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Les dents…
En avoir ou pas (de l’ambition)
samedi 18 avril 2026, par
C’est une question que je me pose, parfois, à mes (rares) moments perdus. La plupart du temps lorsque je découvre qu’untel ou unetelle est à tel poste. Je me dis que je ne comprends pas, qu’ielles ne sont effectivement pas plus bêtes qu’un.e autre, mais que j’aimerais bien être à leurs places. C’est une situation. Avec tout ce que cela suppose de confort matériel, de responsabilité et d’aura, sinon de prestige.
Ma pensée suivante est immédiatement que ce ne sont pas des postes que l’on offre, ce sont des fonctions que l’on brigue — et si elles supposent une petite cour autour d’elle, c’est aussi qu’elles supposent une petite cour pour les obtenir. Il faut les vouloir. Et mettre tous ses efforts au service de cet objectif.
C’est là que le bât blesse. Pour moi tout du moins. Ai-je suffisamment envie de tout ça pour faire tous ces efforts ? Non pas que je fuis les efforts, bien au contraire. J’aime l’effort, j’aime abattre la besogne, j’aime ce sentiment, en fin de journée, d’avoir été productif.
Le confort matériel ? oui, de plus en plus, j’y vois des avantages — et les récents coups de sabre dans les budgets de la culture me les font voir avec une acuité renouvelée. Les responsabilités ? Oui, j’aime ça également. J’aime que les gens que je fréquente, avec lesquels je travaille, puissent me faire confiance, j’aime aussi pouvoir établir un cadre, esquisser un imaginaire, donner un cap. Le prestige : pourquoi pas. Même si l’herbe sera toujours plus verte à côté. Même si j’entends encore mon grand-père qui, quand je lui faisais part de mes divers accomplissements — des plus minimes, enfant, jusqu’à ceux dont je suis encore aujourd’hui le plus fier (mes livres par exemple) —, avait invariablement en tête un autre membre de la famille qui avait fait aussi bien, voire mieux à ses yeux. Ainsi va le prestige : est-il vraiment si utile et nécessaire s’il est toujours insuffisant ?
Mais l’essentiel est ailleurs : j’aime le parquet. Je déteste le voir rayer. Je m’en voudrais toute ma vie si mes dents venaient un jour à le ruiner. Et quand bien même mes éventuels rivaux ne mériteraient parfois que du mépris, je ne trouverai jamais en moi la force de leur marcher dessus.
Finalement, ce dont j’aurais besoin, c’est qu’on m’offre ces postes sur un plateau. Après quoi je suis certain d’y faire un bon boulot.
Inachevé.net