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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Ce qu'on aime, ce qu'on cr&#233;e</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je me pose une seule question en regardant un film : &#8220;Vais-je rigoler ?&#8221; S'il n'y a pas moyen de se marrer, je n'ai pas envie d'y aller. &#187; Les mots sont de Paul Thomas Anderson, dans une interview au Monde en septembre 2025, &#224; l'occasion de la sortie d'Une bataille apr&#232;s l'autre. Des mots assez inattendus de la part d'un r&#233;alisateur dont les films, s'ils ne sont certes pas d&#233;nu&#233;s d'humour (souvent absurde et d&#233;licieux), ne d&#233;clenchent g&#233;n&#233;ralement pas des fous-rires dans les salles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je me pose une seule question en regardant un film : &#8220;Vais-je rigoler ?&#8221; S'il n'y a pas moyen de se marrer, je n'ai pas envie d'y aller. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots sont de Paul Thomas Anderson, dans &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/09/21/paul-thomas-anderson-le-surdoue-d-hollywood_6642193_4500055.html?srsltid=AfmBOorJGYMoUj71y0aFGeRJKkyNEFXfOjr60QFGbCQzqnLZOHDqJKOF&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une interview au Monde en septembre 2025&lt;/a&gt;, &#224; l'occasion de la sortie d'&lt;i&gt;Une bataille apr&#232;s l'autre&lt;/i&gt;. Des mots assez inattendus de la part d'un r&#233;alisateur dont les films, s'ils ne sont certes pas d&#233;nu&#233;s d'humour (souvent absurde et d&#233;licieux), ne d&#233;clenchent g&#233;n&#233;ralement pas des fous-rires dans les salles obscures. Ses deux derniers opus (&lt;i&gt;Licorice Pizza&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Une bataille apr&#232;s l'autre&lt;/i&gt; justement) mis &#224; part, le reste de sa filmographie tient plut&#244;t du m&#233;lo ou de l'&#233;pique &#8212; difficile de se &#171; marrer &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'inverse, je me souviens de cette sc&#232;ne du film &lt;i&gt;Moli&#232;re&lt;/i&gt; d'Ariane Mnouchkine : les v&#233;ritables &#171; fours &#187; qu'ont fait Moli&#232;re et sa troupe lorsqu'ils se sont essay&#233;s &#224; la trag&#233;die. Non pas que le th&#233;&#226;tre de Moli&#232;re, et jusque dans ses com&#233;dies les plus burlesques, soient d&#233;nu&#233;s de drame humain. Mais, manifestement, Moli&#232;re avait une nette pr&#233;f&#233;rence pour le tragique, que son talent ne lui a jamais v&#233;ritablement permis d'approfondir : il n'&#233;tait tout simplement pas fait pour. &#199;a me fait aussi penser au fabuleux film &lt;i&gt;Melinda et Melinda&lt;/i&gt; (2004) de Woody Allen (&lt;i&gt;&#171; with a limp &#187;&lt;/i&gt; !) qui tirait les deux films de la com&#233;die et de la trag&#233;die &#224; partir d'une m&#234;me situation de d&#233;part, le trag&#233;dien trouvant que la com&#233;die &#233;tait sup&#233;rieure en tout point &#224; la trag&#233;die, et l'auteur comique pensant exactement l'inverse. Et la liste est longue : je pense au &lt;i&gt;Septi&#232;me sceau&lt;/i&gt; de Bergman, avec cette mort pleine d'humour, auquel r&#233;pond &#233;videmment Woody Allen, mais aussi &lt;i&gt;Le sens de la vie&lt;/i&gt; des Monty Python, ou &#224; mes &lt;a href='https://www.inacheve.net/spip.php?article599' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;centes r&#233;flexions sur Lubitsch&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette longue digression pour en arriver au c&#339;ur de mon sujet ce matin : ce qu'on aime et ce qu'on cr&#233;e sont souvent tr&#232;s diff&#233;rents. Paul Thomas Anderson va au cin&#233;ma pour se marrer (m&#234;me si pas exclusivement, j'imagine), mais le sien, de cin&#233;ma, est une plong&#233;e vertigineuse dans l'&#226;me humaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et j'en viens &#224; ma propre situation : peut-&#234;tre est-ce parce que l'essentiel de mes journ&#233;es est consacr&#233; &#224; une &#233;criture que l'on pourrait qualifier de &#171; s&#233;rieuse &#187;, parfois litt&#233;raire, souvent musicale &#8212; avec de nombreuses excursions dans le monde du discours philosophique ou esth&#233;tique &#8212;, mais les &#339;uvres vers lesquelles me portent mes envies ces derniers temps sont effectivement assez l&#233;g&#232;res. Comme Paul Thomas Anderson, s'il n'y a pas moyen de se marrer, je n'ai pas envie d'y aller. &#192; c&#244;t&#233; de quoi mes &#233;crits litt&#233;raires sont souvent bien dramatiques, voire tragiques (&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Pater-dolorosa-J&#233;r&#233;mie-Szpirglas-ebook/dp/B0DZ1PBH4J/ref=sr_1_6?dib=eyJ2IjoiMSJ9.6q-_SXRmuuIju2RMGkvpOq1a5zpmM1w25VAbtvyrI6H3mmI4llkIAMZM30fkcHqezuv-AX6GXR5rAlFJeO6dzK3Pew1T4laTHxuvQskEqvk.mTod1fQFsLan74kGjgFZYjukJoEImjUZ7wJhprmVsRU&amp;dib_tag=se&amp;qid=1781598301&amp;refinements=p_27%3AJ&#233;r&#233;mie+SZPIRGLAS&amp;s=books&amp;sr=1-6#customerReviews&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pater Dolorosa&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique12&#034;&gt;Je suis gu&#233;ri&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.babelio.com/livres/Chaussegros-Beaucoup-de-chance-malgre-tout--Le-Combat-bouleve/456664&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Beaucoup de chance malgr&#233; tout&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, j'aime aussi de tr&#232;s nombreuses &#339;uvres s&#233;rieuses ou dramatiques (toujours relev&#233;es d'humour : Proust, Perec), mais la contradiction apparente entre mon inclination naturelle &#224; la l&#233;g&#232;ret&#233; et le poids des sujets que j'aborde dans mes &#233;crits me confond.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; quelque temps, toutefois, une personne qui m'est tr&#232;s proche m'a pass&#233; commande d'une com&#233;die romantique &#8212; et que d'efforts cela exige ! Si loin de ce que j'&#233;cris d'habitude : vocabulaire, phras&#233;ologie, rythme, dialogues&#8230; Je dois justement aller retrouver, dans mon &#233;criture, ce que j'aime tant dans ce que je lis et vois. Et ces mod&#232;les sont aussi inspirants qu'inhibants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;chauffement</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Au petit matin, souvent avant le lever du soleil, &#224; la fraiche, quelques &#233;tirements alternent avec les premi&#232;res foul&#233;es. Doucement. Sans timidit&#233; ni prudence, mais se gardant de tout exc&#232;s pr&#233;coce. Le souffle est court encore, et on s'en aper&#231;oit encore &#8212; bient&#244;t, on oubliera. Les mollets gardent un peu de leur raideur ensommeill&#233;e, le haut des cuisses, juste au-dessus du genou, &#231;a serre, comme si les muscles devaient s'y faire leur place. Pendant ce temps, l'esprit fait le tour de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au petit matin, souvent avant le lever du soleil, &#224; la fraiche, quelques &#233;tirements alternent avec les premi&#232;res foul&#233;es. Doucement. Sans timidit&#233; ni prudence, mais se gardant de tout exc&#232;s pr&#233;coce. Le souffle est court encore, et on s'en aper&#231;oit encore &#8212; bient&#244;t, on oubliera. Les mollets gardent un peu de leur raideur ensommeill&#233;e, le haut des cuisses, juste au-dessus du genou, &#231;a serre, comme si les muscles devaient s'y faire leur place. Pendant ce temps, l'esprit fait le tour de la machine, comme une check-list d'aviateur, faire tomber les &#233;paules, redresser la t&#234;te, veiller aux reliefs du terrain. Quand on a le temps du moins &#8212; quand ce n'est pas au saut de la bannette, pour une man&#339;uvre anticip&#233;e ou non apr&#232;s une trop courte sieste.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai encore en m&#233;moire &#8212; m&#233;moire musculaire, ancr&#233;e dans la chair comme la marche &#8212; les premi&#232;res rotations des poignets &#8212; &#231;a tire, &#231;a fait presque mal, mais j'appr&#233;cie cette tension, ces &#233;lancements, ces picotements de chaleur &#8212;, et puis les doigts qui tombent sur la touche pour les premiers exercices pour se d&#233;lier &#8212; pr&#233;cision, percussion, l'esprit encore vierge dans chaque d&#233;tente de muscle &#8212;, le bras droit qui s'&#233;tend avec l'archet &#8212; on pr&#234;te attention, sans y penser, &#224; l'axe du mouvement, &#224; ne pas d&#233;vier, au pouce qui se d&#233;ploie, au petit doigt qui perd contact avec la baguette. Entre deux lignes de doubles, on s'&#233;gare dans une Partita ou un trait de concerto, comme &#231;a, pour voir. Et puis on y revient. Une petite gamme, chaque jour une tonalit&#233; diff&#233;rente, des doigt&#233;s diff&#233;rents, des arp&#232;ges diff&#233;rents. Y en a qui aiment ces moments. Moi-m&#234;me, je les ai aim&#233;s &#224; une &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors ici : comment ? Comment s'&#233;chauffer au clavier, devant son &#233;cran ? Comment d&#233;lier ses doigts, d&#233;lier son imaginaire, d&#233;lier son style ? Comme trouver son rythme, sa respiration ? Quels exercices ? Quelles gammes pour le plumitif quotidien ? Je m'imagine en compositeur, pondant chaque matin une nouvelle variation sur un th&#232;me, toujours le m&#234;me &#8212; rituel matinal et sans enjeu. On veille &#224; son petit confort, &#224; la position du clavier, de la souris, du fauteuil &#8212; faudrait pas non plus se faire une tendinite dans la journ&#233;e, ou un lumbago faute d'une posture ad&#233;quate. On veille &#224; poser ses pieds bien &#224; plat sous le bureau. Comme le violoniste, on se satisfait des doigts tombant bien droit et efficacement sur les touches &#8212; et pas &#224; c&#244;t&#233;, pas de ces fautes de frappes qui deviennent trop souvent des lapsus clavierae. Alors oui, &#231;a peut &#234;tre &#231;a, l'&#233;chauffement. Faire tourner la machine &#224; verbe, dans une petite logorrh&#233;e (h&#233; h&#233;), comme pour faire le vide, faire de l'ordre dans les id&#233;es. Veiller au relief du terrain &#8212; quand bien m&#234;me on le connait par c&#339;ur &#224; force.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; ce que le premier appel de la journ&#233;e ne nous d&#233;tourne de ce beau sentier qui m&#232;ne vers les sommets &#8212; sommets qu'on ne verra donc que d'en bas, h&#233;las.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Brouillard de l'avenir</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Souvent, repensant &#224; mes grands-parents plong&#233;s dans les guerres, je suis admiratif de la souplesse et de la ductilit&#233; dont ils ont fait preuve pour traverser ces p&#233;riodes de danger. Comment faisaient-ils pour s'endormir le soir, l'angoisse ne les tenait-elle pas &#233;veill&#233;s ? Comment abordaient-ils chaque journ&#233;e, l'une apr&#232;s l'autre, sachant que leur poche de s&#233;curit&#233; se r&#233;duisait comme peau de chagrin autour d'eux, jusqu'&#224; s'&#233;vaporer tout &#224; fait ? Ma g&#233;n&#233;ration (en Occident du moins) est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Souvent, repensant &#224; mes grands-parents plong&#233;s dans les guerres, je suis admiratif de la souplesse et de la ductilit&#233; dont ils ont fait preuve pour traverser ces p&#233;riodes de danger. Comment faisaient-ils pour s'endormir le soir, l'angoisse ne les tenait-elle pas &#233;veill&#233;s ? Comment abordaient-ils chaque journ&#233;e, l'une apr&#232;s l'autre, sachant que leur poche de s&#233;curit&#233; se r&#233;duisait comme peau de chagrin autour d'eux, jusqu'&#224; s'&#233;vaporer tout &#224; fait ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma g&#233;n&#233;ration (en Occident du moins) est une g&#233;n&#233;ration chanceuse, b&#233;nie (si j'y croyais un instant). Le danger n'&#233;tait pas inexistant, mais on le tenait &#224; distance, suffisamment pour l'imaginer relevant de la m&#234;me probabilit&#233; qu'une victoire &#224; la loterie. D'autres menaces planaient d'autres &#233;p&#233;es pas tant de Damocl&#232;s que &#231;a : le SIDA, les accidents de la route&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, j'ai le sentiment que, &#224; mon tour, ma poche de s&#233;curit&#233; s'amenuise. Et j'arrive &#224; dormir. Pas forc&#233;ment tr&#232;s bien. Mais j'y arrive &#8212; je suis &#233;puis&#233;, faut dire. J'ai du mal &#224; aligner deux pens&#233;es lucides. Mais j'y arrive. D'autres angoisses, bien plus proches, bien plus douloureuses, masquent le brouillard de l'avenir. Et pourtant : j'arrive &#224; dormir quand m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
La routine s'installe, pour laquelle j'imagine des rituels dont l'efficacit&#233; me surprend moi-m&#234;me. Mais cette routine m&#234;me semble vider parfois la substance des jours. Raison pour laquelle je tente de la d&#233;placer, de la glisser, de forcer l'&#233;cart, d'inscrire m&#234;me l'&#233;cart dans la routine elle-m&#234;me &#8212; c'est l'objet de ces quelques lignes quotidiennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce pas de c&#244;t&#233; s'av&#232;rera certainement inutile &#224; l'&#233;chelle cosmique, et m&#234;me sans doute &#224; l'&#233;chelle humaine. Je ne sais m&#234;me pas s'il aide mon sentiment de futilit&#233;, sinon de parasitisme. Probablement pas, tant il me force &#224; me consid&#233;rer moi-m&#234;me hors du temps &#8212; bien qu'au c&#339;ur de chaque matin&#233;e. Pourquoi tiens-je tant &#224; imprimer ma marque ? Quel est &#233;gocentrisme ? Et pourquoi cette marque serait-elle cette suite de quelques lettres, qui ne repr&#233;sentera jamais qu'une fraction infinit&#233;simale, totalement epsilonesque, de la biblioth&#232;que de Borges &#8212; quel besoin du reste de l'&#233;crire, puisqu'elle y est d&#233;j&#224; inscrite, potentiellement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que c'est une discipline, un rituel, qui m'aide &#224; passer le jour, &#224; trouver le sommeil. Une forme d'asc&#232;se. Pour la m&#234;me raison que je prends mon petit d&#233;jeuner et que j'essaie d'&#233;viter les exc&#232;s en tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant cette envie de fuir. Et pourtant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce que je ne veux pas &#233;crire</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article610</link>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est des livres que j'esp&#232;re n'avoir jamais &#224; &#233;crire et que, pourtant, j'&#233;crirai peut-&#234;tre. Cette pens&#233;e est tout bonnement insupportable. &#192; moins, justement, que toute &#233;crire se fasse muette face audit insupportable.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels livres &#233;crit-on ? Choisit-on vraiment ceux qu'on &#233;crit ? Rien n'est moins s&#251;r. Ou alors : ne rien &#233;crire. Se contenter du silence, du ruminement intime, de la pens&#233;e pour la &#233;ni&#232;me fois ressass&#233;e, du remugle du trauma en suspens. Ou alors contourner, faire avec, ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est des livres que j'esp&#232;re n'avoir jamais &#224; &#233;crire et que, pourtant, j'&#233;crirai peut-&#234;tre. Cette pens&#233;e est tout bonnement insupportable. &#192; moins, justement, que toute &#233;crire se fasse muette face audit insupportable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels livres &#233;crit-on ? Choisit-on vraiment ceux qu'on &#233;crit ? Rien n'est moins s&#251;r. Ou alors : ne rien &#233;crire. Se contenter du silence, du ruminement intime, de la pens&#233;e pour la &#233;ni&#232;me fois ressass&#233;e, du remugle du trauma en suspens. Ou alors contourner, faire avec, ou plut&#244;t sans. N'&#233;voquer qu'en bornant les marges, qu'en laissant un simple &#8230; au milieu du reste, de la vie, de l'insignifiant. Et l'insignifiant tout soudain prend la force de sa propre t&#226;che aveugle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne verra alors que celui ou celle qui veut bien voir, qui fera l'effort &#8212; ou qui lira les commentaires savants qui, comme jadis l'agrandisseur photographique, transforme le n&#233;gatif en positif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou alors : se forcer. Se forcer &#224; &#233;crire, avancer &#224; tout prix, page apr&#232;s page. Discipline quasi militaire, sans &#233;gard pour la qualit&#233;. &#192; marche forc&#233;e. Chair &#224; canon litt&#233;raire. Tant pis pour le reste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Virginal</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article604</link>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je m'en souviens comme si c'&#233;tait hier. Allong&#233; sur mon lit d'enfant, dans ma chambre d'enfant, avec au mur mes posters d'enfant. Quelques minutes &#8212; ou quelques heures, qu'en sais-je ? &#8212; plus t&#244;t, j'avais pris sans trop y croire un livre dans la biblioth&#232;que familial. Un livre dont on m'avait dit du bien, mais je restais encore tr&#232;s m&#233;fiant vis-&#224;-vis des recommandations parentales &#8212; je d&#233;couvris plus tard que j'avais bien tort &#224; ce sujet. Je l'avais pris, l'avais ouvert. Et d'un coup ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je m'en souviens comme si c'&#233;tait hier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Allong&#233; sur mon lit d'enfant, dans ma chambre d'enfant, avec au mur mes posters d'enfant. Quelques minutes &#8212; ou quelques heures, qu'en sais-je ? &#8212; plus t&#244;t, j'avais pris sans trop y croire un livre dans la biblioth&#232;que familial. Un livre dont on m'avait dit du bien, mais je restais encore tr&#232;s m&#233;fiant vis-&#224;-vis des recommandations parentales &#8212; je d&#233;couvris plus tard que j'avais bien tort &#224; ce sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'avais pris, l'avais ouvert. Et d'un coup ce vertige. Ce trou noir temporel. Ce saisissement. Plus rien d'autre n'existe que cette r&#233;alit&#233; de fiction. Tout est aspir&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'importe alors l'inconfort sur le lit : sans s'en apercevoir, on bouge un brin, on se met dans des positions abracadabrantes, et les pages s'enchainent, se d&#233;roulent. Comme un verre d'eau infini bu d'une soif in&#233;tanchable. D&#233;lectation, palpitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Combien de livres ai-je lu ainsi ? Il y eut des classiques et des beaucoup plus oubliables. Lus avec la m&#234;me intensit&#233;, la m&#234;me ferveur, le m&#234;me abandon.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cette intensit&#233;, cette ferveur, cet abandon que, parfois, j'aimerais retrouver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand l'ai-je perdue, cette fraicheur virginale dans la d&#233;couverte ? Cette na&#239;vet&#233; ? Au bout de combien de livres, &#224; quel degr&#233; de conscience des enjeux, cette ing&#233;nuit&#233; s'est-elle estomp&#233;e jusqu'&#224; quasiment disparaitre, remplac&#233;e non par une lassitude d&#233;sabus&#233;e, mais par une attention diff&#233;rente, plus distante, attach&#233;e &#224; certains d&#233;tails ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus tard, sans doute, que cette capacit&#233; qu'ont les enfants de &#171; jouer &#187;, au sens o&#249; le jeu devient quasiment une r&#233;alit&#233; parall&#232;le, o&#249; l'on dirait qu'on serait, et ce serait vrai, o&#249; les &#233;lucubrations les plus invraisemblables prennent magiquement corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus &#233;tonnant, c'est qu'elle revient parfois : quand je r&#233;&#233;coute une &#339;uvre de musique entendue et aim&#233;e mille fois pendant mo, enfance, c'est comme si l'imm&#233;diatet&#233; du son parvenait &#224; me faire oublier toutes mes connaissances acquises depuis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi de cette remarque si &#233;vidente, pourtant, qu'on m'a faite r&#233;cemment au sujet des &lt;i&gt;Pr&#233;ludes&lt;/i&gt; du &lt;i&gt;Clavier bien temp&#233;r&#233;&lt;/i&gt; de Bach. Si je les avais d&#233;couverts aujourd'hui, je me la serais faite imm&#233;diatement &#8212; mon &#233;coute est entra&#238;n&#233;e, mon esprit d'analyse en &#233;veil. Mais comme je connais ces &lt;i&gt;Pr&#233;ludes&lt;/i&gt; depuis avant m&#234;me d'avoir appris &#224; marcher, &#224; babiller, je peux les &#233;couter encore aujourd'hui avec un enthousiasme premier et primordial que je serais bien incapable de retrouver pour une &#339;uvre que je d&#233;couvrirais aujourd'hui. Et c'est bien dommage.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aimerais pouvoir lire et &#233;couter aujourd'hui comme je le faisais hier. Ou, tout du moins, parvenir &#224; basculer d'un mode &#224; l'autre &#8212; activant si n&#233;cessaire, par exemple dans cadre de mon travail, mes comp&#233;tences si longuement acquises, mais parvenant &#224; les garder &#224; distance lorsque seul le plaisir importe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le Festival de Cannes ouvre ses portes, une question (rh&#233;torique tant la r&#233;ponse semble &#233;vidente) s'impose &#224; moi : Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ? Si l'on regarde les grands classiques, on pourrait sans trop se tromper affirmer qu'un film comme Citizen Kane aurait pu avoir les faveurs du jury, si le festival (tel qu'on le connait aujourd'hui du moins) s'&#233;tait tenu en 1941 ou 1942 : par ses audaces formelles et esth&#233;tiques, par sa peinture sans fard de la soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le Festival de Cannes ouvre ses portes, une question (rh&#233;torique tant la r&#233;ponse semble &#233;vidente) s'impose &#224; moi : Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on regarde les grands classiques, on pourrait sans trop se tromper affirmer qu'un film comme &lt;i&gt;Citizen Kane&lt;/i&gt; aurait pu avoir les faveurs du jury, si le festival (tel qu'on le connait aujourd'hui du moins) s'&#233;tait tenu en 1941 ou 1942 : par ses audaces formelles et esth&#233;tiques, par sa peinture sans fard de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine d'alors, par sa force dramaturgique, qui confine &#224; la trag&#233;die antique. On imagine aussi ais&#233;ment un Fritz Lang remporter la Palme. Pourrait-on en dire autant de &lt;i&gt;S&#233;r&#233;nade &#224; trois&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;Haute P&#232;gre&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;Ninotchka&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;The Shop around the Corner&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;La Huiti&#232;me femme de Barbe-Bleue&lt;/i&gt; (sans parler de toute son exquise filmographie muette) ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ose pourtant dire tout haut qu'il y a plus de cin&#233;ma, plus de g&#233;nie, plus d'intelligence sociale m&#234;me, dans une seule minute d'un seul de ses films que dans tout ce qu'ont pu produire les Fr&#232;res Dardenne ou Jacques Audiard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ? N'y a-t-il pas autant d'humanit&#233; dans ces com&#233;dies si subtiles que dans les gestes pompeux des habitu&#233;s de la Croisette ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; moins que la com&#233;die n'ait pas suffisamment de noblesse. On me r&#233;torquera sans doute : Bong Joon-Ho (&lt;i&gt;Parasite&lt;/i&gt;), Ruben &#214;stlund (&lt;i&gt;The Square, Sans filtre&lt;/i&gt;) ou, encore plus loin, Michael Moore, Mike Leigh ou Emil Kustiriza (en gros : six com&#233;dies prim&#233;es en plus de quarante ans). Certes. Et je ne nie pas les qualit&#233;s de ces films. Mais il n'y a l&#224; rien de comparable avec celles d'un Lubitsch &#8212; ou, dans une moindre mesure, d'un Wilder par exemple (qui fut du reste longtemps sc&#233;nariste de Lubitsch).&lt;br class='autobr' /&gt;
Je reste pourtant persuad&#233; que si on pr&#233;sentait &#224; Cannes un bijou aussi raffin&#233; que &lt;i&gt;(je ne sais lequel mettre&#8230; impossible de choisir)&lt;/i&gt;, je suis absolument certain que le jury passerait &#224; c&#244;t&#233; et se pr&#233;cipiterait vers le plus gros gonflement d'ego de la s&#233;lection.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me demande si on ne pourrait pas en dire autant de Hitchcock (le suspense, si ce n'est pour annoncer la d&#233;ch&#233;ance totale de ses personnages, ce n'est pas digne du tapis rouge), de John Ford de Mankiewicz, ou de Howard Hawks (Cannes comprendrait-il &lt;i&gt;Le grand sommeil&lt;/i&gt; ? Sans doute pas. D'un autre c&#244;t&#233;, moi non plus, alors bon). Et &lt;i&gt;Casablanca&lt;/i&gt; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
J'imagine &#233;galement assez mal un Cary Grant r&#233;compens&#233;, ou l'un des fr&#232;res Marx &#8212; au reste, de m&#233;moire (il faudrait v&#233;rifier), je ne crois pas qu'une actrice ou un acteur ait jamais &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;.e pour un r&#244;le dans un com&#233;die.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela n'est pas bien grave, au fond. Mais c'est l&#224; un point aveugle bien regrettable de l'historiographie du cin&#233;ma telle qu'&#233;crite par ce genre de festivals.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Justes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Bouff&#233;e subite d'&#233;motions. Encore elle, toujours elle. Non que ce soit d&#233;sagr&#233;able &#8212; m&#234;me si cette &#233;motion rel&#232;ve du bouleversement, de la tristesse absolue, m&#234;l&#233;e d'un espoir aberrant. Mais c'est imparable. &#199;a revient &#224; tous les coups, sans coup f&#233;rir. Imparable, comme on dit. Irr&#233;pressible, possiblement, aussi. Explicable, bien s&#251;r. Totalement justifi&#233;e m&#234;me : cette bouff&#233;e accompagne syst&#233;matiquement la (re)d&#233;couverte de l'histoire d'un Juste. Comme un r&#233;flexe, en &#233;cho au r&#233;flexe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bouff&#233;e subite d'&#233;motions. Encore elle, toujours elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non que ce soit d&#233;sagr&#233;able &#8212; m&#234;me si cette &#233;motion rel&#232;ve du bouleversement, de la tristesse absolue, m&#234;l&#233;e d'un espoir aberrant. Mais c'est imparable. &#199;a revient &#224; tous les coups, sans coup f&#233;rir. Imparable, comme on dit. Irr&#233;pressible, possiblement, aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Explicable, bien s&#251;r. Totalement justifi&#233;e m&#234;me : cette bouff&#233;e accompagne syst&#233;matiquement la (re)d&#233;couverte de l'histoire d'un Juste. Comme un r&#233;flexe, en &#233;cho au r&#233;flexe d'humanit&#233; qui semble animer ces personnes qui n'&#233;taient certainement pas sans d&#233;faut, mais viennent en aide, parce que c'est naturel, parce que c'est &#171; the right thing &#187; comme disent les Am&#233;ricains, avec tout ce moralisme si d&#233;plac&#233;, tout bien consid&#233;r&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours &#231;a me prend. Une chaleur intense qui part des oreilles et rayonne vers le ventre, qui se sert et semble comme bouillonner. Une phrase suffit, je me projette. C'est particuli&#232;rement le cas lorsque la personne sauv&#233;e est un enfant : cet enfant, c'est moi. Cette angoisse br&#251;lante, qui perdure certainement encore aujourd'hui, et jusqu'&#224; la mort, c'est la leur, et c'est la mienne, d'une certaine mani&#232;re &#8212; dans une empathie par-del&#224; les ans, qui ne me vient sans doute pas que de mes origines, mais aussi de mes lectures, et certainement de ma sensibilit&#233; inn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai beau savoir qu'elle va venir, c'est toujours d&#233;stabilisant. Comme une (l&#233;g&#232;re) crise de panique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Invariablement, cette &#233;motion est suivie d'une interrogation hant&#233;e : qui des autres g&#233;nocides ? Y a-t-il eu des Justes en Arm&#233;nie ? Sans doute &#8212; mais on n'en parle pas, et c'est bien dommage. Au Cambodge, au Rwanda ? Il n'y a pas de raison pour qu'il n'y en ait pas. Quelques films en &#233;voquent suivant les Conquistadors, la conqu&#234;te de l'Ouest ou l'esclavage &#8212; mais si peu, et aucune reconnaissance officielle comme celle que peut d&#233;livrer Yad Vashem &#8212; &#231;a manque. Aujourd'hui il y en a certainement encore au Bengladesh, en Russie, au Darfour. En Isra&#235;l bien s&#251;r &#8212; et c'est peut-&#234;tre les seuls reportages qui m'apportent de l'espoir : savoir qu'il existe des femmes et des hommes, qui s'organisent pour la Paix, pour aider des gazaouis &#224; sortir de l'enclave et se soigner. Des Justes d'aujourd'hui, il y en a. Et si on en parlait, et si on les distinguait, et si on les mettait en avant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre interrogation, beaucoup plus faible : pourquoi Camus a-t-il choisi ce titre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La destruction du souvenir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'&#233;cris &#171; Ouf ! &#187; parce que j'ai beaucoup de mal &#224; lire ces temps-ci. Mais ce n'est pas &#224; ce sujet que je veux &#233;crire ce matin &#8212; &#231;a viendra une autre fois, en esp&#233;rant que je n'&#233;prouverai jamais, au grand jamais, le besoin d'&#233;crire une sequel &#224; Pater Dolorosa. Perspective intol&#233;rable. Revenons donc &#224; Lieux. Le projet devait durer 12 ans, et comprendre deux textes par moi. Ce qui fait, a priori 244 textes &#8212; projet ambitieux s'il en est. Pour diverses raisons (notamment la constatation que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'&#233;cris &#171; Ouf ! &#187; parce que j'ai beaucoup de mal &#224; lire ces temps-ci. Mais ce n'est pas &#224; ce sujet que je veux &#233;crire ce matin &#8212; &#231;a viendra une autre fois, en esp&#233;rant que je n'&#233;prouverai jamais, au grand jamais, le besoin d'&#233;crire une sequel &#224; &lt;a href=&#034;https://www.le-passeur-editeur.com/catalogue/essais-actualit&#233;/pater-dolorosa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pater Dolorosa&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Perspective intol&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Revenons donc &#224; &lt;a href=&#034;https://lieux-georges-perec.seuil.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lieux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Le projet devait durer 12 ans, et comprendre deux textes par moi. Ce qui fait, a priori 244 textes &#8212; projet ambitieux s'il en est. Pour diverses raisons (notamment la constatation que tout cela pouvait parfois un peu tourner en rond, ou que le choix des lieux n'&#233;taient peut-&#234;tre pas le plus judicieux), P&#233;rec n'est pas arriv&#233; au bout et n'a produit que 135 textes &#8212; ce qui n'est d&#233;j&#224; pas mal, avouons-le. Pas s&#251;r que j'aurais &#233;t&#233; aussi loin. Mais cessons d'essayer de se comparer, &#231;a fait trop mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lieux-georges-perec.seuil.com/138-vilin-reel-6-septembre-1975/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le dernier texte&lt;/a&gt; &#233;crit, le 27 septembre 1975 vers 2h du matin, m&#233;rite &#224; peine le nom de &#171; texte &#187;. Ce devait &#234;tre une description &#171; r&#233;elle &#187; de la rue Vilin, c'est-&#224;-dire la rue des premi&#232;res ann&#233;es, la rue de l'enfance, la rue d'avant la catastrophe. Le voici, et le contenu est assez &#233;loquent, dirons-nous : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Travail = torture&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur un des panneaux en ciment qui couvrent la presque-totalit&#233; du c&#244;t&#233; impair de la rue &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les lieux de Lieux, la rue Vilin figure parmi les plus int&#233;ressantes. Et c'est sans doute l&#224; que le projet m&#234;me aurait pris tout son sens. &#201;videmment parce que c'est, comme je l'ai dit, la rue de l'enfance &#8212; avec, encore, les vestiges des parents, et notamment l'inscription &#171; Coiffure pour dames &#187; qui t&#233;moigne du salon tenu par la m&#232;re de P&#233;rec, avant sa d&#233;portation.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que telle, la relation des souvenirs qui y sont li&#233;s, de plus en plus incertains, de plus en plus flous &#224; mesure que tombe les brumes du temps, est de plus en plus &#233;pur&#233;e, dans un rapport inversement proportionnel &#224; l'&#233;motion provoqu&#233;e par sa lecture.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part &#8212; et c'est la magie de la co&#239;ncidence &#8212;, des pans entiers de cette rue avaient &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s insalubres et, sur les deux-tiers de sa longueur originelles, le b&#226;ti dans son entier (et tout le quartier avec) a &#233;t&#233; d&#233;truit pour laisser place en 1988 au Parc de Belleville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque P&#233;rec se lance dans Lieux, les destructions ont d&#233;j&#224; commenc&#233;. Le projet exigeant de lui qu'il revienne chaque ann&#233;e d&#233;crire la rue, on ne peut que constater l'avanc&#233;e du chantier.&lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1975, c'est le dernier vestige de l'enfance de P&#233;rec &#8212; et de ses parents &#8212; qui disparait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cr&#233;er n'est pas une drogue (h&#233;las)</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article588</link>
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		<dc:date>2026-04-23T08:09:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si les artistes sont parfois caricatur&#233;s en victimes de diverses addictions &#8212; lesquelles, pour faire simple, d&#233;couleraient du m&#234;me d&#233;s&#233;quilibre qui les pousse &#224; cr&#233;er &#8212;, mon sentiment demeure que l'acte de cr&#233;ation n'a absolument rien d'une drogue. D'abord, pas d'effet d'accoutumance : l'usage r&#233;gulier de la plupart des drogues am&#232;ne g&#233;n&#233;ralement une d&#233;gradation de leurs effets, et donc &#224; une augmentation des prises. Tout le contraire de l'acte de cr&#233;ation, ce me semble : plus on pratique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les artistes sont parfois caricatur&#233;s en victimes de diverses addictions &#8212; lesquelles, pour faire simple, d&#233;couleraient du m&#234;me d&#233;s&#233;quilibre qui les pousse &#224; cr&#233;er &#8212;, mon sentiment demeure que l'acte de cr&#233;ation n'a absolument rien d'une drogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, pas d'effet d'accoutumance : l'usage r&#233;gulier de la plupart des drogues am&#232;ne g&#233;n&#233;ralement une d&#233;gradation de leurs effets, et donc &#224; une augmentation des prises. Tout le contraire de l'acte de cr&#233;ation, ce me semble : plus on pratique, plus les effets de cette pratique s'am&#233;liorent. On pourrait se dire que &#231;a pourrait &#224; son tour conduire &#224; une augmentation de ladite pratique &#8212; &#224; la mani&#232;re des bigorexiques, qui s'entrainent toujours plus jusqu'&#224; la rupture. Peut-&#234;tre, mais cela ne me parait pas flagrant. La joie de cr&#233;er peut certes pousser &#224; s'y oublier &#8212; il faudrait peut-&#234;tre se livrer sur ce sujet &#224; une &#233;tude plus approfondie &#8212;, jusqu'&#224; n&#233;gliger ses proches et ses responsabilit&#233;s. Mais est-ce l&#224; le fait de l'acte de cr&#233;ation lui-m&#234;me ou du caract&#232;re solitaire, voire &#233;gocentr&#233;, du cr&#233;ateur lui-m&#234;me ? Chaque cr&#233;ateur &#233;tant bien entendu dot&#233; de sa propre personnalit&#233;, bien souvent ind&#233;pendante de son besoin de cr&#233;ation : on a des cr&#233;ateurs g&#233;n&#233;reux et attentifs aux autres, aussi bien que d'immondes salauds. Sans pr&#233;sumer, du reste, de la qualit&#233; de leurs productions respectives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre similitude avec les drogues : le &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; que certaines situations de cr&#233;ation procurent. Quand tout s'encha&#238;ne parfaitement, quand les id&#233;es se suivent de mani&#232;re fluide, permettant d'&#233;laborer, en les ench&#226;ssant les unes aux autres, une structure coh&#233;rente, qui semble s'imposer d'elle-m&#234;me. Ce sont des moments rares &#8212; un peu comme ces sentiments de &#171; &lt;i&gt;flow&lt;/i&gt; &#187; d&#233;crits par certains sportifs &#224; qui tout semble r&#233;ussir (je m'aper&#231;ois tout soudain de mon recours un peu excessif &#224; la comparaison de l'acte de cr&#233;ation avec le sport) &#8212;, et extr&#234;mement gratifiants. Au point que l'on voudra &#224; toute force les reproduire, tachant d'en recr&#233;er le contexte ou l'alchimie myst&#233;rieuse &#8212; avec un succ&#232;s pour le moins al&#233;atoire, avouons-le. Cependant, c'est l&#224; justement que se fait la grande diff&#233;rence avec la drogue : le &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; n'est ici nullement garanti. Et beaucoup plus rare. Il faut s'armer de patience, oublier toute impulsivit&#233;, tout en restant &#224; l'&#233;coute de son instinct.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela &#233;tant dit, je me prends parfois &#224; r&#234;ver d'une drogue qui pourrait d&#233;clencher, encourager, focaliser l'acte de cr&#233;ation &#8212; dans l'espoir, peut-&#234;tre, d'atteindre cet &#233;lusif &lt;i&gt;high&lt;/i&gt; cr&#233;atif. Quel confort ce serait de se dire que mon m&#233;tier ne reposerait pas alors sur une incertitude ontologique, plomb&#233;e, en outre, par mes inhibitions propres, sans parler de mon addiction peut-&#234;tre atavique &#224; la procrastination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les dents&#8230;</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article584</link>
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		<dc:date>2026-04-18T16:25:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



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&lt;p&gt;C'est une question que je me pose, parfois, &#224; mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je d&#233;couvre qu'untel ou unetelle est &#224; tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu'ielles ne sont effectivement pas plus b&#234;tes qu'un.e autre, mais que j'aimerais bien &#234;tre &#224; leurs places. C'est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort mat&#233;riel, de responsabilit&#233; et d'aura, sinon de prestige. Ma pens&#233;e suivante est imm&#233;diatement que ce ne sont pas des postes que l'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une question que je me pose, parfois, &#224; mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je d&#233;couvre qu'untel ou unetelle est &#224; tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu'ielles ne sont effectivement pas plus b&#234;tes qu'un.e autre, mais que j'aimerais bien &#234;tre &#224; leurs places. C'est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort mat&#233;riel, de responsabilit&#233; et d'aura, sinon de prestige.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma pens&#233;e suivante est imm&#233;diatement que ce ne sont pas des postes que l'on offre, ce sont des fonctions que l'on brigue &#8212; et si elles supposent une petite cour autour d'elle, c'est aussi qu'elles supposent une petite cour pour les obtenir. Il faut les vouloir. Et mettre tous ses efforts au service de cet objectif.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; que le b&#226;t blesse. Pour moi tout du moins. Ai-je suffisamment envie de tout &#231;a pour faire tous ces efforts ? Non pas que je fuis les efforts, bien au contraire. J'aime l'effort, j'aime abattre la besogne, j'aime ce sentiment, en fin de journ&#233;e, d'avoir &#233;t&#233; productif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le confort mat&#233;riel ? oui, de plus en plus, j'y vois des avantages &#8212; et les r&#233;cents coups de sabre dans les budgets de la culture me les font voir avec une acuit&#233; renouvel&#233;e. Les responsabilit&#233;s ? Oui, j'aime &#231;a &#233;galement. J'aime que les gens que je fr&#233;quente, avec lesquels je travaille, puissent me faire confiance, j'aime aussi pouvoir &#233;tablir un cadre, esquisser un imaginaire, donner un cap. Le prestige : pourquoi pas. M&#234;me si l'herbe sera toujours plus verte &#224; c&#244;t&#233;. M&#234;me si j'entends encore mon grand-p&#232;re qui, quand je lui faisais part de mes divers accomplissements &#8212; des plus minimes, enfant, jusqu'&#224; ceux dont je suis encore aujourd'hui le plus fier (mes livres par exemple) &#8212;, avait invariablement en t&#234;te un autre membre de la famille qui avait fait aussi bien, voire mieux &#224; ses yeux. Ainsi va le prestige : est-il vraiment si utile et n&#233;cessaire s'il est toujours insuffisant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'essentiel est ailleurs : j'aime le parquet. Je d&#233;teste le voir rayer. Je m'en voudrais toute ma vie si mes dents venaient un jour &#224; le ruiner. Et quand bien m&#234;me mes &#233;ventuels rivaux ne m&#233;riteraient parfois que du m&#233;pris, je ne trouverai jamais en moi la force de leur marcher dessus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, ce dont j'aurais besoin, c'est qu'on m'offre ces postes sur un plateau. Apr&#232;s quoi je suis certain d'y faire un bon boulot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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