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Fin décembre 2005

23 mai 2008

Dans une seule pièce, en moins de dix minutes, il s’est passé un nombre considérable de choses.
Un type a abordé deux jolies jeunes filles, bientôt rejoint par son ami (qu’il avait pris pour prétexte, en le désignant du doigt, pour engager la conversation) embarrassé.

Un groupe d’américains s’est assis.

À la place laissée libre par les deux dragueurs, un petit couple s’est assis. Mec commun, fille très mignonne, mais…

Je n’arrive pas à saisir quelle langue mes voisins de droite peuvent bien parler.

Les mecs ont de forts accents british, mais qu’en sais-je ?

J’admire les techniques d’action mises en œuvre par les deux dragueurs. Rien de subtil, mais un tel culot ! Et des résultats inespérés à mon sens : les deux jeunes filles répondent ! Le tortueux ne rapporte rien.

Le groupe à ma droite a commandé une bouteille de blanc.

Le petit couple à ma gauche a commandé, lui, une bière, elle, une boisson qui ressemble à du Ricard ou à du jus d’orange : une carafe remplie d’un liquide jaunâtre, un verre à moitié rempli d’eau.

Rotation dans le groupe des deux dragueurs et des deux jeunes filles :

Le premier, culotté, a pris la place de la fille, celle très mignonne et habillée relax (l’autre est d’une beauté plus classique et plus sophistiquée).

Le premier culotté est un homme moyen, gras et enveloppé, une trogne mal rasée, enfumée et qui sera, à coup sûr, dans une dizaine d’années au plus, avinée. Son allure est sympathique, téméraire, mais aussi quelque peu collante et agaçante. S’il n’était pas habillé d’une veste, il ferait certainement très beauf. Déjà comme ça…

Le second a lui aussi une veste, mais semble plus grand et élancé, le visage émacié, la barbe hirsute qui fait paraître sale sa coiffure.

La culotte de la première mignonne dépasse au-dessus de la ceinture de son jean taille basse : le bas de son dos dessine ses lignes entre le bas du T-Shirt et la culotte. Délicieux, cette sensation de vol qu’on a en toute légalité à regarder ce morceau d’intimité, à la fois solide et délicate, livrée plus ou moins volontairement.

Elle arrange et dérange ses cheveux constamment, les ébouriffant et les attachant arbitrairement, en désordre. La seconde les laisse relativement tranquille, sa main gauche glissée entre son cou et sa chevelure, effleurée de ses boucles d’oreille créoles.

Le réarrangement de couples est plaisant. La première mignonne s’intéressant maintenant davantage à un nouveau venu, que nous appellerons désormais le « troisième dragueur ».

Les trois dragueurs sont partis, la queue basse semble-t-il. Les deux filles s’apprêtent à faire de même. La sophistiquée me regarde, me contemple avec un air incrédule sans savoir que faire en attendant sa copine qui-est-aux-toilettes.

Le groupe s’est écarté. Un autre couple s’est installé entre nous. Peut-être est-il temps de s’en aller aussi ?

Le petit couple à ma gauche m’a demandé un pub. J’ai répondu du mieux que j’ai pu.
Il faut que je me rase. Demain.



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