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30 janvier 2010

Episode VIII

Je ne comprends plus bien ma vie — si je l’ai jamais comprise. Je vois une maison arrêtée en bord de route, un homme à garde à vue en bord de mer, un toit sans attache, un genou solitaire. Ça part dans tous les sens, du sang sur une voiture, une femme au regard provocant assise sur le capot, un regard bleu profond, des sentiments impétueux et discrets.

D’image en image, d’instantané en instantané, de fragment en fragment, il est question de mémoire, de sirènes, d’ordinarité, de sublimes et de tout. C’est logique finalement. Pas de lien de cause à effet, mais une certaine cohérence inconsciente — qu’il ne faut surtout pas chercher à penser, à formuler, à mettre en mot, on y perdrait ses dents, à toujours ainsi courir derrière le sens. Tout ça parce qu’on prétendrait comprendre écrire, ou écrire comprendre, qui sait ? Tout ça parce qu’on voudrait savoir ce que sera ce qui s’élance ainsi devant soi, cette pelote jetée au-devant, qui roule et roule, linéaire, aléatoire, cachée.

Quand je me réveille, je suis au fond d’un parking. Mes oreilles résonnent assourdies, puis remontent à la surface, dans la généreuse et b’étonnée acoustique du lieu. Il ne s’y passe pas grand chose. Le temps d’arriver à me relever, je vois deux types venir chercher leurs voitures (une berline noire, une pseudo-coupé bleue claire un peu cheap), une petite voiture se garer, d’où est sortie une jeune femme trop maquillée, quelques cris d’enfants, venus des entrailles du parking. Loin dans un coin, la guérite du gardien luit d’un néon bleuté, silencieuse, aux reflets chamarrés d’une petite télévision allumée. Il en a encore pour quelques heures. Sait-il ce qui m’est arrivé ?



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