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Gloire
Lundi 24 août
lundi 24 août 2026, par
Je ne m’en lasse pas. Ça a quelque chose de magique. Un peu comme l’éclipse, mais en plus quotidien — cela appartient davantage à la famille de la foudre ou de la neige. Aussi loin que je me souvienne, ces scènes m’ont fasciné : le ciel est bouché et sombre, le paysage ponctué d’averses peu engageantes — quand tout d’un coup un rai de soleil se glisse dans l’interstice entre deux masses nuages lourds et menaçants. Dans le domaine de l’art sacré, on appelle ça une gloire — et certaines toiles exploitent justement l’expressivité extraordinaire de ce genre de scènes pourtant très courantes. Mais c’est tellement mieux en vrai — suggérant l’accalmie après la tempête, le salut, la permanence de la lumière. Dans certaines de ses marines, Turner s’en approche.
Mais ce que j’aime plus que tout dans ces gloires, c’est la matérialisation de la lumière, à laquelle les éléments donnent un aspect presque solide. C’est aussi ce qu’on peut observer lorsqu’un rai de lumière entre — souvent de biais, en début de matinée ou fin d’après-midi — dans une pièce, dont elle éclaire les particules en suspension — fines poussières, buées. Lorsque cela se produisait dans une salle de classe, je me désintéressais totalement du cours, je restais hypnotisé par ce ballet grâcieux révélé par la lumière, autant que le trajet si précis et élégant de la lumière était révélé par ces microscopiques corpuscules qui nous entourent et dont on ne prend que si rarement conscience. Récemment, sous la douche, une telle gloire (morning glory, mais sans aucune sous-entendu) m’est apparue, grâce aux micros-gouttes dans l’air — les rayons du soleil étant de surcroit lamellisés par les jalousies qui obturent partiellement la fenêtre de la salle de bain.
Il y a ainsi tellement de phénomènes naturels qui nous sont révélés par des phénomènes annexes : les exoplanètes trahies par la force gravitationnelle, si epsilonesque soit-elle, qu’elles exercent sur l’astre autour duquel elle tourne, la relativité générale trahie par la déviation des rayons lumineux des étoiles derrière un astre, la masse et la vitesse de rotation d’un trou noir déduites de la lumière émise par la matière accélérée par son effet gravitationnel, les mouvements du manteau terrestre dont témoigne l’activité volcanique, la dérive des continents révélée par les tremblements de terre.
Que trahit alors l’absence de succès d’un artiste ?
Inachevé.net