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Quand fuir ?
Mardi 23 juin
mardi 23 juin 2026, par
Quand fuir ?
Que fuir, on sait. Fastoche : le danger, le mal, le trop chaud-froid, l’effroi, l’effrayant, le terrible, l’horrifiant, la vague, le tsunami, la guerre, le sauvage, le terrifiant, l’incompréhensible, et tutti quanti — mais j’ai pas le temps ni la place dans la marge.
Mais quand fuir ?
Au moment propice, bien sûr.
Mais c’est quand ? Bien avant ? Aussitôt avant ? Dans l’instant ? Alors que le danger est déjà là ?
Mais alors qu’est-ce qu’on fout là ? On devrait pas être déjà partis ? On devrait pas déjà avoir fui ? Qu’est-ce qu’on attend ?
Qu’est-ce qu’on croit ? Que procrastiner repousse le danger ? Qu’avec le temps la raison prévaudra ? Mais quelle raison ?
Est-ce seulement un déni ? Ou l’attachement au confort, au connu ? La peur des dangers de l’arrachement ? La préférence d’un danger connu sur un danger inconnu ? Un effet de sidération qui empêche tout raisonnement, toute réaction ? L’illusion rassurante de l’acceptation ambiante ?
Après après après.
Ou alors l’absence de leçon. Après tout, ceux qui sont partis trop tard ne sont plus là pour raconter. Alors on sait, mais on ne sait pas. On ne peut pas savoir.
Et il est fort probable qu’on ne sera, à notre tour, plus là pour raconter.
Si ce n’était que moi, passe encore. Mais ce n’est pas que moi.
—
Cette tristesse infinie sur ton visage, mon amour.
Ça me brise le cœur, mon corps tout entier qui se disloque.
Ton regard ailleurs : je sais à quoi il est occupé.
Je sais. Il est occupé à ne pas penser à ça.
Occupé à se forcer de s’obliger à penser à autre chose.
La manie comme mécanisme de défense.
Mais cette tristesse infinie qui sourd d’autour de tes yeux, mon amour.
Et cette espèce de vide là où j’aime tant voir un éclat.
Mon amour que puis-je faire ? Je ne sais pas.
Et chaque fois que je dois faire un choix, ce sentiment que c’est le mauvais.
Que c’est celui de la raison, et non de la compréhension, de l’empathie.
Celui du pater, et non du père.
Je n’ai pas les armes.
Je ne les avais pas quand j’étais à ta place.
Je les ai encore moins à présent que tu y es.
Je t’aime.
Et je ferais tout pour revoir la joie dans ton sourire.
Inachevé.net