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Quand le contrepet devient politique
Vendredi 29 mai
vendredi 29 mai 2026, par
La langue a quelque chose de magique. Pleine de tiroirs et de clins d’œil, de tours de passe-passe et de lapin dans les chapeaux. Peut-être une des raisons pour lesquelles j’aime tant jouer avec. Un peu comme les Lego pour un enfant. Certes, il y a pour chaque boite un plan, une marche à suivre, qui permet d’arriver à une imitation quasi parfaite de la réalité (ou de la fiction, au reste, ce qui n’est pas sans manquer de sel non plus, vivent les doubles négations). Mais il y a aussi cette magie de la recherche, de la surprise face à un objet nouveau monté avec deux briques sans intérêt propre.
Au reste, à l’instant même où j’écris ces lignes, je me demande pourquoi que j’cause de Lego. Après tout, il en va de même avec un enfant jouant dans la forêt à construire une cabane, un siège, un arc. Pourquoi ce besoin de plastique ? À la réflexion, il y aurait un point commun : la brique Lego, comme le mot, sont des constructions artificielles, sorties d’un ou plusieurs esprits humains — ce que ne sont pas les morceaux de bois ou les cailloux récupérés dans une forêt.
Mais revenons à notre sujet : la langue, sa magie, ce plaisir enfantin à assembler les mots comme on imbrique des briques. Alors ce contrepet, qui me turlupine depuis quelques jours : chaîne de valeur/veine de chaleur. Un contrepet qui illumine tout soudain notre course vers l’abyme.
P.S. : magnifique lapsus clavierae à l’instant : dans ma dernière phrase, au lieu de « contrepet », j’ai tapé presque instinctivement « contrepoint » — et là encore comme un lapin sorti du chapeau, d’autres illuminations, d’autres épiphanies, avec tant d’épis fanés sous la chaleur caniculaire.
Inachevé.net