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Flûtes et cheminée

28 octobre 2011

Marrant.

Oui, chaque fois, je trouve ça marrant. J’ai comme un sourire à l’intérieur.

Marrant comme un duo de flûtes à bec me ramènera toujours, systématiquement, sans répit, à mon enfance. À cet appartement que nous habitions quand j’avais cinq ou six ans à peine, et nous, mon frère et moi, enfants, en pyjama, robe de chambre et chaussons, assis en tailleur au pied des pupitres, entre la cheminée éteinte et la viole de gambe, à regarder en écoutant, et vice versa.

Il y a comme une permanence dans cette image. Une permanence qui appelle au renouvellement, à la répétition, dans le temps. Et soudain je me vois moi, jouant, et d’adorables marmots qui courent à mes pieds, que l’on surveille du coin de l’oeil, par dessous la partition.

La forme sombre — entre le noir, le marron, le rougeoyant —... Mais peut-être la vision tient-elle sa couleur de la lampe en cloche sur pied blanc, champignon typique des années 70-80, qui éclaire la scène, le papier peint clair (j’ai beau fouiller les images de ma mémoire, je n’arrive pas à avoir idée de sa couleur exacte, j’imagine un vert, un jaune ou un orange, mais je suis persuadé que cet image n’est qu’un collage de diverses pièces qui n’ont en commun avec ce salon que l’époque à laquelle je les ai vues) et le tapis épais, aux motifs noirs, rouges et blancs que je me suis toujours en vain échiné à déchiffré — la baie vitrée qui donne sur la même vue que ma chambre de mon lit (celui du haut des lits superposés, que j’ai occupé dès que mon frère a eu sa chambre à lui) je pouvais voir la tour Eiffel.

Que dire ? rappeler à moi ces images s’avère plus douloureux que prévu.



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