moire (il faudrait v&#233;rifier), je ne crois pas qu'une actrice ou un acteur ait jamais &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;.e pour un r&#244;le dans un com&#233;die.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela n'est pas bien grave, au fond. Mais c'est l&#224; un point aveugle bien regrettable de l'historiographie du cin&#233;ma telle qu'&#233;crite par ce genre de festivals.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Justes</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Bouff&#233;e subite d'&#233;motions. Encore elle, toujours elle. Non que ce soit d&#233;sagr&#233;able &#8212; m&#234;me si cette &#233;motion rel&#232;ve du bouleversement, de la tristesse absolue, m&#234;l&#233;e d'un espoir aberrant. Mais c'est imparable. &#199;a revient &#224; tous les coups, sans coup f&#233;rir. Imparable, comme on dit. Irr&#233;pressible, possiblement, aussi. Explicable, bien s&#251;r. Totalement justifi&#233;e m&#234;me : cette bouff&#233;e accompagne syst&#233;matiquement la (re)d&#233;couverte de l'histoire d'un Juste. Comme un r&#233;flexe, en &#233;cho au r&#233;flexe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bouff&#233;e subite d'&#233;motions. Encore elle, toujours elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non que ce soit d&#233;sagr&#233;able &#8212; m&#234;me si cette &#233;motion rel&#232;ve du bouleversement, de la tristesse absolue, m&#234;l&#233;e d'un espoir aberrant. Mais c'est imparable. &#199;a revient &#224; tous les coups, sans coup f&#233;rir. Imparable, comme on dit. Irr&#233;pressible, possiblement, aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Explicable, bien s&#251;r. Totalement justifi&#233;e m&#234;me : cette bouff&#233;e accompagne syst&#233;matiquement la (re)d&#233;couverte de l'histoire d'un Juste. Comme un r&#233;flexe, en &#233;cho au r&#233;flexe d'humanit&#233; qui semble animer ces personnes qui n'&#233;taient certainement pas sans d&#233;faut, mais viennent en aide, parce que c'est naturel, parce que c'est &#171; the right thing &#187; comme disent les Am&#233;ricains, avec tout ce moralisme si d&#233;plac&#233;, tout bien consid&#233;r&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours &#231;a me prend. Une chaleur intense qui part des oreilles et rayonne vers le ventre, qui se sert et semble comme bouillonner. Une phrase suffit, je me projette. C'est particuli&#232;rement le cas lorsque la personne sauv&#233;e est un enfant : cet enfant, c'est moi. Cette angoisse br&#251;lante, qui perdure certainement encore aujourd'hui, et jusqu'&#224; la mort, c'est la leur, et c'est la mienne, d'une certaine mani&#232;re &#8212; dans une empathie par-del&#224; les ans, qui ne me vient sans doute pas que de mes origines, mais aussi de mes lectures, et certainement de ma sensibilit&#233; inn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai beau savoir qu'elle va venir, c'est toujours d&#233;stabilisant. Comme une (l&#233;g&#232;re) crise de panique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Invariablement, cette &#233;motion est suivie d'une interrogation hant&#233;e : qui des autres g&#233;nocides ? Y a-t-il eu des Justes en Arm&#233;nie ? Sans doute &#8212; mais on n'en parle pas, et c'est bien dommage. Au Cambodge, au Rwanda ? Il n'y a pas de raison pour qu'il n'y en ait pas. Quelques films en &#233;voquent suivant les Conquistadors, la conqu&#234;te de l'Ouest ou l'esclavage &#8212; mais si peu, et aucune reconnaissance officielle comme celle que peut d&#233;livrer Yad Vashem &#8212; &#231;a manque. Aujourd'hui il y en a certainement encore au Bengladesh, en Russie, au Darfour. En Isra&#235;l bien s&#251;r &#8212; et c'est peut-&#234;tre les seuls reportages qui m'apportent de l'espoir : savoir qu'il existe des femmes et des hommes, qui s'organisent pour la Paix, pour aider des gazaouis &#224; sortir de l'enclave et se soigner. Des Justes d'aujourd'hui, il y en a. Et si on en parlait, et si on les distinguait, et si on les mettait en avant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre interrogation, beaucoup plus faible : pourquoi Camus a-t-il choisi ce titre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La destruction du souvenir</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'&#233;cris &#171; Ouf ! &#187; parce que j'ai beaucoup de mal &#224; lire ces temps-ci. Mais ce n'est pas &#224; ce sujet que je veux &#233;crire ce matin &#8212; &#231;a viendra une autre fois, en esp&#233;rant que je n'&#233;prouverai jamais, au grand jamais, le besoin d'&#233;crire une sequel &#224; Pater Dolorosa. Perspective intol&#233;rable. Revenons donc &#224; Lieux. Le projet devait durer 12 ans, et comprendre deux textes par moi. Ce qui fait, a priori 244 textes &#8212; projet ambitieux s'il en est. Pour diverses raisons (notamment la constatation que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'&#233;cris &#171; Ouf ! &#187; parce que j'ai beaucoup de mal &#224; lire ces temps-ci. Mais ce n'est pas &#224; ce sujet que je veux &#233;crire ce matin &#8212; &#231;a viendra une autre fois, en esp&#233;rant que je n'&#233;prouverai jamais, au grand jamais, le besoin d'&#233;crire une sequel &#224; &lt;a href=&#034;https://www.le-passeur-editeur.com/catalogue/essais-actualit&#233;/pater-dolorosa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pater Dolorosa&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Perspective intol&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Revenons donc &#224; &lt;a href=&#034;https://lieux-georges-perec.seuil.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lieux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Le projet devait durer 12 ans, et comprendre deux textes par moi. Ce qui fait, a priori 244 textes &#8212; projet ambitieux s'il en est. Pour diverses raisons (notamment la constatation que tout cela pouvait parfois un peu tourner en rond, ou que le choix des lieux n'&#233;taient peut-&#234;tre pas le plus judicieux), P&#233;rec n'est pas arriv&#233; au bout et n'a produit que 135 textes &#8212; ce qui n'est d&#233;j&#224; pas mal, avouons-le. Pas s&#251;r que j'aurais &#233;t&#233; aussi loin. Mais cessons d'essayer de se comparer, &#231;a fait trop mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lieux-georges-perec.seuil.com/138-vilin-reel-6-septembre-1975/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le dernier texte&lt;/a&gt; &#233;crit, le 27 septembre 1975 vers 2h du matin, m&#233;rite &#224; peine le nom de &#171; texte &#187;. Ce devait &#234;tre une description &#171; r&#233;elle &#187; de la rue Vilin, c'est-&#224;-dire la rue des premi&#232;res ann&#233;es, la rue de l'enfance, la rue d'avant la catastrophe. Le voici, et le contenu est assez &#233;loquent, dirons-nous : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Travail = torture&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur un des panneaux en ciment qui couvrent la presque-totalit&#233; du c&#244;t&#233; impair de la rue &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les lieux de Lieux, la rue Vilin figure parmi les plus int&#233;ressantes. Et c'est sans doute l&#224; que le projet m&#234;me aurait pris tout son sens. &#201;videmment parce que c'est, comme je l'ai dit, la rue de l'enfance &#8212; avec, encore, les vestiges des parents, et notamment l'inscription &#171; Coiffure pour dames &#187; qui t&#233;moigne du salon tenu par la m&#232;re de P&#233;rec, avant sa d&#233;portation.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que telle, la relation des souvenirs qui y sont li&#233;s, de plus en plus incertains, de plus en plus flous &#224; mesure que tombe les brumes du temps, est de plus en plus &#233;pur&#233;e, dans un rapport inversement proportionnel &#224; l'&#233;motion provoqu&#233;e par sa lecture.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part &#8212; et c'est la magie de la co&#239;ncidence &#8212;, des pans entiers de cette rue avaient &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s insalubres et, sur les deux-tiers de sa longueur originelles, le b&#226;ti dans son entier (et tout le quartier avec) a &#233;t&#233; d&#233;truit pour laisser place en 1988 au Parc de Belleville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque P&#233;rec se lance dans Lieux, les destructions ont d&#233;j&#224; commenc&#233;. Le projet exigeant de lui qu'il revienne chaque ann&#233;e d&#233;crire la rue, on ne peut que constater l'avanc&#233;e du chantier.&lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1975, c'est le dernier vestige de l'enfance de P&#233;rec &#8212; et de ses parents &#8212; qui disparait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cr&#233;er n'est pas une drogue (h&#233;las)</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article588</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si les artistes sont parfois caricatur&#233;s en victimes de diverses addictions &#8212; lesquelles, pour faire simple, d&#233;couleraient du m&#234;me d&#233;s&#233;quilibre qui les pousse &#224; cr&#233;er &#8212;, mon sentiment demeure que l'acte de cr&#233;ation n'a absolument rien d'une drogue. D'abord, pas d'effet d'accoutumance : l'usage r&#233;gulier de la plupart des drogues am&#232;ne g&#233;n&#233;ralement une d&#233;gradation de leurs effets, et donc &#224; une augmentation des prises. Tout le contraire de l'acte de cr&#233;ation, ce me semble : plus on pratique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les artistes sont parfois caricatur&#233;s en victimes de diverses addictions &#8212; lesquelles, pour faire simple, d&#233;couleraient du m&#234;me d&#233;s&#233;quilibre qui les pousse &#224; cr&#233;er &#8212;, mon sentiment demeure que l'acte de cr&#233;ation n'a absolument rien d'une drogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, pas d'effet d'accoutumance : l'usage r&#233;gulier de la plupart des drogues am&#232;ne g&#233;n&#233;ralement une d&#233;gradation de leurs effets, et donc &#224; une augmentation des prises. Tout le contraire de l'acte de cr&#233;ation, ce me semble : plus on pratique, plus les effets de cette pratique s'am&#233;liorent. On pourrait se dire que &#231;a pourrait &#224; son tour conduire &#224; une augmentation de ladite pratique &#8212; &#224; la mani&#232;re des bigorexiques, qui s'entrainent toujours plus jusqu'&#224; la rupture. Peut-&#234;tre, mais cela ne me parait pas flagrant. La joie de cr&#233;er peut certes pousser &#224; s'y oublier &#8212; il faudrait peut-&#234;tre se livrer sur ce sujet &#224; une &#233;tude plus approfondie &#8212;, jusqu'&#224; n&#233;gliger ses proches et ses responsabilit&#233;s. Mais est-ce l&#224; le fait de l'acte de cr&#233;ation lui-m&#234;me ou du caract&#232;re solitaire, voire &#233;gocentr&#233;, du cr&#233;ateur lui-m&#234;me ? Chaque cr&#233;ateur &#233;tant bien entendu dot&#233; de sa propre personnalit&#233;, bien souvent ind&#233;pendante de son besoin de cr&#233;ation : on a des cr&#233;ateurs g&#233;n&#233;reux et attentifs aux autres, aussi bien que d'immondes salauds. Sans pr&#233;sumer, du reste, de la qualit&#233; de leurs productions respectives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre similitude avec les drogues : le &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; que certaines situations de cr&#233;ation procurent. Quand tout s'encha&#238;ne parfaitement, quand les id&#233;es se suivent de mani&#232;re fluide, permettant d'&#233;laborer, en les ench&#226;ssant les unes aux autres, une structure coh&#233;rente, qui semble s'imposer d'elle-m&#234;me. Ce sont des moments rares &#8212; un peu comme ces sentiments de &#171; &lt;i&gt;flow&lt;/i&gt; &#187; d&#233;crits par certains sportifs &#224; qui tout semble r&#233;ussir (je m'aper&#231;ois tout soudain de mon recours un peu excessif &#224; la comparaison de l'acte de cr&#233;ation avec le sport) &#8212;, et extr&#234;mement gratifiants. Au point que l'on voudra &#224; toute force les reproduire, tachant d'en recr&#233;er le contexte ou l'alchimie myst&#233;rieuse &#8212; avec un succ&#232;s pour le moins al&#233;atoire, avouons-le. Cependant, c'est l&#224; justement que se fait la grande diff&#233;rence avec la drogue : le &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; n'est ici nullement garanti. Et beaucoup plus rare. Il faut s'armer de patience, oublier toute impulsivit&#233;, tout en restant &#224; l'&#233;coute de son instinct.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela &#233;tant dit, je me prends parfois &#224; r&#234;ver d'une drogue qui pourrait d&#233;clencher, encourager, focaliser l'acte de cr&#233;ation &#8212; dans l'espoir, peut-&#234;tre, d'atteindre cet &#233;lusif &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; cr&#233;atif. Quel confort ce serait de se dire que mon m&#233;tier ne reposerait pas alors sur une incertitude ontologique, plomb&#233;e, en outre, par mes inhibitions propres, sans parler de mon addiction peut-&#234;tre atavique &#224; la procrastination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les dents&#8230;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une question que je me pose, parfois, &#224; mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je d&#233;couvre qu'untel ou unetelle est &#224; tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu'ielles ne sont effectivement pas plus b&#234;tes qu'un.e autre, mais que j'aimerais bien &#234;tre &#224; leurs places. C'est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort mat&#233;riel, de responsabilit&#233; et d'aura, sinon de prestige. Ma pens&#233;e suivante est imm&#233;diatement que ce ne sont pas des postes que l'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une question que je me pose, parfois, &#224; mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je d&#233;couvre qu'untel ou unetelle est &#224; tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu'ielles ne sont effectivement pas plus b&#234;tes qu'un.e autre, mais que j'aimerais bien &#234;tre &#224; leurs places. C'est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort mat&#233;riel, de responsabilit&#233; et d'aura, sinon de prestige.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma pens&#233;e suivante est imm&#233;diatement que ce ne sont pas des postes que l'on offre, ce sont des fonctions que l'on brigue &#8212; et si elles supposent une petite cour autour d'elle, c'est aussi qu'elles supposent une petite cour pour les obtenir. Il faut les vouloir. Et mettre tous ses efforts au service de cet objectif.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; que le b&#226;t blesse. Pour moi tout du moins. Ai-je suffisamment envie de tout &#231;a pour faire tous ces efforts ? Non pas que je fuis les efforts, bien au contraire. J'aime l'effort, j'aime abattre la besogne, j'aime ce sentiment, en fin de journ&#233;e, d'avoir &#233;t&#233; productif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le confort mat&#233;riel ? oui, de plus en plus, j'y vois des avantages &#8212; et les r&#233;cents coups de sabre dans les budgets de la culture me les font voir avec une acuit&#233; renouvel&#233;e. Les responsabilit&#233;s ? Oui, j'aime &#231;a &#233;galement. J'aime que les gens que je fr&#233;quente, avec lesquels je travaille, puissent me faire confiance, j'aime aussi pouvoir &#233;tablir un cadre, esquisser un imaginaire, donner un cap. Le prestige : pourquoi pas. M&#234;me si l'herbe sera toujours plus verte &#224; c&#244;t&#233;. M&#234;me si j'entends encore mon grand-p&#232;re qui, quand je lui faisais part de mes divers accomplissements &#8212; des plus minimes, enfant, jusqu'&#224; ceux dont je suis encore aujourd'hui le plus fier (mes livres par exemple) &#8212;, avait invariablement en t&#234;te un autre membre de la famille qui avait fait aussi bien, voire mieux &#224; ses yeux. Ainsi va le prestige : est-il vraiment si utile et n&#233;cessaire s'il est toujours insuffisant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'essentiel est ailleurs : j'aime le parquet. Je d&#233;teste le voir rayer. Je m'en voudrais toute ma vie si mes dents venaient un jour &#224; le ruiner. Et quand bien m&#234;me mes &#233;ventuels rivaux ne m&#233;riteraient parfois que du m&#233;pris, je ne trouverai jamais en moi la force de leur marcher dessus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, ce dont j'aurais besoin, c'est qu'on m'offre ces postes sur un plateau. Apr&#232;s quoi je suis certain d'y faire un bon boulot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Acceptation</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est tout le drame. &#192; moins que ce ne soit l'ambition. Voil&#224;. C'est &#231;a : le tragique est dans l'ambition. Et tout ce qui l'accompagne : &#233;merveillement et jalousie, reconnaissance et humiliation, deuil et oubli. On d&#233;colle en pensant devenir &#224; jamais inoubliable, on atterrit en esp&#233;rant que le souvenir ne sera pas trop rapidement effac&#233;. Sachant finalement que personne ne vous attend. Personne. Tout le monde s'en fout. Quand bien m&#234;me votre propos serait d'une pertinence, d'une profondeur, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est tout le drame. &#192; moins que ce ne soit l'ambition. Voil&#224;. C'est &#231;a : le tragique est dans l'ambition. Et tout ce qui l'accompagne : &#233;merveillement et jalousie, reconnaissance et humiliation, deuil et oubli.&lt;br class='autobr' /&gt;
On d&#233;colle en pensant devenir &#224; jamais inoubliable, on atterrit en esp&#233;rant que le souvenir ne sera pas trop rapidement effac&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sachant finalement que personne ne vous attend. Personne. Tout le monde s'en fout. Quand bien m&#234;me votre propos serait d'une pertinence, d'une profondeur, d'un universel, absolus, on s'en passe tr&#232;s bien. Si c'est pas &#231;a, ce sera autre chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Shakespeare ? Ce qui confond, c'est l'immensit&#233; de l'&#339;uvre &#8212; mais, finalement, sans lui, n'aurait-on pas les m&#234;mes histoires, racont&#233;es un poil diff&#233;remment, par des auteurs plus vari&#233;s. On pourrait presque affirmer que, sans lui, le paysage litt&#233;raire et th&#233;&#226;tral aujourd'hui serait bien plus riche car, d'une part, avec un plus grand nombre de sources et, d'autre part, d&#233;barrass&#233; de cette figure tut&#233;laire qui en a tant &#233;cras&#233; (bien involontairement certes) ou inhib&#233;. Ne se porterait-on pas mieux sans g&#233;nie intersid&#233;ral et indiscutable ? Sans Bach, sans Beethoven ? Ne serait-on pas plus libres, moins complex&#233;s ? Ne serait-il pas plus facile pour les petits maitres de se transcender ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Moli&#232;re ? D'autres ont fait aussi bien ou presque &#8212; et les expressions idiomatiques qu'il nous a laiss&#233;es sont ais&#233;ment substituables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proust ? On s'en passerait sans probl&#232;me &#8212; on se poserait d'autres questions, voil&#224; tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;rec ? Idem. Je lis ces jours-ci ses Lieux. J'aime lire qu'il fut parfois, comme moi, totalement bloqu&#233;. Qu'il se mentait &#224; lui-m&#234;me. Qu'il disait : je suis devant ma machine, donc je travaille, quand bien m&#234;me ce que j'&#233;cris n'a absolument aucun int&#233;r&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Sic !)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sequel </title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article581</link>
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		<dc:date>2026-04-15T10:10:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; On est dans l'&#224;-peu-pr&#232;s. Dans le d&#233;sarm&#233;. Dans l'impuissance. On est dans l'impr&#233;paration, on va d'erreur en erreur, de pi&#232;ge en pi&#232;ge, le pas incertain. Bref : plus parents que jamais. &#187; Une fois n'est pas coutume : je me cite moi-m&#234;me. J'&#233;crivais ces lignes dans Pater Dolorosa. Et elles sont toujours aussi vraies aujourd'hui. Peut-&#234;tre plus. Difficile de l&#226;cher prise. Difficile de ne pas vouloir &#224; tout prix rectifier ce qu'on pense avoir mal fait &#8212; accepter de le laisser dans le pass&#233;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; On est dans l'&#224;-peu-pr&#232;s. Dans le d&#233;sarm&#233;. Dans l'impuissance. On est dans l'impr&#233;paration, on va d'erreur en erreur, de pi&#232;ge en pi&#232;ge, le pas incertain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref : plus parents que jamais. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois n'est pas coutume : je me cite moi-m&#234;me. J'&#233;crivais ces lignes dans Pater Dolorosa. Et elles sont toujours aussi vraies aujourd'hui. Peut-&#234;tre plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Difficile de l&#226;cher prise. Difficile de ne pas vouloir &#224; tout prix rectifier ce qu'on pense avoir mal fait &#8212; accepter de le laisser dans le pass&#233;, r&#233;cent, de l'ensevelir &#8212; nouvelle journ&#233;e, nouvelle partie, nouvel objectif de perfection immanquablement rat&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sentiment que, malgr&#233; tout l'amour que l'on ressent, toute la tendresse que l'on d&#233;ploie, malgr&#233; toute la bonne volont&#233;, les quelques impuret&#233;s, injustices, malheureux mouvements d'humeur, sont les seuls faits qui resteront &#8212; et, pour certains des enfants, impression que cela se confirme, h&#233;las.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bienveillance : voil&#224; un mot qui me met en rage, tout simplement parce que je ne parviens pas &#224; m'y astreindre. Que ce soit envers mes t&#234;tes blondes ou envers moi-m&#234;me, du reste. On court toujours apr&#232;s. On retombe toujours dans ses travers. Les m&#233;thodes que l'on sait qui marchent, dont on voudrait pouvoir se passer &#8212; mais dans le feu de l'action, dans la pression du sablier, dans le regard du surmoi, auxquelles on a recours malgr&#233; tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est dur, l'&#233;levage. &#187; Cette fois, ce n'est pas de moi, c'est de ce cher Pierre Desproges, et je le lui emprunte volontiers. Ne serait-ce que pour tenter d'all&#233;ger le quotidien. Lequel, sinon, est si plomb&#233; qu'on a du mal &#224; s'imaginer comment on va en sortir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'aime tellement, pourtant.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est peut-&#234;tre la seule certitude.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; part &#231;a : on est dans l'&#224;-peu-pr&#232;s. Dans le d&#233;sarm&#233;. Dans l'impuissance. On est dans l'impr&#233;paration, on va d'erreur en erreur, de pi&#232;ge en pi&#232;ge, le pas incertain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref : plus parents que jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans guillemets cette fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. : [&lt;a href=&#034;https://www.le-passeur-editeur.com/catalogue/essais-actualit&#233;/pater-dolorosa/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le-passeur-editeur.com/catalogue/essais-actualit&#233;/pater-dolorosa/&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Illusions &#8211; Pareidolies</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article580</link>
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		<dc:date>2026-04-14T12:35:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De plus en plus de clich&#233;s de ruines encore debout, d'int&#233;rieurs &#233;ventr&#233;s sur l'ext&#233;rieur&#8230; On croirait commencer &#224; avoir l'habitude &#8212; multiplication des conflits, exponentialisation des reportages photographiques, invasion de ces images dans notre quotidien. Pourtant l'&#339;il, justement, continue &#224; se raccrocher &#224; l'ordinaire &#8212; par&#233;idolie, parait-il que &#231;a s'appelle : soit la tendance qu'a le cerveau &#224; donner du sens &#224; des formes abstraites. Si souvent il tombe, au hasard d'une page ouverte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus de clich&#233;s de ruines encore debout, d'int&#233;rieurs &#233;ventr&#233;s sur l'ext&#233;rieur&#8230; On croirait commencer &#224; avoir l'habitude &#8212; multiplication des conflits, exponentialisation des reportages photographiques, invasion de ces images dans notre quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant l'&#339;il, justement, continue &#224; se raccrocher &#224; l'ordinaire &#8212; par&#233;idolie, parait-il que &#231;a s'appelle : soit la tendance qu'a le cerveau &#224; donner du sens &#224; des formes abstraites. Si souvent il tombe, au hasard d'une page ouverte dans un navigateur, sur un &#233;ni&#232;me clich&#233; : celui-ci, par exemple, d'un salon balafr&#233;, comme si un sabre g&#233;ant l'avait ouvert d'un grand coup en travers &#8212; Zorro absurde et aveugle, signant de son Z un immeuble innocent. Et mon &#339;il s'efforce &#224; voir dans la silhouette d'un autre immeuble, entraper&#231;u &#224; travers la br&#232;che, une biblioth&#232;que remplie de livres. Il faut y revenir trois fois, quatre fois, avant d'enfin me d&#233;tromper.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, ce ne sont pas des livres : ce sont les balcons de l'immeuble en vis-&#224;-vis, qui surgissent dans le champ sans invitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, ce n'est pas une biblioth&#232;que en courbe, fruit d'un esprit fantasque de designer, c'est le mur ouvert qui menace de s'effondrer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, ce n'est pas un amateur de livres, en train de chercher un titre en particulier pour en sortir une citation ad hoc, c'est le propri&#233;taire des lieux, contemplant impuissant et stup&#233;fait, la fin de son intimit&#233;, son existence m&#234;me pr&#233;cipit&#233;e dans le chaos, comme une solution chimique se p&#233;trifiant d'un coup par l'ajout d'un nouveau r&#233;actif. Qui g&#232;le le temps en m&#234;me temps qu'il l'acc&#233;l&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>13 juin</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article577</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article577</guid>
		<dc:date>2024-06-13T09:47:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Peut-on faire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; soi tout seul ? Sans doute pas. M&#234;me si c'est effectivement assez g&#233;n&#233;ral &#224; mon titre. Avec une nuance toutefois : est-ce une gr&#232;ve, si on n'arrive pas &#224; s'y mettre, si le travail est entrav&#233; par l'angoisse, la pens&#233;e qui tourne en rond ? En somme, ces jours-ci, ma gr&#232;ve ressemble &#224; s'y m&#233;prendre &#224; mes insomnies. Ce n'est pas une volont&#233; propre. Mais je m'interromps &#8212; je me suis interrompu &#8212;, et le petit v&#233;lo qui tourne dans mon cr&#226;ne m'emp&#234;che tout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-on faire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; soi tout seul ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute pas. M&#234;me si c'est effectivement assez g&#233;n&#233;ral &#224; mon titre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec une nuance toutefois : est-ce une gr&#232;ve, si on n'arrive pas &#224; s'y mettre, si le travail est entrav&#233; par l'angoisse, la pens&#233;e qui tourne en rond ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En somme, ces jours-ci, ma gr&#232;ve ressemble &#224; s'y m&#233;prendre &#224; mes insomnies. Ce n'est pas une volont&#233; propre. Mais je m'interromps &#8212; je me suis interrompu &#8212;, et le petit v&#233;lo qui tourne dans mon cr&#226;ne m'emp&#234;che tout bonnement de reprendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aimerais pourtant avancer. L'id&#233;al, pour cela, serait de me coller &#224; une t&#226;che m&#233;canique, r&#233;barbative, sans aucune exigence intellectuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que j'ai fait, du reste, toute cette matin&#233;e : lessive, lavage du four et des plateaux du four, entretiens divers de la maison. Tout pour tenter de distraire cet esprit. Sous peu, &#231;a va reluire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'a rien &#224; voir, mais, ces jours-ci, j'aimerais me lancer dans un d&#233;fi po&#233;tique : je n'y connais absolument rien en fleurs ou en botaniques, ni en p&#233;pins ni en l&#233;gumes, et pourtant, cela ne m'emp&#234;che pas de lire (et parfois d'appr&#233;cier, m&#234;me si j'y suis assez peu sensible) des po&#232;mes ou des textes &#233;voquant &#224; tout bout de chant les millepertuis et autres aub&#233;pines, les catleyas et le jasmin, les cerisiers en fleurs et les cam&#233;lias.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le r&#233;p&#232;te : je n'y connais absolument rien ! Serais-je toutefois capable d'&#233;crire un texte qui se tient avec tout ce vocabulaire qui m'est &#233;tranger ? Avec ces ramures et ces ombrages, ces canop&#233;es, ces parfums d'humus et craquements de sous-bois ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En ces temps o&#249; l'on parle beaucoup des fractures entre urbanit&#233; et ruralit&#233;, existe-t-il des &#233;crivains de la ville, par opposition aux &#233;crivains de la campagne ? Au reste, certains &#233;crivains on ne peut plus urbains &#233;crivent aussi les plus belles pages sur les promenades bucoliques (Proust) &#8212; pas s&#251;r, donc, que la distinction soit pertinente. Mais peut-&#234;tre La Fontaine en aurait-il tir&#233; une belle fable : entre l'&#233;crivain des villes et l'&#233;crivain des champs, entre le chien plumitif et le loup rimbaldien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui sait si je suis l'un ou l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On en revient toujours &#224; cette question : peut-on (au sens de &#171; a-t-on le droit &#187;, mais aussi de &#171; en a-t-on les comp&#233;tences &#187;) &#233;crire sur ce qu'on ne connait pas ? Je crois, oui. Et qu'importe si cela n'a aucune valeur. Qu'est-ce qui a de la valeur, vraiment, quand on y attache un peu d'attention ? &#171; Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame. / Et t&#244;t serons &#233;tendus sous la lame. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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