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Une courte pièce

mardi 21 avril 2009, par js.bach

En haut, une estampe japonaise (reproduction, une de ces cartes postales un peu chic, repliée sur elle-même), dérive à gauche, une enceinte (datée), deux bougies dans des verres ronds (ventres évasés, verre transparent), un cintre (bois), une autre bougie (cube percé d’arabesques, pour projections odorantes), un miroir, retour à droite, un étendoir (avec, sous deux vastes draps noirs, une collection de vêtements et sous-vêtements délicats).

Le regard revient, se repose, coupable. « On » se distrait de ses pensées. De celles qu’on aimerait avoir et de celles dont on a honte. Une paire d’yeux clairs rappellent, chassent, ouvrent.

Les yeux, occupés, ne remarquent plus rien. Ne distinguent ni ne nomment. La discussion, l’animation environnantes, associées à la lassitude, arrête l’esprit dans son besoin d’étiqueter, de nommer. Les objets s’indéfinissent, se réduisent à leur inutilité immédiate. On ne distingue plus titre, livre, couleur, meuble et immeuble. Tout se perd, absorbé par l’attention, par la périphérie de la pensée.