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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>1er avril 2008</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je n'y mets plus les pieds. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon projet n'a plus de sens, s'il en a jamais eu &#8212; (vain) exercice de style d&#233;g&#233;n&#233;ratif, envahissant ma vie &#224; la mani&#232;re d'une tumeur (b&#233;nigne, j'esp&#232;re) et &#233;chappant &#224; ma plume. Il m'a &#233;chapp&#233;. Tout &#224; fait. Ou rat&#233;. Tout &#224; fait. Je ne sais plus que faire de ce lieu, de ces milliers de personnes qui peuplent les pages de mon carnet, de ce foisonnement incessant et imp&#233;n&#233;trable, de ces vies qui m'&#233;chappent, imprescriptibles, indiscernables, incernables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;T.A.B.P.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je n'y mets plus les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon projet n'a plus de sens, s'il en a jamais eu &#8212; (vain) exercice de style d&#233;g&#233;n&#233;ratif, envahissant ma vie &#224; la mani&#232;re d'une tumeur (b&#233;nigne, j'esp&#232;re) et &#233;chappant &#224; ma plume. Il m'a &#233;chapp&#233;. Tout &#224; fait. Ou rat&#233;. Tout &#224; fait. Je ne sais plus que faire de ce lieu, de ces milliers de personnes qui peuplent les pages de mon carnet, de ce foisonnement incessant et imp&#233;n&#233;trable, de ces vies qui m'&#233;chappent, imprescriptibles, indiscernables, incernables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je passe devant &#8212; cela m'arrive encore de temps en temps &#8212;, je jette un coup d'&#339;il rapide &#224; l'int&#233;rieur, sans jamais &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; revoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis j'ai trop conscience de sa pr&#233;sence pour y remettre les pieds. De la rupture, de l'interruption de cette nuit-l&#224;&#8230; &#199;a aurait pu &#234;tre un d&#233;but. C'en est un autre. Le d&#233;but de la fin des bars ? Non sans doute. Le d&#233;but de quoi, alors, de la vie d'une vie d'adulte, ou de la solitude&#8230; de la solitude quoi ? Comme si on pouvait v&#233;ritablement qualifier la solitude. Comme si on pouvait v&#233;ritablement qualifier, &#171; valoriser &#187;, quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais depuis, tu ne dis &#8212; tu n'&#233;cris &#8212; que des conneries. Alors arr&#234;te ! Pourquoi arr&#234;terai-je ? Si tout le monde arr&#234;tait de dire des conneries, ce serait bien silencieux ; on ne trouverait plus rien, sans ces montagnes-l&#224; &#8212; quelle montagne, mais que racontes-tu l&#224; ? Tu ne vas plus dans les bars, mais tu as toujours l'esprit aussi embrum&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne sais plus. Que pourrais-tu savoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne sais plus pourquoi tu es venu ici la premi&#232;re fois : la musique, une jolie brune, un caf&#233; un matin en attendant je ne sais trop quoi. Parce qu'il fallait bien prendre un caf&#233;, parce qu'il fallait bien tuer le temps ; et que les caf&#233;s voisins avaient &#233;t&#233; visit&#233;s plus t&#244;t dans la semaine, alors pourquoi celui-l&#224; est-il rest&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune raison particuli&#232;re ? Rien qui distingue v&#233;ritablement celui-ci de ses voisins, sauf peut-&#234;tre le prix de son espresso, assez bas pour le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi devrait-il y avoir un pourquoi ? C'est peut-&#234;tre &#231;a, la vraie question. C'&#233;tait &#231;a, juste &#231;a. Un exercice, une r&#233;(re)cr&#233;ation. On arrive, on est jet&#233; l&#224;, on se prend au jeu, on n'en sort plus. On oublie qu'on n'est pas oblig&#233; d'y &#234;tre, et on se laisse emporter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;FIN&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fin de T.A.B.P., enfin ! J'ai cru ne jamais en sortir. Enfin sevr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>1er avril 2008</title>
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		<dc:date>2009-03-29T09:30:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Faut bien se faire une raison. D'habitude, apr&#232;s une rupture, on se partage les amis. Nous, m&#234;me si ce n'&#233;tait ni une relation ni une rupture, on se partage les lieux. Et, sans le consulter, je lui laisse le bar. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'y vais si rarement ces derniers temps, ce n'est pas une grande perte, anyway. &lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement je suis vex&#233;e. Vex&#233;e de ce rien, de ce vide. Je m'en &#233;tonne et je m'&#233;tonne de m'en &#233;tonner. &#201;tonn&#233;e de tenir tant &#224; cette chim&#232;re d'une nuit. &#201;tonn&#233;e de cet attachement sans rime. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;T.A.B.P.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faut bien se faire une raison. D'habitude, apr&#232;s une rupture, on se partage les amis. Nous, m&#234;me si ce n'&#233;tait ni une relation ni une rupture, on se partage les lieux. Et, sans le consulter, je lui laisse le bar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y vais si rarement ces derniers temps, ce n'est pas une grande perte, anyway.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement je suis vex&#233;e. Vex&#233;e de ce rien, de ce vide. Je m'en &#233;tonne et je m'&#233;tonne de m'en &#233;tonner. &#201;tonn&#233;e de tenir tant &#224; cette chim&#232;re d'une nuit. &#201;tonn&#233;e de cet attachement sans rime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, je n'y vais plus, et j'ai chass&#233; tout espoir de le revoir un jour &#8212; c'est pourtant avec quelque effort que je ne le guette plus dans ces lieux autres o&#249; j'ai pu l'apercevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'y vais plus. Et c'est aussi injustifi&#233; qu'indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant pis pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant pis pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fini ou rat&#233; (Caramba), avant m&#234;me que d'avoir commenc&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>28 f&#233;vrier 2008 &#8212; 23 h 50</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article185</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article185</guid>
		<dc:date>2009-03-14T03:37:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Finissons-en. &lt;br class='autobr' /&gt; Il est l&#224; &#224; nouveau. &#199;a fait un petit moment que je ne suis pas venue. Par peur sans doute. Par frustration aussi. Et puis ma vie m'a tenue &#233;loign&#233;e quelques mois de ce bar &#8212; vous savez ce que c'est, de longues vacances, un nouvel homme, un couple chaotique et puis &#231;a finit dans un drame mi-figue mi-raisin et avec tout &#231;a, plus beaucoup de temps pour moi &#8212; je vieillis aussi, je me demande si j'ai toujours l'&#226;ge d'aller dans ces lieux bruyants, o&#249; les filles sont de plus en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;T.A.B.P.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Finissons-en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est l&#224; &#224; nouveau. &#199;a fait un petit moment que je ne suis pas venue. Par peur sans doute. Par frustration aussi. Et puis ma vie m'a tenue &#233;loign&#233;e quelques mois de ce bar &#8212; vous savez ce que c'est, de longues vacances, un nouvel homme, un couple chaotique et puis &#231;a finit dans un drame mi-figue mi-raisin et avec tout &#231;a, plus beaucoup de temps pour moi &#8212; je vieillis aussi, je me demande si j'ai toujours l'&#226;ge d'aller dans ces lieux bruyants, o&#249; les filles sont de plus en plus jeunes et vulgaires &#8212;, je sais je devais &#234;tre pareil &#224; leur &#226;ge, mais bon, l&#224;, y a des moments o&#249; un peu de sobri&#233;t&#233; pourrait mieux seoir &#224; la jeunesse, non ? Non ? Bon&#8230; si vous le dites. Enfin bon, je suis revenue ce soir, qui sait pourquoi. Comme un vieux r&#233;flexe. Une amn&#233;sique qui reprendrait une habitude d'avant son accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel accident, d'ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas. Faudra que j'en parle &#224; ma psy. &#199;a va l'int&#233;resser, cette histoire d'accident, surtout le fait que j'utilise le mot &#171; accident &#187;. Note pour la prochaine s&#233;ance : ai-je eu un accident ces derniers mois, qui pourrait faire que j'aie un &#171; avant &#187; et un &#171; apr&#232;s &#187; ? Et quel genre d'accident ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, revenons &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui aussi a chang&#233;. Il n'est plus assis en fond de salle, il est accoud&#233; au bar. Il &#233;change quelques mots avec une fille &#224; c&#244;t&#233; de lui, qui le d&#233;vore des yeux sans qu'il s'en rende compte &#8212; la pauvre, elle n'a aucune chance, &#231;a se voit comme le nez au milieu de la figure, faut-il que je le lui dise ? Elle va m&#234;me jusqu'&#224; lui payer son verre. Elle est d&#233;sesp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sourit gentiment. Son regard d&#233;cline toute invite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne m'a pas vue. Je ne crois pas du moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a chang&#233;. Des cheveux plus courts, une aisance dans les gestes que je ne lui connaissais pas. Le m&#234;me charme, mais avec, en plus, une pointe relev&#233;e, un charisme peut-&#234;tre, que j'h&#233;site &#224; qualifier. En m&#234;me temps quelque chose de faible et sensible. Et puis une pointe d'amertume, de d&#233;sappointement, de &#171; un air blas&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;pit, une d&#233;ception. Une col&#232;re sous sa gentillesse. Il veut exsuder une rage sourde, feindre la col&#232;re, ou la para&#238;tre tout du moins. Il n'y parvient pas tr&#232;s bien. Trop gentil, trop volontiers souriant et m&#234;me riant, d&#233;gage pourtant une aura bien plus brutale que dans mon souvenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne se laisse pas marcher sur les pieds. Impose ses &#233;paules, &#233;largit son assise et son espace. On ne s'&#233;carte pas de lui, mais on ne p&#233;n&#232;tre pas facilement sa bulle, comme si l'air autour de lui rendait plus durs les mouvements, plus malais&#233;s, ou ralentis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(On va lui faire mal !)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;concertant. J'&#233;tais tellement habitu&#233;e &#224; le voir travailler, ou faire semblant de travailler, qui sait, que je n'ai plus l'impression d'avoir affaire au m&#234;me homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l&#224;, accoud&#233; au comptoir. Les yeux dans le vague, &#224; peine vo&#251;t&#233;. De temps en temps, il porte son verre &#224; ses l&#232;vres, en fixant droit devant lui. Lorsqu'il le repose, soigneusement, il cille l&#233;g&#232;rement des yeux, parfois les l&#232;ve sur quelqu'un avec un air lointain, amus&#233;, peut-&#234;tre un brin cynique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moment, il sera bien forc&#233; de me voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis petite, certes, mais je suis &#224; ma place habituelle, l&#224; o&#249; il me regarde syst&#233;matiquement. Alors quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors tout s'est pass&#233; en quelques instants. Moins d'une minute, c'est certain, trente secondes peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand type gras au sourire avin&#233;, yeux ronds ahuris, a forc&#233; le passage derri&#232;re lui, l'a bouscul&#233; un peu violemment. Il s'est retourn&#233;, a demand&#233; avec un sourire poli qu'on s'excuse. Le type lui a &#224; peine accord&#233; un regard m&#233;prisant, cependant que la fille qui le draguait un instant auparavant a voulu attirer son attention en le tirant par le bras, lui a fait renverser son verre de vin sur la veste claire du grand type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix secondes plus tard, le coup est parti, il s'est retrouv&#233; projet&#233; en arri&#232;re, est tomb&#233; presque &#224; mes pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adorable assomm&#233;, que faire sinon prendre soin de lui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'air d'un petit enfant, d'un b&#233;b&#233;, allong&#233; ainsi inanim&#233;. On s'agite autour de lui, on crie au m&#233;decin, on arraisonne le gros, on l'oblige &#224; s'asseoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fais valoir mon expertise &#8212; PLS, contr&#244;le, v&#233;rification, tout va bien &#8212; ouvre les yeux &#8212; se l&#232;ve &#8212; titube quelques pas &#8212; s'appuie sur moi sans r&#233;aliser qui je suis &#8212; je sens sa paume sur mon bras, puis mon &#233;paule et ma nuque &#8212; chaude, irradie, onde de plaisir-d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fais signe au barman que je m'en occupe, je le sors en terrasse, l'assied &#224; nouveau, adorable titubeur &#8212; adieu charisme, adieu rage, yeux dans le vague. Je lui dis j'ai de quoi te soigner chez moi, c'est &#224; deux pas, il hoche la t&#234;te, comprend-il, il se rel&#232;ve &#224; nouveau, me suit &#224; pas silencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est debout devant moi, une serviette pleine de glace coll&#233;e sur le cr&#226;ne, regard h&#233;b&#233;t&#233;, chancelle encore un peu. Je m'approche, comme pour le soutenir, mes mains s'&#233;garent sur son corps, imperceptiblement, je vais subrepticement chercher doucement ses l&#232;vres &#233;tonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;pond bient&#244;t ses mains suivent je les sens impression d'une caresse diffuse et intense danse des sens sans d&#233;cence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;shabillage n'a &#233;t&#233; qu'une question de seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me prend tr&#232;s vite, sans attendre, rendu comme impatient par l'h&#233;b&#233;tude. J'aime qu'on me prenne, j'aime cette sensation &#8212; je d&#233;teste le mot &#8212; p&#233;n&#233;tration &#8212; laid &#8212; mais j'aimerais parfois qu'il n'y ait que cet instant dans l'amour, cet embo&#238;tement, cet &#233;tonnement de constater que oui, il est l&#224; &#8212; comme une soif qu'on ignorait et que trois verres d'eau viennent &#233;tancher &#224; la fois &#8212; soupir d'&#233;tonnement chaque fois renouvel&#233; &#8212; je suis loin de m'attendre &#224; ce qui vient &#8212; le plaisir me prend par surprise, avec une rapidit&#233; &#233;tincelante, comme un flash qui aveuglerait tous mes sens &#224; la fois &#8212; aucun souvenir des quelques secondes/minutes qui ont suivi. La premi&#232;re chose que je sens en revenant &#224; moi, pass&#233; cette parenth&#232;se de temps aboli, c'est son sexe en moi qui remue calmement mais s&#251;rement, puis la chaleur de ses bras tout autour de moi, la caresse de ses cuisses contre les miennes, le soupir de ses baisers au fond de mon cou, sous l'oreille &#8212; et le plaisir est l&#224; &#224; nouveau, je n'y peux rien, je ne contr&#244;le rien, je comprends encore moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rythme in&#233;dit, voyage &#233;clair, je suis blanche &#8212; plus aucune pens&#233;e que celle du plaisir, aucune perception que nous &#8212; erreur du temps sans maladresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai peu dormi, insatiable, je n'ai rien compt&#233;, je l'ai aim&#233; sans, je ne suis entr&#233;e &#224; nouveau dans le temps que lorsque le sommeil a fui soudain et que je n'ai pas senti son corps &#224; mes c&#244;t&#233;s pour nous prolonger notre second &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est plus l&#224;. Je ne lui en veux pas d'&#234;tre parti ainsi &#224; l'aube sans pr&#233;venir &#8212; c'est sans pr&#233;venir aussi que je l'avais amen&#233;. En me levant &#233;puis&#233;e, je tr&#233;buche dans l'entr&#233;e sur un petit carnet noir. Une douzaine de pages couvertes d'une &#233;criture noire vari&#233;e, parfois difficilement lisible, un ticket de concert entre les pages 12 et 13&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re entr&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;TABP&lt;/strong&gt; &#8212; 27/02/08 &#8212; 23 h 00. Autre chose. Enfin non. On dit &#171; autre chose &#187; pour finalement parler du m&#234;me sujet : sa solitude, rarement comparable &#224; celle du voisin&#8230; ou de la voisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voisine vient de rompre, d'ailleurs, ce qu'elle a souhait&#233; faire &#171; en douceur &#187;, d'une relation &#224; distance douloureuse, sans vraiment vouloir, comme lui, &#171; rester amis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alternative : devenir &#171; insensible &#187;, &#171; indiff&#233;rente &#187;, alors qu'on ne r&#234;ve que de se donner &#171; compl&#232;tement &#187;, sans retenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dramatique. Au plus haut point. J'&#233;coute, constern&#233;, exasp&#233;r&#233; par la b&#234;tise de cette conversation voisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommage. &#171; Pas facile de trouver qui que ce soit. &#187; &#171; M&#234;me pour coucher simplement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les certitudes apprises, les r&#233;voltes consensuelles, incompr&#233;hension ou une absence d'empathie. D&#233;testable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Empathie. Empathie d'une inconnue, le d&#233;fi impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le para&#238;tre des gens amuse, mais honte de cette fermeture, de cette vie jaillissement de cette col&#232;re &#233;ruptive. Honte de mes envies et des mes non-envies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni d&#233;sir ni pathos. Solitude seule sans douleur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivi du commentaire : &lt;i&gt;Bof, &#224; revoir, tout &#231;a, pas terrible, se concentrer sur un mot, mais lequel ? Empathie ? pathos ? indiff&#233;rence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revoir toutes les sc&#232;nes &#171; banales &#187;, &#171; communes &#187;, pour les dynamiser, les &#233;purer, les emporter, les styliser, ou m&#234;me les supprimer. Ne retenir que les plus r&#233;ussies, les plus significatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trouver un ton &#224; chacune. Un style peut-&#234;tre. M&#234;me s'il faut en laisser certaines pr&#233;sent&#233;e de mani&#232;re commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, bon, travailler. Finir cette tentative. Finir en queue de poisson ? Pourquoi pas&#8230; Finir vite, trop vite, avant qu'ils aient le temps de v&#233;ritablement se conna&#238;tre, sans aucune possibilit&#233; de d&#233;velopper leur relation &#8212; qu'elle s'&#233;puise trop vite pour avoir un quelconque avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ai-je si peur de la queue de poisson ? De la conclusion anticip&#233;e ? La vie est plus souvent comme &#231;a qu'autrement. Refuser tout bonheur &#224; mon personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut finir, mettre un terme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>29 f&#233;vrier 2008 &#8212; petit matin</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comment me suis-je retrouv&#233; dans ce lit ? Grand blanc sur la soir&#233;e d'hier. Aucune id&#233;e de ce qui a pu se passer. Ce que je sais, c'est que ce matin, tr&#232;s t&#244;t, j'ai &#233;t&#233; r&#233;veill&#233; de la plus agr&#233;able mani&#232;re. J'ai m&#234;me pens&#233; un instant &#234;tre en train de faire l'un de ces r&#234;ves &#233;rotiques matutinaux dont je suis coutumier. Un plaisir diffus m'envahissait, s'intensifiait, se pr&#233;cisait. C'&#233;tait une bouche sur mon corps, sur ma poitrine, une bouche bient&#244;t sur mon sexe tendu, une bouche qui allait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;T.A.B.P.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment me suis-je retrouv&#233; dans ce lit ? Grand blanc sur la soir&#233;e d'hier. Aucune id&#233;e de ce qui a pu se passer. Ce que je sais, c'est que ce matin, tr&#232;s t&#244;t, j'ai &#233;t&#233; r&#233;veill&#233; de la plus agr&#233;able mani&#232;re. J'ai m&#234;me pens&#233; un instant &#234;tre en train de faire l'un de ces r&#234;ves &#233;rotiques matutinaux dont je suis coutumier. Un plaisir diffus m'envahissait, s'intensifiait, se pr&#233;cisait. C'&#233;tait une bouche sur mon corps, sur ma poitrine, une bouche bient&#244;t sur mon sexe tendu, une bouche qui allait et venait sur moi avec un talent certain. Je baissais la t&#234;te et vis une masse de cheveux lisses luire dans la lueur de deux bougies, dispos&#233;es n&#233;gligemment sur une table de nuit &#224; ma gauche et sur un meuble au pied du lit. J'&#233;tais interloqu&#233;. Cette chambre m'&#233;tait inconnue, ce lit plus encore &#8212; il planait dans l'air un lourd parfum capiteux, m&#234;l&#233; d'essences fruit&#233;es et d'un peu de tabac. La fille continuait sans s'&#233;tonner. Qui &#233;tait-elle ? Dans la p&#233;nombre, je ne reconnaissais rien. J'&#233;tais &#233;puis&#233;, courbatu &#8212; comme si j'avais fait la veille une chute violente, ou si je sortais d'une semaine de sport intensif. Incapable de bouger. Tous mes membres endoloris, je me laissais faire &#8212; pas v&#233;ritablement par choix, mais un peu quand m&#234;me. Et je me laissais aller &#224; cette confortable caresse. C'&#233;tait si agr&#233;able&#8230; Pourquoi ne pas laisser durer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pose mes mains sur sa t&#234;te, l'accompagne dans ses mouvements. Va et vient &#8212; va et vient. M'excite de plus en plus, ferme les yeux. Elle l&#226;che soudain mon sexe, remonte rapidement vers mon visage et m'embrasse, j'ai &#224; peine le temps de reconna&#238;tre les grands yeux sombres et le visage fin qu'elle me glisse &#224; l'oreille &#171; j'en reveux &#187;. Re ? bon tr&#232;s bien, elle en re-veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa main va chercher mon sexe, le dirige en elle. Elle s'empale r&#233;solument sur moi, fi&#232;re et fringante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'excite, m'excite. C'est elle. Celle du bar, avec ses fesses merveilleuses. Qui eut cru qu'elle serait si affam&#233;e ? L'excitation me redonne des forces. D'un coup de rein, je prends le dessus et je la prends avec une violence animale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore quelques all&#233;es et venues et je l'entends crier sans espoir. Elle h&#233;site entre le non-qui-refuse-de-l&#226;cher-prise-de-c&#233;der-&#224;-la-jouissance et le g&#233;missement inarticul&#233;. C'est trop crois-je entendre un moment. Je reste muet, elle est impuissante &#224; se retenir. Elle se resserre autour de moi, ses mains vont chercher mes fesses et tout est fini. Beaucoup trop vite &#224; mon go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce d&#233;cha&#238;nement, je me sens &#233;trangement coupable. Elle souffle les bougies &#8212; je peux cacher ma honte dans l'obscurit&#233;, dissimuler le calme profond du silence l'embarras qui m'&#233;treint ; elle me propose une cigarette, j'accepte &#8212; &#233;clair aveuglant de la flamme, aussit&#244;t rempli de p&#233;nombre &#8212; le bout de la cigarette qui gr&#233;sille ; nous restons silencieux &#8212; les volutes grises qui montent dans le noir &#8212; d&#233;lectation silencieuse de la jouissance qui s'apaise par vagues &#8212; de sa main libre, elle me caresse le bras et la poitrine &#8212; des frissons doux me saisissent par instant (trop fugaces trop frustrants) ; &#224; intervalles r&#233;guliers, elle tire une bouff&#233;e de sa cigarette &#8212; une lueur rouge &#233;claire par contraste les traits de son visage, r&#233;v&#232;le en m&#234;me temps que sa duret&#233;, la souplesse simple de ses traits &#8212; ses yeux semblent luire d'une fatigue imp&#233;n&#233;trable et repue, perdus dans un vide qui s'&#233;claircit, &#224; mesure que mes yeux s'accommodaient &#8212; chaque fois qu'elle expire, je cros entendre un doux murmure de vague sur un rivage en pente, pente si l&#233;g&#232;re qu'on pourrait marcher des kilom&#232;tres vers le large avant de perdre pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas une parole &#224; nouveau &#8212; rendu muet, m&#233;moire effac&#233;e devant tant de volupt&#233; &#8212; elle me pose une question &#8212; quoi ? je ne sais plus &#8212; et j'y r&#233;ponds doucement, m'appuie sur le temps et le silence pour faire de mon histoire simple une belle po&#233;sie sans souci &#8212; ton normal de voix mais tout sonne comme un murmure, avec un grain large et profond que l'on aime &#224; entendre dans les lieder de Schubert (les voyelles les plus graves s'&#233;tirent comme pour p&#233;n&#233;trer doucement le sommeil). Je n'ose pas lui demander son nom, ce que je fais l&#224;. Impression d'irr&#233;el de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard dans la nuit, on a remis &#231;a, et puis encore une fois avant l'aube &#8212; et chaque fois cet app&#233;tit insatiable, ces mots indistincts d'incompr&#233;hension, incompr&#233;hension de ce d&#233;sir continuellement nourri par le plaisir m&#234;me qu'il faisait na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suis parti au petit main. R&#233;veill&#233; par une malencontreuse fen&#234;tre &#224; l'est, un regard sur le corps nu, si ramass&#233;, tendu, muscl&#233;, et rebondi de partout &#8212; sensualit&#233; sportive et ambr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La honte perdure &#8212; je ne connais ni son pr&#233;nom, ne sais pas o&#249; j'ai pass&#233; la nuit exactement, ni comment j'ai fini dans ses bras et son lit &#8212; hiatus temporel, exp&#233;rience d&#233;routante et totalement nouvelle pour moi. Comment pouvais-je rester ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; en bas, quartier familier, je me rep&#232;re aussit&#244;t : je n'habite pas tr&#232;s loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mi chemin, je m'aper&#231;ois que j'ai oubli&#233; l&#224;-haut mon livre et mon carnet &#8212; &#224; peine entam&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons bon, tant pis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On oubliera cette nuit, on la mettra dans cet endroit de la m&#233;moire o&#249; l'on met anomalies, inexplicables, accidents hors du temps et b&#234;tises coupables de l'enfance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>3 mars 2007</title>
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		<dc:date>2009-02-28T03:36:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Arrive chaque jour en milieu d'apr&#232;s midi. Entre 15 h 30 et 16 h 30. Petit, sec, un peu frip&#233;, gros visage derri&#232;re de plus grosses lunettes. Commande un demi. Pose sa main droite sur la table, redresse la t&#234;te. Allume un cigare tr&#232;s fin qui fume d&#233;j&#224; quand son verre arrive. Porte autour du cou, en bandouli&#232;re, un petit Leica qui garde ce cachet discret des beaux appareils des ann&#233;es 70-80. Regarde devant lui &#8212; il pourrait tr&#232;s bien avoir l'esprit vide, tout &#224; fait, vide &#8212; ballet serein de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Arrive chaque jour en milieu d'apr&#232;s midi. Entre 15 h 30 et 16 h 30. Petit, sec, un peu frip&#233;, gros visage derri&#232;re de plus grosses lunettes. Commande un demi. Pose sa main droite sur la table, redresse la t&#234;te. Allume un cigare tr&#232;s fin qui fume d&#233;j&#224; quand son verre arrive. Porte autour du cou, en bandouli&#232;re, un petit Leica qui garde ce cachet discret des beaux appareils des ann&#233;es 70-80. Regarde devant lui &#8212; il pourrait tr&#232;s bien avoir l'esprit vide, tout &#224; fait, vide &#8212; ballet serein de loin. De temps &#224; autres, s&#233;duit par un d&#233;tail ou un reflet, pointe discr&#232;tement son objectif. On entend l'obturateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>5 avril 2007</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les tables ici sont si serr&#233;es qu'elles permettent non seulement les oreilles indiscr&#232;tes, mais donnent lieu &#224; des quiproquos savoureux, sans cons&#233;quence dramatique, m&#234;me quand elles sont &#233;rotiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Imaginez un large groupe d'amis. Ils se sont donn&#233;s rendez-vous l&#224;, ne se connaissent pas tous forc&#233;ment et arrivent au compte goutte. On rencontre des amis d'amis, on am&#232;ne qui on veut, la personne avec laquelle on a pass&#233; l'apr&#232;s-midi, le nouveau copain, la future copine qu'on essaie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les tables ici sont si serr&#233;es qu'elles permettent non seulement les oreilles indiscr&#232;tes, mais donnent lieu &#224; des quiproquos savoureux, sans cons&#233;quence dramatique, m&#234;me quand elles sont &#233;rotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez un large groupe d'amis. Ils se sont donn&#233;s rendez-vous l&#224;, ne se connaissent pas tous forc&#233;ment et arrivent au compte goutte. On rencontre des amis d'amis, on am&#232;ne qui on veut, la personne avec laquelle on a pass&#233; l'apr&#232;s-midi, le nouveau copain, la future copine qu'on essaie de s&#233;duire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez aussi, ensuite, &#224; une table &#224; c&#244;t&#233; du groupe nombreux, qui d&#233;borde de toutes parts, un type qui boit un coup l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel ami (ou une nouvelle amie) du groupe arrive. Elle ne conna&#238;t pas tout le monde, fait le tour des bonjours, et salue par inadvertance l'autre type, pourtant &#233;tranger &#224; tout &#231;a, qui se trouve involontairement embringu&#233; dans la m&#233;canique du groupe. Tant pis. &#199;a y est. Ils en font parties. Plus le choix. Du moins pour la soir&#233;e. On va les emmerder, leur demander leur avis, ce qu'ils foutent. On va les regarder. Au d&#233;but, d'un air g&#234;n&#233;, pour s'excuser de l'impair, puis parce qu'ils sont hors du groupe, qu'ils permettent de s'en &#233;vader, d'en sortir au moins quelques instants et d'&#233;chapper &#224; la m&#233;canique parfois &#233;touffante de la bande d'amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'int&#233;ressera &#224; eux parce qu'on conna&#238;t les autres, ou parce qu'ils symbolisent une part de myst&#232;re, d'inconnu et d'aventure pour la soir&#233;e &#8212; soir&#233;e qu'ils pourront plus tard raconter par le menu ou se rem&#233;morer, l'&#233;tranger devenant ce qui a rendu cette soir&#233;e singuli&#232;re et inoubliable &#8212; : myst&#232;re de leur pr&#233;sence, de leur familiarit&#233; grandissante. Et l'&#233;tranger pourra parfois finir la nuit avec l'une d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore l'&lt;i&gt;oc&#233;an des possibles&lt;/i&gt;. Toujours l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>15 janvier 2008 &#8212; 23 h 00</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article167</link>
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		<dc:date>2009-01-21T01:50:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Fragments de quoi ? Fragments de vie, de d&#233;sir, de relation. Fragments d'instantan&#233;s, fragments de rire. Bribe d'un discours qui part et qui coule. Bribes br&#232;ves, le temps d'un coup d'&#339;il. Bribes de th&#233;ories, de parcours tron&#231;on &#8212; tabl&#233;e, fourn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours ce d&#233;sir de savoir o&#249; &#231;a va, o&#249; &#231;a se termine, que le fragment frustre &#8212; on n'ira pas au bout. On s'arr&#234;tera en chemin. On interrompra la phrase, la conversation car on ne saura plus quoi dire ou, pire, parce qu'on n'aura plus rien &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fragments de quoi ? Fragments de vie, de d&#233;sir, de relation. Fragments d'instantan&#233;s, fragments de rire. Bribe d'un discours qui part et qui coule. Bribes br&#232;ves, le temps d'un coup d'&#339;il. Bribes de th&#233;ories, de parcours tron&#231;on &#8212; tabl&#233;e, fourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours ce d&#233;sir de savoir o&#249; &#231;a va, o&#249; &#231;a se termine, que le fragment frustre &#8212; on n'ira pas au bout. On s'arr&#234;tera en chemin. On interrompra la phrase, la conversation car on ne saura plus quoi dire ou, pire, parce qu'on n'aura plus rien &#224; boire. Comme un cr&#233;dit n&#233;cessaire pour jouer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous voulez rejouer ? reprenez un verre&#8230; &#187; Que fait-on quand n'a plus rien &#224; se dire et que le silence p&#232;se, g&#234;ne ? Que fait un couple en goguette, qui est peut-&#234;tre tout neuf, ou m&#234;me en devenir, quand plus aucun mot ne sort ? On n'ose plus se regarder, on porte la main &#224; la bouche, les yeux sont &#233;carquill&#233;s, vides, dans une pose que l'on croit pensive. Puis, enfin, on d&#233;cide de mettre un terme &#224; cette torture et on part. Au lit, au moins, rien besoin de dire. On baise, on se rassure, on se console, puis on s'endort. Au matin, on mettra sur le compte du &#171; mal r&#233;veill&#233; &#187; ou du &#171; ne me cause pas avant mon caf&#233; &#187; ce mutisme t&#234;tu dans lequel on se plonge, sans sourire ni plaisir. Syst&#233;matique (dommage).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>19 janvier 2008 &#8212; Minuit quinze</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On laisse tra&#238;ner ses oreilles, on &#233;coute la conversation d'&#224; c&#244;t&#233;. Un type mani&#233;r&#233; et gomin&#233; (oui vous avez bien lu, gomin&#233; !), encha&#238;nant g&#233;n&#233;ralit&#233;s et opinions p&#233;remptoires. &lt;br class='autobr' /&gt;
On arrive en cours de route, la conversation tire &#224; sa conclusion. Mais on peut ais&#233;ment imaginer ce qui nous a amen&#233; l&#224;. Le type, qui pr&#233;tend avoir v&#233;cu dans &#171; sept capitales diff&#233;rentes &#187; (comme les sept p&#233;ch&#233;s capitaux, ou les sept merveilles du monde), entreprend un comparatif. Tout y passe : l'accueil, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;T.A.B.P.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On laisse tra&#238;ner ses oreilles, on &#233;coute la conversation d'&#224; c&#244;t&#233;. Un type mani&#233;r&#233; et gomin&#233; (oui vous avez bien lu, gomin&#233; !), encha&#238;nant g&#233;n&#233;ralit&#233;s et opinions p&#233;remptoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On arrive en cours de route, la conversation tire &#224; sa conclusion. Mais on peut ais&#233;ment imaginer ce qui nous a amen&#233; l&#224;. Le type, qui pr&#233;tend avoir v&#233;cu dans &#171; sept capitales diff&#233;rentes &#187; (comme les sept p&#233;ch&#233;s capitaux, ou les sept merveilles du monde), entreprend un comparatif. Tout y passe : l'accueil, l'atmosph&#232;re et m&#234;me la valeur et les types d'amiti&#233; qu'on peut lier dans chacune d'elle, leur attribuant au passage des notes critiques et des commentaires souvent d&#233;sobligeants, m&#234;me s'ils sont au d&#233;part positifs (par exemple sur Londres : les anglais sont comme ci, comme &#231;a, mais il faut rappeler que 65 % des londoniens sont &#233;trangers (d'o&#249; sort-il &#231;a ?) ou, &#224; Londres encore, si on croise un coll&#232;gue ou une vague connaissance dans un club ou un pub, il viendra vous parler, vous payer un verre, il sera sans doute hypocrite en agissant ainsi, mais il le fera). Les deux filles qu'il a abord&#233;es n'en peuvent plus. Elles ont h&#226;te de fuir, lancent des regards d&#233;sesp&#233;r&#233;s, cherche l'aide salutaire des yeux. D'ailleurs, au bout de cinq minutes, lass&#233;s d'attendre un hypoth&#233;tique Deus ex Machina, elles se l&#232;vent, laissant le pauvre chieur tout seul avec son pote.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20 mars 2007</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article177</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article177</guid>
		<dc:date>2009-01-03T16:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Y a aussi des gars qui entrent ici par hasard, pour boire un verre, sans se douter de ce que c'est, de l'immense machine coercitive &#224; l'&#339;uvre l&#224;-dedans. En un court passage, surtout dans l'apr&#232;s midi, il n'y verra que du feu, la surface des choses &#233;tant des plus banales ici : la sophistication et l'&#233;litisme ne sont nulle part affich&#233;es, sauf peut-&#234;tre par certains serveurs peu am&#232;nes et par quelques tenues excentriques et hors de prix de client(e)s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien ne laisse entrevoir la r&#233;alit&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;T.A.B.P.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Y a aussi des gars qui entrent ici par hasard, pour boire un verre, sans se douter de ce que c'est, de l'immense machine coercitive &#224; l'&#339;uvre l&#224;-dedans. En un court passage, surtout dans l'apr&#232;s midi, il n'y verra que du feu, la surface des choses &#233;tant des plus banales ici : la sophistication et l'&#233;litisme ne sont nulle part affich&#233;es, sauf peut-&#234;tre par certains serveurs peu am&#232;nes et par quelques tenues excentriques et hors de prix de client(e)s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne laisse entrevoir la r&#233;alit&#233; des choses. Le soir, c'est moins certain. Le quartier, et le monde qu'on y voit, donnent le ton, qu'on soit ou non aveugle aux autres signes plus dissimul&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>25 septembre 2007 &#8212; 16 h</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article131</link>
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		<dc:date>2008-09-17T16:22:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



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&lt;p&gt;R&#233;&#233;crire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne suis pas assis &#224; c&#244;t&#233; d'elle. Elle de l'autre c&#244;t&#233; de la pi&#232;ce, dos au miroir, la lumi&#232;re de ce qu'il nous reste d'&#233;t&#233; lui fait des yeux brillants, d'un vert sombre. Elle a une partition ouverte devant elle &#8212; je l'ai aper&#231;ue bri&#232;vement en entrant dans le bar, deux lignes de chant avec parole en italien je crois, deux lignes de piano &#8212;, elle ne penche que la t&#234;te, se concentre sur sa respiration, ses &#233;paules immobiles, ses l&#232;vres articulant chaque syllabe en fr&#233;missant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;T.A.B.P.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas assis &#224; c&#244;t&#233; d'elle. Elle de l'autre c&#244;t&#233; de la pi&#232;ce, dos au miroir, la lumi&#232;re de ce qu'il nous reste d'&#233;t&#233; lui fait des yeux brillants, d'un vert sombre. Elle a une partition ouverte devant elle &#8212; je l'ai aper&#231;ue bri&#232;vement en entrant dans le bar, deux lignes de chant avec parole en italien je crois, deux lignes de piano &#8212;, elle ne penche que la t&#234;te, se concentre sur sa respiration, ses &#233;paules immobiles, ses l&#232;vres articulant chaque syllabe en fr&#233;missant parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas ce qu'elle travaille. M&#234;me pas s&#251;r qu'elle soit chanteuse lyrique, m&#234;me si, de ce que j'ai aper&#231;u de la partition ouverte devant elle, &#231;a para&#238;t plus que probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle tessiture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai envie qu'elle soit chanteuse, et j'ai envie qu'elle soit contralto, une de ces fascinantes contraltos mahl&#233;riennes. Elle pourrait aussi &#234;tre une soprano l&#233;g&#232;re, plus facile, plus &#233;clatant, mais moins charmeur, moins s&#233;duisant, et moins seyant &#224; son physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle sourit. Large, &#233;panouie. Elle est fine mais d&#233;gage une impression de volupt&#233; charnelle &#8212; non purement sexuelle &#8212; d'une femme aux rondeurs discr&#232;tes mais bien pr&#233;sentes. On peut presque entendre a voix, chaude et grave, douce, qui sait se faire rauque dans les extr&#234;mes graves.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tourne une page, repose ses mains bien rang&#233;es sur ses genoux, poursuit son travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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