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Quintette de Schumann – Allegro Brillante 1.0

Jeudi 24 septembre

jeudi 24 septembre 2026, par Jérémie Szpirglas

Le projet a déjà été esquissé ici et là. L’idée est simple : écrire un texte inspiré et suivant une musique qui me parait elle-même chargée de narration. En l’occurrence le Quintette avec piano de Schumann. Subordonner le récit à la forme musicale. Deuxième esquisse.

Le jeune homme entre triomphalement dans la vaste pièce bien éclairée, perd immédiatement de sa superbe : son regard parcourt rapidement la petite assemblée, à la recherche d’un regard ami — il se raffermit à nouveau puis se recroqueville immédiatement, imperceptiblement. Il ne voit personne — jusqu’à ce que son regard tombe sur elle.
Il reste interdit, stupéfait. Elle resplendit. Il lui semble que sa beauté dégage une douceur en même temps qu’une profondeur insondable. Il reste hypnotisé — tant et si bien que c’est son corps seul, comme doué d’une volonté propre, qui lui fait faire les quelques pas qui les séparent.
Les premières paroles sont mal assurées, d’un côté comme de l’autre.
La jeune fille est étonnée, ne sait que faire de cet échalas si maladroit, qui semble si mal à l’aise dans son corps. Mais le jeune homme a du velouté dans la voix. À mesure qu’il parle, ce qu’il dit, tout en demeurant mystérieux, lui parait prendre tout sens — un sens caché, qui ne se révèle qu’à elle.
Bientôt, la discussion s’enflamme — le débat s’envenime, sur un point qui semblerait une vétille à quiconque laisserait trainer une oreille. Mais pour eux, pour ces deux jeunes gens qui ne savent pas encore le couple qu’ils formeront, ce n’est pas une vétille, c’est essentiel. C’est le nœud de tout, ils le prennent très à cœur. Leur passion déjà parle, déjà cimente, déjà fomente, déjà tragédie.
L’avenir leur semble si brillant pourtant, si brillant et plein de bonheurs et de variations.
Les gestes passionnés déjà s’esquissent dans leurs cœurs, sans qu’ils en soient conscients — et sans qu’ils en laissent rien paraitre.
Mais déjà elle finit les phrases qu’il commence, entonne l’appogiature qui lancera ses rêves.
Mais déjà il bouillonne, le triomphe n’est plus, l’inspiration seule demeure, prometteuse — et sans conclusion véritable.