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Débordé
Jeudi 28 mai
jeudi 28 mai 2026, par
Débordé, débordement, piscine, piscine à débordement, en nage dans la piscine à débordement, si débordé qu’on est, si dépassé, en nage et en nageant dans ce débordement sans borne, débordé, déborné, libéré, délivré.
Je déborde, ça déborde, de tout côté, de la piscine, ça colorie de partout, ça dépasse, ça rougit, ça monte, ça délimite, ça déborde des limites, des moyennes, avec ce petit flux qui continue, ce petit rayon de soleil qui chauffe, qui brule, comme une minuscule voie d’eau, voie de lumière, impossible à réduire, calfater, vider, ça entre, ça brule, ça ne sort plus, on attend tranquillement, sans bouger, sans déborder, de se dénoyer.
Sauvé par l’ombre et la nuit qui vient, mais la chaleur qui déborde, débordement de touffeur et de moiteur sans trêve, et sentiment que cet instant n’en est qu’un parmi des milliers d’autres, qu’on va attendre comme ça — c’est ça la vie maintenant, c’est ça la vie maintenant, attendre que la voie de lumière se voile d’ombre et la fraicheur enfin déborde l’esprit apaisé endormie.
Débordé, mon lit, débordé, pour recevoir toute la fraicheur de la nuit qui déborde dans la chambre.
Et pendant ce temps, ça borde, ça choque, ça déborde par tribord et babord, ça reprend, ça étarque, ça règle, un centimètre par-ci, un autre par-là, pour tirer profit du moindre débord de brise, brise fugace et fugitive — forcément, c’est une brise : impossible prise de la brise, la brise échappe, déborde, toujours, on ne peut espérer qu’un glissement, un écartement, un déport.
Ça déborde de partout, l’humain comme un enfant colorie son ciel, laisse ses traces, déborde des lignes, ne sait plus les faire rentrer dedans, préfère en commencer un autre — mais quel autre ? Ça débordera pareil, on n’est pas plus doués, on ne s’est pas améliorés, ou alors à la marge, sur les bords.
Inachevé.net