<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.inacheve.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Inachev&#233;.net</title>
	<link>https://www.inacheve.net/</link>
	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.inacheve.net/spip.php?id_auteur=1&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Inachev&#233;.net</title>
		<url>https://www.inacheve.net/IMG/logo/murjaune.jpg</url>
		<link>https://www.inacheve.net/</link>
		
		
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Quand le contrepet devient politique</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article608</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article608</guid>
		<dc:date>2026-05-29T08:38:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La langue a quelque chose de magique. Pleine de tiroirs et de clins d'&#339;il, de tours de passe-passe et de lapin dans les chapeaux. Peut-&#234;tre une des raisons pour lesquelles j'aime tant jouer avec. Un peu comme les Lego pour un enfant. Certes, il y a pour chaque boite un plan, une marche &#224; suivre, qui permet d'arriver &#224; une imitation quasi parfaite de la r&#233;alit&#233; (ou de la fiction, au reste, ce qui n'est pas sans manquer de sel non plus, vivent les doubles n&#233;gations). Mais il y a aussi cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La langue a quelque chose de magique. Pleine de tiroirs et de clins d'&#339;il, de tours de passe-passe et de lapin dans les chapeaux. Peut-&#234;tre une des raisons pour lesquelles j'aime tant jouer avec. Un peu comme les Lego pour un enfant. Certes, il y a pour chaque boite un plan, une marche &#224; suivre, qui permet d'arriver &#224; une imitation quasi parfaite de la r&#233;alit&#233; (ou de la fiction, au reste, ce qui n'est pas sans manquer de sel non plus, vivent les doubles n&#233;gations). Mais il y a aussi cette magie de la recherche, de la surprise face &#224; un objet nouveau mont&#233; avec deux briques sans int&#233;r&#234;t propre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au reste, &#224; l'instant m&#234;me o&#249; j'&#233;cris ces lignes, je me demande pourquoi que j'cause de Lego. Apr&#232;s tout, il en va de m&#234;me avec un enfant jouant dans la for&#234;t &#224; construire une cabane, un si&#232;ge, un arc. Pourquoi ce besoin de plastique ? &#192; la r&#233;flexion, il y aurait un point commun : la brique Lego, comme le mot, sont des constructions artificielles, sorties d'un ou plusieurs esprits humains &#8212; ce que ne sont pas les morceaux de bois ou les cailloux r&#233;cup&#233;r&#233;s dans une for&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais revenons &#224; notre sujet : la langue, sa magie, ce plaisir enfantin &#224; assembler les mots comme on imbrique des briques. Alors ce contrepet, qui me turlupine depuis quelques jours : cha&#238;ne de valeur/veine de chaleur. Un contrepet qui illumine tout soudain notre course vers l'abyme.&lt;br class='autobr' /&gt;
P.S. : magnifique &lt;i&gt;lapsus clavierae&lt;/i&gt; &#224; l'instant : dans ma derni&#232;re phrase, au lieu de &#171; contrepet &#187;, j'ai tap&#233; presque instinctivement &#171; contrepoint &#187; &#8212; et l&#224; encore comme un lapin sorti du chapeau, d'autres illuminations, d'autres &#233;piphanies, avec tant d'&#233;pis fan&#233;s sous la chaleur caniculaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;bord&#233;</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article607</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article607</guid>
		<dc:date>2026-05-28T07:02:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D&#233;bord&#233;, d&#233;bordement, piscine, piscine &#224; d&#233;bordement, en nage dans la piscine &#224; d&#233;bordement, si d&#233;bord&#233; qu'on est, si d&#233;pass&#233;, en nage et en nageant dans ce d&#233;bordement sans borne, d&#233;bord&#233;, d&#233;born&#233;, lib&#233;r&#233;, d&#233;livr&#233;. Je d&#233;borde, &#231;a d&#233;borde, de tout c&#244;t&#233;, de la piscine, &#231;a colorie de partout, &#231;a d&#233;passe, &#231;a rougit, &#231;a monte, &#231;a d&#233;limite, &#231;a d&#233;borde des limites, des moyennes, avec ce petit flux qui continue, ce petit rayon de soleil qui chauffe, qui brule, comme une minuscule voie d'eau, voie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;bord&#233;, d&#233;bordement, piscine, piscine &#224; d&#233;bordement, en nage dans la piscine &#224; d&#233;bordement, si d&#233;bord&#233; qu'on est, si d&#233;pass&#233;, en nage et en nageant dans ce d&#233;bordement sans borne, d&#233;bord&#233;, d&#233;born&#233;, lib&#233;r&#233;, d&#233;livr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;borde, &#231;a d&#233;borde, de tout c&#244;t&#233;, de la piscine, &#231;a colorie de partout, &#231;a d&#233;passe, &#231;a rougit, &#231;a monte, &#231;a d&#233;limite, &#231;a d&#233;borde des limites, des moyennes, avec ce petit flux qui continue, ce petit rayon de soleil qui chauffe, qui brule, comme une minuscule voie d'eau, voie de lumi&#232;re, impossible &#224; r&#233;duire, calfater, vider, &#231;a entre, &#231;a brule, &#231;a ne sort plus, on attend tranquillement, sans bouger, sans d&#233;border, de se d&#233;noyer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sauv&#233; par l'ombre et la nuit qui vient, mais la chaleur qui d&#233;borde, d&#233;bordement de touffeur et de moiteur sans tr&#234;ve, et sentiment que cet instant n'en est qu'un parmi des milliers d'autres, qu'on va attendre comme &#231;a &#8212; c'est &#231;a la vie maintenant, c'est &#231;a la vie maintenant, attendre que la voie de lumi&#232;re se voile d'ombre et la fraicheur enfin d&#233;borde l'esprit apais&#233; endormie.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;bord&#233;, mon lit, d&#233;bord&#233;, pour recevoir toute la fraicheur de la nuit qui d&#233;borde dans la chambre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pendant ce temps, &#231;a borde, &#231;a choque, &#231;a d&#233;borde par tribord et babord, &#231;a reprend, &#231;a &#233;tarque, &#231;a r&#232;gle, un centim&#232;tre par-ci, un autre par-l&#224;, pour tirer profit du moindre d&#233;bord de brise, brise fugace et fugitive &#8212; forc&#233;ment, c'est une brise : impossible prise de la brise, la brise &#233;chappe, d&#233;borde, toujours, on ne peut esp&#233;rer qu'un glissement, un &#233;cartement, un d&#233;port.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a d&#233;borde de partout, l'humain comme un enfant colorie son ciel, laisse ses traces, d&#233;borde des lignes, ne sait plus les faire rentrer dedans, pr&#233;f&#232;re en commencer un autre &#8212; mais quel autre ? &#199;a d&#233;bordera pareil, on n'est pas plus dou&#233;s, on ne s'est pas am&#233;lior&#233;s, ou alors &#224; la marge, sur les bords.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des histoires de familles</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article606</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article606</guid>
		<dc:date>2026-05-27T08:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Des histoires de famille, j'en ai plein les tiroirs &#8212; et pas que les tiroirs du reste. J'en ai des grandes, des belles, des minables, des dr&#244;les, des touchantes, des &#233;mouvantes, des tragiques, pour tous les go&#251;ts et de toutes les couleurs. J'en ai plein, que je raconte volontiers, au d&#233;tour d'un d&#238;ner ou d'un verre &#224; moiti&#233; plein (oui, je suis comme &#231;a, moi, aujourd'hui du moins), et qui enchante, je crois, r&#233;ellement mon auditoire. Des histoires fascinantes, une v&#233;ritable &#233;pop&#233;e, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des histoires de famille, j'en ai plein les tiroirs &#8212; et pas que les tiroirs du reste. J'en ai des grandes, des belles, des minables, des dr&#244;les, des touchantes, des &#233;mouvantes, des tragiques, pour tous les go&#251;ts et de toutes les couleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en ai plein, que je raconte volontiers, au d&#233;tour d'un d&#238;ner ou d'un verre &#224; moiti&#233; plein (oui, je suis comme &#231;a, moi, aujourd'hui du moins), et qui enchante, je crois, r&#233;ellement mon auditoire. Des histoires fascinantes, une v&#233;ritable &#233;pop&#233;e, qui inscrit la trajectoire transitoire de ma famille dans la grande, avec sa grande hache, comme disait l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre, d'ailleurs, qui n'a jamais fait que &#231;a, et avec quel g&#233;nie : raconter sa famille, ses absences, ses deuils, son mode d'emploi quand on l'a &#233;gar&#233;. Qui l'a fait avec toutes ses contraintes, qui le for&#231;ait finalement &#224; les faire jaillir de lui, &#224; soulever le refoul&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes histoires de ma famille ne sont les m&#234;mes que les siennes. Bien souvent bien moins dramatique, et c'est heureux. Elles m&#233;ritent cependant, je pense, d'&#234;tre racont&#233;es, d'&#234;tre mises en forme. Et l&#224; encore : &lt;a href='https://www.inacheve.net/spip.php?article590' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'&#233;criture comme une s&#233;rie de probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ? Sous quelle forme ? Comment concat&#233;ner ce qui parfois n'est qu'une s&#233;rie d'anecdotes &#224; la plausibilit&#233; douteuse ? Comment donner &#224; voir ce bouillonnement d'histoires, cette multiplicit&#233; de versions, de points de vue ? Comment saisir, aussi, la mani&#232;re dont ces histoires se figent peu &#224; peu dans une narration unique, pas forc&#233;ment univoque, mais peu &#224; peu fossilis&#233;e, sur laquelle se s&#233;dimentent peu &#224; peu les ajouts et sels de la s&#233;rie t&#233;l&#233;phonarabique des locuteurs ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a, c'&#233;tait le premier probl&#232;me, que je crois &#234;tre parvenu &#224; r&#233;soudre, m&#234;me si y a plus qu'&#224;, comme qui dirait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vient le second : comment me d&#233;faire de la culpabilit&#233; de voler la parole des autres membres de ma famille ? Pour les plus anciens, ce probl&#232;me n'en est plus un, ou presque &#8212; et, dans le m&#234;me temps, que je crois que ce roman serait presque plus &#233;crit pour eux, pour qu'ils sachent que leur m&#233;moire perdure sous une forme ou une autre, que pour les nouveaux venus. Mais pour les moins anciens comme les moins jeunes ? Peur, parfois, de les enfermer dans une image d'eux-m&#234;mes qui, malgr&#233; tout l'amour que je peux y mettre, ne sera certainement pas la leur ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;j&#224;, en Gr&#232;ce tantrique</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article605</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article605</guid>
		<dc:date>2026-05-26T07:36:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224;, en Gr&#232;ce tantrique, les temp&#233;ratures &#233;taient accablantes, les s&#232;cheresses &#233;moussantes, les soleils harassants. Cycle naturel, parait qu'ce s'rait. J'sais pas, j'y connais rien. J'fais rien qu'&#224; r&#233;p&#233;ter c'que la derni&#232;re personne qui m'a caus&#233; m'a dit. Seriez venus hier qu'&#231;'aurait sans doute &#233;t&#233; autre chose. Peux pas le garantir, mais c'probable. J'vous assure, d&#233;j&#224;, en Gr&#232;ce tantrique, y avait tous ces machins-l&#224;. Pourtant, z'avaient pas encore envoy&#233; leurs fus&#233;es, qui font que des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224;, en Gr&#232;ce tantrique, les temp&#233;ratures &#233;taient accablantes, les s&#232;cheresses &#233;moussantes, les soleils harassants. Cycle naturel, parait qu'ce s'rait. J'sais pas, j'y connais rien. J'fais rien qu'&#224; r&#233;p&#233;ter c'que la derni&#232;re personne qui m'a caus&#233; m'a dit. Seriez venus hier qu'&#231;'aurait sans doute &#233;t&#233; autre chose. Peux pas le garantir, mais c'probable.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'vous assure, d&#233;j&#224;, en Gr&#232;ce tantrique, y avait tous ces machins-l&#224;. Pourtant, z'avaient pas encore envoy&#233; leurs fus&#233;es, qui font que des trous dans la couche de l'ozone. Pis on z'avait pas non plus nos voitures pour aller o&#249; bon qu'on veut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors qui croire, je sais pas moi. Pas fait d'&#233;tudes, moi. Mais on m'la fait pas. Si d&#233;j&#224; en Gr&#232;ce tantrique, y avait d&#233;j&#224; tout &#231;a, alors comment que ce serait de notre faute ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Y avait pas les immigr&#233;s non plus, vous m'direz. C'est pas faux. Quoi que. Et les barbares, &#231;a viendrait pas de la Gr&#232;ce tantrique les barbares ? Y en avait pas, des invasions barbares, en Gr&#232;ce tantrique ? M&#234;me que ce serait eux qui les auraient invent&#233;es. Pas invit&#233;es, hein, que j'dis ? InVENT&#233;es. Avec du vent, dans les voiles, pour pousser leurs p'tites barques vers nos beaux rivages qui leur font les yeux doux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d&#233;j&#224; en Gr&#232;ce tantrique, ils les rejetaient &#224; la mer. Si, si, j'ai entendu &#231;a, je sais plus o&#249;. Avec leurs chevaux de Troie et tout. Y z'y foutaient &#224; la flotte, ouais. &#199;a existait pas les droits de l'homme et tout le tintouin. La d&#233;mocratie, oui, parait que oui. Mais les droits de l'homme, faut pas abuser. Et y en a qui croient que &#231;a va ensemble ! Me font bien rigoler&#8230; &#199;a se saurait, &#231;a, si la d&#233;mocratie &#231;a allait avec les droits de l'homme. Rien &#224; battre des droits de l'homme. Si on est plus contre que pour, zip ! Pas de droit de l'homme. Et tant pis pour tous les zimmigr&#233;s au fond de l'eau. On leur a pas caus&#233;s, &#224; eux. On leur a pas demand&#233; de v'nir. Et puis quoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un autre c&#244;t&#233;, en Gr&#232;ce tantrique, faisaient des trucs pas tr&#232;s catholiques. C'est p't&#234;t pour &#231;a que &#231;a chauffait. Z'&#233;taient en col&#232;re, l&#224;-haut. Fallait pas voir &#224; voir &#224; aller se faire voir. Suffit c't'affaire. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Virginal</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article604</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article604</guid>
		<dc:date>2026-05-21T07:32:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je m'en souviens comme si c'&#233;tait hier. Allong&#233; sur mon lit d'enfant, dans ma chambre d'enfant, avec au mur mes posters d'enfant. Quelques minutes &#8212; ou quelques heures, qu'en sais-je ? &#8212; plus t&#244;t, j'avais pris sans trop y croire un livre dans la biblioth&#232;que familial. Un livre dont on m'avait dit du bien, mais je restais encore tr&#232;s m&#233;fiant vis-&#224;-vis des recommandations parentales &#8212; je d&#233;couvris plus tard que j'avais bien tort &#224; ce sujet. Je l'avais pris, l'avais ouvert. Et d'un coup ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je m'en souviens comme si c'&#233;tait hier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Allong&#233; sur mon lit d'enfant, dans ma chambre d'enfant, avec au mur mes posters d'enfant. Quelques minutes &#8212; ou quelques heures, qu'en sais-je ? &#8212; plus t&#244;t, j'avais pris sans trop y croire un livre dans la biblioth&#232;que familial. Un livre dont on m'avait dit du bien, mais je restais encore tr&#232;s m&#233;fiant vis-&#224;-vis des recommandations parentales &#8212; je d&#233;couvris plus tard que j'avais bien tort &#224; ce sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'avais pris, l'avais ouvert. Et d'un coup ce vertige. Ce trou noir temporel. Ce saisissement. Plus rien d'autre n'existe que cette r&#233;alit&#233; de fiction. Tout est aspir&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'importe alors l'inconfort sur le lit : sans s'en apercevoir, on bouge un brin, on se met dans des positions abracadabrantes, et les pages s'enchainent, se d&#233;roulent. Comme un verre d'eau infini bu d'une soif in&#233;tanchable. D&#233;lectation, palpitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Combien de livres ai-je lu ainsi ? Il y eut des classiques et des beaucoup plus oubliables. Lus avec la m&#234;me intensit&#233;, la m&#234;me ferveur, le m&#234;me abandon.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cette intensit&#233;, cette ferveur, cet abandon que, parfois, j'aimerais retrouver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand l'ai-je perdue, cette fraicheur virginale dans la d&#233;couverte ? Cette na&#239;vet&#233; ? Au bout de combien de livres, &#224; quel degr&#233; de conscience des enjeux, cette ing&#233;nuit&#233; s'est-elle estomp&#233;e jusqu'&#224; quasiment disparaitre, remplac&#233;e non par une lassitude d&#233;sabus&#233;e, mais par une attention diff&#233;rente, plus distante, attach&#233;e &#224; certains d&#233;tails ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus tard, sans doute, que cette capacit&#233; qu'ont les enfants de &#171; jouer &#187;, au sens o&#249; le jeu devient quasiment une r&#233;alit&#233; parall&#232;le, o&#249; l'on dirait qu'on serait, et ce serait vrai, o&#249; les &#233;lucubrations les plus invraisemblables prennent magiquement corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus &#233;tonnant, c'est qu'elle revient parfois : quand je r&#233;&#233;coute une &#339;uvre de musique entendue et aim&#233;e mille fois pendant mo, enfance, c'est comme si l'imm&#233;diatet&#233; du son parvenait &#224; me faire oublier toutes mes connaissances acquises depuis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi de cette remarque si &#233;vidente, pourtant, qu'on m'a faite r&#233;cemment au sujet des &lt;i&gt;Pr&#233;ludes&lt;/i&gt; du &lt;i&gt;Clavier bien temp&#233;r&#233;&lt;/i&gt; de Bach. Si je les avais d&#233;couverts aujourd'hui, je me la serais faite imm&#233;diatement &#8212; mon &#233;coute est entra&#238;n&#233;e, mon esprit d'analyse en &#233;veil. Mais comme je connais ces &lt;i&gt;Pr&#233;ludes&lt;/i&gt; depuis avant m&#234;me d'avoir appris &#224; marcher, &#224; babiller, je peux les &#233;couter encore aujourd'hui avec un enthousiasme premier et primordial que je serais bien incapable de retrouver pour une &#339;uvre que je d&#233;couvrirais aujourd'hui. Et c'est bien dommage.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aimerais pouvoir lire et &#233;couter aujourd'hui comme je le faisais hier. Ou, tout du moins, parvenir &#224; basculer d'un mode &#224; l'autre &#8212; activant si n&#233;cessaire, par exemple dans cadre de mon travail, mes comp&#233;tences si longuement acquises, mais parvenant &#224; les garder &#224; distance lorsque seul le plaisir importe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon royaume pour des amphet !</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article603</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article603</guid>
		<dc:date>2026-05-20T07:38:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s Des amph&#232;ts pour un amphi, titre qui a jailli comme &#231;a, dans mon esprit, &#224; la lecture d'un article de presse sur l'usage non m&#233;dical de psychotropes par des &#233;tudiants stress&#233;s, d'autres titres m'ont pris d'assaut (en rafales, bien s&#251;r). Aujourd'hui : Mon royaume pour des amph&#232;ts ! Et, aujourd'hui comme le mois dernier, livrons-nous &#224; nouveau &#224; ce petit exercice d'imagination : &#224; partir d'un titre donn&#233;, tenter d'esquisser une intrigue, un pitch. Plus qu'un roman de la S&#233;rie Noire, Mon (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;a href='https://www.inacheve.net/spip.php?article593' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Des amph&#232;ts pour un amphi&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, titre qui a jailli comme &#231;a, dans mon esprit, &#224; la lecture d'un article de presse sur l'usage non m&#233;dical de psychotropes par des &#233;tudiants stress&#233;s, d'autres titres m'ont pris d'assaut (en rafales, bien s&#251;r). Aujourd'hui : &lt;i&gt;Mon royaume pour des amph&#232;ts&lt;/i&gt; ! Et, aujourd'hui comme le mois dernier, livrons-nous &#224; nouveau &#224; ce petit exercice d'imagination : &#224; partir d'un titre donn&#233;, tenter d'esquisser une intrigue, un pitch.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus qu'un roman de la S&#233;rie Noire, Mon royaume pour des amph&#232;ts ! fait plut&#244;t venir une parodie shakespearienne &#8212; et pourquoi une parodie, du reste, &#231;a pourrait &#234;tre, &#224; la mani&#232;re d'un Kurozawa revisitant consciencieusement l'&#339;uvre du Barde &#224; la sauce Miso, un remake de &lt;i&gt;Richard III&lt;/i&gt; dans le contexte de la P&#232;gre, du trafic de drogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une Guerre des Guns&amp;Roses, en somme. J'aime &#224; penser que les producteurs de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/The_Wire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Wire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; pourrait en faire un chef-d'&#339;uvre. Mais mon envie serait davantage de rendre &#224; cette trag&#233;die historique toute la mesquinerie que recouvre la soif du pouvoir. Plus que le g&#233;nie machiav&#233;lique, l'hypocrisie, la manipulation, la petite frappe, le pervers narcissique &#224; la petite semaine. Non pas le r&#234;ve d'un destin historique, la qu&#234;te de la gloire, dont la couronne ne serait que le marchepied, mais l'avarice, la petitesse d'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste que le titre n'aurait finalement pas trop sa place dans cette histoire : pourquoi ce petit chef aurait-il besoin d'amph&#233;tamines, au c&#339;ur d'une bataille en passe d'&#234;tre perdue ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Abymes oniriques</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article602</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article602</guid>
		<dc:date>2026-05-19T07:40:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; peine &#233;veill&#233;, je m'aper&#231;ois que je r&#234;ve encore &#8212; sentiment familier et trompeur, avec comme une pointe de satisfaction du r&#234;veur que je suis &#224; l'id&#233;e que ma nuit se poursuit, que ce n'est ni le moment de se lever, ni une inopportune insomnie. Je r&#234;ve encore, mais, comme souvent au r&#233;veil, je me souviens du r&#234;ve dont je sors &#224; peine. Dans les brumes encore mal dissip&#233;es de ce r&#233;veil en r&#234;ve, je m'avise de la pr&#233;sence de C., une amie que, au demeurant, dans la vraie vie r&#233;elle hors r&#234;ve, je (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Et Freud dans tout &#231;a ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; peine &#233;veill&#233;, je m'aper&#231;ois que je r&#234;ve encore &#8212; sentiment familier et trompeur, avec comme une pointe de satisfaction du r&#234;veur que je suis &#224; l'id&#233;e que ma nuit se poursuit, que ce n'est ni le moment de se lever, ni une inopportune insomnie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je r&#234;ve encore, mais, comme souvent au r&#233;veil, je me souviens du r&#234;ve dont je sors &#224; peine. Dans les brumes encore mal dissip&#233;es de ce r&#233;veil en r&#234;ve, je m'avise de la pr&#233;sence de C., une amie que, au demeurant, dans la vraie vie r&#233;elle hors r&#234;ve, je n'ai pas vue depuis des lustres (et j'en suis fort marri : il faudra que je l'appelle rapidement, je lui dirai que j'ai r&#234;v&#233; d'elle, elle en rira).&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque C. est l&#224;, et que je me souviens encore de mon r&#234;ve, je lui en fais part.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Manifestement, je suis peintre, ou du moins plasticien, puisque doit se tenir une exposition de mes &#339;uvres. Or je d&#233;couvre que quelqu'un d'autre &#8212; qui s'av&#232;re &#234;tre S., artiste peintre (professionnel) et gambiste (amateur), am&#233;ricain install&#233; en France mais qui avait conserv&#233; son accent, et par ailleurs grand ami de mes parents (S. est h&#233;las d&#233;c&#233;d&#233; depuis plusieurs ann&#233;es au moment o&#249; je fais ce r&#234;ve) &#8212; S., donc, disais-je, avant d'&#234;tre grossi&#232;rement interrompu par moi-m&#234;me, a gliss&#233; quelques-unes de ses propres toiles dans mon exposition, qui &#233;tait pourtant cens&#233;e &#234;tre monographique ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le reconnais bien l&#224; : il avait toujours un petit sourire, &#224; la fois bienveillant et doucement espi&#232;gle &#8212; je me souviens que, enfant, quand je lui montrais des copies de tableaux que j'avais faites (au pastel gras) &#224; l'occasion d'une visite au Mus&#233;e d'Orsay, il en avait imm&#233;diatement reconnu les mod&#232;les (ce qui m'&#233;tonna beaucoup : ce n'&#233;tait pas tr&#232;s ressemblant&#8230; Je n'ai jamais &#233;t&#233; dou&#233; en dessin ou peinture). J'ai toujours aim&#233; son travail, que je sais &#224; pr&#233;sent largement inspir&#233; par l'&#339;uvre Pollock et de Rothko. C'est sans doute via ses toiles (dont une qui orne toujours un mur chez mes parents) que j'ai trouv&#233; mon chemin vers l'abstraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, je raconte mon r&#234;ve &#224; C. (qui, j'y songe en notant &#224; pr&#233;sent ce r&#234;ve, n'est sans doute pas vraiment l'amie &#233;voqu&#233;e plus haut, mais une autre C., artiste peintre avec laquelle j'ai sympathis&#233;e voil&#224; bient&#244;t vingt ans et que je ne vois plus h&#233;las presque autant de temps, tout en recevant r&#233;guli&#232;rement de ses nouvelles), et elle me demande du tac au tac : &#171; Que veux-tu faire (sous entendu : &#224; ce sujet, que quelqu'un ait m&#234;l&#233; ses toiles aux miennes) ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je r&#233;ponds : &#171; &#201;crire &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; J'&#233;coute de tout. &#187;</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article601</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article601</guid>
		<dc:date>2026-05-18T09:56:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Voil&#224; une phrase que j'entends beaucoup. Tout le temps. En grand fan de course au large, c'est une phrase gliss&#233;e &#224; tout bout d'interviews : &#171; &#192; bord, j'&#233;coute de la musique, je me suis fait une playlist, un peu de tout. &#187;
&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis plus jeune, quand on rencontrait de nouveaux amis et que la conversation tombait, par d&#233;faut, apr&#232;s avoir &#233;voqu&#233; la pluie et le beau temps, sur la musique.
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Et g&#233;n&#233;ralement le &#171; tout &#187; est assez r&#233;duit. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Voil&#224; une phrase que j'entends beaucoup. Tout le temps. En grand fan de course au large, c'est une phrase gliss&#233;e &#224; tout bout d'interviews : &#171; &#192; bord, j'&#233;coute de la musique, je me suis fait une playlist, un peu de tout. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis plus jeune, quand on rencontrait de nouveaux amis et que la conversation tombait, par d&#233;faut, apr&#232;s avoir &#233;voqu&#233; la pluie et le beau temps, sur la musique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Et g&#233;n&#233;ralement le &#171; tout &#187; est assez r&#233;duit. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une expression qui m'&#233;nerve : faut vraiment pas connaitre grand-chose pour &#234;tre en mesure d'&#233;couter de tout !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne connais absolument personne qui &#233;coute de tout, r&#233;ellement. Et pour cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Peut-&#234;tre Borges aurait-il pu imaginer une musique qui contient toutes les musiques ? Auquel cas, pour &#233;couter de tout, il faudrait &#233;couter cette musique jusqu'au bout ? Mais alors, on n'&#233;couterait pas &#171; de tout &#187;, puisqu'on n'&#233;couterait qu'une et une seule musique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;coute de tout. &#187; Ou alors, peut-&#234;tre consid&#233;rer la musique comme une et indivisible. Auquel cas, on &#233;coute de la musique. Un point, c'est tout.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Accord-cadre (v0.5b)</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article600</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article600</guid>
		<dc:date>2026-05-13T10:12:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est du piano, et pas du piano. C'est de la musique, et pas de la musique. C'est un souvenir, presque une petite madeleine, et un pr&#233;sent r&#233;it&#233;r&#233;, bien que rare. C'est le marteau qui percute, une corde qui sonne &#8212; les autres &#233;touff&#233;es imparfaitement. Percute et percute encore. Et la hauteur qui glisse, l&#233;g&#232;rement, par &#224;-coups, &#224; chaque nouvelle percussion. Et toute la caisse qui r&#233;sonne &#8212; mais mal, trop ouverte, &#224; vide, et en m&#234;me temps pleine d'une autre lumi&#232;re, d'autres partiels. Comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Musique(s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est du piano, et pas du piano.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est de la musique, et pas de la musique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un souvenir, presque une petite madeleine, et un pr&#233;sent r&#233;it&#233;r&#233;, bien que rare.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le marteau qui percute, une corde qui sonne &#8212; les autres &#233;touff&#233;es imparfaitement. Percute et percute encore. Et la hauteur qui glisse, l&#233;g&#232;rement, par &#224;-coups, &#224; chaque nouvelle percussion. Et toute la caisse qui r&#233;sonne &#8212; mais mal, trop ouverte, &#224; vide, et en m&#234;me temps pleine d'une autre lumi&#232;re, d'autres partiels. Comme un d&#233;cor de th&#233;&#226;tre qu'on d&#233;monte avant d'en installer un nouveau, chaque &#233;clat de son, tel un coup de projecteur, donne &#224; voir un d&#233;tail de l'acoustique du piano qui n'est jamais entendu autrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Percute et percute encore. On y est presque. Et chaque percussion m'envoie un frisson le long de l'&#233;chine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un petit grattement et c'est reparti : la m&#234;me note de nouveau percut&#233;e, mais tout soudain fausse, loin de l'autre &#8212; et le marteau qui cherche &#224; nouveau l'unisson, percute et percute encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que j'aime dans ces sons scand&#233;s n'est &#233;videmment pas ce que l'accordeur attend. C'est l'accident, le chemin vers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout soudain interruption : vaste arp&#232;ge du haut vers le bas du clavier, comme pour se laver les oreilles de cette &#233;coute microm&#233;trique et si accaparante. Deux ou trois accords et l'on est reparti &#8212; une autre note cette fois, &#224; la quinte, la quarte, parfois l'octave, peut-&#234;tre la tierce &#8212; on laisse sonner, on compte les battements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ces battements interf&#233;rentiels que l'on cherche, ces frottements plus ou moins l&#233;gers, ces dissonances que l'on attend selon le temp&#233;rament choisi. Toute la richesse de la microtonalit&#233; se d&#233;ploie l&#224;, comme vue sous un microscope. Tous les d&#233;lices du ph&#233;nom&#232;ne acoustique en m&#234;me temps que de l'inharmonicit&#233; du piano et des pi&#232;ges que tout accord tend &#224; celui qui le poursuit. &#199;a glisse, &#231;a file entre les mains.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une partition non &#233;crite, improvis&#233;e et immuable, que chaque accordeur s'&#233;crit pour lui-m&#234;me, dans des micro variations selon les lieux, les instruments et leurs maitres (aux instruments comme aux accordeurs). C'est comme l'&#233;chauffement d'un piano avant d'&#234;tre jou&#233;, et c'est une des plus belles exp&#233;riences acoustiques qui soit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout un paysage qui s'ouvre &#8212; comme ces marines ou ces paysages de campagne, toujours renouvel&#233;s &#8212; comme les chants d'oiseau, et leur partition temporelle au fil de la journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pourrais peut-&#234;tre, &#224; la mani&#232;re d'un Duchamp, proclamer : ceci est une &#339;uvre, ceci est mon &#339;uvre. Et pourquoi pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ?</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article599</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article599</guid>
		<dc:date>2026-05-12T09:34:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le Festival de Cannes ouvre ses portes, une question (rh&#233;torique tant la r&#233;ponse semble &#233;vidente) s'impose &#224; moi : Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ? Si l'on regarde les grands classiques, on pourrait sans trop se tromper affirmer qu'un film comme Citizen Kane aurait pu avoir les faveurs du jury, si le festival (tel qu'on le connait aujourd'hui du moins) s'&#233;tait tenu en 1941 ou 1942 : par ses audaces formelles et esth&#233;tiques, par sa peinture sans fard de la soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le Festival de Cannes ouvre ses portes, une question (rh&#233;torique tant la r&#233;ponse semble &#233;vidente) s'impose &#224; moi : Lubitsch aurait-il remport&#233; la Palme d'or ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on regarde les grands classiques, on pourrait sans trop se tromper affirmer qu'un film comme &lt;i&gt;Citizen Kane&lt;/i&gt; aurait pu avoir les faveurs du jury, si le festival (tel qu'on le connait aujourd'hui du moins) s'&#233;tait tenu en 1941 ou 1942 : par ses audaces formelles et esth&#233;tiques, par sa peinture sans fard de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine d'alors, par sa force dramaturgique, qui confine &#224; la trag&#233;die antique. On imagine aussi ais&#233;ment un Fritz Lang remporter la Palme. Pourrait-on en dire autant de &lt;i&gt;S&#233;r&#233;nade &#224; trois&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;Haute P&#232;gre&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;Ninotchka&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;The Shop around the Corner&lt;/i&gt; ? De &lt;i&gt;La Huiti&#232;me femme de Barbe-Bleue&lt;/i&gt; (sans parler de toute son exquise filmographie muette) ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ose pourtant dire tout haut qu'il y a plus de cin&#233;ma, plus de g&#233;nie, plus d'intelligence sociale m&#234;me, dans une seule minute d'un seul de ses films que dans tout ce qu'ont pu produire les Fr&#232;res Dardenne ou Jacques Audiard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ? N'y a-t-il pas autant d'humanit&#233; dans ces com&#233;dies si subtiles que dans les gestes pompeux des habitu&#233;s de la Croisette ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; moins que la com&#233;die n'ait pas suffisamment de noblesse. On me r&#233;torquera sans doute : Bong Joon-Ho (&lt;i&gt;Parasite&lt;/i&gt;), Ruben &#214;stlund (&lt;i&gt;The Square, Sans filtre&lt;/i&gt;) ou, encore plus loin, Michael Moore, Mike Leigh ou Emil Kustiriza (en gros : six com&#233;dies prim&#233;es en plus de quarante ans). Certes. Et je ne nie pas les qualit&#233;s de ces films. Mais il n'y a l&#224; rien de comparable avec celles d'un Lubitsch &#8212; ou, dans une moindre mesure, d'un Wilder par exemple (qui fut du reste longtemps sc&#233;nariste de Lubitsch).&lt;br class='autobr' /&gt;
Je reste pourtant persuad&#233; que si on pr&#233;sentait &#224; Cannes un bijou aussi raffin&#233; que &lt;i&gt;(je ne sais lequel mettre&#8230; impossible de choisir)&lt;/i&gt;, je suis absolument certain que le jury passerait &#224; c&#244;t&#233; et se pr&#233;cipiterait vers le plus gros gonflement d'ego de la s&#233;lection.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me demande si on ne pourrait pas en dire autant de Hitchcock (le suspense, si ce n'est pour annoncer la d&#233;ch&#233;ance totale de ses personnages, ce n'est pas digne du tapis rouge), de John Ford de Mankiewicz, ou de Howard Hawks (Cannes comprendrait-il &lt;i&gt;Le grand sommeil&lt;/i&gt; ? Sans doute pas. D'un autre c&#244;t&#233;, moi non plus, alors bon). Et &lt;i&gt;Casablanca&lt;/i&gt; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
J'imagine &#233;galement assez mal un Cary Grant r&#233;compens&#233;, ou l'un des fr&#232;res Marx &#8212; au reste, de m&#233;moire (il faudrait v&#233;rifier), je ne crois pas qu'une actrice ou un acteur ait jamais &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;.e pour un r&#244;le dans un com&#233;die.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela n'est pas bien grave, au fond. Mais c'est l&#224; un point aveugle bien regrettable de l'historiographie du cin&#233;ma telle qu'&#233;crite par ce genre de festivals.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
