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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Oiseau</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Tu veux quoi ? L'oiseau ou l'id&#233;e de l'oiseau ? L'oiseau, lui, il ne se pose pas la question. Il fonce. Il attaque, strident, enchaine ses rythmes impossibles &#224; relever fid&#232;lement, entonne sa subtile m&#233;lodie. La r&#233;p&#232;te. La serine. Sans arri&#232;re-pens&#233;e. Ac&#233;r&#233; et affirm&#233;. Il fend l'air. Il n'a pas le choix, c'est son moment, son moment d'entrer en sc&#232;ne. Les autres ne lui c&#232;deront pas la place. Il a son cr&#233;neau, dans la journ&#233;e, dans l'&#233;chelle des fr&#233;quences et des rythmes, il s'y tient. Toi, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Tu veux quoi ?&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'oiseau ou l'id&#233;e de l'oiseau ?&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'oiseau, lui, il ne se pose pas la question. Il fonce.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il attaque, strident, enchaine ses rythmes impossibles &#224; relever fid&#232;lement, entonne sa subtile m&#233;lodie. La r&#233;p&#232;te. La serine. Sans arri&#232;re-pens&#233;e.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ac&#233;r&#233; et affirm&#233;. Il fend l'air.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il n'a pas le choix, c'est son moment, son moment d'entrer en sc&#232;ne. Les autres ne lui c&#232;deront pas la place. Il a son cr&#233;neau, dans la journ&#233;e, dans l'&#233;chelle des fr&#233;quences et des rythmes, il s'y tient.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Toi, tu n'es pas oiseau.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Toi, tu es toi.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tu peux tenter l'ellipse, la suggestion, la parabole, l'impression, l'&#224;-peu-pr&#232;s.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;De toute fa&#231;on, tu n'y arriveras jamais. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Cette certitude, cette bille-en-t&#234;te, cette persistance, cet instinct.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Te sont inaccessibles.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Alors tu veux quoi ?&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'oiseau ou l'id&#233;e de l'oiseau ?&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Avec tes pauvres outils, ta pauvre voix, tes mots inuits ou apaches. &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Jamais au niveau.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tu en es r&#233;duit &#224; l'id&#233;e.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#199;a a l'avantage d'&#234;tre accessible &#224; toute heure, d'un claquement de doigt.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est &#231;a la po&#233;sie : le t&#226;tonnement.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tu peux te bercer de l'espoir du mot juste : il t'&#233;chappe.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Je te vois. Tu h&#233;sites.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#192; quoi bon en effet. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Abymes oniriques</title>
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		<dc:date>2026-05-19T07:40:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; peine &#233;veill&#233;, je m'aper&#231;ois que je r&#234;ve encore &#8212; sentiment familier et trompeur, avec comme une pointe de satisfaction du r&#234;veur que je suis &#224; l'id&#233;e que ma nuit se poursuit, que ce n'est ni le moment de se lever, ni une inopportune insomnie. Je r&#234;ve encore, mais, comme souvent au r&#233;veil, je me souviens du r&#234;ve dont je sors &#224; peine. Dans les brumes encore mal dissip&#233;es de ce r&#233;veil en r&#234;ve, je m'avise de la pr&#233;sence de C., une amie que, au demeurant, dans la vraie vie r&#233;elle hors r&#234;ve, je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; peine &#233;veill&#233;, je m'aper&#231;ois que je r&#234;ve encore &#8212; sentiment familier et trompeur, avec comme une pointe de satisfaction du r&#234;veur que je suis &#224; l'id&#233;e que ma nuit se poursuit, que ce n'est ni le moment de se lever, ni une inopportune insomnie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je r&#234;ve encore, mais, comme souvent au r&#233;veil, je me souviens du r&#234;ve dont je sors &#224; peine. Dans les brumes encore mal dissip&#233;es de ce r&#233;veil en r&#234;ve, je m'avise de la pr&#233;sence de C., une amie que, au demeurant, dans la vraie vie r&#233;elle hors r&#234;ve, je n'ai pas vue depuis des lustres (et j'en suis fort marri : il faudra que je l'appelle rapidement, je lui dirai que j'ai r&#234;v&#233; d'elle, elle en rira).&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque C. est l&#224;, et que je me souviens encore de mon r&#234;ve, je lui en fais part.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Manifestement, je suis peintre, ou du moins plasticien, puisque doit se tenir une exposition de mes &#339;uvres. Or je d&#233;couvre que quelqu'un d'autre &#8212; qui s'av&#232;re &#234;tre S., artiste peintre (professionnel) et gambiste (amateur), am&#233;ricain install&#233; en France mais qui avait conserv&#233; son accent, et par ailleurs grand ami de mes parents (S. est h&#233;las d&#233;c&#233;d&#233; depuis plusieurs ann&#233;es au moment o&#249; je fais ce r&#234;ve) &#8212; S., donc, disais-je, avant d'&#234;tre grossi&#232;rement interrompu par moi-m&#234;me, a gliss&#233; quelques-unes de ses propres toiles dans mon exposition, qui &#233;tait pourtant cens&#233;e &#234;tre monographique ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le reconnais bien l&#224; : il avait toujours un petit sourire, &#224; la fois bienveillant et doucement espi&#232;gle &#8212; je me souviens que, enfant, quand je lui montrais des copies de tableaux que j'avais faites (au pastel gras) &#224; l'occasion d'une visite au Mus&#233;e d'Orsay, il en avait imm&#233;diatement reconnu les mod&#232;les (ce qui m'&#233;tonna beaucoup : ce n'&#233;tait pas tr&#232;s ressemblant&#8230; Je n'ai jamais &#233;t&#233; dou&#233; en dessin ou peinture). J'ai toujours aim&#233; son travail, que je sais &#224; pr&#233;sent largement inspir&#233; par l'&#339;uvre Pollock et de Rothko. C'est sans doute via ses toiles (dont une qui orne toujours un mur chez mes parents) que j'ai trouv&#233; mon chemin vers l'abstraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, je raconte mon r&#234;ve &#224; C. (qui, j'y songe en notant &#224; pr&#233;sent ce r&#234;ve, n'est sans doute pas vraiment l'amie &#233;voqu&#233;e plus haut, mais une autre C., artiste peintre avec laquelle j'ai sympathis&#233;e voil&#224; bient&#244;t vingt ans et que je ne vois plus h&#233;las presque autant de temps, tout en recevant r&#233;guli&#232;rement de ses nouvelles), et elle me demande du tac au tac : &#171; Que veux-tu faire (sous entendu : &#224; ce sujet, que quelqu'un ait m&#234;l&#233; ses toiles aux miennes) ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je r&#233;ponds : &#171; &#201;crire &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand le r&#234;ve se sc&#233;narise</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article598</link>
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		<dc:date>2026-05-11T09:09:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je ne sais plus comment &#231;a commence exactement &#8212; avouons-le, c'est souvent le cas dans les r&#234;ves. M&#234;me quand on s'en souvient parfaitement, on a le sentiment d'&#234;tre projet&#233; dans une situation parfois famili&#232;re, parfois abracadabrantesque, mais sans parvenir &#224; tout &#224; fait cerner les origines, les d&#233;buts &#8212; un peu comme un jeu vid&#233;o, qui vous pr&#233;cipite dans une sc&#232;ne, parfois m&#234;me dans un cul-de-sac, sans plus d'explication, ou comme dans une de ces comp&#233;titions d'improvisation th&#233;&#226;trale, o&#249; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je ne sais plus comment &#231;a commence exactement &#8212; avouons-le, c'est souvent le cas dans les r&#234;ves. M&#234;me quand on s'en souvient parfaitement, on a le sentiment d'&#234;tre projet&#233; dans une situation parfois famili&#232;re, parfois abracadabrantesque, mais sans parvenir &#224; tout &#224; fait cerner les origines, les d&#233;buts &#8212; un peu comme un jeu vid&#233;o, qui vous pr&#233;cipite dans une sc&#232;ne, parfois m&#234;me dans un cul-de-sac, sans plus d'explication, ou comme dans une de ces comp&#233;titions d'improvisation th&#233;&#226;trale, o&#249; les conditions initiales sont connues, mais sans aucun passif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais revenons &#224; nos moutons : je ne sais plus comme &#231;a commence pr&#233;cis&#233;ment, mais je me souviens que je suis en conversation avec L., chez nous &#8212; quand bien m&#234;me ce chez nous est dans les faits chez mes parents, mais ce n'est pas l&#224; l'important, je crois. Nous discutons de mon ami B. Je ne sais plus exactement dans quels termes, mais je sais que je me moque gentiment de lui. L. ne rit pas comme elle le ferait habituellement, au contraire, elle semble prendre sa d&#233;fense &#8212; quand bien m&#234;me ma plaisanterie n'est pas sp&#233;cialement blessante &#224; l'&#233;gard de B. La conversation se poursuit, prend un autre tour. Dans le m&#234;me temps, nous sommes occup&#233;s aux pr&#233;paratifs d'un petit repas sur le pouce (il est d&#233;j&#224;, je crois, et nous n'avons pas tr&#232;s faim). Un moment, je vais dans un recoin du salon chercher un ustensile dont nous avons besoin, et quelle n'est pas ma surprise lorsque j'y d&#233;couvre B., en compagnie de toute sa famille. C'est comme s'ils &#233;taient cach&#233;s l&#224; depuis un moment, attendant le signal de L. pour me surprendre : c'est une f&#234;te d'anniversaire surprise. Je comprends alors que L. ne voulait pas rentrer dans mon petit jeu de moquerie, parce qu'elle savait B. cach&#233;, et en train de nous &#233;couter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me r&#233;veille sur ces entrefaites, et aussit&#244;t un doute m'&#233;treint : est-ce bien cela qu'il s'est pass&#233; ? Le personnage de L., dans mon r&#234;ve, &#233;tait-elle r&#233;ellement au courant (&#224; l'insu de mon propre personnage/sujet dans le r&#234;ve) de la pr&#233;sence de B. ? Auquel cas, mon r&#234;ve &#233;tait-il sc&#233;naris&#233; (&#224; mon insu, l&#224; encore) ? C'est en tout cas le sentiment que j'ai au r&#233;veil. &#192; moins que ce ne soit une interpr&#233;tation a posteriori : connaissant &#224; pr&#233;sent le d&#233;roul&#233; du r&#234;ve, je peux projeter dessus une intentionnalit&#233; sc&#233;narisante. Mais pourquoi, dans ces conditions, L. r&#233;pugnait-elle &#224; entrer dans ma plaisanterie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de ce cas particulier, j'avoue que le principe d'un r&#234;ve qui serait pr&#233;-sc&#233;naris&#233; (exactement comme le jeu vid&#233;o dont je parlais tout &#224; l'heure) est assez s&#233;duisant. Mais alors par quelle instance, en moi ? Et comment puis-je &#234;tre, dans mon inconscient onirique, inconscient de ce que mon propre inconscient onirique me r&#233;serve ? C'est vertigineux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi qui aime tant les mises en abyme, j'en ai l&#224; d'immenses r&#233;serves.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; pr&#233;sent que je consigne ces r&#233;flexions, me revient &#224; l'esprit le film &lt;i&gt;Inception&lt;/i&gt; de Christopher Nolan &#8212; dans lequel, toutefois, la sc&#233;narisation du r&#234;ve est finalement plus ou moins ext&#233;rieure &#224; la personnalit&#233; du r&#234;veur, ce n'est donc pas tout &#224; fait le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20 ans apr&#232;s</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article379</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article379</guid>
		<dc:date>2020-03-19T09:41:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;20 ans apr&#232;s, un r&#234;ve se r&#233;active. Bien s&#251;r, il ne se pr&#233;sente pas pareil &#8212; pas du tout, m&#234;me. Mais c'est le m&#234;me sujet, ce sont les m&#234;mes protagonistes, c'est le m&#234;me sentiment d'inachev&#233;, de d&#233;sespoir au r&#233;veil. Voil&#224; l'histoire : voil&#224; 20 ans, au lendemain d'avoir f&#234;t&#233; ensemble, chez lui, et avec de nombreux autres amis, le nouveau mill&#233;naire, mon meilleur ami est mort. Nous avons su apr&#232;s coup qu'il avait une malformation cong&#233;nitale du coeur &#8212; &#224; tous &#233;gards, il avait le coeur trop gros, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;20 ans apr&#232;s, un r&#234;ve se r&#233;active.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, il ne se pr&#233;sente pas pareil &#8212; pas du tout, m&#234;me. Mais c'est le m&#234;me sujet, ce sont les m&#234;mes protagonistes, c'est le m&#234;me sentiment d'inachev&#233;, de d&#233;sespoir au r&#233;veil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; l'histoire : voil&#224; 20 ans, au lendemain d'avoir f&#234;t&#233; ensemble, chez lui, et avec de nombreux autres amis, le nouveau mill&#233;naire, mon meilleur ami est mort. Nous avons su apr&#232;s coup qu'il avait une malformation cong&#233;nitale du coeur &#8212; &#224; tous &#233;gards, il avait le coeur trop gros, trop g&#233;n&#233;reux. Personne n'aurait pu le pr&#233;voir et le pr&#233;venir, &#224; moins de l'avoir test&#233; &#8212; mais pourquoi aurait-on eu l'id&#233;e de le tester. &#192; quelque chose, malheur est bon : connaissant les causes de son d&#233;c&#232;s, ses fr&#232;re et soeur ont &#233;t&#233; test&#233;s (heureusement n&#233;gativement).&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours est-il que, du jour au lendemain, je perdais mon meilleur ami depuis le coll&#232;ge. Et quand je dis meilleur ami, je p&#232;se mes mots : je ne compte pas les heures qu'on a pass&#233;es ensemble &#224; refaire le monde, &#224; discuter de nos pr&#233;occupations plus ou moins intimes et affectives, &#224; faire de la musique, &#224; aller au cin&#233;ma, &#224; partager un nombre consid&#233;rable de choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224;, &#224; l'&#233;poque, je n'&#233;tais pas tr&#232;s en forme. Profond&#233;ment d&#233;pressif, m&#234;me. Et cette disparition a, &#224; bien des &#233;gards, &#233;t&#233; le coup de massue de trop.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours ou semaines plus tard (je ne sais plus, mais je dois pouvoir retrouver), j'ai fait ce r&#234;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voil&#224; comment je consignais ce r&#234;ve, &#224; l'&#233;poque : &#034;Un mois pour profiter. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; je le revoyais, comme par enchantement. Je savais que nous n'avions qu'un mois. Un mois de r&#233;pit. Un mois, peut-&#234;tre, pour conclure nos conversations laiss&#233;es ouvertes. Un mois pour profiter de lui, en sachant bien que ce serait les derniers. Et ce, cependant, sans qu'un poids tragique ne p&#232;se sur ces semaines suppl&#233;mentaires, ces cadeaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que c'est un r&#234;ve que les gens dans cette situation font souvent. Dans ses grandes lignes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors voil&#224;, peut-&#234;tre que cette histoire d'&#233;pid&#233;mie a servi d'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur, mais j'ai fait un nouveau r&#234;ve o&#249; je le revoyais. Et c'&#233;tait comme s'il n'&#233;tait jamais mort. Il avait d&#233;m&#233;nag&#233;, sans rien dire &#224; personne. Il &#233;tait parti s'installer dans les Alpes suisses, ou autrichiennes, que sais-je : je retrouvais sa trace par hasard, en faisant une recherche internet, sur google-maps ou quelque chose dans le genre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous nous revoyions. Et je lui demandais pourquoi il avait fait tout &#231;a. Pourquoi il ne m'en avait pas pr&#233;venu, moi, au moins. Il ne me r&#233;pondait pas, me consid&#233;rait avec son regard doux et un sourire entre affection et ironie. Il &#233;tait habill&#233; de son in&#233;narrable gros pull en laine blanc qui nous faisait l'appeler &#034;Nounours&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que le r&#234;ve s'arr&#234;tait l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais que je pleurais en me r&#233;veillant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voil&#224; comment je consignais ce r&#234;ve, &#224; l'&#233;poque : &#034;Un mois pour profiter. Cette sensation qu'apr&#232;s sa mort une pr&#233;sence physique d'un mois viendra nous faire profiter de lui. Un mois de sursis jusqu'&#224; l'absence exasp&#233;rante. Une ronde de concerts, de s&#233;ances de cin&#233;ma, d'amiti&#233; v&#233;cue. Un mois de sourires. Un r&#234;ve dans le sens premier du terme. Mais dans ce r&#234;ve, aucune importance n'est accord&#233;e &#224; l'issue, la fin de ce mois. Seule la pr&#233;sence est. Sa pr&#233;sence comme un besoin naturel.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jack</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sous les traits rigolards de Jack Lemmon, un p&#232;re de famille fait le singe dans le squelette d'une maison de bois en construction. R&#233;duit &#224; l'&#233;tat de super-structure, elle lui sert de portique en m&#234;me temps que de cage. Il va de fr&#234;le poutrelle en fr&#234;le poutrelle avec une aisance d&#233;sarmante. Rien ne bouge &#224; part lui. Aucune vibration. Et la sc&#232;ne est &#233;trangement silencieuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'instant d'apr&#232;s &#8212; ou, plus probablement, quelques heures plus tard dans ma nuit &#8212;, c'est un p&#232;re (&#233;paisse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sous les traits rigolards de Jack Lemmon, un p&#232;re de famille fait le singe dans le squelette d'une maison de bois en construction. R&#233;duit &#224; l'&#233;tat de super-structure, elle lui sert de portique en m&#234;me temps que de cage. Il va de fr&#234;le poutrelle en fr&#234;le poutrelle avec une aisance d&#233;sarmante. Rien ne bouge &#224; part lui. Aucune vibration. Et la sc&#232;ne est &#233;trangement silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instant d'apr&#232;s &#8212; ou, plus probablement, quelques heures plus tard dans ma nuit &#8212;, c'est un p&#232;re (&#233;paisse chevelure et barbe rousse) et son jeune fils de 6 ans (habill&#233; pareillement &#224; son p&#232;re) qui me fixe d'un regard accusateur. Je ne sais ce que j'ai fait pour m&#233;riter cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard encore, image entraper&#231;ue d'un d&#233;collet&#233; discret mais g&#233;n&#233;reux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#224;</title>
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		<dc:date>2010-09-30T09:14:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L&#224;, l&#224;, l&#224; et l&#224; (il pointe du doigt, en fron&#231;ant le nez), et puis l&#224; encore. Et &#231;a ne fait qu'empirer (il est rouge, il sue, &#224; bout de souffle), &#231;a bouge un peu partout. L'autre tremble imperceptiblement (son visage est dans la p&#233;nombre, on voit ses mains, tranquillement empil&#233;es sur la table), l'air bourdonne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une carte gigantesque est &#233;tal&#233;e entre eux, qui brillent dans le cercle vacillant de lumi&#232;re d'une lampe temp&#234;te accroch&#233;e au plafond. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sont songeurs tous les deux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un livre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#224;, l&#224;, l&#224; et l&#224; (il pointe du doigt, en fron&#231;ant le nez), et puis l&#224; encore. Et &#231;a ne fait qu'empirer (il est rouge, il sue, &#224; bout de souffle), &#231;a bouge un peu partout. L'autre tremble imperceptiblement (son visage est dans la p&#233;nombre, on voit ses mains, tranquillement empil&#233;es sur la table), l'air bourdonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une carte gigantesque est &#233;tal&#233;e entre eux, qui brillent dans le cercle vacillant de lumi&#232;re d'une lampe temp&#234;te accroch&#233;e au plafond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont songeurs tous les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre &#224; la couverture jaune est feuillet&#233;e. Les feuilles sont couvertes de caract&#232;res fins et &#233;l&#233;gants, le papier est doux et souple sous les doigts, on devine que ce ne sont que de courts textes, on s'arr&#234;te, on ne sait pourquoi ; sur la page 147. On croit y lire ce qu'on a cru &#233;crire, un jour, pas si lointain, et qui ne nous appartient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre nous tombe des mains &#8212; c'est un jeune gar&#231;on au teint gris qui le tient, son visage ne dit rien, reste sombre et taciturne dans la p&#233;nombre chaude et moite de cette nuit d'un &#233;tat du sud, sa peau luit de sueur, imbibe le mince tissu de son marcel &#224; la couleur ind&#233;finissable. On s'&#233;carte, il est affal&#233; sur une chaise au milieu d'une place au plafond bas, le coude gauche pass&#233; sur le dossier de la chaise, cr&#226;nement dirait-on s'il ne d&#233;gageait pas cette intense lassitude d'&#234;tre, les jambes largement &#233;cart&#233;es, le pantalon sans forme comme un voile tomb&#233; sur une souche par un jour sans vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devine ais&#233;ment ce qu'il n'est pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve</title>
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		<dc:date>2010-09-03T08:32:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Si si, je t'assure, une voix parmi la cacophonie des voix. Elle est rauque et lasse, voil&#224; quelques si&#232;cles qu'elle se bat sans rel&#226;che, fatigu&#233;e par tant d'ann&#233;es de lutte, tant d'hivers qui ont voulu l'&#233;teindre. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Elle bourdonne &#224; nos sens, sans r&#233;pit. Elle se noue &#224; la gorge, s'accroche &#224; l'estomac. Son onde est d&#233;licate et diaphane, elle assourdit le nombril du monde. Aussi (peu) assur&#233;e que son imp&#233;ril, elle se l&#233;zarde comme un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Si si, je t'assure, une voix parmi la cacophonie des voix. Elle est rauque et lasse, voil&#224; quelques si&#232;cles qu'elle se bat sans rel&#226;che, fatigu&#233;e par tant d'ann&#233;es de lutte, tant d'hivers qui ont voulu l'&#233;teindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Elle bourdonne &#224; nos sens, sans r&#233;pit. Elle se noue &#224; la gorge, s'accroche &#224; l'estomac. Son onde est d&#233;licate et diaphane, elle assourdit le nombril du monde. Aussi (peu) assur&#233;e que son imp&#233;ril, elle se l&#233;zarde comme un vieux mur baign&#233; de salp&#234;tre, qui tremble sur ses bases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve. Son chant est imp&#233;rieux et confus. On ne tend l'oreille que pour mieux l'entendre s'&#233;loigner. Elle a un regard d'enfant, qui interroge tous ceux qui l'&#233;coutent, et impose son d&#233;sarroi na&#239;f.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une voix qui s'&#233;l&#232;ve, rouge sang, et sans lumi&#232;re. Une voix qui n'est plus que murmure tant elle est d&#233;timbr&#233;e. Et cette angoisse pure, de son &#233;vanouissement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;vidence</title>
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		<dc:date>2010-07-11T15:22:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;voir enfin l'&#233;vidence s'imposer &lt;br class='autobr' /&gt;
le vol est souverain &#8212; la pi&#232;ce est &#233;cras&#233;e de lumi&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
visage m&#234;l&#233;, image baign&#233; du jaune &#233;blouissant des m&#233;moires argent(&#233;es)iques &lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;lan spontan&#233;, comme un geste de dernier espoir, de dernier d&#233;sespoir, r&#233;ciproque, assoiff&#233;, plein de gorges serr&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
la culpabilit&#233; fait d&#233;tourner la t&#234;te, repousser l'&#233;vidence &lt;br class='autobr' /&gt;
traduction &#224; la terrasse ensoleill&#233;e d'un caf&#233; &#8212; d&#233;bat &#8212; sur le tableau noir, l'&#233;vidence &#224; nouveau &#233;crite : &#171; (s')curl up into bed together &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;voir enfin l'&#233;vidence s'imposer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le vol est souverain &#8212; la pi&#232;ce est &#233;cras&#233;e de lumi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;visage m&#234;l&#233;, image baign&#233; du jaune &#233;blouissant des m&#233;moires argent(&#233;es)iques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'&#233;lan spontan&#233;, comme un geste de dernier espoir, de dernier d&#233;sespoir, r&#233;ciproque, assoiff&#233;, plein de gorges serr&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la culpabilit&#233; fait d&#233;tourner la t&#234;te, repousser l'&#233;vidence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;traduction &#224; la terrasse ensoleill&#233;e d'un caf&#233; &#8212; d&#233;bat &#8212; sur le tableau noir, l'&#233;vidence &#224; nouveau &#233;crite : &#171; (s')curl up into bed together &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;puis c'est fuite/poursuite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un train file dans l'&#233;tincelante chaleur, je me vois, au fond du wagon, m'&#233;carter pour r&#233;fl&#233;chir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comprendre l'&#233;vidence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comprendre l'&#233;vidence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comprendre l'&#233;vidence et&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la laisser s'&#233;chapper, par scrupules d&#233;plac&#233;s, dans une sombre gare&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de quelconque victoire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dreaming / No Dreaming</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article321</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article321</guid>
		<dc:date>2010-07-07T13:41:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#234;ve &#224; deux pendants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux pendants aux pr&#233;mices identiques, aux d&#233;nouements tout &#224; fait diff&#233;rents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le premier &#8212; sans doute beaucoup plus long que les seuls fragments qui reviennent en m&#233;moire &#8212; je sors d'un appartement. Pas le mien (conqu&#234;te d'un soir ?). Dans le m&#234;me temps, un narrateur &#034;omniscient&#034; (muni de sa cam&#233;ra panoramique personnelle) me montre l'entr&#233;e dans l'immeuble (immeuble de banlieue, ou de faubourg, r&#233;sidence dans le jardin propret parsem&#233; de verdure partage les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_44 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-42 &#034; data-id=&#034;3beefbf8436c362f904ffdf2198435bc&#034; src=&#034;IMG/mp3/02_Nocturnes__II-_Fetes.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#234;ve &#224; deux pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux pendants aux pr&#233;mices identiques, aux d&#233;nouements tout &#224; fait diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier &#8212; sans doute beaucoup plus long que les seuls fragments qui reviennent en m&#233;moire &#8212; je sors d'un appartement. Pas le mien &lt;i&gt;(conqu&#234;te d'un soir ?)&lt;/i&gt;. Dans le m&#234;me temps, un narrateur &#034;omniscient&#034; &lt;i&gt;(muni de sa cam&#233;ra panoramique personnelle)&lt;/i&gt; me montre l'entr&#233;e dans l'immeuble &lt;i&gt;(immeuble de banlieue, ou de faubourg, r&#233;sidence dans le jardin propret parsem&#233; de verdure partage les b&#226;timents)&lt;/i&gt; d'un homme, jeune, grand, &#233;lanc&#233; (presque maigre), habill&#233; d'un costume noir, veste ouverte sur chemise blanche sans cravate, d&#233;boutonn&#233;e&lt;i&gt; (aspect fin de journ&#233;e)&lt;/i&gt; &#8212; il a dans sa main une arme &#224; feu, et fait feu sur un premier habitant des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai alors l'id&#233;e d'arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment l'ascenseur qui me descend au Rez-de-Chauss&#233;e (ne me demandez pas comment, c'est mon r&#234;ve, apr&#232;s tout) au premier &#233;tage &#8212; pensant ainsi &#233;chapper &#224; l'attention du forcen&#233;. Peine perdue. La cage d'escalier est vaste et, d'en bas, il me voit sur la coursive. Fait feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'&#233;croule &#224; terre. Ne meurs pas dans l'instant &#8212; je ne me souviens d'ailleurs pas &#234;tre mort &#8212; seulement le go&#251;t du sang dans ma bouche, le sang qui remonte &#224; gros sanglot. Il est &#233;pais et sombre, il m'&#233;touffe, n'arrive plus &#224; respirer. Me tourne sur le dos, essaie sur le ventre&lt;i&gt; (un peu comme lors de mes longues apn&#233;es nocturnes dues &#224; mon asthme ridicule, ce qui est sans doute un signe que j'&#233;tais &#224; ce moment pr&#233;cis en pleine crise &#034;dans mon sommeil&#034;)&lt;/i&gt;. Trouve enfin une position meilleure, redress&#233; &#224; bout de bras &lt;i&gt;(comme pour faire des pompes)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transition &#8212; avec ce pressentiment empli de peur et noirceur qu'il est en chemin, montre quatre &#224; quatre les marches pour m'achever &#8212; transition, retour vers la sortie de l'appartement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, d&#232;s que je le vois entrer, je rep&#233;n&#232;tre dans l'appartement que je viens de quitter &#8212; h&#233; ! on ne me la fera pas deux fois ! &lt;i&gt;(avec en m&#234;me temps ce sentiment tenace, qui restera jusqu'&#224; l'&#233;veil et au-del&#224;, que, malgr&#233; ce voyage dans le temps, ce retour en arri&#232;re pour &#034;refaire&#034;, pour &#034;rejouer&#034;, presque, on ne peut changer le destin, on ne peut changer ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233;, ce qui est arriv&#233; est arriv&#233; et rien ne pourra nous faire revenir dessus)&lt;/i&gt; j'ai compris la le&#231;on, vais essayer autre chose &#8212;. Etrangement, il est vide, presque aseptis&#233; (suite d'h&#244;tel ?). Je le traverse de pi&#232;ce en pi&#232;ce. Arrive &#224; la chambre &#224; coucher &#8212; dead end. M'avise de la fen&#234;tre, l'ouvre, d&#233;couvre juste un peu plus bas au dehors un radiateur &lt;i&gt;(&#233;tonnement ahuri en t&#226;che de fond dans le r&#234;ve : que fait ici un radiateur, dehors)&lt;/i&gt; &#8212; un de ces gros radiateurs &#224; tuyaux, comme ceux pr&#232;s desquels je m'asseyais jadis en classe, repli&#233; sur lui-m&#234;me, il m&#233;nage une petite terrasse d'un m&#232;tre-carr&#233; en contrebas. Parfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agile comme un singe, s'y r&#233;fugier, attendre la venue (immanquable) du jeune homme &#8212; s'apercevoir que la cachette n'est pas si bonne, ne pas arriver &#224; cacher le haut de sa t&#234;te (il me rep&#232;rera bien vite, il faudra prendre les devants), sortir un flingue &lt;i&gt;(d'o&#249; sort-il d'ailleurs ? Si j'avais su que j'avais &#231;a dans ma poche...)&lt;/i&gt;, viser la porte, attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas long &#8212; comme s'il me cherchait &lt;i&gt;(ben tiens, il est &#224; qui, ce r&#234;ve ?)&lt;/i&gt;. Il entre &#8212; presser la d&#233;tente &#8212; rien &#8212; oubli&#233; d'&#244;ter la s&#233;curit&#233; (erreur de d&#233;butant) &#8212; mais o&#249; est-elle d'ailleurs, cette s&#233;curit&#233; : sous la crosse ? devant le pouce ? sur le canon ? &#8212; chercher, faire jouer deux trois petits bouts de ferraille aux airs d'interrupteur r&#233;partis sur l'arme, presser &#224; nouveau sur la d&#233;tente pour voir &#8212; se souvenir que, pourtant, je n'ai pas tir&#233; et que le chargeur est plein &#8212; s'apercevoir que le pistolet automatique s'est entretemps transform&#233; en revolver &#224; barillet (donc sans s&#233;curit&#233;, crois-je), ouvrir le barillet, plus que deux cartouches, refermer le barillet, r&#233;essayer la d&#233;tente &#8212; toujours rien &#8212; il s'est depuis tourn&#233; vers moi, a lev&#233; son arme, press&#233; &#224; son tour la d&#233;tente &#8212; rien non plus &lt;i&gt;(mais, lui, c'est plus logique, il a d&#233;j&#224; vid&#233; son chargeur en tuant les quelques personnes crois&#233;es en parcourant l'immeuble)&lt;/i&gt; &#8212; il va pour changer son chargeur, dans sa poche portefeuille, un chargeur suppl&#233;mentaire &#8212; n'avoir que quelques instants pour r&#233;fl&#233;chir &#8212; se rappeler qu'on est agile comme un singe &#8212; sauter de balcon en balcon, se r&#233;ceptionner sur le feuillage fourni d'un arbre en contrebas, retomber sur ses pieds sur la chauss&#233;e &#8212; la vitesse de la chute, sans me faire mal, me fait basculer et rouler &#224; terre sans bruit &#8212; croire &#234;tre sorti d'affaire &#8212; relever la t&#234;te &#8212; il est l&#224;, dans les branches de l'arbre qui m'a si gentiment accueilli et qui, indiff&#233;rent et neutre dans cette affaire, accueille tout aussi gentiment mon pers&#233;cuteur &#8212; il rit &#224; gorge d&#233;ploy&#233;, rire mi-sardonique, mi-enfantin &lt;i&gt;(lorsqu'on d&#233;couvre un camarade &#224; cache-cache)&lt;/i&gt; &#8212; il pointe &#224; nouveau son canon vers moi &#8212; rate &#8212; bondir sur lui, le faire rouler par terre &#8212; le maintenir &#224; terre en essayant d'&#233;carter son canon de moi &#8212; impression que son corps est en caoutchouc, peser de tout son poids, entendre un ou deux os cass&#233;s sans que son visage soit le moins du monde affect&#233; par la douleur, &#233;craser son corps, plier bras et jambes dans des positions impossible &#8212; ne pas demander pourquoi &#8212; angoisse persistante du &#034;on ne change pas l'histoire, ce qui est fait est fait&#034;, certitude qu'il va, d'une mani&#232;re ou d'une autre, renverser la situation et parvenir aux fins du destin &#8212; il a un visage tr&#232;s jeune, tr&#232;s blanc, adolescent blond &#8212; d&#233;couvrir dans un pli de son bras, le canon &#224; pr&#233;sent dor&#233;, point&#233; sur sa poitrine &#8212; peser &#224; nouveau, entendre d'autres craquement &#8212; pantin d&#233;sarticul&#233; aux yeux ronds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ai-je d&#233;sarm&#233; ? C'est bien flou &#224; pr&#233;sent (insomnie subs&#233;quente). Sans doute. Mais &#233;tait-ce mon int&#233;r&#234;t ? Ce jeune homme n'&#233;tait-il pas moi, &#233;galement, ce moi enfoui bien loin qui veut me ronge, voudrait me tuer pour me r&#233;veiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s coup, s'apercevoir de tous les &#233;l&#233;ments de ce r&#234;ve, qui, r&#233;currents, viennent souvent dans ce genre de r&#234;ve : l'arme qui ne tire pas, chercher la s&#233;curit&#233; sans la trouver, le pistolet se transformant en revolver, agilit&#233; &#224; fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la nouveaut&#233; : r&#233;ussir &#224; changer l'histoire, le destin. Plaquer l'ennemi &#224; terre, le vaincre enfin (sans savoir ce que symbolise cette victoire, ni si elle est d&#233;finitive), s'apercevoir que cet ennemi est en r&#233;alit&#233; bien moins redoutable qu'il n'y parait &#8212; un pantin. Pantin, oui, mais qui tire ces ficelles ? Moi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Musique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Gyorgy Kurtag : Hipartita, Op. 43 1. *.* &lt;i&gt;Sostenuto, Doloroso&lt;/i&gt;, Hiromi Kikuchi (Kurtag : 80 (...Concertante... Op.42, Zwiegesprach, Hipartita,K Op. 43, Jatekok And Transcirptions), CD 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Claude Debussy : Nocturnes : II. F&#234;tes &#8212; Pierre Boulez ; Cleveland Orchestra (chez DG : La Mer &#8226; Nocturnes &#8226; Jeux &#8226; Rhapsodie pour clarinette et orchestre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Conciliabule d'ind&#233;cis</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article319</link>
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		<dc:date>2010-07-04T16:22:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Autour de moi, souriants, cercle de d&#233;cideurs pantins. Panoramiques sur ces visages ronds, joviaux, qui chacun &#224; leur tour &#233;mettent en rythme un &#8220;chchaipas&#8221; &#8212; longue chuintante, s&#232;cheresse du tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
De quoi parle-t-on ? Sur quoi s'accordent-ils ainsi ne rien pouvoir, ne rien savoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouveau tour de table &#8212; le rythme s'acc&#233;l&#232;re &#8212; objectif plus pr&#232;s des yeux, quelque chose du clown entre les oreilles &#8212; immobilit&#233; de marionnette aux &#233;paules. &lt;br class='autobr' /&gt;
M'apercevoir apr&#232;s la sonnerie du r&#233;veil &#8212; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/1jmZ_FAnGJo&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/1jmZ_FAnGJo&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autour de moi, souriants, cercle de d&#233;cideurs pantins. Panoramiques sur ces visages ronds, joviaux, qui chacun &#224; leur tour &#233;mettent en rythme un &#8220;chchaipas&#8221; &#8212; longue chuintante, s&#232;cheresse du tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi parle-t-on ? Sur quoi s'accordent-ils ainsi ne rien pouvoir, ne rien savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau tour de table &#8212; le rythme s'acc&#233;l&#232;re &#8212; objectif plus pr&#232;s des yeux, quelque chose du clown entre les oreilles &#8212; immobilit&#233; de marionnette aux &#233;paules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'apercevoir apr&#232;s la sonnerie du r&#233;veil &#8212; souffle coup&#233;, sursaut de cheveux &#8212; que ce sont les oiseaux matutinaux qui leur ont donn&#233;s et leurs chants et leurs voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pris au pi&#232;ge de mon sommeil nomade, mon r&#234;ve s'adapte tant bien que mal, se d&#233;tourne et s'&#233;vade.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Musique : Olivier Messiaen &#8212; &lt;i&gt;Quatuor pour la fin du temps&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III - &lt;i&gt;Ab&#238;me des oiseaux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Meyer (clarinette)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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