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Langues oubliées

Dernier ajout : 19 juillet 2015.

Proses déconstruites/Langues oubliées


| Un texte au hasard |

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  • (...)

    10 août 2012

    (…)
    Tu vois, c’est comme quand tu sors de l’avion. Comme au moment où tu quittes ton siège après un long voyage en avion. Tu ne sens plus beaucoup tes jambes, elles sont ankylosées, et puis tu as des fourmis dans les pieds — ça picote, ce n’est pas très agréable, mais ce n’est pas vraiment désagréable non plus. Puis, tu te lèves et tu découvres avec une pointe de surprise — une pointe de surprise que tu dissimules aussitôt — que tes jambes peuvent de porter, que, un pied devant l’autre, tu peux marcher. À (...)

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  • Allons-y

    10 mars 2012

    Allons-y, sans ambages, les oreilles vides et le crâne lourd, allons-y, de ce pas quelconque qui nous mène chacun vers le soir, vers ce soir qui tombe, lumineux, entre les hauts murs fiers et blancs de la ville coquille, allons-y, sans songer davantage à ces respirations, inspiration, expiration, inspiration, expiration, aussitôt oubliée, aussitôt remplacée par la suivante, identique à elle-même et pourtant, allons-y sans songer, aux éclats de bruits et de fureurs qui éclatent ça et là, échos (...)

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  • Innocence

    18 août 2011

    Se rappeler d’une première rencontre. Du terrain aussitôt reconnu. Point de tâtons, l’entrée en matière est à elle seule la clef de l’échange à venir.
    Contempler l’innocence et l’incrédulité sur le visage sans calcul. Un regard bleu s’écarquille sans briller. Elle regarde la mélancolie sans en saisir le sens ni la profondeur. La tristesse est loin de son tendre esprit. Elle le voit qui ferme les yeux — une larme qui perle de dessous la paupière — elle tend un petit doigt timide pour recueillir ce sanglot (...)

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  • Comédie

    14 février 2011

    Les mots sonnent — écho — les syllabes tournent.
    Sur elles-mêmes. S’enlacent les unes aux autres.
    Je repense à un vieux problème de géométrie — quelque droite parallèle, un cercle et son rayon — je me souviens de cette jouissance éclatante de la résolution — limpidité, naturel.
    La bouche ouverte, je lâche un son sans le vouloir. Qui ne me parvient que beaucoup plus tard, avec une teinte amère de déception. Ou une teinte déçue d’amertume. Ou une amertume déçue d’être trop tentante.
    C’était pourtant si (...)

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  • Elle fait des

    19 décembre 2010

    Elle fait des gros O.
    Des O tout ronds, énormes.
    Des O monumentaux, caverneux, qui ouvrent des abîmes béants dans sa page...
    Quant à ses M, ils sont mamelonesques
    Comme autant de ponts suspendus gigantesques.
    D’un bout à l’autre de ses lignes.
    Ses C sont autant de signes d’inclusion qui avalent sa langue tout entière, tout rond, sans mâcher.
    Le reste n’est que batons sans liant ni maizena, skyline hiératique étalée de phrase en phrase.
    Ecriture aplatie, hiéroglyphique.
    Elle veut mettre le néant (...)

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  • Déclamation

    2 septembre 2010

    Déclamation, j’écris ton nom.
    Déclamation, je contemple tes quatre syllabes qui me laissent sans voix.
    Déclamation, je t’essaie, je me retire tout seul dans mon coin, caché aux regards et aux oreilles, caché aussi du silence, auquel je ne saurais adressé ces quelques mots.
    Déclamation, j’aimerais t’aimer autant que tu t’aimes.
    Déclamation, j’entends ta voix, j’entends ton bourdonnement qui pavent le sentier de mon verbe.
    Et pourtant, j’écris ton nom, et je me rapetisse derrière toi, je me (...)

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  • Improvisation

    27 juillet 2010

    dénouer, ôter, abandonner le manteau-carapace qui brille pourtant si fort au soleil, coquille dorée que tu as mis tant de temps à te forger, patiemment, au jour le jour, souffrant à chaque coup de marteau sur les doigts, ne plus avoir ce trait d’ombre dans lequel se fondre
    dénouer, ôter, glisser d’un uniforme l’autre, jusque dans cette tenue fameuse qui te vit chuter sans appel, qui te voit sans défense enfin, face contre l’oreiller, face à la nuit dans laquelle tu sais enfin sortir de l’ombre (...)

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