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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>20 ans apr&#232;s</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;20 ans apr&#232;s, un r&#234;ve se r&#233;active. Bien s&#251;r, il ne se pr&#233;sente pas pareil &#8212; pas du tout, m&#234;me. Mais c'est le m&#234;me sujet, ce sont les m&#234;mes protagonistes, c'est le m&#234;me sentiment d'inachev&#233;, de d&#233;sespoir au r&#233;veil. Voil&#224; l'histoire : voil&#224; 20 ans, au lendemain d'avoir f&#234;t&#233; ensemble, chez lui, et avec de nombreux autres amis, le nouveau mill&#233;naire, mon meilleur ami est mort. Nous avons su apr&#232;s coup qu'il avait une malformation cong&#233;nitale du coeur &#8212; &#224; tous &#233;gards, il avait le coeur trop gros, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;20 ans apr&#232;s, un r&#234;ve se r&#233;active.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, il ne se pr&#233;sente pas pareil &#8212; pas du tout, m&#234;me. Mais c'est le m&#234;me sujet, ce sont les m&#234;mes protagonistes, c'est le m&#234;me sentiment d'inachev&#233;, de d&#233;sespoir au r&#233;veil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; l'histoire : voil&#224; 20 ans, au lendemain d'avoir f&#234;t&#233; ensemble, chez lui, et avec de nombreux autres amis, le nouveau mill&#233;naire, mon meilleur ami est mort. Nous avons su apr&#232;s coup qu'il avait une malformation cong&#233;nitale du coeur &#8212; &#224; tous &#233;gards, il avait le coeur trop gros, trop g&#233;n&#233;reux. Personne n'aurait pu le pr&#233;voir et le pr&#233;venir, &#224; moins de l'avoir test&#233; &#8212; mais pourquoi aurait-on eu l'id&#233;e de le tester. &#192; quelque chose, malheur est bon : connaissant les causes de son d&#233;c&#232;s, ses fr&#232;re et soeur ont &#233;t&#233; test&#233;s (heureusement n&#233;gativement).&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours est-il que, du jour au lendemain, je perdais mon meilleur ami depuis le coll&#232;ge. Et quand je dis meilleur ami, je p&#232;se mes mots : je ne compte pas les heures qu'on a pass&#233;es ensemble &#224; refaire le monde, &#224; discuter de nos pr&#233;occupations plus ou moins intimes et affectives, &#224; faire de la musique, &#224; aller au cin&#233;ma, &#224; partager un nombre consid&#233;rable de choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224;, &#224; l'&#233;poque, je n'&#233;tais pas tr&#232;s en forme. Profond&#233;ment d&#233;pressif, m&#234;me. Et cette disparition a, &#224; bien des &#233;gards, &#233;t&#233; le coup de massue de trop.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours ou semaines plus tard (je ne sais plus, mais je dois pouvoir retrouver), j'ai fait ce r&#234;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voil&#224; comment je consignais ce r&#234;ve, &#224; l'&#233;poque : &#034;Un mois pour profiter. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; je le revoyais, comme par enchantement. Je savais que nous n'avions qu'un mois. Un mois de r&#233;pit. Un mois, peut-&#234;tre, pour conclure nos conversations laiss&#233;es ouvertes. Un mois pour profiter de lui, en sachant bien que ce serait les derniers. Et ce, cependant, sans qu'un poids tragique ne p&#232;se sur ces semaines suppl&#233;mentaires, ces cadeaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que c'est un r&#234;ve que les gens dans cette situation font souvent. Dans ses grandes lignes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors voil&#224;, peut-&#234;tre que cette histoire d'&#233;pid&#233;mie a servi d'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur, mais j'ai fait un nouveau r&#234;ve o&#249; je le revoyais. Et c'&#233;tait comme s'il n'&#233;tait jamais mort. Il avait d&#233;m&#233;nag&#233;, sans rien dire &#224; personne. Il &#233;tait parti s'installer dans les Alpes suisses, ou autrichiennes, que sais-je : je retrouvais sa trace par hasard, en faisant une recherche internet, sur google-maps ou quelque chose dans le genre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous nous revoyions. Et je lui demandais pourquoi il avait fait tout &#231;a. Pourquoi il ne m'en avait pas pr&#233;venu, moi, au moins. Il ne me r&#233;pondait pas, me consid&#233;rait avec son regard doux et un sourire entre affection et ironie. Il &#233;tait habill&#233; de son in&#233;narrable gros pull en laine blanc qui nous faisait l'appeler &#034;Nounours&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que le r&#234;ve s'arr&#234;tait l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais que je pleurais en me r&#233;veillant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voil&#224; comment je consignais ce r&#234;ve, &#224; l'&#233;poque : &#034;Un mois pour profiter. Cette sensation qu'apr&#232;s sa mort une pr&#233;sence physique d'un mois viendra nous faire profiter de lui. Un mois de sursis jusqu'&#224; l'absence exasp&#233;rante. Une ronde de concerts, de s&#233;ances de cin&#233;ma, d'amiti&#233; v&#233;cue. Un mois de sourires. Un r&#234;ve dans le sens premier du terme. Mais dans ce r&#234;ve, aucune importance n'est accord&#233;e &#224; l'issue, la fin de ce mois. Seule la pr&#233;sence est. Sa pr&#233;sence comme un besoin naturel.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Jack</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sous les traits rigolards de Jack Lemmon, un p&#232;re de famille fait le singe dans le squelette d'une maison de bois en construction. R&#233;duit &#224; l'&#233;tat de super-structure, elle lui sert de portique en m&#234;me temps que de cage. Il va de fr&#234;le poutrelle en fr&#234;le poutrelle avec une aisance d&#233;sarmante. Rien ne bouge &#224; part lui. Aucune vibration. Et la sc&#232;ne est &#233;trangement silencieuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'instant d'apr&#232;s &#8212; ou, plus probablement, quelques heures plus tard dans ma nuit &#8212;, c'est un p&#232;re (&#233;paisse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sous les traits rigolards de Jack Lemmon, un p&#232;re de famille fait le singe dans le squelette d'une maison de bois en construction. R&#233;duit &#224; l'&#233;tat de super-structure, elle lui sert de portique en m&#234;me temps que de cage. Il va de fr&#234;le poutrelle en fr&#234;le poutrelle avec une aisance d&#233;sarmante. Rien ne bouge &#224; part lui. Aucune vibration. Et la sc&#232;ne est &#233;trangement silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instant d'apr&#232;s &#8212; ou, plus probablement, quelques heures plus tard dans ma nuit &#8212;, c'est un p&#232;re (&#233;paisse chevelure et barbe rousse) et son jeune fils de 6 ans (habill&#233; pareillement &#224; son p&#232;re) qui me fixe d'un regard accusateur. Je ne sais ce que j'ai fait pour m&#233;riter cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard encore, image entraper&#231;ue d'un d&#233;collet&#233; discret mais g&#233;n&#233;reux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L&#224;</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L&#224;, l&#224;, l&#224; et l&#224; (il pointe du doigt, en fron&#231;ant le nez), et puis l&#224; encore. Et &#231;a ne fait qu'empirer (il est rouge, il sue, &#224; bout de souffle), &#231;a bouge un peu partout. L'autre tremble imperceptiblement (son visage est dans la p&#233;nombre, on voit ses mains, tranquillement empil&#233;es sur la table), l'air bourdonne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une carte gigantesque est &#233;tal&#233;e entre eux, qui brillent dans le cercle vacillant de lumi&#232;re d'une lampe temp&#234;te accroch&#233;e au plafond. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sont songeurs tous les deux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un livre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#224;, l&#224;, l&#224; et l&#224; (il pointe du doigt, en fron&#231;ant le nez), et puis l&#224; encore. Et &#231;a ne fait qu'empirer (il est rouge, il sue, &#224; bout de souffle), &#231;a bouge un peu partout. L'autre tremble imperceptiblement (son visage est dans la p&#233;nombre, on voit ses mains, tranquillement empil&#233;es sur la table), l'air bourdonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une carte gigantesque est &#233;tal&#233;e entre eux, qui brillent dans le cercle vacillant de lumi&#232;re d'une lampe temp&#234;te accroch&#233;e au plafond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont songeurs tous les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre &#224; la couverture jaune est feuillet&#233;e. Les feuilles sont couvertes de caract&#232;res fins et &#233;l&#233;gants, le papier est doux et souple sous les doigts, on devine que ce ne sont que de courts textes, on s'arr&#234;te, on ne sait pourquoi ; sur la page 147. On croit y lire ce qu'on a cru &#233;crire, un jour, pas si lointain, et qui ne nous appartient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre nous tombe des mains &#8212; c'est un jeune gar&#231;on au teint gris qui le tient, son visage ne dit rien, reste sombre et taciturne dans la p&#233;nombre chaude et moite de cette nuit d'un &#233;tat du sud, sa peau luit de sueur, imbibe le mince tissu de son marcel &#224; la couleur ind&#233;finissable. On s'&#233;carte, il est affal&#233; sur une chaise au milieu d'une place au plafond bas, le coude gauche pass&#233; sur le dossier de la chaise, cr&#226;nement dirait-on s'il ne d&#233;gageait pas cette intense lassitude d'&#234;tre, les jambes largement &#233;cart&#233;es, le pantalon sans forme comme un voile tomb&#233; sur une souche par un jour sans vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devine ais&#233;ment ce qu'il n'est pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Si si, je t'assure, une voix parmi la cacophonie des voix. Elle est rauque et lasse, voil&#224; quelques si&#232;cles qu'elle se bat sans rel&#226;che, fatigu&#233;e par tant d'ann&#233;es de lutte, tant d'hivers qui ont voulu l'&#233;teindre. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Elle bourdonne &#224; nos sens, sans r&#233;pit. Elle se noue &#224; la gorge, s'accroche &#224; l'estomac. Son onde est d&#233;licate et diaphane, elle assourdit le nombril du monde. Aussi (peu) assur&#233;e que son imp&#233;ril, elle se l&#233;zarde comme un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Si si, je t'assure, une voix parmi la cacophonie des voix. Elle est rauque et lasse, voil&#224; quelques si&#232;cles qu'elle se bat sans rel&#226;che, fatigu&#233;e par tant d'ann&#233;es de lutte, tant d'hivers qui ont voulu l'&#233;teindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Elle bourdonne &#224; nos sens, sans r&#233;pit. Elle se noue &#224; la gorge, s'accroche &#224; l'estomac. Son onde est d&#233;licate et diaphane, elle assourdit le nombril du monde. Aussi (peu) assur&#233;e que son imp&#233;ril, elle se l&#233;zarde comme un vieux mur baign&#233; de salp&#234;tre, qui tremble sur ses bases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Son chant est imp&#233;rieux et confus. On ne tend l'oreille que pour mieux l'entendre s'&#233;loigner. Elle a un regard d'enfant, qui interroge tous ceux qui l'&#233;coutent, et impose son d&#233;sarroi na&#239;f.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve, rouge sang, et sans lumi&#232;re. Une voix qui n'est plus que murmure tant elle est d&#233;timbr&#233;e. Et cette angoisse pure, de son &#233;vanouissement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;vidence</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;voir enfin l'&#233;vidence s'imposer &lt;br class='autobr' /&gt;
le vol est souverain &#8212; la pi&#232;ce est &#233;cras&#233;e de lumi&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
visage m&#234;l&#233;, image baign&#233; du jaune &#233;blouissant des m&#233;moires argent(&#233;es)iques &lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;lan spontan&#233;, comme un geste de dernier espoir, de dernier d&#233;sespoir, r&#233;ciproque, assoiff&#233;, plein de gorges serr&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
la culpabilit&#233; fait d&#233;tourner la t&#234;te, repousser l'&#233;vidence &lt;br class='autobr' /&gt;
traduction &#224; la terrasse ensoleill&#233;e d'un caf&#233; &#8212; d&#233;bat &#8212; sur le tableau noir, l'&#233;vidence &#224; nouveau &#233;crite : &#171; (s')curl up into bed together &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;voir enfin l'&#233;vidence s'imposer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le vol est souverain &#8212; la pi&#232;ce est &#233;cras&#233;e de lumi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;visage m&#234;l&#233;, image baign&#233; du jaune &#233;blouissant des m&#233;moires argent(&#233;es)iques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'&#233;lan spontan&#233;, comme un geste de dernier espoir, de dernier d&#233;sespoir, r&#233;ciproque, assoiff&#233;, plein de gorges serr&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la culpabilit&#233; fait d&#233;tourner la t&#234;te, repousser l'&#233;vidence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;traduction &#224; la terrasse ensoleill&#233;e d'un caf&#233; &#8212; d&#233;bat &#8212; sur le tableau noir, l'&#233;vidence &#224; nouveau &#233;crite : &#171; (s')curl up into bed together &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;puis c'est fuite/poursuite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un train file dans l'&#233;tincelante chaleur, je me vois, au fond du wagon, m'&#233;carter pour r&#233;fl&#233;chir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comprendre l'&#233;vidence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comprendre l'&#233;vidence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comprendre l'&#233;vidence et&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la laisser s'&#233;chapper, par scrupules d&#233;plac&#233;s, dans une sombre gare&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de quelconque victoire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dreaming / No Dreaming</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article321</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article321</guid>
		<dc:date>2010-07-07T13:41:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#234;ve &#224; deux pendants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux pendants aux pr&#233;mices identiques, aux d&#233;nouements tout &#224; fait diff&#233;rents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le premier &#8212; sans doute beaucoup plus long que les seuls fragments qui reviennent en m&#233;moire &#8212; je sors d'un appartement. Pas le mien (conqu&#234;te d'un soir ?). Dans le m&#234;me temps, un narrateur &#034;omniscient&#034; (muni de sa cam&#233;ra panoramique personnelle) me montre l'entr&#233;e dans l'immeuble (immeuble de banlieue, ou de faubourg, r&#233;sidence dans le jardin propret parsem&#233; de verdure partage les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_44 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#234;ve &#224; deux pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux pendants aux pr&#233;mices identiques, aux d&#233;nouements tout &#224; fait diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier &#8212; sans doute beaucoup plus long que les seuls fragments qui reviennent en m&#233;moire &#8212; je sors d'un appartement. Pas le mien &lt;i&gt;(conqu&#234;te d'un soir ?)&lt;/i&gt;. Dans le m&#234;me temps, un narrateur &#034;omniscient&#034; &lt;i&gt;(muni de sa cam&#233;ra panoramique personnelle)&lt;/i&gt; me montre l'entr&#233;e dans l'immeuble &lt;i&gt;(immeuble de banlieue, ou de faubourg, r&#233;sidence dans le jardin propret parsem&#233; de verdure partage les b&#226;timents)&lt;/i&gt; d'un homme, jeune, grand, &#233;lanc&#233; (presque maigre), habill&#233; d'un costume noir, veste ouverte sur chemise blanche sans cravate, d&#233;boutonn&#233;e&lt;i&gt; (aspect fin de journ&#233;e)&lt;/i&gt; &#8212; il a dans sa main une arme &#224; feu, et fait feu sur un premier habitant des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai alors l'id&#233;e d'arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment l'ascenseur qui me descend au Rez-de-Chauss&#233;e (ne me demandez pas comment, c'est mon r&#234;ve, apr&#232;s tout) au premier &#233;tage &#8212; pensant ainsi &#233;chapper &#224; l'attention du forcen&#233;. Peine perdue. La cage d'escalier est vaste et, d'en bas, il me voit sur la coursive. Fait feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'&#233;croule &#224; terre. Ne meurs pas dans l'instant &#8212; je ne me souviens d'ailleurs pas &#234;tre mort &#8212; seulement le go&#251;t du sang dans ma bouche, le sang qui remonte &#224; gros sanglot. Il est &#233;pais et sombre, il m'&#233;touffe, n'arrive plus &#224; respirer. Me tourne sur le dos, essaie sur le ventre&lt;i&gt; (un peu comme lors de mes longues apn&#233;es nocturnes dues &#224; mon asthme ridicule, ce qui est sans doute un signe que j'&#233;tais &#224; ce moment pr&#233;cis en pleine crise &#034;dans mon sommeil&#034;)&lt;/i&gt;. Trouve enfin une position meilleure, redress&#233; &#224; bout de bras &lt;i&gt;(comme pour faire des pompes)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transition &#8212; avec ce pressentiment empli de peur et noirceur qu'il est en chemin, montre quatre &#224; quatre les marches pour m'achever &#8212; transition, retour vers la sortie de l'appartement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, d&#232;s que je le vois entrer, je rep&#233;n&#232;tre dans l'appartement que je viens de quitter &#8212; h&#233; ! on ne me la fera pas deux fois ! &lt;i&gt;(avec en m&#234;me temps ce sentiment tenace, qui restera jusqu'&#224; l'&#233;veil et au-del&#224;, que, malgr&#233; ce voyage dans le temps, ce retour en arri&#232;re pour &#034;refaire&#034;, pour &#034;rejouer&#034;, presque, on ne peut changer le destin, on ne peut changer ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233;, ce qui est arriv&#233; est arriv&#233; et rien ne pourra nous faire revenir dessus)&lt;/i&gt; j'ai compris la le&#231;on, vais essayer autre chose &#8212;. Etrangement, il est vide, presque aseptis&#233; (suite d'h&#244;tel ?). Je le traverse de pi&#232;ce en pi&#232;ce. Arrive &#224; la chambre &#224; coucher &#8212; dead end. M'avise de la fen&#234;tre, l'ouvre, d&#233;couvre juste un peu plus bas au dehors un radiateur &lt;i&gt;(&#233;tonnement ahuri en t&#226;che de fond dans le r&#234;ve : que fait ici un radiateur, dehors)&lt;/i&gt; &#8212; un de ces gros radiateurs &#224; tuyaux, comme ceux pr&#232;s desquels je m'asseyais jadis en classe, repli&#233; sur lui-m&#234;me, il m&#233;nage une petite terrasse d'un m&#232;tre-carr&#233; en contrebas. Parfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agile comme un singe, s'y r&#233;fugier, attendre la venue (immanquable) du jeune homme &#8212; s'apercevoir que la cachette n'est pas si bonne, ne pas arriver &#224; cacher le haut de sa t&#234;te (il me rep&#232;rera bien vite, il faudra prendre les devants), sortir un flingue &lt;i&gt;(d'o&#249; sort-il d'ailleurs ? Si j'avais su que j'avais &#231;a dans ma poche...)&lt;/i&gt;, viser la porte, attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas long &#8212; comme s'il me cherchait &lt;i&gt;(ben tiens, il est &#224; qui, ce r&#234;ve ?)&lt;/i&gt;. Il entre &#8212; presser la d&#233;tente &#8212; rien &#8212; oubli&#233; d'&#244;ter la s&#233;curit&#233; (erreur de d&#233;butant) &#8212; mais o&#249; est-elle d'ailleurs, cette s&#233;curit&#233; : sous la crosse ? devant le pouce ? sur le canon ? &#8212; chercher, faire jouer deux trois petits bouts de ferraille aux airs d'interrupteur r&#233;partis sur l'arme, presser &#224; nouveau sur la d&#233;tente pour voir &#8212; se souvenir que, pourtant, je n'ai pas tir&#233; et que le chargeur est plein &#8212; s'apercevoir que le pistolet automatique s'est entretemps transform&#233; en revolver &#224; barillet (donc sans s&#233;curit&#233;, crois-je), ouvrir le barillet, plus que deux cartouches, refermer le barillet, r&#233;essayer la d&#233;tente &#8212; toujours rien &#8212; il s'est depuis tourn&#233; vers moi, a lev&#233; son arme, press&#233; &#224; son tour la d&#233;tente &#8212; rien non plus &lt;i&gt;(mais, lui, c'est plus logique, il a d&#233;j&#224; vid&#233; son chargeur en tuant les quelques personnes crois&#233;es en parcourant l'immeuble)&lt;/i&gt; &#8212; il va pour changer son chargeur, dans sa poche portefeuille, un chargeur suppl&#233;mentaire &#8212; n'avoir que quelques instants pour r&#233;fl&#233;chir &#8212; se rappeler qu'on est agile comme un singe &#8212; sauter de balcon en balcon, se r&#233;ceptionner sur le feuillage fourni d'un arbre en contrebas, retomber sur ses pieds sur la chauss&#233;e &#8212; la vitesse de la chute, sans me faire mal, me fait basculer et rouler &#224; terre sans bruit &#8212; croire &#234;tre sorti d'affaire &#8212; relever la t&#234;te &#8212; il est l&#224;, dans les branches de l'arbre qui m'a si gentiment accueilli et qui, indiff&#233;rent et neutre dans cette affaire, accueille tout aussi gentiment mon pers&#233;cuteur &#8212; il rit &#224; gorge d&#233;ploy&#233;, rire mi-sardonique, mi-enfantin &lt;i&gt;(lorsqu'on d&#233;couvre un camarade &#224; cache-cache)&lt;/i&gt; &#8212; il pointe &#224; nouveau son canon vers moi &#8212; rate &#8212; bondir sur lui, le faire rouler par terre &#8212; le maintenir &#224; terre en essayant d'&#233;carter son canon de moi &#8212; impression que son corps est en caoutchouc, peser de tout son poids, entendre un ou deux os cass&#233;s sans que son visage soit le moins du monde affect&#233; par la douleur, &#233;craser son corps, plier bras et jambes dans des positions impossible &#8212; ne pas demander pourquoi &#8212; angoisse persistante du &#034;on ne change pas l'histoire, ce qui est fait est fait&#034;, certitude qu'il va, d'une mani&#232;re ou d'une autre, renverser la situation et parvenir aux fins du destin &#8212; il a un visage tr&#232;s jeune, tr&#232;s blanc, adolescent blond &#8212; d&#233;couvrir dans un pli de son bras, le canon &#224; pr&#233;sent dor&#233;, point&#233; sur sa poitrine &#8212; peser &#224; nouveau, entendre d'autres craquement &#8212; pantin d&#233;sarticul&#233; aux yeux ronds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ai-je d&#233;sarm&#233; ? C'est bien flou &#224; pr&#233;sent (insomnie subs&#233;quente). Sans doute. Mais &#233;tait-ce mon int&#233;r&#234;t ? Ce jeune homme n'&#233;tait-il pas moi, &#233;galement, ce moi enfoui bien loin qui veut me ronge, voudrait me tuer pour me r&#233;veiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s coup, s'apercevoir de tous les &#233;l&#233;ments de ce r&#234;ve, qui, r&#233;currents, viennent souvent dans ce genre de r&#234;ve : l'arme qui ne tire pas, chercher la s&#233;curit&#233; sans la trouver, le pistolet se transformant en revolver, agilit&#233; &#224; fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la nouveaut&#233; : r&#233;ussir &#224; changer l'histoire, le destin. Plaquer l'ennemi &#224; terre, le vaincre enfin (sans savoir ce que symbolise cette victoire, ni si elle est d&#233;finitive), s'apercevoir que cet ennemi est en r&#233;alit&#233; bien moins redoutable qu'il n'y parait &#8212; un pantin. Pantin, oui, mais qui tire ces ficelles ? Moi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Musique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Gyorgy Kurtag : Hipartita, Op. 43 1. *.* &lt;i&gt;Sostenuto, Doloroso&lt;/i&gt;, Hiromi Kikuchi (Kurtag : 80 (...Concertante... Op.42, Zwiegesprach, Hipartita,K Op. 43, Jatekok And Transcirptions), CD 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Claude Debussy : Nocturnes : II. F&#234;tes &#8212; Pierre Boulez ; Cleveland Orchestra (chez DG : La Mer &#8226; Nocturnes &#8226; Jeux &#8226; Rhapsodie pour clarinette et orchestre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conciliabule d'ind&#233;cis</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article319</link>
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		<dc:date>2010-07-04T16:22:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Autour de moi, souriants, cercle de d&#233;cideurs pantins. Panoramiques sur ces visages ronds, joviaux, qui chacun &#224; leur tour &#233;mettent en rythme un &#8220;chchaipas&#8221; &#8212; longue chuintante, s&#232;cheresse du tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
De quoi parle-t-on ? Sur quoi s'accordent-ils ainsi ne rien pouvoir, ne rien savoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouveau tour de table &#8212; le rythme s'acc&#233;l&#232;re &#8212; objectif plus pr&#232;s des yeux, quelque chose du clown entre les oreilles &#8212; immobilit&#233; de marionnette aux &#233;paules. &lt;br class='autobr' /&gt;
M'apercevoir apr&#232;s la sonnerie du r&#233;veil &#8212; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/1jmZ_FAnGJo&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/1jmZ_FAnGJo&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autour de moi, souriants, cercle de d&#233;cideurs pantins. Panoramiques sur ces visages ronds, joviaux, qui chacun &#224; leur tour &#233;mettent en rythme un &#8220;chchaipas&#8221; &#8212; longue chuintante, s&#232;cheresse du tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi parle-t-on ? Sur quoi s'accordent-ils ainsi ne rien pouvoir, ne rien savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau tour de table &#8212; le rythme s'acc&#233;l&#232;re &#8212; objectif plus pr&#232;s des yeux, quelque chose du clown entre les oreilles &#8212; immobilit&#233; de marionnette aux &#233;paules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'apercevoir apr&#232;s la sonnerie du r&#233;veil &#8212; souffle coup&#233;, sursaut de cheveux &#8212; que ce sont les oiseaux matutinaux qui leur ont donn&#233;s et leurs chants et leurs voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pris au pi&#232;ge de mon sommeil nomade, mon r&#234;ve s'adapte tant bien que mal, se d&#233;tourne et s'&#233;vade.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Musique : Olivier Messiaen &#8212; &lt;i&gt;Quatuor pour la fin du temps&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III - &lt;i&gt;Ab&#238;me des oiseaux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Meyer (clarinette)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un pays de silence</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article271</link>
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		<dc:date>2010-02-05T16:51:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je t'aime &#8212; Je t'aime, dit-elle d'une voix douce et grave, avec ce petit empressement dans les consonnes qui seul la trahirait si son discours n'&#233;tait si clair, Je t'aime &#8212; Je t'aime, r&#233;pond-il, sa voix est singuli&#232;rement plus haute et l&#233;g&#232;re, plus agit&#233;e, presque peureuse dans ses dentales, Si je ne t'aimais pas, je serais perdu dans un pays de silence. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussit&#244;t : a-t-il dit &#8220;pays&#8221; ou &#8220;oc&#233;an&#8221; &#8212; &#8220;oc&#233;an&#8221; serait plus attendu, &#8220;pays&#8221; fait un peu provincial, &#8220;pays&#8221; fait irr&#233;m&#233;diablement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je t'aime &#8212; Je t'aime, dit-elle d'une voix douce et grave, avec ce petit empressement dans les consonnes qui seul la trahirait si son discours n'&#233;tait si clair, Je t'aime &#8212; Je t'aime, r&#233;pond-il, sa voix est singuli&#232;rement plus haute et l&#233;g&#232;re, plus agit&#233;e, presque peureuse dans ses dentales, Si je ne t'aimais pas, je serais perdu dans un pays de silence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t : a-t-il dit &#8220;pays&#8221; ou &#8220;oc&#233;an&#8221; &#8212; &#8220;oc&#233;an&#8221; serait plus attendu, &#8220;pays&#8221; fait un peu provincial, &#8220;pays&#8221; fait irr&#233;m&#233;diablement paysan, &#8220;oc&#233;an&#8221; traduirait mieux la d&#233;tresse, &#8220;oc&#233;an&#8221; dirait mieux l'irr&#233;m&#233;diable &#233;garement &#8212; et est-ce &#8220;silence&#8221; ou &#8220;solitude&#8221; &#8212;encore une fois, &#8220;solitude&#8221; serait ce qu'on attend du po&#232;te, &#8220;silence&#8221; para&#238;trait presque incongru, &#8220;silence&#8221; serait totalement d&#233;plac&#233; lorsqu'on sait qu'ils sont perdus dans la ville, au bout du fil l'un de l'autre, s&#233;par&#233;s par, &#8220;solitude&#8221; &#231;a fait romantique, un peu midinette, peut-&#234;tre, mais romantique tout du moins, &#8220;solitude&#8221; est exactement enfin ce qu'on attend de la grande ville &#8212; ceux qui &#233;crivent la ville le savent qui cherchent &#224; ce mot d'innombrables synonymes et m&#233;taphores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non, ce n'est ni un oc&#233;an de solitude, ni un oc&#233;an de silence, ni un pays de solitude, je crois bien qu'il a dit pays de silence &#8212; et je crois aussi que c'est &#224; ce moment-l&#224;, &#224; l'instant de l'&#233;nonciation de ce compl&#233;ment de lieu atypique et incongru qu'a commenc&#233; le frisson, le plaisir intense, juste avant que ne s'&#233;l&#232;ve la c&#233;l&#232;bre trompette que j'attendais pourtant de toute ma solitude, perdu dans mon pays d'impatience. L'&#233;clair de plaisir a &#233;t&#233; si intense que j'ai du arr&#234;ter, d&#233;tourner les oreilles, boucher mes yeux, ne plus penser, pr&#233;server ces deux images, ces deux portraits simples, nature plus ou moins morte, vanit&#233; avec un t&#233;l&#233;phone au lieu du sempiternel cr&#226;ne, ces trois mots et ces six notes qui r&#233;sonnent &#224; pr&#233;sent. Je veux les r&#233;entendre &#8212; j'en ai peur &#8212; je suis perdu sans silence ni pays, sans solitude et loin de l'eau et de mon &lt;a href='https://www.inacheve.net/spip.php?article269' class=&#034;spip_in&#034;&gt;nageur de fond&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'aime &#8212; Je t'aime, dis-je sans voix, &#224; l'autre bout, un v(b)ide, je reste certain de mon &#234;tre et de mon lieu, et fond de moi du blanc, quelque chose qui doit ressembler &#224; un noir diffus, une rumeur sans vie, celle d'une simple rotation sur un axe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'aime &#8212; Je t'aime, dis-je encore, plus bas encore, j'aimerais que cette voix qui n'est pas mienne loin au-dessus et derri&#232;re mes oreilles (en pointe) enfin l'entende.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Malle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Merci Louis&lt;/a&gt; pour cet instant d'ineffable &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ascenseur_pour_l%27&#233;chafaud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sublime&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cath&#233;drie Berg&#233;drale</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article259</link>
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		<dc:date>2010-01-24T13:04:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



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&lt;p&gt;Image persistante au r&#233;veil. Pourquoi ? Et pourquoi cette infid&#233;lit&#233; dans la description ? &lt;br class='autobr' /&gt; Dans une pierre dure et sombre, grossi&#232;rement sculpt&#233;e, se taille un portail haut et &#233;troit. Quelques grilles, de la lumi&#232;re. Une bergerie aux dimensions de cath&#233;drale, une cath&#233;drale aux murs de bergerie. Haute et claire, la nef nue et bleut&#233;e s'illumine des rais multiples que laissent filtrer les pierres disjointes du ch&#339;ur, d&#233;nu&#233; de vitraux. Le sol semble fait d'ardoises in&#233;gales, et je sais sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Image persistante au r&#233;veil. Pourquoi ? Et pourquoi cette infid&#233;lit&#233; dans la description ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une pierre dure et sombre, grossi&#232;rement sculpt&#233;e, se taille un portail haut et &#233;troit. Quelques grilles, de la lumi&#232;re. Une bergerie aux dimensions de cath&#233;drale, une cath&#233;drale aux murs de bergerie. Haute et claire, la nef nue et bleut&#233;e s'illumine des rais multiples que laissent filtrer les pierres disjointes du ch&#339;ur, d&#233;nu&#233; de vitraux. Le sol semble fait d'ardoises in&#233;gales, et je sais sans le voir un escalier sans fin, brinquebalant, incertain, aux &#233;tages sup&#233;rieurs squelettiques, qui s'accroche comme un lierre &#224; la pierre aux reliefs &#233;rod&#233;s d'une cascade. Pas d'humidit&#233;, une propret&#233; lisse &#224; la surface de la roche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Quatre est sur le lit... &#187;</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article173</link>
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		<dc:date>2009-02-06T13:55:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est comme &#231;a des phrases qui vous tiennent infatigablement &#233;veill&#233;s &#8212; qui vous hantent presque. Elles reviennent comme des litanies lancinantes. On a beau les chasser, on a beau essayer de les rejeter &#224; part soi, devant soi, hors de soi, elles reviennent encore. L'esprit encore ralenti essaye alors de les exorciser &#8212; il les diss&#232;que, les manipule, les triture, s&#233;pare les phon&#232;mes, guillotine les mots, cherche un moyen de les vider de leur sens pourtant d&#233;j&#224; myst&#233;rieux. On a l'impression (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est comme &#231;a des phrases qui vous tiennent infatigablement &#233;veill&#233;s &#8212; qui vous hantent presque. Elles reviennent comme des litanies lancinantes. On a beau les chasser, on a beau essayer de les rejeter &#224; part soi, devant soi, hors de soi, elles reviennent encore. L'esprit encore ralenti essaye alors de les exorciser &#8212; il les diss&#232;que, les manipule, les triture, s&#233;pare les phon&#232;mes, guillotine les mots, cherche un moyen de les vider de leur sens pourtant d&#233;j&#224; myst&#233;rieux. On a l'impression qu'elles sont l&#224; avant m&#234;me que l'insomnie nous surprenne &#8212; elles jaillissent du sommeil et le repoussent sans plus d'espoir de le retrouver intact. Et elles ont parfois de ces myst&#232;res &#8212; on croirait justement &#224; une part de r&#234;ve soudain articul&#233;e, un r&#234;ve qu'on a oubli&#233;, qui n'est pas rest&#233; &#224; la conscience lorsqu'on a franchi le seuil &#8212; bloqu&#233; de l'autre c&#244;t&#233; &#8212;, mais qui nous a laiss&#233;, r&#233;manent, l'indice le plus &#233;nigmatique qui soit de son passage &#233;ph&#233;m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, dans cette chambre impersonnelle d'un h&#244;tel de Nancy, c'&#233;tait &#231;a :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quatre est sur le lit, et l'amoureux dans le sac &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un instant, j'ai cru pouvoir retrouver le sommeil en la mettant &#224; l'&#233;crit &#8212; &#233;chec complet. &#199;a m'a m&#234;me r&#233;veill&#233; davantage : j'&#233;tais interloqu&#233; de la grammaire de cette phrase. &#199;a s'imposait pourtant comme une &#233;vidence, &lt;i&gt;&#171; Quatre &#187;&lt;/i&gt; n'&#233;tait pas le chiffre qu'on pourrait supposer, mais d&#233;signait autre chose, une personne, comme un pr&#233;nom. Ou du moins un nom d&#233;signant une entit&#233; unique, et non plurielle. Comme si la syntaxe m&#234;me de la phrase m'avait &#233;t&#233; communiqu&#233;e &#233;galement, avec tout le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit bien y avoir une signification &#224; cette phrase. Et, sans doute, le souvenir du r&#234;ve dont elle est n&#233;e m'apporterait-il quelqu'indice &#224; son interpr&#233;tation. Mais l&#224;, au moment o&#249; j'&#233;cris ces lignes, quelques dizaines de minutes plus tard, dans l'exasp&#233;ration persistante du sommeil perdu, aucune id&#233;e de ce qu'il peut &#234;tre, ce r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, certes, &lt;i&gt;&#171; l'amoureux dans le sac &#187;&lt;/i&gt; pourrait &#224; la rigueur se comprendre : un amour qu'on refuse, ou un amour impossible, ou un amour qu'on a jet&#233; (comme un appareil photo ou un t&#233;l&#233;phone), ou qu'on emporte avec soi. Ou bien quelque chose comme &#171; l'affaire est dans le sac &#187;, plus besoin de s'en pr&#233;occuper, &#171; emball&#233;, c'est pes&#233; &#187;. Mais &lt;i&gt;&#171; Quatre &#187;&lt;/i&gt; ? Et pourquoi serait-elle sur le lit &#8212; oui, quatre, pour moi, est f&#233;minin, je n'y peux rien, voyez &#231;a entre vous. J'ai toujours consid&#233;r&#233; les nombres pairs comme f&#233;minins et les nombres impairs comme masculins &#8212; il y a peut-&#234;tre une pointe d'obsession sexuelle l&#224;-dedans, on ne peut pas toujours &#233;chapper &#224; une certaine vision freudienne du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'&#233;cris ces lignes, je m'aper&#231;ois qu'il en va de m&#234;me avec les notes de musique. Do, Mi et Sol sont plut&#244;t masculins, R&#233;, Fa, La et Si f&#233;minins (surtout La, mais l&#224;, l'explication est encore plus triviale). C'est peut-&#234;tre la domination de la tonalit&#233; qui parle &#8212; et surtout la domination du Do Majeur, par ailleurs &#233;tymologique &#8212; associ&#233;e &#224; une vision phallique de la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; notre &lt;i&gt;&#171; Quatre est sur le lit &#187;&lt;/i&gt;. Pourquoi ne serait-elle pas dans le lit ? Si l'amoureux est dans le sac, tant qu'&#224; faire, le lit est vide, non ? Alors pourquoi rester sur le lit et ne pas s'y glisser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui est Quatre ? Encore allong&#233;, dans une &#233;ni&#232;me vaine tentative d'exorciser la litanie, j'essaye de me figurer la sc&#232;ne. Je ne lui vois pas de visage. Sans doute une masse de cheveux sombres, un corps fin et gracieux &#8212; elle est habill&#233;e, mais un peu n&#233;glig&#233;e, si elle veut sortir, il va falloir qu'elle retrouve quelques v&#234;tements, r&#233;arrange sa mise et sa coiffure. Elle, assise sur le lit, pieds nus, les jambes ramen&#233;es sous elle, s'appuyant de la main droite sur le drap. P&#233;nombre. Un mince rai de lumi&#232;re, &#233;clat de Vermeer, &#224; travers les lourds rideaux en velours &#8212; des &#233;l&#233;ments de ma chambre d'h&#244;tel s'immiscent dans l'image, impossible de les rejeter eux aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; &#224; pr&#233;sent que la phrase se r&#233;p&#232;te, se tourne et se retourne (comme moi dans mon lit, d'ailleurs), je peux la voir valser, entre les draps et le coussin, au-dessus de ma t&#234;te. Et je compte. &lt;i&gt;&#171; Quatre est sur le lit, et l'amoureux dans le sac &#187;,&lt;/i&gt; c'est un alexandrin. Certes, les h&#233;mistiches sont un peu d&#233;s&#233;quilibr&#233;s, mais c'est un alexandrin. V'l&#224; autre chose : v'l&#224; maintenant que j'compose des alexandrins dans mon sommeil &#8212; et compl&#232;tement incompr&#233;hensibles, encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre la clef : il faut que je fouille, que je retrouve le reste. Un alexandrin tout seul, &#231;a n'a pas de sens, pas d'int&#233;r&#234;t. Surtout quand il est ainsi, &#224; cinq plus sept. Avec le Quatre du d&#233;but, &#231;a fait seize. Et seize trente-deux et trente-deux soixante-quatre, comme dit l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non rien. Il n'y a rien d'autre que ces douze pieds qui me cassent les pieds et m'emp&#234;chent de dormir en pi&#233;tinant ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amoureux l'est sans doute de Quatre, mais est-ce r&#233;ciproque ? Je n'en ai pas l'impression. Elle est bien trop tranquille &#8212; &#224; moins qu'elle ne sorte &#224; peine de ses bras (juste avant qu'il saute dans le sac) et qu'elle ne soit persuad&#233;e de sa passion, auquel cas, elle n'a pas &#224; s'en faire, elle est amoureuse et satisfaite. C'est une explication comme une autre, mais elle ne me satisfait pas encore. Je sens que je ne d&#233;couvrirai pas la solution ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me l&#232;ve, contemple le d&#233;sordre du lit dans la p&#233;nombre, je me r&#233;p&#232;te &lt;i&gt;&#171; Quatre est sur le lit, et l'amoureux dans le sac &#187;&lt;/i&gt; puis d'un pas lourd me dirige vers la salle de bain, o&#249; la douche, je l'esp&#232;re, lavera les mots qui d&#233;goulinent encore sur mon visage et me collent au corps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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