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	<title>Inachev&#233;.net</title>
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	<description>Site de cr&#233;ation litt&#233;raire plus ou moins exp&#233;rimentale</description>
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		<title>Inachev&#233;.net</title>
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		<title>Un g&#233;nie pas comme les autres</title>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un homme sans qualit&#233; ? Non. Certains ont du g&#233;nie &#8212; du g&#233;nie pour cr&#233;er, du g&#233;nie pour innover, du g&#233;nie pour sublimer, pour transcender, pour galvaniser, transporter, &#233;merveiller, r&#233;volutionner, bouleverser, &#233;mouvoir, &#233;branler, s&#233;duire, hypnotiser, gu&#233;rir, consoler, ranimer, stup&#233;fier, d&#233;couvrir, conceptualiser, r&#233;chauffer les &#226;mes et chauffer les foules. Lui, non. Rien de tout cela. Il &#233;tait pourtant dou&#233; d'un talent absolument unique et fabuleux : celui de ressentir, mieux que quiconque, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fictions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un homme sans qualit&#233; ? Non.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains ont du g&#233;nie &#8212; du g&#233;nie pour cr&#233;er, du g&#233;nie pour innover, du g&#233;nie pour sublimer, pour transcender, pour galvaniser, transporter, &#233;merveiller, r&#233;volutionner, bouleverser, &#233;mouvoir, &#233;branler, s&#233;duire, hypnotiser, gu&#233;rir, consoler, ranimer, stup&#233;fier, d&#233;couvrir, conceptualiser, r&#233;chauffer les &#226;mes et chauffer les foules.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lui, non. Rien de tout cela. Il &#233;tait pourtant dou&#233; d'un talent absolument unique et fabuleux : celui de ressentir, mieux que quiconque, les moindres intentions artistiques des &#339;uvres qu'il appr&#233;hendait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'une musique retentisse et il l'&#233;coutait avec une virtuosit&#233; sans pareille : il en ressentait la moindre inflexion, la moindre nuance, son sens cach&#233; le touchait jusqu'au plus profond de son &#234;tre &#8212; tout entier, il &#233;tait empathie, il vivait l'&#233;motion dans sa puret&#233; brute. Pareil lorsqu'il lisait un livre : aussit&#244;t l'intimit&#233; de l'&#233;crivain &#233;tait la sienne, il se retrouvait comme projet&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds de son &#226;me, vibrait aux moindres sentiments des personnages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette hypersensibilit&#233; artistique lui procurait des extases sans fin &#8212; et son m&#233;decin s'inqui&#233;tait du reste parfois de ce qu'il prenait pour les sympt&#244;mes d'une maladie cardiaque ou nerveuse myst&#233;rieuse. Il suffisait que notre homme ait lu dans sa salle d'attente un chapitre de roman, un po&#232;me, ou m&#234;me un article de mode d'un magazine f&#233;minin, pour que l'onde des frissons provoqu&#233;es se poursuive en &#233;cho jusque sur la table d'examen.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces &#233;motions avaient &#233;galement un retentissement fort sur son &#233;tat de forme : constamment au bord de l'orgasme artistique, il s'&#233;puisait sans cesse. Quand le besoin irr&#233;pressible le prenait d'&#233;chapper &#224; toutes ces sollicitations, il tentait d'aller se ressourcer &#224; l'&#233;cart de la civilisation, au fond d'une vall&#233;e, dans les confins d'un d&#233;sert, au large, perdu sur la banquise &#8212; et c'&#233;tait alors la beaut&#233; de la nature qui le saisissait, plus imparable encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son m&#233;decin &#233;tait d'autant plus interloqu&#233; qu'il &#233;tait bien incapable, comme tout le monde du reste, de deviner chez son patient ce talent cach&#233;. Ce dernier &#233;tait en effet si d&#233;muni face au verbe qu'il ne trouvait jamais les mots pour exprimer ces s&#233;ismes intimes qui le secouaient &#224; la moindre lecture, au moindre son entendu. Si exceptionnel soit-il, son talent se cantonnait au ressenti, le commentaire lui &#233;tait inaccessible et il apparaissait &#224; tous d'une m&#233;diocrit&#233; fabuleuse. Il ne pouvait faire profiter personne de son don &#8212; pas m&#234;me les artistes qui auraient pourtant beaucoup &#224; apprendre des effets, d&#233;sirables ou secondaires, de leurs &#339;uvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que son c&#339;ur l&#226;cha, &#224; la lecture d'un roman &#224; l'eau de rose &#8212; au moment de l'in&#233;vitable dispute entre les amants : le d&#233;chainement de la ranc&#339;ur et de la jalousie qu'il lisait fut la goutte d'eau qui fit d&#233;border le vase.&lt;br class='autobr' /&gt;
On le retrouva plusieurs semaines plus tard, avachi dans le fauteuil o&#249; il avait l'habitude de lire, le livre encoure ouvert &#224; la page du crime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;trange d&#233;faite</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#201;trange d&#233;faite que celle-ci, en v&#233;rit&#233;. Celle &#224; laquelle on se r&#233;signe, &#224; laquelle on se pr&#233;pare. Celle que l'on pense in&#233;luctable, sans qu'on sache vraiment pourquoi. Alors on voit l'&#233;l&#233;phant marcher tranquillement vers l'entr&#233;e du magasin de porcelaine, et on sert les fesses. On ne baisse pas le rideau, mais les bras. On ne se pr&#233;pare pas au combat, mais &#224; la passivit&#233;. On esp&#232;re qu'il en restera quelque chose &#8212; on imagine bien que plus un service ne sera complet. Le stock sera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;trange d&#233;faite que celle-ci, en v&#233;rit&#233;. Celle &#224; laquelle on se r&#233;signe, &#224; laquelle on se pr&#233;pare. Celle que l'on pense in&#233;luctable, sans qu'on sache vraiment pourquoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors on voit l'&#233;l&#233;phant marcher tranquillement vers l'entr&#233;e du magasin de porcelaine, et on sert les fesses. On ne baisse pas le rideau, mais les bras. On ne se pr&#233;pare pas au combat, mais &#224; la passivit&#233;. On esp&#232;re qu'il en restera quelque chose &#8212; on imagine bien que plus un service ne sera complet. Le stock sera invendable. Plus rien n'aura de sens. M&#234;me les plus fervents kintsugistes seront incapables d'en tirer quoi que ce soit.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit la voiture qui fonce, phares allum&#233;s, en plein jour. On n'essaie pas de d&#233;tourner sa course. On baisse la t&#234;te, en esp&#233;rant que le pot d'&#233;chappement ne nous embarquera pas la t&#234;te au passage. On se dit sans doute qu'on fera partie des &#233;lus, que ce n'est qu'un mauvais moment &#224; passer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, &#231;a arrive souvent : on est sur la route, on s'aper&#231;oit au dernier moment que le v&#233;hicule d&#233;rive sur la gauche et, au dernier moment, on r&#233;tablit &#8212; presque une surprise que tout se soit bien pass&#233;. Tant de fois on a fr&#244;l&#233; la catastrophe &#8212; comme ces enfants qui apprennent &#224; marcher et dont le cr&#226;ne, tant de fois, a fr&#244;l&#233; un coin de table, a failli tomber sur un objet contondant, et puis non, finalement, comme prot&#233;g&#233; par je-ne-sais-quelle divinit&#233;. Pourquoi en irait-il autrement cette fois ? &lt;br class='autobr' /&gt;
On respire profond&#233;ment. Ce n'est m&#234;me pas la stupeur du choc qui nous t&#233;tanise, c'est presque une volont&#233; consciente de se laisser faire. On tente de chercher le nirvana, on se dit que la post&#233;rit&#233; nous donnera raison, et que, en attendant, ben &#8212; tant pis pour ceux qui tomberont. Ne vous d&#233;fendez pas. Ne faites rien. Laissez agir. &#199;a va bien se passer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par devers soi, on fait ses petits calculs. On se dit que, l&#224; o&#249; on est, &#231;a passera. La l&#226;chet&#233; a-t-elle vraiment une taille en l'esp&#232;ce ? Petite ou grande : m&#234;me combat &#8212; c'est l'&#233;go&#239;sme qui surnage dans cet oc&#233;an d'angoisse. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;trange d&#233;faite &#8212; plus &#233;trange encore tant elle semble l'&#233;cho de pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Miroir magique</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Miroir, &#244; miroir, dis-moi ! Qui est la plus belle de toutes ? &#187; Il fut longtemps difficile de r&#233;pondre &#224; cette question lorsqu'on n'&#233;tait pas une reine de conte de f&#233;e. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile : followers, salaires, likes, r&#233;sultats google. Internet et les r&#233;seaux sociaux sont un miroir magique &#224; la port&#233;e de tous. Seulement, comme pour celui de la reine mal&#233;fique, c'est un miroir qui ne rend absolument pas compte du subjectif intrins&#232;que de la r&#233;ponse &#224; cette question. Et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Miroir, &#244; miroir, dis-moi ! Qui est la plus belle de toutes ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fut longtemps difficile de r&#233;pondre &#224; cette question lorsqu'on n'&#233;tait pas une reine de conte de f&#233;e. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile : followers, salaires, likes, r&#233;sultats google. Internet et les r&#233;seaux sociaux sont un miroir magique &#224; la port&#233;e de tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement, comme pour celui de la reine mal&#233;fique, c'est un miroir qui ne rend absolument pas compte du subjectif intrins&#232;que de la r&#233;ponse &#224; cette question. Et, plus encore, de l'impact m&#234;me de ladite beaut&#233; sur le monde. Sans convoquer ici Pascal, une beaut&#233; qui stup&#233;fie, qui soumet, a peu en commune avec une beaut&#233; qui exalte, qui invite &#224; l'action &#8212; une dialectique qui renvoie ici aussi &#224; celle du Dieu, vengeur et jaloux, ou plein d'amour et de compassion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'une conversation avec le compositeur &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Reich&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Steve Reich&lt;/a&gt;, j'&#233;voquais avec lui la dimension &#171; politique &#187; de certaines de ses &#339;uvres &#8212; et leurs motivations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens lui avoir demand&#233; un moment : &#171; Avez-vous le moindre espoir d'avoir un quelconque impact sur le monde ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Question rh&#233;torique, bien s&#251;r, dont je connaissais la r&#233;ponse. Mais ce qui m'a frapp&#233;, c'est l'humilit&#233; de sa r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Prenez &lt;i&gt;Guernica&lt;/i&gt;. Sans doute une peinture parmi les plus belles qui soient, mais aussi l'une des plus fortes, des plus expressives : elle nous happe, elle frappe l'imagination, elle dit toute l'horreur de la guerre. &lt;i&gt;Guernica&lt;/i&gt; a-t-elle eu le moindre effet sur le cours de l'Histoire ? Non. Hitler &#233;tait d&#233;j&#224; au pouvoir, la Shoah s'est poursuivie. Deux ans plus tard, le conflit le plus sanglant de l'histoire de l'homme a &#233;clat&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et on pourrait continuer : m&#234;me depuis 1945, &lt;i&gt;Guernica&lt;/i&gt;, certes reconnue mondialement comme un chef-d'&#339;uvre de la peinture, est un non-&#233;v&#233;nement du point de vue historique. Et les guerres se poursuivent joyeusement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Alors moi, avec ma musique, quel espoir puis-je avoir ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut imaginer Sisyphe heureux, sans doute. Heureux et sans m&#233;moire. Car il n'apprend ni de ses &#233;checs, ni de ses victoires. Il vit son pr&#233;sent. Sans m&#233;moire, mais sans sensibilit&#233; non plus ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors pourquoi ce besoin de reconnaissance ? Pourquoi ce recours narcissique &#224; ce miroir qui, au surplus, ne dit rien sur rien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi &#233;crit-on ? J'aimerais ne plus ressentir le besoin de publier, le besoin d'&#234;tre lu. Je n'&#233;cris pas pour &#234;tre lu. Mais j'en nourris toujours l'espoir. J'aime &#233;crire, m&#234;me si c'est une v&#233;ritable torture. Il faut imaginer Sisyphe heureux, encore et toujours. Et l'on n'invente rien, quoi qu'on en dise. M&#234;me Camus n'a pas invent&#233; sa phrase ! Il l'aurait emprunt&#233;e au philosophe japonais (en partie form&#233; en Allemagne et en France) &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sh?z?_Kuki&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sh ?z ? Kuki&lt;/a&gt; (1888-1941).&lt;br class='autobr' /&gt;
On est bien peu de chose, ma bonne dame.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sacrifi&#233;e</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article662</link>
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		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il y en a toujours une, parfois toujours la m&#234;me, parfois tout &#224; fait une autre, mais jamais moyen de savoir sur quel autel, quels augures, quelle fin. Esclave du pass&#233;, du pr&#233;sent ou de l'avenir, qu'importe. Ce n'est plus un individu, c'est toute une g&#233;n&#233;ration &#8212; injonction contradictoire du progr&#232;s : r&#233;partir la responsabilit&#233; du pouvoir pour &#233;viter de penser la suite. Abandonn&#233;e, n&#233;glig&#233;e, plong&#233;e dans la d&#233;r&#233;liction la plus consomm&#233;e. Inlassablement, toujours d&#233;j&#224;. Ni le loisir ni le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y en a toujours une, parfois toujours la m&#234;me, parfois tout &#224; fait une autre, mais jamais moyen de savoir sur quel autel, quels augures, quelle fin. Esclave du pass&#233;, du pr&#233;sent ou de l'avenir, qu'importe. Ce n'est plus un individu, c'est toute une g&#233;n&#233;ration &#8212; injonction contradictoire du progr&#232;s : r&#233;partir la responsabilit&#233; du pouvoir pour &#233;viter de penser la suite. Abandonn&#233;e, n&#233;glig&#233;e, plong&#233;e dans la d&#233;r&#233;liction la plus consomm&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Inlassablement, toujours d&#233;j&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni le loisir ni le temps de penser. Pas les moyens non plus. Les aurait-on, c'est l'envie qui manquerait, de les mettre en &#339;uvre. Confort &#224; courte vue. Quand ce n'est pas simplement l'hygi&#232;ne de vie qui contredit l'hygi&#232;ne du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le reste : sacrifice. Silencieux. Sans le dire. Sans le faire sentir. Au contraire : l'illusion est bien plus forte. On croit remplir son r&#244;le. On se souvient &#234;tre pr&#233;dateur &#8212; on oublie qu'on est proie. Gonfl&#233; comme une baudroie, on esp&#232;re que &#231;a suffira.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis finalement, n'est-ce pas l'esp&#232;ce tout enti&#232;re que l'on sacrifie ? Cadeau empoisonn&#233; de la conscience de soi, de l'intelligence du monde. On se console en pensant, pens&#233;e en tourbillon, inexorablement attir&#233; par la masse du trou noir &#8212; on esp&#232;re toujours faire partie du rayonnement, de cette infime flux de mati&#232;re qui s'en &#233;chappe. Le plus probable est qu'on suive le gros du reste. On voudrait se distinguer &#8212; cela ne ferait qu'acc&#233;l&#233;rer la chute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors ne reste plus que la m&#233;diocrit&#233; : suivre le mouvement. On sera moins malheureux. S'agirait alors de cesser de le dire, de l'&#233;crire. De jouer sur les mots. Ou avec, qu'importe. Rappeler un i, un e, un o, et quelques u malheureux, oublier le e qu'on pr&#233;f&#232;rerait n'avoir jamais rencontr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref : disparaitre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Insucc&#232;s</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article661</link>
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		<dc:date>2026-09-17T09:30:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#199;a ne sort pas
&lt;br class='autobr' /&gt;
S'arr&#234;te au seuil des l&#232;vres
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine entrouvertes
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a se bouscule, &#231;a se presse.
&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;go le dispute &#224; la pudeur
&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui gagne sans &#233;gard,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni regard.
&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait pourtant.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'on vaut, ce qu'on veut.
&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;serve, discr&#233;tion, imposture.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Savant d&#233;s&#233;quilibre &#8212; brutalit&#233; nette et sans ambages
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas s'imposer,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas surplomber,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sultat : pas.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien, on n'est rien, on ne devient rien, on ne sera rien.
&lt;br class='autobr' /&gt;
On restera, petit, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#199;a ne sort pas&lt;br class='autobr' /&gt;
S'arr&#234;te au seuil des l&#232;vres&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine entrouvertes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a se bouscule, &#231;a se presse.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;go le dispute &#224; la pudeur&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui gagne sans &#233;gard,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni regard.&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait pourtant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'on vaut, ce qu'on veut.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;serve, discr&#233;tion, imposture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Savant d&#233;s&#233;quilibre &#8212; brutalit&#233; nette et sans ambages&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas s'imposer,&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas surplomber,&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout ne pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sultat : pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien, on n'est rien, on ne devient rien, on ne sera rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
On restera, petit, sans envergure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seul et sans &#233;gal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Votif et fautif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne sachant jamais prendre ce qui se saisit de soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne sachant, non plus, se faire plus cryptique que n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peur d'&#234;tre incompris, et incompris de fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne t'attend. Personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne n'a besoin de toi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dispens&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Traduire</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article660</link>
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		<dc:date>2026-09-16T09:44:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'enfant s'agite sur sa chaise haute. Tout son corps s'y met. Ses petites fesses remuent dans la couche, entrainant tout son si&#232;ge dans un mouvement fr&#233;n&#233;tique, heurtant au passage le pied de la table dans une paraphrase du Toltshock du Sacre du Printemps. L'air de la pi&#232;ce vibre d'un seul bloc sous l'effet de la frustration. L'enfant s'agite, les deux bras tendus devant son visage &#224; l'horizontal, le regard comme aimant&#233; par un objet inconnu, que l'on imagine cach&#233; dans l'espace qui lui fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enfant s'agite sur sa chaise haute. Tout son corps s'y met. Ses petites fesses remuent dans la couche, entrainant tout son si&#232;ge dans un mouvement fr&#233;n&#233;tique, heurtant au passage le pied de la table dans une paraphrase du Toltshock du Sacre du Printemps. L'air de la pi&#232;ce vibre d'un seul bloc sous l'effet de la frustration.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enfant s'agite, les deux bras tendus devant son visage &#224; l'horizontal, le regard comme aimant&#233; par un objet inconnu, que l'on imagine cach&#233; dans l'espace qui lui fait face. Il chantonne un fredon entrecoup&#233; de petits cris aigus et rapides, modul&#233;s par ses l&#232;vres tour &#224; tour ouvertes et ferm&#233;s &#8212; t&#226;chant &#224; toute force de d&#233;chirer le rideau d'incommunicabilit&#233; qui l'enceint.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un coup, il s'immobilise, cesse son fredon. Il n'a pourtant rien obtenu. Les adultes autour de lui le regardent toujours d'un air ahuri, incapable de r&#233;pondre &#224; son besoin. Mais l'enfant se tait, et se tourne d'un coup vers son fr&#232;re, &#224; ses c&#244;t&#233;s. Il le regarde et on peut lire dans ses grands yeux une pri&#232;re en m&#234;me temps qu'une patience insolite. Il attend son traducteur. Le seul qui le comprenne. Le seul qui ait encore un pied dans le monde des sans-mots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fr&#232;re se pr&#234;te de bonne gr&#226;ce &#224; l'exercice : il traduit. Sans m&#234;me regarder l'enfant. En quelques phrases parfaitement tourn&#233;es, il va droit au but. Il exprime le besoin, la frustration, la question qui br&#251;le les l&#232;vres &#8212; il en est d'autant plus ravi, que ce souhait, il le fait sien dans l'instant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le fr&#232;re a termin&#233;, l'adulte regarde l'enfant, comme pour chercher confirmation. L'enfant s'agite une fois dans sa chaise &#8212; un aller-retour unique, les bras &#224; nouveau tendus, qui signifie &#171; Bah oui ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On lui tend l'objet. Il le porte imm&#233;diatement &#224; sa bouche &#8212; se demande s'il ne pourrait pas y avoir quelque chose de plus rapide, de plus efficace, une traduction simultan&#233;e, finalement.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourtant clair, non mais sans blague.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nirvana</title>
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		<dc:date>2026-09-15T08:11:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lieu d'absence et de labeur, de d&#233;tachement et de lib&#233;ration, de d&#233;chargement et d'ennui profond, lieu d'aisance et de mal-&#234;tre, vomitoire et logorrh&#233;ique, acte sans but, vide de sens et pourtant charg&#233; d'&#233;motion, barque sur les flots, priv&#233; de voile et d'aviron, bouchon errant entre deux flots, galet en passe d'&#234;tre poli, mais dont personne ne tirera le moindre ricochet, les &#233;crit volent, la marche sur place, la lettre vol&#233;e par son propre exp&#233;diteur, l'amant transi et timide, seul dans son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Langues oubli&#233;es&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lieu d'absence et de labeur, de d&#233;tachement et de lib&#233;ration, de d&#233;chargement et d'ennui profond, lieu d'aisance et de mal-&#234;tre, vomitoire et logorrh&#233;ique, acte sans but, vide de sens et pourtant charg&#233; d'&#233;motion, barque sur les flots, priv&#233; de voile et d'aviron, bouchon errant entre deux flots, galet en passe d'&#234;tre poli, mais dont personne ne tirera le moindre ricochet, les &#233;crit volent, la marche sur place, la lettre vol&#233;e par son propre exp&#233;diteur, l'amant transi et timide, seul dans son coin, en soi et hors de soi, sans destination, le cr&#226;ne se brise en deux d'un coup de hache port&#233; de l'int&#233;rieur, les membres tombent l'un apr&#232;s l'autre comme un playmobil martyris&#233;, pantin d&#233;sarticul&#233; qui n'a m&#234;me jamais eu l'espoir de s'incarner, riant aux &#233;clats, rire jaune et sardonique, les moustaches qui tombent, le coin des yeux qui remontent dans un plissement m&#233;chant, tapis de rien mouchet&#233; de noir, et puis ce carnet, ces feuilles volantes, cette corbeille en attente, une douzaine de stylos dont seuls deux ou trois fonctionnent encore &#8212; mais lesquels ? &#8212;, une agrafeuse ant&#233;diluvienne, une corbeille de faux fruits &#8212; dessin maladroit &#8212;, une odeur famili&#232;re, et ce rythme irr&#233;gulier, impair et passe, cette musique discr&#232;te qui t&#233;moigne, sans rien garantir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudrait pourtant en accepter l'&#233;vidence. Si &#231;a ne sert &#224; rien, pourquoi &#231;a servirait ? Si &#231;a n'aura absolument aucun impact durable, alors pourquoi le publier ? &#201;crire pour soi. Par n&#233;cessit&#233;, sans chercher la moindre reconnaissance, sans chercher le moindre lecteur. Se satisfaire de son g&#233;nie unique et solitaire, dans sa solitude &#8212; sans remise en cause, c'est bien pratique. Sa satisfaire de sa m&#233;diocrit&#233;, surtout, de son petit point de vue, de cet &#233;loignement de la po&#233;sie, de l'&#233;pop&#233;e et du romanesque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laisser aux autres le plaisir et se complaire dans la (d&#233;)confiture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trouver son bonheur &#224; &#233;crire sans espoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vingt-deux mois</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article658</link>
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		<dc:date>2026-09-14T10:26:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vingt-deux mois plus tard.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu moins peut-&#234;tre.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est encore qu'un crat&#232;re b&#233;ant.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Un crat&#232;re, entour&#233; de palissades.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Grillages ou t&#244;les, couvertes de portraits imprim&#233;s, dont l'encre,
&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s vingt-et-un mois d'intemp&#233;ries diverses,
&lt;br class='autobr' /&gt;
semble couler comme des larmes.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo sans photog&#233;nie : un chantier comme un autre.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis non.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Crat&#232;re sans sens ni raison,
&lt;br class='autobr' /&gt;
rempli de ferrailles, d'&#233;clats de bitumes,
&lt;br class='autobr' /&gt;
de fragments de b&#233;ton, de shrapnels d'acier.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Terrain vague, comme &#224; l'abandon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vingt-deux mois plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu moins peut-&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est encore qu'un crat&#232;re b&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un crat&#232;re, entour&#233; de palissades.&lt;br class='autobr' /&gt;
Grillages ou t&#244;les, couvertes de portraits imprim&#233;s, dont l'encre,&lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s vingt-et-un mois d'intemp&#233;ries diverses,&lt;br class='autobr' /&gt;
semble couler comme des larmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Photo sans photog&#233;nie : un chantier comme un autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis non.&lt;br class='autobr' /&gt;
Crat&#232;re sans sens ni raison,&lt;br class='autobr' /&gt;
rempli de ferrailles, d'&#233;clats de bitumes,&lt;br class='autobr' /&gt;
de fragments de b&#233;ton, de shrapnels d'acier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Terrain vague, comme &#224; l'abandon &#8212; et pourtant rien de vague, ici. Aucune &#233;vasion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Absurdit&#233; d'un monument votif dress&#233; &#224; la va-vite, dont les portraits de d&#233;solation couvrent la terre enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel est aussi bleu que ce jour-l&#224;. La chaleur, sans doute, aussi douce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a que le vide, l'absence, le n&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce p&#232;lerinage, que nous avons pourtant voulu, nous semble &#8212; on n'osera se le dire &#8212; tout &#224; coup sans objet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Anti-h&#233;ros, anti-drame, anti-&#233;motion.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire, elle, se poursuit, mais on est ici bloqu&#233; entre deux. Comme un deuil mal cuit, mal fini, que quelqu'un voudrait ne jamais clore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme ce crat&#232;re, ce trou sans &#226;me, que quelqu'un ne voudra jamais combler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Souvenirs de ground zero, juin 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il r&#232;gne</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article657</link>
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		<dc:date>2026-09-11T09:20:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il r&#232;gne dans les rues de la ville un calme paradoxal. Non pas que tout soit &#224; l'arr&#234;t, loin de l&#224;. La d&#233;licate m&#233;canique urbaine est &#224; l'&#339;uvre &#8212; les feux de circulation, les bus qui passent, les cin&#233;mas respectent les horaires des s&#233;ances. La rumeur est bien pr&#233;sente, le ronronnement des voitures, la clameur d'un klaxon, le hurlement rauque d'une moto. Rien ne manque et pourtant. &#192; l'&#339;il comme &#224; l'oreille, c'est difficilement quantifiable &#8212; peut-&#234;tre des statistiques indiqueraient-elles une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il r&#232;gne dans les rues de la ville un calme paradoxal. Non pas que tout soit &#224; l'arr&#234;t, loin de l&#224;. La d&#233;licate m&#233;canique urbaine est &#224; l'&#339;uvre &#8212; les feux de circulation, les bus qui passent, les cin&#233;mas respectent les horaires des s&#233;ances. La rumeur est bien pr&#233;sente, le ronronnement des voitures, la clameur d'un klaxon, le hurlement rauque d'une moto. Rien ne manque et pourtant. &#192; l'&#339;il comme &#224; l'oreille, c'est difficilement quantifiable &#8212; peut-&#234;tre des statistiques indiqueraient-elles une r&#233;duction de l'activit&#233; par rapport &#224; une apr&#232;s-midi normale de rentr&#233;e, et encore &#8212; n'est-ce qu'une impression ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les caf&#233;s sont ouverts, mais les salles sont clairsem&#233;es. Et, surtout, relativement silencieuses. Personne n'ose hausser la voix. Rares sont les rires. Pourtant, ce matin, tout le monde s'est rendu au travail, &#224; l'&#233;cole &#8212; comme tous les jours. Tout le monde doit donc bient&#244;t en rentrer, en toute logique. Mais personne n'ira faire les courses pour le d&#238;ner. Ou alors, tr&#232;s vite, le strict minimum. On se h&#226;tera, comme si l'orage mena&#231;ait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les trottoirs, personne ne baguenaude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps semble comme suspendu, flou. N'avance plus. Tourne en boucle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis ces centaines d'&#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Hypnotisants. Scotchants. De loin en loin, quelques rares groupes agglutin&#233;s devant &#8212; qui se dispersent tr&#232;s rapidement pour se reformer &#224; quelques dizaines ou centaines de m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces colonnes de fum&#233;e qui resteront &#224; jamais dans les m&#233;moires comme travers&#233;es, stri&#233;es, des lignes des tubes cathodiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t, une tour tombe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sid&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sentiment d'irr&#233;alit&#233;, d'un mauvais film catastrophe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le speaker ne sait plus quoi dire non plus. Il balbutie, radote, ratiocine. Reste muet devant ces petites silhouettes qui semblent des pantins d&#233;sarticul&#233;s jet&#233;s dans le vide &#8212; dont on n'ose imaginer la chute qui ne nous est pas montr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne sait ce qui se passe. On s'appelle, on se met en garde les uns les autres, on tente de se calmer mutuellement, on dit : &#171; Rentre &#224; la maison. S'il-te-plait, ce n'est pas s&#251;r. &#187; Mais on reste. On reste. On se raccroche &#224; l'illusion d'une normalit&#233; en honorant un rendez-vous, en rejoignant une bulle d'amiti&#233; s&#233;curisante. Une amiti&#233; d&#233;pouill&#233;e, &#224; l'os.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vestiges</title>
		<link>https://www.inacheve.net/spip.php?article656</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.inacheve.net/spip.php?article656</guid>
		<dc:date>2026-09-10T08:21:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Szpirglas</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De si&#232;cle en si&#232;cle, de mill&#233;naire en mill&#233;naire, la nature ne cesse de d&#233;faire ce qu'elle-m&#234;me a fait. Apr&#232;s avoir lentement excav&#233; une baie, la voil&#224; &#224; pr&#233;sent s'&#233;chinant &#224; la combler. Elle a goulument mont&#233; des montagnes &#8212; tel un p&#226;tissier ses blancs en neige ? L'&#233;rosion se chargera de leur ravaler l'ego. Que deux plaques continentales referment une mer, et voil&#224; l'eau qui patiemment la rouvre, provocant au passage un d&#233;luge au proportions bibliques et arasant plus encore c&#244;tes et fonds (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.inacheve.net/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;En vrac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De si&#232;cle en si&#232;cle, de mill&#233;naire en mill&#233;naire, la nature ne cesse de d&#233;faire ce qu'elle-m&#234;me a fait. Apr&#232;s avoir lentement excav&#233; une baie, la voil&#224; &#224; pr&#233;sent s'&#233;chinant &#224; la combler. Elle a goulument mont&#233; des montagnes &#8212; tel un p&#226;tissier ses blancs en neige ? L'&#233;rosion se chargera de leur ravaler l'ego. Que deux plaques continentales referment une mer, et voil&#224; l'eau qui patiemment la rouvre, provocant au passage un d&#233;luge au proportions bibliques et arasant plus encore c&#244;tes et fonds marins, sans &#233;gard pour la faune ou la flore. Une flaque se forme, le soleil l'&#233;vapore.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nature elle-m&#234;me, au long d'un interminable (et jamais termin&#233;) processus d'&#233;volution, a fait apparaitre l'humain &#8212; et soyons certains qu'elle le fera disparaitre, et estompera le moindre signe de sa pr&#233;sence. Suffira d'attendre : viendra bien un moment o&#249; une subduction emportera tout cela par le fond magmatique, qui m&#234;lera tout &#8212; et bien malin celui qui parviendra &#224; y d&#233;nicher trace de notre passage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Attendons quelques millions d'ann&#233;es suppl&#233;mentaires, et c'est la plan&#232;te tout enti&#232;re que la nature ravalera. Quelle importance, au fond. Qu'y a-t-il l&#224; &#224; sauver, v&#233;ritablement ? En serions-nous dignes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;lection naturelle, parfois, ne retient personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nulle arche pour sauver le moindre couple.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sans doute tr&#232;s bien ainsi.&lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant, il faut bien. Il faut bien quoi ? Il faut bien poursuivre. S'imaginer heureux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la chance de pouvoir envisager le moment o&#249;, enfin, on pourra se dire que tout cela fut bien bel et beau, qu'assez de bonheur a &#233;t&#233; sem&#233; autour de soi, et qu'on a le droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'univers poursuivra sa course. Sans qu'on sache jamais o&#249; elle m&#232;ne, et c'est tant mieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant : justement. Savoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce cela qui me retient ? Cette soif ? Cette pulsion ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis cette f&#233;licit&#233; &#224; &#233;couter, voir, lire, embrasser, jouir, encore et encore, toujours et toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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